Le général Nikolaï Nikolaïevitch Doukhonine (1876-1917), en , a été le dernier commandant en chef de l’Armée russe du jusqu’à son assassinat le .

Carrière militaire Originaire de la noblesse du gouvernement de Smolensk Nikolaï Doukhonine suit sa formation au (promotion de 1894) et à l’institut militaire Alexandre de Moscou avant de rejoindre, en 1896, le régiment de la Garde Litovski en tant que sous-lieutenant. Diplômé en 1902 de l’académie d’état-major général il sert ensuite dans le d’infanterie de Mirgorod.

En il devient adjudant de l’état-major de la d’infanterie avant de rejoindre en 1906 l’état-major de la région militaire de Kiev. Il est promu lieutenant-colonel en puis colonel en 1911.

Première Guerre mondiale Au début de la Première Guerre mondiale Doukhonine est responsable des opérations de reconnaissance au sein de l’état-major de la armée et reçoit pour la reconnaissance de la forteresse de Przemyśl l’Ordre de Saint-Georges de .

En il prend le commandement du d’infanterie de Loutsk et est décoré de l’ordre de Saint-Georges de pour les combats du . En décembre, il est promu lieutenant-général.

Adjoint du général Dieterichs sur le front du sud-ouest il devient en chef de l’état-major du front du sud-ouest puis, en août, du front occidental. Le , il est nommé chef de l’état-major général par Kerenski.

Révolution d’Octobre Après la fuite de Kerenski, le , Lénine ordonne à Doukhonine d’entamer des pourparlers de paix avec les puissances centrales. Doukhonine refuse et est révoqué par Lénine. Il demeure toutefois à son poste à titre provisoire jusqu’à l’arrivée de son remplaçant, l’enseigne Nikolaï Krylenko.

Le , afin de mettre devant des faits accomplis son successeur bolchévique Krylenko, Doukhonine ordonne la libération des prisonniers de Bykhov, les généraux Anton Dénikine, Lavr Kornilov et leurs complices arrêtés après la tentative de coup d'état de ce dernier.

Le , après l’arrivée de Krylenko, Doukhonine apprend qu’il doit être envoyé à Pétrograd. Quand il monte dans le train en gare de Moguilev, des bruits se répandent selon lesquels Kornilov et son régiment se dirigent vers la ville. Des soldats et marins révolutionnaires exigent alors qu’on leur livre Doukhonine, pénètrent de force dans le train et, malgré les tentatives d’apaisement de Krylenko, lynchent le généralRichard Pipes, Les Révolutions russes (1905-1917), Perrin 2018, .

La dépouille du général a été enterrée au cimetière de Loukianivka de Kiev ; sa famille a émigré en Yougoslavie.

Notes et références

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