Le LaserDisc, Laser Disc ou encore Laser Vision est un support de sauvegarde optique sur disque rotatif réversible permettant principalement de stocker et relire sur chacune des deux faces du support, des signaux vidéo et audio, lancé au début 1976 sous le nom de MCA DiscoVision mais sans succès puis commercialisé à grande échelle, à partir de 1978 en Amérique du Nord puis au Japon et dans le reste du monde.

Le Laser Vision apparaît à partir de 1978, exploitant deux pistes audio analogiques séparées. En 1988, le Laserdisc se dote d'une piste audio numérique, codée au format PCM. Procurant parmi les meilleures performances audio et vidéo par rapport au support magnétique ou à la vidéocassette, le LaserDisc n'obtient qu'un succès commercial relatif, principalement en raison du prix élevé des lecteurs et des disques ainsi que du fait, pour sa version grand public, de la fonction limitée en lecture de l'appareil, sans possibilité d'enregistrer de programmes de télévision ou d'autres sources vidéo. Toutefois, les collectionneurs cinéphiles et les détenteurs d'équipements home cinema l'apprécient aux États-Unis, au Japon et en Europe et il est adopté en Asie (Hong Kong, Malaisie et Singapour) dans les années 1990.

Les principaux brevets et la technologie élaborées pour le LaserDisc se retrouvent dans les solutions de stockage optique ultérieures comme notamment les populaires formats CD et DVD.

Historique vignette|CRVDisc de Sony Le Laserdisc est le fruit de longues recherches ou inventions successives et son développement fait partie de l'histoire technologique du vidéodisque .

Les premières présentations publiques de la technique du MCA Discovision http://www.blam1.com/discovision/LaserMagic1998.htm MCA Discovision. ont lieu en 1972 alors que les premières tentatives de commercialisation n'interviennent qu'à partir de 1976. La firme américaine MCA finance ses développements et entend commercialement valoriser son catalogue de films en le proposant au public, espérant que le pressage d'un vidéodisque représenterait un coût comparable à celui des disques vinyles. Les moyens industriels disponibles à cette époque se basent sur les signaux analogiques et une définition image identique à celle des signaux de télévision de résolution normalisée, 525 lignes et standard couleur NTSC principalement pour l'Amérique du nord et l'Asie puis 625 lignes standard couleur PAL pour le reste du monde. Aucun Laserdisc 625 lignes au standard couleur SÉCAM n'a été produit ou commercialisé.

Jusqu'au milieu des années 1990 et l'apparition des supports numériques, le Laserdisc reste longtemps considéré comme un format de référence pour la vidéo, procurant une qualité d'image et de son appréciés notamment par les cinéphiles.

Avantages et handicaps Atouts Produisant un signal vidéo et audio de caractéristiques et performances supérieures à son concurrent contemporain le magnétoscope et sa vidéocassette, ce format dispose de plusieurs canaux pour le son analogique à son lancement, complété ultérieurement par un canal numérique stéréo et il peut offrir la possibilité de naviguer grâce au chapitrage et accéder de manière quasi instantanée à une séquence ainsi que plusieurs fonctions avancées de lecture rapide avant-arrière, pause, accéléré et ralenti, pour les modèles les plus évolués. Cette fonction d'accès direct à une séquence permet dès lors l'apparition de nouveaux types de jeux vidéo, le plus célèbre étant Dragon's Lair. Ce jeu permet de se promener au fil des décors d'un film d'animation similaire à l'univers de Disney. D'autres Laserdisc proposent de stocker et reproduire des images fixes ou animées comme notamment Vallée de la Mort, Las Vegas, Grand Canyon, Voyage interactif, photographies de Marc Garanger.

