450px|Structure de la SS
La Schutzstaffel, plus connue sous son sigle SS, fondée le pour servir de garde personnelle à Adolf Hitler était une organisation autonome au sein du NSDAP directement subordonnée à Hitler de 1934 à 1945. À partir du , elle fut dirigée par Heinrich Himmler, Reichsführer-SS. De sa création à la nuit des Longs Couteaux en 1934, la SS releva de la Sturmabteilung (SA), avant de conquérir son autonomie. La SS avait une structure adaptée à sa nature paramilitaire et était soumise au Führerprinzip.
Sous le troisième Reich, la SS a été responsable de crimes de guerre, de crimes contre la population civile dans le Reich comme dans l'Europe occupée, de crimes contre l'humanité et elle a joué un rôle déterminant dans le génocide des juifs. Après la fin de la Seconde Guerre mondiale, cette organisation a été interdite et classée comme organisation criminelle lors des procès de Nuremberg.
Organisation
La SS est une organisation visant à mettre en place de manière implacable les théories racistes nazies et les plans d'expansion du NSDAP. Seuls des nazis convaincus, répondant à de sévères critères de sélection sont autorisés à y entrer, sur une base volontaire. Ces deux caractéristiques rendent la subordination aux ordres et directives de la hiérarchie et au Führerprinzip totale. Cette tendance est encore renforcée après l'accession des nazis à la tête de l'État, l'appartenance à la SS allant de pair avec les privilèges et le pouvoir et étant considérée comme un honneur dans les cercles nationaux-socialistes. Les rares comportements déviants étaient punis avec une grande sévérité, une violence pouvant aller jusqu'au meurtre. Même si l'on trouve dans les camps de concentration des surveillantes faisant partie de la mouvance SS, cette organisation hautement patriarcale n'acceptait que des hommes dans ses rangs.
L'une des caractéristiques de l'organisation structurelle de la SS réside dans le principe de double subordination. Cela signifie que chaque degré de la structure est subordonné à deux, voire plus, instances supérieures. L'un des exemples de ce principe est celui des membres de la Kommandantur dans les camps de concentration et d'extermination. Ces derniers sont sous les ordres du commandant du camp en ce qui concerne la discipline mais obtiennent les consignes « techniques » de l'Inspection des camps de concentration. Ce principe de double subordination est principalement utilisé pour les degrés supérieurs de la hiérarchie. Les SS-Führer, qui relèvent de deux branches différentes de l'administration de la SS, disposent ainsi d'une relative grande liberté du fait du flou administratif, tout en étant soumis à une double contrainte, parfois contradictoire, et à des contrôles renforcés en ce qui concerne leur fiabilité politique et de leur efficacité.
Développement de l'organisation Les débuts (1925–1933)
La SS-Oberleitung regroupe 12 régiments (Standarten) en 1926, pour en atteindre 22 en 1928, selon la répartition géographique suivante :
SS-Gau Berlin-Brandenbourg : 2 régiments ; SS-Gau Franconie : 4 régiments ; SS-Gau Basse-Bavière : 3 régiments (Heinrich Himmler en a été le SS-Gauführer de 1926 à 1930 et à partir de 1927 Reichsführer-SS adjoint.) ; SS-Gau Haute-Bavière : 4 régiments (de 1929 au , Rudolf Hess en a été le SS-Gauführer) ; SS-Gau Rhénanie-Sud : 5 régiments ; SS-Gau Saxe : 4 régiments.
