vignette|Carte de la situation en décembre 2025 par l'OCHA. Territoires administrés par l'autorité palestinienne (en beige) et Territoires occupés par Israël (en bleu clair et en gris). Les colonies israéliennes des territoires occupés (en magenta). La ligne verte de 1949 (pointillés verts). Le mur de séparation construit par Israël (en rouge).

Les colonies israéliennes (dénommées en hébreu « hitnahalut » (התנחלות), « implantations »)Agnès Dufour, dans sa traduction de l'ouvrage de Benny Morris, Victimes. Histoire revisitée du conflit arabo-sioniste, 2003, utilise le terme « implantations israéliennes » et en elle utilise le terme « colonies juives ». Les textes de l'ONU et la presse francophone y font généralement référence en termes de « colonies israéliennes ». Elles sont également qualifiés d'« agglomérations » quand leur taille est conséquente sont des communautés d'Israéliens établies illégalement dans les territoires palestiniens occupés , le plateau du Golan, ainsi que dans la bande de Gaza et dans la péninsule du Sinaï depuis la guerre des Six Jours en 1967.

L'implantation de colonies par Israël a été condamnée par des votes de l'Assemblée générale des Nations unies dans le cadre des résolutions du Conseil de sécurité. Elles sont ainsi jugées illégales au regard du droit international depuis le et l'ONU considère depuis 2024 qu'elles relèvent du crime de guerreL’ONU considère que les colonies israéliennes relèvent du crime de guerre, Le Monde, 9 mars 2024. En la Cour internationale de justice demande à Israël d'évacuer tous les colons des territoires palestiniens occupés.

Ces colonies de peuplement totalisent en 2020 plus de répartis comme suit : environ en Cisjordanie, plus de à Jérusalem-Est et dans sa périphérie, environ sur le plateau du Golan, devenu par une loi votée par la Knesset le territoire israélien et sous-district du district Nord d'Israël. Elles sont réparties dans près de 150 implantations en Cisjordanie et plus de 35 sur le plateau du GolanGérard Chaliand, , .Bureau International du Travail, .Oudat, Basel., Al-Ahram Weekly, 12–18 June 2008. Issue No. 901... Certaines colonies sont devenues des villes, comme Ma'aleh Adumim qui compte près de ou Ariel qui en compte . Certaines ont été de fait rattachées au territoire israélien par la construction de la barrière de séparation.

L'établissement de colonies israéliennes, y compris à Jérusalem-Est et sur le plateau du Golan, a débuté dès 1967, mais s'est accéléré à partir de 1977 et l'arrivée du Likoud au pouvoir. À la suite des accords de Camp David en 1982, la totalité des colonies du Sinaï furent évacuées et en 2005, la totalité de celles de la bande de Gaza furent démantelées. Avec l'arrivée de Benyamin Netanyahou au pouvoir en 2009, leur développement s'est accéléré.

L'expansion des colonies israéliennes rend de plus en plus irréaliste la solution à deux États puisque le territoire palestinien se rétrécit ; elles sont donc considérées comme un obstacle qui empêche tout accord de paix..

Histoire L'implantation de colonies dans les territoires occupés par Israël, a débuté dès 1967 à la suite de la conquête de la Cisjordanie, de Jérusalem-Est et de Gaza (territoires palestiniens occupés), du Sinaï (pris sur l'Égypte) et du Golan (pris sur la Syrie). Elle s'est poursuivie de manière ininterrompue depuis sauf dans le Sinaï, restitué en 1982 et à Gaza, évacuée unilatéralement par Israël en 2005.

Contexte De 1947 au 5 juin 1967 vignette|Carte d'Israël à la veille de la guerre des Six Jours.Après de conflits entre les communautés juive et arabe en Palestine mandataire, l'ONU vote le une proposition de plan de partage de la Palestine, devant donner lieu à un référendum de la population palestinienne , celui ci proposait d'y fonder un État juif (sur 55% du territoire) et un État arabe (sur 45% de la Palestine mandataire). La population arabe de Palestine représentait 70% de la population. Tandis que Jérusalem et les Lieux saints devaient devenir une zone sous contrôle internationalDominique Vidal, 1948 : la Palestine des archives aux cartes, Le Monde diplomatique, 18 février 2018..