Parmi les avantages du format Laserdisc par rapport au magnétoscope et à la vidéocassette, la tête de lecture optique de l'appareil évite l'usure physique du support et augmente sa durée de vie. Solide, même après plusieurs années, la qualité audiovisuelle reste identique, à condition que la mécanique et l'électronique du lecteur soient toujours fonctionnelles. Certains LaserDisc permettent de varier la vitesse de lecture, sans perdre en qualité ou en fluidité, contrairement aux supports magnétiques comme la vidéocassette. Ce format est exploité par certaines entreprises dans des systèmes de simulateurs, notamment pour la conduite des trains. Certains films édités sur ce format permettent la possibilité de sélectionner la piste audio de la version originale (sous-titrée ou pas) ou la version francophone, en fonction du canal audio droit ou gauche, monophonique.

Son grand format conforme aux albums vinyles permet au Laserdisc d'exploiter d'une pochette imprimée de grande taille permettant de reproduire l'affiche du film ou du programme proposé. Enfin, les cinéphiles collectionneurs apprécient ce format car certains films restent inédits et non ré-édités en DVD, notamment la toute première version cinématographique du film Star Wars, épisode IV : Un nouvel espoir sorti en Laserdisc, en 1982.

Ne disposant d'aucun dispositif d'anti-copie vidéo, le signal vidéo produit par un lecteur LaserDisc peut être enregistré par un magnétoscope ou numérisé par une carte d'acquisition vidéo d'un ordinateur. Ce défaut est corrigé pour les DVD, lesquels peuvent exploiter le dispositif Rovi Macrovision.

Aux États-Unis, certains supports LaserDisc comprennent des signaux de sous-titrage (Close Caption) destinés aux utilisateurs dont l'audition est déficiante. Certains modèles de lecteurs peuvent intégrer un décodeur ou se voir ajouter un boîtier externe prévu à cet effet.

En Europe dès le début des années 1990, la sortie en vidéo de certains films récents est souvent décalée par rapport à celle sur LaserDisc, aux États-Unis. Des importateurs s'organisent pour commercialiser en Europe ces films récents, et la presse spécialisée comme la revue Les Années Laser en publient les banc-d'essais critiques.

Handicaps Outre son prix relativement élevé par rapport à la vidéo, la capacité de stockage pour chaque face du disque limitée à environ 45 minutes maximum, impose aux modèles ne disposant pas de la fonction auto-reverse, de devoir éjecter puis retourner le support, engendrant une interruption de la vidéo. Certains films de longue durée comprennent jusqu' 4 disques dans l'album commercialisé. De plus, contrairement au magnétoscope et à la vidéocassette, le LaserDisc ne permet pas l'enregistrement, à l'exception de modèles professionnels réservés aux entreprises et extrêmement coûteux. En France dès son lancement, un lecteur Laserdisc est très coûteux et il revient à au moins , soit près de la moitié du salaire mensuel minimum SMIC de l'époque. Un disque revient en moyenne à , soit environ conforme au pouvoir d'achatCalculé avec le convertisseur de l'INSEE, du franc de 1990 vers l'euro de 2014 ce qui est à comparer avec le prix d'un paquet de cigarettes fixé à l'époque, à 10 Francs, soit 1,5€.

Les premiers appareils lecteurs ne sont pas compatibles à la fois avec les deux normes 525 lignes NTSC et 625 lignes PAL, ce qui limite l'intérêt pour les cinéphiles, d'accéder au plus large catalogue de films. En Europe au format 625 lignes PAL et plus spécifiquement en langue française, l'offre en films de cinéma est plus restreinte que celle destinée aux États-Unis et au Japon. En France et dans les pays exploitant le standard couleur Sécam, l'appareil nécessite soit l'utilisation d'un téléviseur compatible avec les signaux 625 lignes PAL, soit d'employer un transcodeur PAL vers Sécam ou plus rarement, un convertisseur NTSC vers Sécam. De même, pour lire un vidéodisque destiné au marché américain et asiatique, le téléviseur doit être compatible avec le codage NTSC et de préférence, la norme américaine à 525 lignes.