Lorsqu'Himmler devient Reichsführer-SS en 1929, il met immédiatement en place une nouvelle organisation de la SS, en vigueur jusque fin 1930. Ainsi l'on trouve en parallèle du SS-Oberstab trois SS-Oberführerbereiche répartis comme suit :
Domaine Est (brigades SS de Berlin-Brandenbourg, Prusse orientale et Silésie avec en tout 8 régiments) ; Domaine Ouest (brigades SS de Hessen-Nassau, Rhénanie-Nord, Rhénanie-Sud, Hanovre Sud-Brunswick et Thuringe avec en tout 16 régiments) ; Domaine Sud (brigades SS de Bade, Wurtemberg, Franconie, Basse-Bavière, Haute Bavière Sud et Autriche avec en tout 7 régiments)
En 1931 la Schutzstaffel est élargie pour couvrir tous les domaines de la société et elle connaît une nouvelle réorganisation qui la régit jusqu'à la prise de pouvoir en 1933 :
SS-Oberstab : SS-Amt ; SS-Zentralkanzlei ; SS-Personalabteilung ; SS-Verwaltungsabteilung ; SS-Sanitätsabteilung ; SS-Führungsstab (1932) ; SS-Verbindungsdienst (1933) ; Amt SS-Sicherheitsdienst ; SS-Rasseamt. À partir de 1930, l'administration interne de la SS est complètement restructurée. La nouvelle structure ressemble beaucoup à celle de la SA. Les dénominations de grades de la SA sont reprises mais un uniforme propre à la SS est institué. Mais c'est aussi à partir de cette période qu'apparaît l'uniforme noir des SS qui les distingue visuellement des SA. Himmler voulait ainsi montrer, de manière symbolique, aux dirigeants de la SA qu'il considère que la SS n'est plus sous les ordres de la SA mais doit être considérée comme une organisation à part entière.
À Berlin, en , de la SS sous le commandement de Sepp Dietrich sont armés pour devenir le service de surveillance intérieur de la Chancellerie du Reich, tandis que les militaires de la Reichswehr s'occupent de la surveillance extérieure. Ces , dont certains appartenaient déjà en 1923 à la « troupe de choc Adolf Hitler », sont tout d'abord connus comme la SS-Stabswache Berlin, qui deviendra la Leibstandarte SS Adolf Hitler.
D'autres unités SS passent également du statut de Stabswachen à celui de SS-Sonderkommandos, puis sont par la suite regroupées dans les « services de garde politiques » et armées. Pour atteindre ce stade, ces services de garde (même les SA-Wehrmannschaften armées) obtiennent le même grade que celui d'une police auxiliaire officielle.
Restructurations après 1934 En , Hitler réunit les Leibstandarte-SS Adolf Hitler et les services de garde politiques sous le nom de SS-Verfügungstruppe (abrégé en SS-VT, en français « troupe à disposition de la SS »). Ces formations spéciales casernées de la SSD portent constamment les armes et sont formées d'après les préceptes en vigueur dans la Wehrmacht.
À partir de l'automne 1934, la SS des origines change de nom pour devenir la Allgemeine-SS (également connue sous les noms de Schwarze-SS ou de Heimat-SS), pour se différencier des « formations sœurs » : la Verfügungstruppe (SS-VT) et les SS-Totenkopfverbände (SS-TV).
La Allgemeine SS continue à être une organisation relevant du droit d'association dont les membres (sauf environ à plein temps) exercent pour la majorité d'autres emplois et sont au service de la SS de manière volontaire et bénévole après le travail. Toutefois, les membres non armés reçoivent eux aussi régulièrement une formation militaire.
Le coût financier de la Allgemeine SS est si élevé que les cotisations des membres ne suffisent pas. Des sociétés de droit privé comme le ou l’Organisation der Fördernden Mitglieder der SS prennent en charge une partie de ses coûts, ce qui permet aux donateurs de prouver leur fidélité au nouveau régime.
En 1934, une académie militaire propre à la SS, la SS-Junkerschule Bad Tölz est fondée et placée sous le commandement de Paul Hausser, pour former les officiers des SS-Verfügungstruppe.
À partir de 1935 et jusqu'à la fin de la guerre, la SS publie son propre hebdomadaire Das Schwarze Korps d'un ton violemment antisémite et dirigé par Gunter d'Alquen. C'est l'hebdomadaire le plus vendu après celui de Joseph Goebbels : Das Reich.
En 1934, le Reichsführer-SS Himmler donne la mission au service du personnel du SS-Hauptamt de dresser des « listes d'ancienneté au sein de la Schutzstaffel du NSDAP ». La première liste de ce genre est éditée le sous la forme d'un livre répertoriant tous les noms, les titres et les décorations (d'ordre politique et militaire comme l'insigne d'honneur en or du parti nazi, la médaille des Sports de la SA ou encore le Blutorden). Les SS-Ehrendegen et les SS-Ehrenring y figurent également, tout comme les distinctions reçues lors des deux guerres mondiales : croix de fer, Ritterkreuz, Deutsches Kreuz et Großkreuz, toutes les décorations obtenues pour des actions militaires, des blessures des SS-Führer qui servaient dans la Allgemeine SS, le service de sécurité Reichsführer-SS, les SS-Verfügungstruppe, les régiments SS-Totenkopfverbände (formations « à tête de mort »), les SS-Wachverbänden (formations de gardiens), les Waffen-SS.