L'Agence juive accepte la proposition de plan, la Ligue arabe s'y oppose. Il s'ensuit une guerre intra-palestinienne puis la guerre israélo-arabe de 1948, déclenchée par la partie arabe, à l'issue de laquelle l'État d'Israël est établi, mais pas l'État arabe palestinien. Des milices juives Haganah, Irgoun, entament un nettoyage ethnique (application du plan daleth), procédant à l'expulsion de 400 000 Palestiniens. Jérusalem-Est et la Cisjordanie sont annexées par la Jordanie et la bande de Gaza passe sous contrôle militaire égyptien. Israël est reconnu internationalement dans les délimitations des accords d'armistice de 1949 (dénommées la ligne verte) et entre à l'Organisation des Nations unies.

Une autre conséquence de la guerre est l'exode palestinien de 1948Benny Morris, Victimes. Histoire revisitée du conflit arabo-sioniste, Éditions Complexe, 2003, .. La majorité s'installe dans des camps de réfugiés à Gaza, en Jordanie, en Cisjordanie et au Liban. La guerre chasse également plus de 10.000 Juifs des territoires annexés par la Jordanie. L'exode palestinien (la « Nakba ») devient un enjeu politique central pour le monde arabe. Côté israélien, bien que la guerre de 1948 se solde par une victoire (le territoire contrôlé est en définitive 50 % supérieur à celui prévu par le plan de partage), le fait d'avoir peut-être à jamais renoncé à la vieille ville de Jérusalem ainsi qu'à la « Judée » et la « Samarie » (la Cisjordanie) est perçu par David Ben Gourion comme une bechiya ledorot (« cause de lamentation pour des générations »)Benny Morris, 1948; A History of the First Arab-Israeli War, Yale University Press, 2008, ..

Durant les qui suivent, les Juifs du monde arabe fuient ou sont expulsés. Aujourd'hui, il n'y existe plus de présence autre que symbolique alors que les communautés juives y totalisaient près de en 1948. En 1956, Israël intervient aux côtés des Français et des Britanniques lors de la crise du canal de Suez. Dans le contexte de la guerre froide et sous l'impulsion de Gamal Abdel Nasser qui porte un projet de fusion du monde arabe, le Moyen-Orient se polarise. Les Arabes passent dans le camp soviétique et Israël devient le principal allié pro-occidental de la région.

À partir des années 1960, des incidents de frontières de plus en plus fréquents se produisent à la frontière syrienne, qui signe en 1966 une alliance avec l'Égypte. Gamal Abdel Nasser appelle à la destruction d'Israël. Après l'évacuation des troupes de l'ONU à la demande de Nasser. et leur remplacement par des troupes égyptiennes, la mobilisation est décrétée en Israël. Puis l'Égypte ferme le détroit de Tiran, ce qui entraine le blocus du port israélien d'Eilat, un casus belli pour les Israéliens. Le , Nasser déclare qu'en cas de guerre, .. Le monde se prépare aux hostilités et l'angoisse est grande au sein de la population israélienne et des communautés juives à travers le monde - article payant. Copie libre disponible ici sur Tribune juive..

En mai, Israël décrète la mobilisation générale et le déclenche les hostilités avec l'Égypte de manière préventive. La Jordanie lance de son côté une attaque sur Israël dans les heures qui suivent. En quelques heures, les forces aériennes égyptienne et syrienne sont anéanties. En six jours, les forces égyptiennes sont balayées et repoussées jusqu'au canal de Suez, l'ensemble de la Cisjordanie est conquise jusqu'au Jourdain, ainsi que Jérusalem-Est est et les hauteurs du Golan depuis lesquelles les Syriens bombardaient la Galilée sont capturées.

