Jehan II d'Allonville de Réclainville, né en 1520]. dans le pays chartrain et mort vers 1599, est un chevalier de l'ordre du roi, gouverneur de Chartres, puis de Blois, mais aussi député aux États généraux de 1593 des ligueurs nobles des pays du Centre.
Ennemi à la fois des huguenots, et des ligueurs, Jehan II d'Allonville de Réclainville est, dans ces temps difficiles, souvent et utilement employés par Henri III et Catherine de Médicis.
Biographie Origines et jeunesse Jehan II d'Allonville de Réclainville est un membre de la Famille d'Allonville. Il est le fils de Nicolas II d'Allonville de Réclainville (1500-1553), écuyer et seigneur de Réclainville et du Grand Coudray (de 1532 à 1553).
En 1568, il est nommé par Charles IX, , pour seconder le seigneur d'Eceuilly, le gouverneur de Chartres. La même année, lors du siège de Chartres mené par Condé, sa .
Lieutenant ou remplaçant du gouverneur de Chartres
thumb|left|450px|Bataille de Dreux en 1562.
Jehan II d'Allonville de Réclainville est nommé, en 1582, gouverneur intérimaire de Chartres, pendant l'absence de François-René d'Escoubleau de Sourdis (occupent le poste depuis .), envoyé en Italie. En 1584, il est toujours gouverneur..
Le sieur de Maintenon était capitaine des gardes du roi sous Charles IX. Réclainville est en famille ou ami avec une bonne partie des nobles beaucerons, donc il connaît bien leur état d’esprit. Il dit au roi qu'un député aux États devant tenir pour la religion catholique contre la nouvelle, il n'y avait pas apparence qu'il se portât pour les catholiques, puisqu'il supportait les huguenots ; que voilà pourquoi l'on ne pouvait faire choix de sa personne pour député aux ÉtatsLes Hommes illustres de l'Orléanais biographie générale des trois ..., par Charles Brainne, J. Debarbouiller, Charles Ferdinand Lapierre, p. 170 et suivantes..
Gouverneur de Chartres (1588)
Après l'assassinat des ducs de Guise (), soit qu'il est indigné du crime commis, soit, comme l'insinuera Pierre Victor Palma Cayet, soit qu'il veuille comme d'autres lieutenants-gouverneurs profiter de l'occasion pour supplanter son chef, Jehan II d'Allonville de Réclainville jure et fait jurer la sainte union à la ville de Chartres, dont il devient gouverneur. Il décide d’organiser la place forte contre les troupes réunies des deux rois de France et de NavarreCharles Brainne, J. Debarbouiller, Charles Ferdinand Lapierre, Les Hommes illustres de l'Orléanais biographie générale des trois..., p. 170 et suiv..
Sur la demande des Chartrains, il reçoit du duc de Mayenne, Charles de Mayenne le gouvernement de la ville. Son premier acte, bien que ligueur, est de sauver un défenseur du roi, François d'Escoubleau de SourdisLouis-Gabriel Michaud, Biographie universelle, ancienne et moderne, ou, Histoire par ordre..., p. 499, article de Thou. que le duc de Mayenne voulait faire décapiter, puis il oblige le reste des habitants à jurer l'union. Réclainville fait aussi chasser les huguenots de la ville, en fait emprisonner quelques-uns, et se prépare à défendre énergiquement la place contre les troupes d'Henri III.
Le , M. de Réclainville adresse à tous les nobles et gentilshommes du pays une circulaire pour les inviter à venir jurer l’UnionPièce cataloguée, Lb 14, , Bibliothèque impériale.
Le gouverneur est autorisé, en cas d'affaires délicates, à ne convoquer au conseil que douze personnes ( et ).
Sous les ordres de Georges Babou de La Bourdaisière (1590)
Il refuse de reprendre le poste de gouverneur et le cède à Georges Babou de La BourdaisièreGeorges Babou, seigneur de La Bourdaisière, comte de Sagonne, chevalier des ordres du roi et capitaine de 100 gentilshommes de sa maison était l'oncle de Gabrielle d'Estrée et du cardinal de Sourdis. Il mourut en 1607. Comme tant d'autres, il s'était rallié à Henri IV qu'il avait combattu d'abord. Car, selon Réclainville, il ne peut dompter les mutins sans une forte garnison, ni la recevoir sans incommoder les bourgeois. Son gendre et ses enfants emprisonnés dans la grosse tour sont libérés.
