vignette|Luxembourg City, Hollerich – école et place de jeux en 2019.

Lenseignement (du latin insignis, remarquable, marqué d'un signe, distingué) est une pratique, mise en œuvre par un enseignant, visant à transmettre des compétences (savoir, savoir-faire et savoir-être) à un élève, un étudiant ou tout autre public dans le cadre d'une institution éducative. Cette notion se distingue de l'apprentissage qui renvoie lui à l'activité de l'élève qui s'approprie ces connaissances. (de plus, certains apprentissages se font sans enseignement : autoformation).

Lenseignement ne doit pas non plus être confondu avec l'éducation : ce dernier terme (du latin educare, tirer hors de), beaucoup plus général, correspond à la formation globale d'une personne, à divers niveaux (au niveau religieux, moral, social, technique, scientifique, médical…). Néanmoins, l'enseignement contribue à cette formation et constitue donc une composante de l'éducationNaïl Ver, Adeline Paul et Farid Malki, Professeur des écoles : droits, responsabilités, carrière, Retz Éditions, 2014, 223 p..

Le contraire de l'enseignement est l'apprentissage, car il s'agit d'un ensemble de mécanismes menant à l'acquisition de savoir-faire, de savoirs ou de connaissances. Le bénéficiaire de l'apprentissage est appelé apprenti. On peut donc opposer l'apprentissage à l'enseignement dont le but est de dispenser des connaissances et savoirs, le bénéficiaire de l'enseignement étant l'apprenant.

En dehors des sciences de l'éducation, d'autres disciplines scientifiques ont défini l'enseignement. Cependant, les définitions de l'enseignement en éthologie, en psychologie et en anthropologie culturelle ne sont pas totalement superposables. En éthologie, la définition fonctionnaliste (l'enseignement est défini par sa fonction : transmettre des connaissances) est privilégiée car elle permet de comparer des comportements chez les humains et les animaux non-humains. En psychologie, l'enseignement est plutôt défini par l'intention de l'enseignant de transmettre une information et par ses capacités mentales : c'est une vision mentalistique. Enfin, en anthropologie culturelle, l'enseignement a souvent une définition centrée sur la culture : l’enseignement est une activité volontaire, explicite, souvent unidirectionnelle, qui doit être considérée comme telle par ses acteurs.

Terminologie

Le terme enseignement, de son côté, signifie « marquer d'un signe, distinguer, rendre remarquable ». Il se réfère à un bien précis, soit celui du développement des connaissances des élèves à l'aide de signes (la transmission des connaissances est en soi impossible, on ne transmet pas de connaissances). « Signes » et « enseignement » dérivent d'ailleurs de cette même racine latine. Selon Marguerite Altet. : L'enseignement couvre donc deux champs de pratiques : Celui de la gestion de l'information, de la structuration du savoir par l'enseignant et de leur appropriation par l'élève, domaine de la didactique ; Celui du traitement et de la transformation de l'Information en Savoir par la pratique relationnelle et l'action de l'enseignant en , par l'organisation de situations pédagogiques pour l'apprenant, c'est le domaine de la pédagogie. En d'autres termes, enseigner suppose à la fois des techniques et méthodes spécifiques à une discipline scolaire (celles-ci sont étudiées par la didactique) et des techniques et méthodes qui peuvent s'appliquer à n'importe quelle discipline et domaine de connaissance (celles-ci relèvent de la pédagogie).

Le droit de toute personne (enfant via les droits de l'enfant, ou adulte) à l'éducation est l'un des droits de l'homme, parfois qualifié de « deuxième génération ».

Pour la jurisprudence européenne, l'enseignement (ou instruction) fait partie du droit à l'éducation et est défini comme visant Arrêt Campbell et Cosans c. Royaume-Uni (, § 33, série A ) alors que « l'éducation des enfants » est . Chaque État-membre, Jurisprudence européenne ; Folgerø et autres c. Norvège [GC], , CEDH 2007-III. Le droit d’accès à l’enseignement supérieur (même en prison) est un droit de caractère civil, au sens de l’article 6 de la Conventionvoir affaire Emine Araç c. Turquie, , . L'État-membre, si son droit interne le lui permet, face à des parents souhaitant assurer eux-mêmes l’éducation de leurs enfants au domicile peut imposer voir Konrad et autres c. Allemagne (déc.), , .

L'enseignement porte sur des connaissances (des connaissances déclaratives de l'ordre des faits, concepts, règles ou des connaissances procédurales : savoir-faire, méthodes, automatismes) qui font partie de programmes fixés par l'institution scolaire. Ces connaissances sont divisées en différents champs spécialisés, les disciplines scolaires qui sont elles-mêmes subdivisées en programmes scolairesCarette, Vincent, Rey, Bernard. Savoir enseigner dans le secondaire. De Boeck, 2010.