La « victoire totale » de la guerre des Six Jours

vignette|À la suite de la Guerre des six Jours, Israël occupe le Sinaï, le détroit de Tiran, la bande de Gaza, le Golan et la Cisjordanie (dont Jérusalem-Est).

La « victoire totale »Annie Duprat, dans Révolutions et mythes identitaires: Mots, violences, mémoire. Nouveau monde édition, 2011 s'interroge sur l'explication à donner à cette « victoire totale » [sic] israélienne sur 3 puissantes armées et ce, en six jours seulement. De son point de vue, la raison est la puissance physique, l'intelligence et le courage des sabras (les Juifs nés en Israël) et leur volonté de se sacrifier pour la collectivité. Elle indique que cette « victoire miraculeuse » poussa également la presse israélienne à vénérer ses militaires pendant des années. de 1967 va provoquer un bouleversement des esprits au sein de la population juive qui va influencer la suite des événements et l'issue du contentieux israélo-palestinien.

L'exaltation et l'émotion des Israéliens sont extrêmement fortes, unissant toute la société israélienne autour de sentiments religieux et nationalistesTom Segev, 1967. Six jours qui ont changé le monde, Denoël, 2005, .. Ce sont près de qui se rendent au mur des Lamentations le pour célébrer la fête de ChavouotHenry Laurens, La Question de Palestine - Tome 4 : le rameau d'olivier et le fusil du combattant, Fayard, 2011, ..

Pour les militaires, les territoires nouvellement conquis sur les pays arabes (Golan, Sinaï) sont une « monnaie d'échange contre la paix » mais ils restent réticents à « se défaire d'une part quelconque de la terre biblique d'Israël » (Jérusalem, la Cisjordanie, Gaza)Benny Morris, Victimes. Histoire revisitée du conflit arabo-soniste, Éditions Complexe, 2003, .. Des contacts seront pris en ce sens quelques jours après la guerre avec l'Égypte et la Syrie qui répondra par une fin de non recevoir. Moshe Dayan déclare le :

Les activistes religieux voient cette victoire comme « miraculeuse » et la libération des territoires comme le début de la rédemption divine (at'halta dege'ula). Lors d'un sermon au mur des Lamentations, le rabbin Zvi Yehouda Kook déclare :

Selon Henry Laurens, tant au sein de la population israélienne qu'au sein des communautés juives principalement aux États-Unis et en France apparaissent ainsi deux « attitudes »Henry Laurens, La Question de Palestine - Tome 4 : le rameau d'olivier et le fusil du combattant, Fayard, 2011, .. Le monde extérieur est perçu comme « hostile dans sa globalité ». À l'angoisse d'une possible destruction imminente par les Arabes (présentée comme le dernier chaînon dans une lignée d'ennemis plurimillénaire remontant à l'antiquité biblique), succède l'exaltation de la victoire ; cette dernière allant jusqu'à être perçue comme une « forme de réparation humaine ou divine de la catastrophe de la Seconde Guerre mondiale ». Toujours selon Henry Laurens, apparaît également la « politique de l'arrogance » et le sentiment que l'ennemi est faible et « méprisable », qu'il ne comprend que la force, et que l'armée israélienne a pour vocation à la fois de dissuader tout ennemi de l'attaquer, mais également de le forcer à accepter une solution dictée sur base des intérêts fondamentaux d'Israël.

Le lancement de la colonisation (1967-1977) Expulsion des Palestiniens et destructions de leurs lieux d'habitation vignette|Dans un plan de partage qui a conservé son nom présenté au gouvernement le 27 juillet 1967., Yigal Allon prévoit l'annexion de Jérusalem et de toute la partie Est de la Cisjordanie ainsi que de zones stratégiques tout en créant deux enclaves pour la population palestinienne qui aurait été placée sous administration jordanienne.