L'abbaye de Chancelade est une abbaye française de style roman située sur le territoire de la commune de Chancelade, en Dordogne. Sa construction s'est étalée du .
L'église abbatiale est classée monument historique en 1909. L'ensemble des bâtiments fait ensuite l'objet de plusieurs classements ou inscriptions entre 1942 et 2008, consultée le 18 mai 2011..
Histoire de l'abbaye Quand, vers 1096, le pape Urbain II voulut rattacher les moines de l'abbaye Saint-Pierre de Cellefrouin au monastère de Charroux, quittant ainsi la règle de saint Augustin pour suivre la règle des bénédictins, l'abbé Foucault s'y oppose et devient ermite à Fons Cancellatus.
C'est l'acte fondateur de l'abbaye Notre-Dame de Chancelade.
L'emplacement de la source est marqué par une stèle à la mémoire d'Alain de Solminihac, au bord de la routesite dédié.
Fondation L'abbé Foucault est rejoint par d'autres moines et le groupe s'organise en communauté.
En 1128, le premier abbé, Gérard de Montlau est béni par l'évêque de Périgueux, Guillaume d'Auberoche et les moines décident de construire un monastère. Ils bâtissent l'église abbatiale, et les bâtiments conventuels protégés par une enceinte, puis une petite église paroissiale. Les deux églises sont consacrées en même temps le par Raymond de Mareuil sous les vocables de la Vierge et de sainte Madeleine.
Vers 1140, le lieu de Merlande est offert par Geoffroi de Cauzé et les moines y bâtissent une chapelle sur la source. Puis la chapelle fut rapidement agrandie et devint un prieuré.
En 1360, l'abbaye compte 22 religieux. Elle s'est mise sous la protection du cardinal Hélie de Talleyrand-Périgord et reçoit de lui une dotation de pour 38 nouveaux chanoines.
Évolution du statut
thumb|180px|Saint Augustin, portrait (du ). C'est une abbaye augustinienne, en 1133, les moines choisissent la règle de saint Augustin, rejoignant ainsi la congrégation des chanoines de Saint Augustin.
En 1635, Alain de Solminihac s'oppose à la Congrégation de France, les génovéfains, fondée par le cardinal de la Rochefoucauld, et si l'on interdit d'étendre la réforme prônée par Alain de Solminihac, Chancelade obtient l'autorisation d'exister comme congrégation indépendante..
Guerres, pillages et destructions
De 1360 à 1367 les Anglais occupent Périgueux. Ils chassent les moines pour loger une garnison dans le monastère. Du Guesclin, lors de son retour d'Espagne, va reconquérir l'abbaye. Après son départ, les Anglais la reprennent et y restent jusqu'au .
Vers 1440, sous la protection d'Arnaud de Bourdeille, et grâce à son abbé, Geoffroy de Pompadour, la communauté se reconstitue.
En 1575, durant les guerres de Religion, Périgueux est prise par les Huguenots, Langoiran s'empare de l'abbaye qui est pillée et incendiée. De l'église, il ne reste que la croisée du transept avec la coupole et le clocher. La voûte de la nef et le chœur roman sont détruits.
Renouveau
Quand en 1614 Alain de Solminihac est pourvu de cette abbaye., les moines ne sont plus que quatre. En 1622 il reçoit la bénédiction abbatiale en la cathédrale Saint-Front des mains de François de La Béraudière. Il rebâtit l'église à demi-abattue, reconstruit le cloître, les logis, les communs, il réforme l'abbaye et la repeuple.
Nommé évêque de Cahors par le roi Louis XIII. le , Alain de Solminihac revient à Chancelade en 1638 pour consacrer l'église. Son corps repose en la cathédrale de Cahors et il fut béatifié le par Jean-Paul II.
L'abbé Le Gros de Beller oriente résolument ses religieux vers les études et la bibliothèque s'enrichit de cartulaires, de chartes et de . L'activité du scriptorium était intense : copie de manuscrits, classement de textes, de chartes. Le Révérend Père Prunis découvrit le journal de voyage de Montaigne, enfermé dans une vieille malle dans la tour de la librairie et il fut édité à Rome en 1774.
Perte temporaire de fonction religieuse
Elle est vendue comme bien national en 1790.
De nombreux documents sont revenus à la Bibliothèque Nationale où ils constituent un ensemble de 183 volumes, et plusieurs centaines d'ouvrages sont à la bibliothèque municipale de Périgueux dont une copie du cartulaire.
L'église abbatiale devient église paroissiale au début du .
Une peinture du , le Christ aux outrages, longtemps attribuée à de Georges de La Tour puis à Gerrit van Honthorst ou à un élève de son atelier, qui aurait été donnée à Alain de Solminihac par le roi Louis XIII, protecteur de Solminihac, est visible dans l'église, ill..
Réouverture
Après des travaux de rénovation commencés en 1955 par les propriétaires des bâtiments conventuels, M. et Caignard, l'abbaye peut ouvrir aux pèlerins et au public en 1977Site de l'abbaye de Chancelade (voir la partie Historique), consulté le 3 janvier 2011.. En 1998, une communauté de chanoines réguliers de Saint Augustin, les chanoines de Saint-Victor., se réinstalle à Chancelade et en 2004, le logis de l'Abbé et son parc, rachetés par l'évêché à la famille Caignard, lui sont confiés pour y développer un centre spirituelsite de la communauté. Fermée de 2004 à 2009, elle est de nouveau ouverte en 2010. De 2019 à 2025, le logis de l'Abbé est rénové et son inauguration s'effectue en . À cette date, huit chanoines vivent en permanence à l'abbaye.