Chaque face de Laserdisc est limitée en fonction du type de codage, soit 30 minutes par face maximum avec le format CAV et jusqu'à 45 ou 60 minutes en CLV mais au détriment de la qualité de l'image. Les lecteurs de dernière génération intègrent une fonction de changement automatique de face, produisant une interruption de quelques secondes. Le support Laserdisc se caractérise par le grand format similaire à celui d'un album à vinyle 33 tours et par le poids de sa verrerie. La compatibilité de lecture avec le format CD audio n'a été rendue possible sur certains lecteurs Laserdisc qu'à partir du lancement de ce support sonore numérique. Leur technologie nécessite notamment d'employer une optique laser spécifique montée avec un mécanisme compatiblePar exemple, Philips CVD-486 ou Pioneer CLD-D515..

Détrôné par le DVD apparu au milieu des années 1990, un fabricant japonais tente toutefois de commercialiser un lecteur Laserdisc dit « universel », permettant de lire les DVD : le modèle Pioneer DVL-K88 en 1998.

Caractéristiques techniques Principe

Le vidéodisque maître permet une lecture de signaux vidéo et audio analogiques sauvegardés en usine sur un support de verrerie plexiglas, gravé avec un procédé industriel, semblable à celui exploité dans la production des CD audio : réalisation d’une matrice ; duplication par pressage ; métallisation (ou fixation définitive de l'enregistrement) ; capotage (protection).

vignette|Illustration de l'encodage des signaux vidéo et audio sous forme d'une suite de plats et de cuvettes.

Lors de la gravure du support maître, la source du signal analogique vidéocomposite au format 525 lignes NTSC ou 625 lignes PAL permet de moduler une porteuse en fréquence (fréquence de base à 8.1 MHz en 525 lignes et 7.1 en 625 lignes). Sur le disque, l'intersection de la sinusoïde de fréquence variable générée avec une droite horizontale, considérant par exemple, que les portions situées au-dessus de la droite se projettent sur un plat et que les parties en dessous sont situées sur une cuvette, on obtient une suite de zones plates et d'alvéoles dont la longueur varie en fonction de la fréquence de la porteuse modulée à partir desquelles il est possible de reconstituer la modulation source. La démodulation permet de reconstituer le signal vidéocomposite d'origine, lequel peut être exploiré par l'entrée vidéo d'un téléviseur ou d'un magnétoscope.

Le schéma ci-joint dévoile une incidence technique complémentaire, notamment due à l'ajout d'un signal audio faisant varier la hauteur de la porteuse modulée en fréquence. Dans ce cas de figure, l'espacement centre à centre des cuvettes, lié à la fréquence, encode la vidéo, et que leur longueur encode l'audio.

Le disque est lu à partir du centre et en allant vers l’extérieur. La lecture s’effectue à l’aide d’un faisceau laser de couleur rouge ou infrarouge. La tête de lecture optique est asservie en radial et focalisation pour lire les motifs gravés. Les premiers lecteurs utilisent un laser Hélium-Néon exploitant une longueur d’onde visible de , remplacé ensuite par un laser à semi-conducteur infra-rouge à .

Ainsi, bien qu'utilisant comme le CD une alternance de plats et de cuvettes de profondeur fixe, le Laserdisc est lors de sa sortie un support purement analogique, même si on y adjoindra par la suite du son numérique. C'est la variation continue des longueurs des cuvettes et de leur espacement centre à centre qui contient l'information, et non leur simple présence ou absence binaire. Il est donc plus sensible que ses descendants numériques aux aléas de production (qualité de la salle blanche, usure des matrices de pressage, etc.).

Encodage

On compte quatre types de format d'encodage pour les Laserdiscs : 525 lignes avec standard couleur NTSC aux États-Unis et au Japon 625 lignes PAL destiné au marché européen Norme Haute Définition analogique à 1035 lignes entrelacée MUSE au Japon sous label Hi-Vision HD MAC professionnel, expérimenté en Europe mais jamais commercialisé auprès du public

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