Le siège de Chartres (1591)
Henri IV essaie de négocier avec Charles de Mayenne et Réclainville. Celui-ci lui fait porter le message suivant : Mes ancêtres n'ont servi que des rois catholiques, je suivrai leur exemple. Je serais infidèle à ma religion si je reconnaissais pour souverain un prince non catholiqueLes Hommes illustres de l'Orléanais, biographie générale des trois ..., par Charles Brainne, J. Debarbouiller, Charles Ferdinand Lapierre, p.170 et suivantes et Biographie universelle, ancienne et moderne, ou, Histoire par ordre..., p. 399, article Réclainville..
Henri IV met le siège devant Chartres le .
Les troupes régulières et les six compagnies de la milice bourgeoise forment un effectif de hommes de pied et de 300 chevaux, environ. Mais toute la population, accrue d'un grand nombre de paysans réfugiés, travaille aux fortifications et aux brèches.
Le , Réclainville, commandant au rempart de la porte Saint-Jean, est .
La ville se rend en , et d'Allonville est un de ceux qui protestent contre cette capitulation sans conditions acceptables. Engagé par serment avec ses autres défenseurs à mourir pour leur religion, disant que : la couronne de France n'appartenait qu'à un roi catholique; que s'il (Henri IV) avait eu cette qualité, on lui aurait porté les clefs de la ville, comme au légitime prince. Jean d'Allonville décide donc de refuser de signer.
Gouverneur de Blois (1592) D’Allonville est gouverneur de Blois, pour la Ligue. Henri IV essaie de l'acheter : Aujourd'hui, répond-il, le roi est catholique, je lui dois obéissance et service de sujet, comme j'ai dû le lui refuser avant sa conversion. Ce service n'est pas de nature à être ni vendu, ni achetéAlexandre Mazas, Les Hommes illustres de l'Orléanais, cours d'histoire de France, t. III, p. 71.. C'est la paraphrase assez laborieuse du mot célèbre de Lhuillier, le prévôt des marchands de Paris, au gouverneur Brissac : Rendre et non pas vendre.
La ville de Blois n'a jamais été ligueuse, et Henri IV y entre avec apparat, cinq mois avant son abjuration, le . Henri IV abjure solennellement le protestantisme, le en la basilique Saint-Denis.
Député de la noblesse aux États généraux de 1593
La nouvelle de la convocation des États de la Ligue à Paris, sous la présidence du duc de Mayenne, Charles de Mayenne, fait revenir Henri IV à Chartres, le , avec ses principaux conseillers. Le but avoué de l'assemblée ligueuse est de procéder à l'élection d'un roi catholique.
La fin de sa vie
La fin de la vie de Jehan II d'Allonville de Réclainville est plus calme. Il se retire au milieu de ses terres. Il jouit d'une haute considération dans le royaume acquise par de longs services. Il termine sa carrière dans un âge très avancé.
Sa descendance
Jehan II d'Allonville se marie par contrat du à Marie de Mesmes (1540-1631), fille de Philippe, seigneur de Marolles et Madeleine Bertholle. Marie est née au château de MarollesPatrimoine de la famille de Mesmes de 1481 à 1680, puis par la suite en 1788 de Louis Alexandre de Montmorency, Prince de Robecq. Ce château est incendié par les nazis en 1944.. Elle survivra de longues années après le décès de son mari et elle sera inhumée le dans l'église de Gommerville, devant l'autel Saint-Claude et Saint-Fiacre.
Jehan II d'Allonville de Réclainville et Marie de Mesmes ont trois enfants :
Louis d'Allonville de Réclainville (1561-1617), chevalier, seigneur de Réclainville, vivant en 1615.
Charlotte d’Allonville (1562-1590), se marie avec Jehan de Gombert, conseiller à la Cour du Parlement de Paris.
Adrien d’Allonville, (1567-1617), fils cadet, écuyer, seigneur de Bierville, en 1597. Il se marie avec Madeleine de Maillard.
Notes et références
Annexes Sources et bibliographie
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Articles connexes
Réclainville
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