À partir de 1936, les officiers de police y sont enregistrés dès que leur grade dans la police atteint un grade dans la SS.
La SS et la police Heinrich Himmler commence à partir de 1933 à construire son pouvoir. Il est nommé chef de la police politique bavaroise peu après la prise de pouvoirs des nazis.
En 1934 les « polices politiques du Reich allemand » sont regroupées par Hermann Göring sous le nom de Gestapo et Heinrich Himmler en devient le chef.
Le , Heinrich Himmler est à la tête de toute la police du Reich et prend le titre de « Reichsführer-SS et chef de la police allemande du ministère de l'Intérieur du Reich ». Les officiers supérieurs des corps de police doivent intégrer la SS pour conserver leur poste.
Entre 1938 et 1942, la SS est à nouveau réorganisée en plusieurs services principaux (Hauptamt) et la police du Reich divisée en plusieurs sections :
la Schutzpolizei en uniforme, la gendarmerie et la police municipale appartiennent désormais à l’Ordnungspolizei, dirigée par le SS-Obergruppenführer und General der Polizei Kurt Daluege ;
la Gestapo (police secrète d’État), la police des frontières et la Kriminalpolizei (police criminelle) appartiennent au service de la Sicherheitspolizei (la Sipo) ; le SS-Gruppenführer und Generalleutnant der Polizei Reinhard Heydrich, également chef du service de sécurité de la SS, le SD, en prend le commandement et devient ainsi le deuxième homme le plus puissant au sein de la SS (après Himmler) ; en 1939, Heydrich rassemble ses services au sein du nouveau Reichssicherheitshauptamt, le RSHA.
En 1943, Heinrich Himmler devient également ministre de l'Intérieur du Reich et de la Prusse, mais également agent général pour l'administration du Reich. Son titre est alors « Reichsführer-SS et chef de la police allemande » (avec la mention « au sein du ministère de l'Intérieur du Reich » en moins).
Restructurations après 1941
Les services de la SS principaux (1938–1941)
En 1938 trois grands services sont subordonnés au Reichsführer-SS : le SS-Hauptamt étant le commandement suprême des trois divisions de la SS ; le Hauptamt Sicherheitsdienst étant le poste de surveillance politique ; le Rasse- und Siedlungshauptamt chargé de l'éducation idéologique et de la propagation de la théorie du Blut und Boden.
En 1943 la SS est administrée par 12 services principaux.
Les dirigeants La SS était construite selon une structure militaire :
Reichsführer-SS
À la tête de la SS se trouve le Reichsführer-SS (RFSS). Ce titre a été créé officiellement en 1926 en référence aux Reichs-SA-FührerHeinz Höhne: Der Orden unter dem Totenkopf – Die Geschichte der SS, Weltbild-Verlag, . et désignait le plus haut commandant de la SS. Entre 1925 et 1926, Oberleiter était le titre du commandant SS suprême.
Les Oberleiter et Reichsführer-SS ont été :
Insigne de col Nom Reichsführer-SS N° dans la SS Entré dans la SS N° dans le NSDAPJulius Schreck de 1925 à 19265 53Joseph Berchtold de 1926 à 1927 964Erhard Heiden de 1927 à 1929 74Heinrich Himmler de 1929 à 1945168 14.303Karl Hanke du au
SS-Oberst-Gruppenführer Insigne de col Nom Position N° dans la SS Entré dans la SS N° dans le NSDAPKurt DaluegeChef de la Ordnungspolizei1.119192831.981Sepp DietrichCommandant de la 1re division SS Leibstandarte SS Adolf Hitler puis de la 6. Panzerarmee1.17789.015Paul HausserCommandant du SS-Panzerkorps239.7954.158.779Franz Xaver SchwarzTrésorier du NSDAP6
SS-Obergruppenführer