Classement
Initialement, l'église abbatiale est classée au titre des monuments historiques le . Suivent en 1942 une inscription du logis de Bourdeilles ainsi que des façades et toitures du logis de l'abbé. En 1959, les façades et toitures du logis de Bourdeilles sont classées alors que les clôtures et les jardins sont inscrits, tout comme les autres façades et toitures. Hormis les parties déjà classées, l'ensemble des bâtiments ainsi que la place de l'Abbaye et la route des Carrières situées en domaine public, sont inscrits en 2006. Enfin en 2008, le logis de l'abbé et le logis de Bourdeilles sont classés en intégralité.
Architecture de l'abbaye
De l'importante abbaye fondée au , il ne subsiste qu'une partie des bâtiments conventuels servant de presbytère et l'église remaniée aux , .
Église abbatiale L'église est un édifice roman, de plan cruciforme. De la partie construite au il reste la partie basse des murs et des fenêtres.
La nef a été voûtée d'ogives en cinq travées en 1630. La croisée du transept est couverte d'une coupole sur pendentifs surmontée d'un clocher carré.
Le chœur a été reconstruit au . Les en bois de noyer situées dans le chœur, datent aussi du site Chancelade.
De l'autre côté de la place se trouve la chapelle Saint-Jean qui a été consacrée en 1147. C'est un petit édifice () roman du , qui a été primitivement couvert de lauzes et inscrit séparément au titre des monuments historiques en 1912, consultée le 18 mai 2011..
Le logis de Bourdeilles
Le logis de Bourdeilles est le presbytère. Il est accolé à l'angle nord-ouest de l'église. Il date du , mais a été fortement retouché au .
Les bâtiments monastiques
À l'est s'allonge un logis, dit de l'abbé, dont une partie date du mais a été rénové au et comporte trois niveaux dont au rez-de-chaussée une galerie de huit arches en anse de panier.
Les communs, situés à l'ouest de l'abbaye, comprennent un cuvier, un cellier, un logis et un moulin.
Le cuvier est un vaste édifice du , voûté au d'un berceau surbaissé.
Le cellier remonte au , mais a été voûté d'arêtes au .
Perpendiculairement au cellier, s'allonge un logis du qui s'accole au moulin fortifié. Celui-ci a certaines parties qui remontent au mais il a été repris les siècles suivants. Ce moulin abbatial, qui possède des ouvertures romanes bouchées, est alimenté par une dérivation de la Beauronne. De plan rectangulaire, il chevauche l’intégralité de la dérivation.
Le logis abbatial, le presbytère, le bâtiment conventuel, le logis de l'abbé, la porte d'entrée, les bâtiments des communs, les terrasses et les jardins, l'enclos, le pont, le moulin et l'église sont inscrits comme monuments historiques. Ils ont été construits du au .
Activité
Une communauté de chanoines réguliers de Saint Victor de saint Augustin, de la congrégation de Saint-Victor, s'est réinstallée en 1998. Les frères de la communauté assurent le service de la louange de Dieu, par les prières dans l’abbatiale, à travers les offices des laudes et des vêpres, et ils ont la charge de deux paroisses : Saint Pierre - Saint Paul des Rives de l'Isle, autour de Saint-Astier (18 communes), et Saint Vincent sur Beauronne, autour de Chancelade (11 communes), ainsi que divers ministères auprès d'écoles, de collèges et de centres médicaux. En , la communauté comprenait sept frères.
Liste des abbés
Personnalités de l'abbaye Nicolas Baudeau, moine à l'abbaye de Chancelade, économiste. Guillaume Vivien Leidet, moine à l'abbaye de Chancelade. Joseph Prunis, prieur de l'abbaye et homme politique après 1789.
Notes et références
Annexes Bibliographie Jean-Pierre Bitard, « Que reste-t-il de la bibliothèque de Chancelade ? », dans Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, 2002, tome 129, livraison, (lire en ligne)
Brigitte Delluc, Gilles Delluc, « L'eau dans la vie des moines de Chancelade », dans Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, 2002, tome 129, livraison, (lire en ligne) François Deshoulières, « Chancelade », dans Congrès archéologique de France session. Périgueux. 1927, , Société française d'archéologie, Paris, 1928 (lire en ligne) ;
Louis Grillon, Bernard Reviriego, « La bibliothèque de Chancelade », dans Mémoire de la Dordogne, , , , (lire en ligne)
Patrick Petot, « Alain de Solminihac : la réforme de Chancelade (1623-1630) », dans Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, 2009, tome 136, livraison, (lire en ligne) Patrick Petot, « Alain de Soiminihac : le renouveau canonial autour de Chancelade (1630-1636) », dans Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, 2009, tome 136, livraison, (lire en ligne)
J. D. de La Roche, « Notice sur l'abbaye de Chancelade », dans Le Chroniqueur du périgord et du Limousin, 1854, (lire en ligne) ;
Abbé E. Riboulet, « L'abbaye de Chancelade », dans Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, 1882, tome 9, , 1883, tome 10,
Jean Secret, Périgord roman, éditions Zodiaque (collection la nuit des temps ), La Pierre-qui-Vire, 1979, ; Robert-Jean Vinson, « Chancelade, une abbaye en péril,...etc. », Connaissance des arts , juillet/, , ill.) ;
Articles connexes
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Liens externes
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