Éducation, instruction ou enseignement Le mot « éducation » est directement issu du latin educatio de même sens, lui-même dérivé de ex-ducere (ducere signifie conduire, guider, commander et ex, « hors de ») : faire produire (la terre), faire se développer (un être vivant)Définition de educatio dans le Gaffiot latin-français, 1934. Il convient cependant de noter la différence pointée par Mialaret(Mialaret G. Les sciences de l’éducation, PUF, Que sais-je ?, , , 2011) entre les deux étymologies educare (nourrir) et educere (élever) pour saisir la double instance liée au concept d'éducation et dont la conciliation est une problématique pédagogique majeure : nourrir/remplir de connaissances et élever c'est-à-dire maximiser les potentialités des individus selon Mialaret. Pour Émile Durkheim, l'éducation est une « Socialisation méthodique pour la jeune génération »https://www.cairn.info/revue-le-telemaque-2017-2-page-15.html. Enseigner, c'est transmettre à la génération future un corpus de connaissances et de valeurs de la vie sociale.

Il faut distinguer enseignement et éducation. Le terme enseignement, de son côté, se réfère plutôt à une instruction précise au cours d'un cycle d'étude précis, par exemple, l'enseignement supérieur..

L'éducation ne se limite pas à l'instruction stricto sensu qui serait relative seulement aux purs savoir et savoir-faire. Elle vise également à assurer à chaque individu le développement de toutes ses capacités (physiques, intellectuelles, morales et techniques). Ainsi, cette éducation lui permettra d'affronter sa vie personnelle, de la gérer en étant un citoyen responsable dans la société dans laquelle il évolue.

En pratique, tout le monde est d'accord pour considérer que certains savoirs essentiels font partie du bagage minimum du citoyen, et qu'inversement il n'est pas d'enseignement possible sans un minimum de pures conventions (comme l'alphabet par exemple) et de capacités relationnelles, donc d'éducation. Instruction et éducation sont souvent confondues. Les différences, subtiles, restent la base de controverses depuis longtemps, le Littré en fait foi dans son choix d'exemple pour sa définition d'éducation (voir le Littré à ce mot) : Au début du , la science de l'éducation désignait la pédagogie. Aujourd'hui, en France, depuis la création en 1967 du département universitaire de Sciences de l'éducation l'expression s'emploie au pluriel. Les problèmes d'éducation s'étudient en empruntant à plusieurs disciplines des sciences humaines (sociologie, psychologie, biologie, économie, philosophie de l'éducation).

Enseignement scolaire

Liberté d'enseignement

La Déclaration universelle des droits de l'homme proclame le droit à l'éducation pour tous et signale les droits des parents comme représentants de la personnalité de l’enfant : (article 26).

Le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels réaffirme les mêmes éléments, en y ajoutant l'interdiction du monopole éducatif : (article 13). Selon l'observation générale 13 sur l'application du pacte (1999), .

Le Pacte international relatif aux droits civils et politiques évoque aussi cette liberté parentale dans le contexte plus précis du droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion : article 18.

La Convention concernant la lutte contre la discrimination dans le domaine de l'enseignement aussi affirme (article 5: (b) et (c)).

Dans un contexte spécifique, celui des droits des peuples autochtones, l’OIT dans sa convention 169, établit un lien entre cette liberté et les droits culturels : (article 26). F. Coomans a résumé l’essentiel de cette doctrine en affirmant : F. Coomans, Clarifying the Core Elements of the Right to Education, in The Right to Complain about Economic, Social and Cultural Rights, Netherlands Institute of Human Rights, SIM No 18, Utrecht, 1995, p. 12..

Il conviendrait d’ajouter à ces textes l’article 5 de la Déclaration universelle de l'UNESCO sur la diversité culturelle (2001) qui établit un standard international beaucoup plus exigeant : A. Eide, Commentaire sur la Déclaration sur les droits des personnes appartenant a des minorités nationales ou ethniques, religieuses et linguistiques, Commission des droits de l’homme, Doc. E/CN. 4/Sub.2/AC. 5/1998/WP 1, p. 3.. K. Tomasevski, rapporteure spéciale sur le droit à l’éducation de la Commission des droits de l’homme, a pour sa part établi une typologie de l’extension du droit à l’éducation. Tomasevski décrit que ce n’est plus l’élève qui doit s’adapter au système éducatif existant, quel qu’il soit, mais le système éducatif qui doit être mis en conformité avec l’intérêt supérieur de l’enfantK. Tomasevski, Rapport à la Commission des droits de l’homme, Doc E/CN.4/2003/9, par. 28..

Programmes

Réformes

Formation des enseignants

Chez les animaux non humains

Il est possible d’étudier des comportements qui pourraient correspondre à de l’enseignement chez les animaux non humains. Caro et Hauser proposent une définition fonctionnelle de l’enseignement (qui se base sur la fonction du comportement) plutôt que sur une définition basée sur l’intention de l’enseignant ou sur ses capacités cognitives. Pour que le comportement d'un individu soit considéré comme de l'enseignement, il doit respecter les trois critères suivants :

L’individu « enseignant » modifie son comportement uniquement en présence d’un individu naïf; L’individu naïf acquiert une nouvelle connaissance ou un nouveau comportement Le comportement d’enseignant est altruiste, sans bénéfice direct, et/ou représente un coût pour l’enseignant. , seules quelques espèces non humaines ont montré de manière consensuelle des comportements respectant ces trois critères. Parmi elles, on retrouve les suricates (Suricata Suricatta), les fourmis de l’espèce Temnothorax albipenni, et les cratérope bicolore (Turdoides bicolor)7.

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes Catéchèse Didactique Liberté d'enseignement Ligue de l'enseignement Pédagogie Programme d'enseignement Savoir

Liens externes

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