thumb|Carte des concessions de l’État indépendant du Congo, la concession de l’Anversoise est indiqué en vert foncé. La société anversoise du commerce au Congo, aussi appelée l’Anversoise, était une entreprise belge établie à Anvers. Le roi Léopold II en était l'actionnaire principal. Cette société possédait des concessions au sein de l'État indépendant du Congo. Ces concessions, octroyées en 1892 par le souverain Léopold IICe qui revenait à dire que . ., permettaient à la compagnie d'exploiter le caoutchouc et l'ivoire dans le bassin de la Mongala.

En 1898, le siège social fut transféré à Mobeka, au confluent de la Mongala et du fleuve Congo.

En 1912, la société anversoise du commerce au Congo fusionna avec l'ABIR pour devenir la Compagnie du Congo belge.

La société a été impliquée dans des exactions contre les populations locales, notamment dans la production forcée de caoutchouc, ce qui a conduit à des procès notables, comme celui de Charles Caudron, un agent de l'Anversoise, condamné pour des crimes commis contre les populations locales.

Histoire L’Anversoise est créée en 1892 avec un capital de (800 actions de ) sous statut de société anonyme belge ; le de l'année de création de la société, le capital fut porté à ( de ), son siège était au 104 Rempart des Béguines à Anvers. La société prenait l'engagement de payer à l'État une redevance de 300 Francs par tonne de caoutchouc récolté, de par tonne de cire ou de copal récolté et, pour les autres produits dont l'ivoire une redevance de 5 % de leur valeur marchande sur le marché européen. En 1898 le capital fut porté à ( de ) et le siège social fut transféré à Mobeka au confluent de la Mongala et du fleuve Congo. Pour ses apports, l'ancienne société reçut sans valeur nominale. L'État Indépendant du Congo reçut pour les concessions qu'il apportait ; Alexandre de Browne de Tiège, son président, nommé par le roi lui-même, ; Bunge & Cie, 100 ; E.P Grisar, 130 ; et Deyman-Druart, 100.. Ses administrateurs étaient le baron A. Goffinet, Ed. Bunge & Cie et de Browne de Tiege.

La société obtient une concession de sept millions d’hectares du bassin de la Mongala et de la région de Bumba. Le directeur de « l’Anversoise » en Afrique avait carte blanche et disposait de droits de police. Il pouvait compter sur un poste de police comptant , à Bumba qui était entretemps devenu domaine de la société. Le commissaire du district des Bangala et le commandant de la Force publique aidaient indirectement à « stimuler » la récolte du caoutchouc. La production forcée de caoutchouc provoqua la rébellion de Budzas entre 1898 et 1905. En 1912, l’Anversoise fusionna avec l’ABIR, active au sud du fleuve Congo, pour devenir la Compagnie du Congo belge..

L'affaire Charles Caudron

Entre et , une expédition conduite par J. L. Braeckman, commandant des troupes de la Mongala, assisté par les agents de l'Anversoise Loumaye et Caudron, respectivement chef de la zone de la Melo et chef de poste à Libanza, est menée sur le Melo supérieur pour venger le meurtre d'un capita-surveillant du caoutchouc. L'expédition provoque le massacre de 300 Ngbaka des environs de Bobadi. En , alors que les suites du massacre continuent de déstabiliser la zone et notamment la production du caoutchouc qui s'en trouve diminuée, et que Caudron poursuit ses exactions contre la population locale, le nouveau commandant de la Force Publique, Vandersleyen, demande des poursuites contre ce dernier, au titre qu'il n'est pas un fonctionnaire de l'État. Le gouverneur général autorise les poursuites. Durant le procès, qui s'ouvre à Boma en 1904, le citoyen britannique Herzekiah Andrew ShanuRuiné et acculé par les agents de l'EIC, il se suicide en juillet 1905, cf. ., un homme d'affaires installé au Congo, se passionne pour le procèsCe fait est formellement contesté par Fernand Waleffe, procureur d'État honoraire de l'EIC, présent pendant le procès, qui écrit : , cité par . et envoie l'essentiel de ses pièces à Edmund Dene Morel qui les publie dans son mensuel West African MailLire également le portrait et la fin tragique de Shanu dans ..

D'après Conan Doyle, dans son livre à charge contre l'État indépendant du Congo, En effet, Gustave Deneuter, ancien substitut de l'EIC qui défendait Caudron, affirmait dans ses conclusions au procès : Archives Africaines, Ministère des Affaires étrangères, 348, liasse N, affaire Caudron-Jones

Caudron fut condamné le à de prison, peine commuée à en instance d'appel le . Il fut finalement libéré début , après trois ans et demi de prison dans des circonstances clémentes..

L'affaire Cyrus Smith

En , le Consul britannique de l'État Indépendant du Congo Roger Casement fait connaissance, à la prison de Boma, d'un homme de Lagos, Cyrus Smith, condamné en compagnie de deux Belges, le , en première instance, à de servitude pénale pour avoir, dans le cadre de sa participation aux affaires de la Société Commerciale Anversoise . Cette peine est réduite à un an en instance d'appel le . Le Consul Casement demande au gouverneur-général de l'EIC le texte de son jugement en instance — pourtant tenu pour document secret comme tous les textes de jugement de cette époque. L'énonciation des circonstances atténuantes à la cour d'appel de Boma apporte, en creux, la preuve de la responsabilité de l'administration du gouvernement de l'EIC dans les exactions et les meurtres commis sur son territoire :

Public Record Office, Kew-London, Foreign Office 403/305. Ce texte est contesté par le procureur Waleffe.

L'envoi de ce document secret au Foreign Office le par Roger Casement est souligné d'un long commentaire, dont la conclusion précipitera plus tard la chute de l'EIC : Cité par ..

L'Anversoise et l'argent L’accord qui la liait à l’État indépendant du Congo l’obligeait à verser à celui-ci la moitié de ses profits. Les trois premières années de son activité, l'Anversoise fit un bénéfice six à sept fois supérieur à son capital.

D'après les recherches de l'historien Guy de Boeck, son troisième directeur Hubert Lothaire : . (1897-1900) recevait — en plus de son salaire annuel d'environ — un intéressement de près de par tonne de caoutchouc et de près de par tonne d'ivoire.

Par la circulaire du , tous les agents européens de la société touchaient également un bonus indexé sur le volume des exportations. Les instructions du précisent les tarifs. Un régime dit « des points » fut inauguré en 1895, pour être remplacé en 1896 par des allocations de retraite « aux agents qui se sont le plus distingués ». Charles Caudron, par exemple, touchait 3 % de commission sur tout le caoutchouc produit.

L'Anversoise aurait ainsi exporté 1895 : de caoutchouc ; d'ivoire. 1896 : de caoutchouc; d'ivoire. 1897 : de caoutchouc; d'ivoire. 1898 : de caoutchouc; d'ivoire. 1899 : de caoutchouc; d'ivoire. 1900 : de caoutchouc; d'ivoire. En 1908, au moment de la reprise de l'État Indépendant du Congo par la Belgique, le portefeuille de ce dernier remis à la Belgique comprenait parts sociales libérées de la Société Anversoise estimées à la part soit l'équivalent en valeur année 2020Selon la table de l'évolution du BEF au cours des ans de la Banque nationale de Belgique.. Cela revient à un capital total de .

thumb|Constant Goffinet, administrateur de l'Anversoise

Notes et références

Bibliographie

.

.

Catégorie:État indépendant du Congo Catégorie:Colonisation belge de l'Afrique Catégorie:Léopold II (roi des Belges)