Un surdoué ou une personne à haut potentiel intellectuel (HPI) ou encore à haut quotient intellectuel (HQI) est un individu doté de capacités intellectuelles significativement supérieures à la norme. Chez l'enfant, on parle d'enfant intellectuellement précoce (EIP).

La définition du haut potentiel varie selon les théories psychologiques de l'intelligence. Néanmoins, un score égal ou supérieur à 130 à un test de quotient intellectuel (QI) est généralement retenu comme indice fiable.

La classification fait l'objet d'un débat parmi les psychologues. Certains critiquent notamment la définition de l'intelligence par le QI, qui fournirait selon eux une mesure trop étroite de l'intelligence. Des mesures éducatives sont entreprises dans divers pays, avec pour objectifs avancés de mieux accompagner les enfants apparemment pourvus de ces aptitudes intellectuelles particulières. Des clubs à QI élevé, comme Mensa ou Intertel, sont réservés aux personnes dont le QI atteint ou dépasse un certain seuil, généralement 130 ou plus.

D'après la psychologue Anne-Sylvie Pelloux (revue Enfances & Psy) en 2026, .

Définitions Le terme « surdoué » est un néologisme employé pour la première fois en 1946 à Genève par le docteur Julian de Ajuriaguerra pour désigner un enfant .. Si cette définition s'appliquait aux enfants au départ, on parle dorénavant aussi d'adultes surdoués.

Il est vraisemblable que le mot s'employa en 1932, pour la première fois. Il s'agissait de La Recherche du beau de Léon Daudet (), passage qui concerne Santiago Rusiñol :

Vocabulaire Il peut exister, notamment dans le grand public, une confusion entre des termes de sens voisins, qui désignent cependant des individus différents : précoce, doué, surdoué, haut potentiel, prodige, virtuose, génie. Beaucoup sont des synonymes, d'autres se rapportent à des dons très spécifiques.

« Enfant intellectuellement précoce » (EIP) est le terme choisi par l'Éducation nationale en France pour désigner les enfants surdoués, mais il ne s'agit pas nécessairement d'enfants « en avance » dans les apprentissages scolaires ou dans d'autres domaines. Ces enfants ne sont pas systématiquement premiers de la classe ou particulièrement performants à l'école ; et cette « avance » serait rattrapée à terme par les autres enfants, effaçant cette précocité et les replaçant dans la moyenne. Un EIP (un enfant surdoué donc) deviendra un adulte surdoué, la différence de pensée étant plus d'ordre qualitatif que quantitatif. Un terme comme « à haut potentiel intellectuel » est plus proche de la réalité. Le potentiel est présent mais sa visibilité dépendra de ce qui en sera (ou non) fait par l'enfant ou l'adolescent.

Un enfant surdoué (aussi nommé à haut potentiel, intellectuellement précoce) est détecté en dressant un tableau psychologique () avec un . Ce bilan peut mettre en évidence des capacités intellectuelles plus élevées que la norme établie ou des attitudes différentes de celles qui s'observent pour la majorité. En termes de QI, le seuil usuel est un score total supérieur à 130 sur l'échelle standard. de Wechsler.

Un individu « surdoué » dispose d’une intelligence supérieure à la moyenne. Toujours en termes de statistique, son QI se situe au-dessus de 130, soit deux écarts-types au-dessus de la moyenne sur l'échelle de Wechsler (échelle standard). Ce choix de deux écarts-types, soit au-dessus de la moyenne, n’est pas le fruit du hasard : il correspond symétriquement au seuil reconnu de la déficience intellectuelle, qui est de deux écarts-types au-dessous de la moyenne, soit un QI total inférieur ou égal à 70. Dans les deux cas, cela représente 2,3 % de la population sur laquelle le test a été étalonné.

Rappelons toutefois que le QI est une mesure psychométrique des fonctions cognitives. Ainsi, dans un cadre clinique, il est accompagné d’un bilan psychologique complet effectué par un professionnel compétent. Néanmoins, même pour différents auteurs spécialistes, la définition d'une personne « surdouée » reste ouverte. Ainsi, pour Louis et Ramond., un enfant surdoué est un enfant qui . Pour Rumpf., . Pour Gouillou., . Pour Jean-Charles Terrassier, la dyssynchronie est une caractéristique essentielle de l'enfant surdoué.. Il existe un écart entre une grande intelligence et la maturité de l'enfant qui provoque un décalage.

Bien que ce potentiel intellectuel exceptionnel ne se manifeste pas toujours par des réalisations exceptionnelles, on parle de « haut potentiel intellectuel ». Dans le cas où le haut potentiel ne s'accompagne pas de réalisations fortes, les Américains utilisent le terme de , que les Québécois ont traduit par « sous-réalisateur ». Le terme « haut potentiel » utilisé d’abord en Belgique, puis en France et en Suisse, a l’avantage de ne pas être péjoratif, mais il sous-entend qu’un potentiel exceptionnel ne se concrétise pas forcément par des réalisations exceptionnelles, et qu’il n’empêche pas les difficultés, parfois même l’échec scolaire, professionnel ou social. Le terme « haut potentiel » ajoute donc la notion de latence et de contexte : ainsi, un enfant peut très bien avoir des aptitudes intellectuelles particulièrement élevées, mais ne pas les utiliser. Plusieurs chercheurs inter-universitairesNDPN, UCL, ULB, ULG et UMH, dans le cadre de la recherche-action inter-universitaire commanditée par le ministère de la Communauté française de Belgique. caractérisent le haut potentiel en tant que douance comme une puissance en devenir. À noter que l'appellation « Haut potentiel intellectuel » est développée d'abord dans les milieux du développement personnel et n'est pas utilisée par les scientifiques étudiant les capacités intellectuelles.

Autres termes usuels Douance ; Haut potentiel (HP) ; Haut potentiel intellectuel (HPI) ; Très haut potentiel intellectuel (THPI) ; Haut quotient intellectuel (HQI) : se dit pour des individus ayant un sur l'échelle de Wechsler ; Très haut quotient intellectuel (THQI) : se dit pour des individus ayant un sur l'échelle de Wechsler ; Enfant intellectuellement précoce (EIP) : terme choisi par le système éducatif français pour désigner les élèves surdoués. Zèbre : dénomination proposée par la psychologue Jeanne Siaud-Facchin, notamment par le biais de son livre Trop intelligent pour être heureux ?, afin d'éviter certains termes, comme surdoué ou précoce, trop lourdement connotés et souvent mal compris. Ce terme fait son entrée dans le dictionnaire Le Larousse en 2020.

La double exceptionnalité, quant à elle, prend forme en cas de présence conjointe d'un haut potentiel intellectuel et d'un trouble du développement, tel qu'un trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) ou un trouble du spectre de l'autisme (TSA).

Définitions scientifiques La définition du haut potentiel intellectuel la plus répandue en psychologie est celle fondée sur le quotient intellectuel : un individu est dit HPI si son QI, tel que mesuré par la WISC ou la WAIS, atteint ou dépasse 130. Ce seuil de 130 correspond à deux écarts-type au-dessus de la moyenne, par symétrie avec le seuil du retard mental (QI inférieur à 70, soit deux écarts-type au-dessous de la moyenne).

Néanmoins, les chercheurs n'utilisent pas tous cette définition, et des variations sont observées., telles que : le changement du seuil (qui peut être 120, 125, 135) ; l'inclusion de certains critères (comme les résultats scolaires ou la créativité) ; le changement de la définition (certains choisissant de parler de HQI dès que l'un des indices de l'échelle atteint ou dépasse 130).

Une revue de la littérature par Carol Carman, parue en 2013., montre que le seul critère qui fasse actuellement l'objet d'un consensus est le quotient intellectuel, bien qu'il ne soit pas toujours utilisé en pratique.

D'après les études en neurologie et neurosciences Les recherches menées par le professeur Jean-Claude Grubar, professeur de psychologie expérimentale à l'université Charles de Gaulle - Lille III, montrent que le fonctionnement cognitif des enfants précoces diffère de celui des autres : le traitement de l'information, chez les jeunes surdoués, serait en effet plus rapide, et leur mémoire de travail serait également plus efficace, car capable de retenir plus d'informations et ce plus longtemps..

Par ailleurs, Grubar rapporte des singularités dans la vitesse de maturation du cerveau., et plus précisément, une hétérochronie, comprise ici comme un décalage entre le degré de développement de différents secteurs. Il explique par exemple que . En outre, les enfants surdoués conserveraient plus longtemps que les autres des caractéristiques juvéniles (néoténie), et ainsi, .

Des chercheurs de l'Université McGill de Montréal et du National Institute of Mental Health (NIMH) de Washington ont effectué des études sur une cohorte de et adolescents. D'après leurs observations, .. C'est en effet dans cette zone du cerveau que se développent le raisonnement abstrait, l'attention, la planification ainsi que d'autres fonctions exécutives. Il en ressort donc que le cerveau des jeunes surdoués ne serait pas caractérisé par un volume plus important mais plutôt par et .

Il a été également prouvé qu'un enfant surdoué possède plus de neurones en moyenne qu'un enfant normal, dans certaines zones comme le cortex préfrontalNeurologie pour la psychologie, un ouvrage destiné aux premières années de licence en psychologie. ; c'est aussi le cas de l'enfant dyslexique et autiste sans retard de langage.., ce qui contraint à dire que c'est plutôt la façon dont se construisent les connexions neuronales qui serait à l'origine de ce décalage. Mais ces observations sont nuancées par d'autres recherches, comme celles réalisées par le Groupe d'imagerie neurofonctionnelle de Caen, qui montrent que l'intelligence se distribue dans différentes régions du cerveau, correspondant à des réseaux spécifiques de neurones.

Une étude de 2010 de l'université de Melbourne suggère qu'une source du haut potentiel intellectuel pourrait être une meilleure communication et un meilleur équilibre entre les deux hémisphères du cerveau.. Cela expliquerait, selon Nicolas Gauvrit, pourquoi les personnes surdouées ont une légère tendance à être ambidextres, puisqu'..

Une étude de 2020 par L. Vaivre-Douret, S. Hamdioui et A. Cannafarina sur l'influence du niveau de QI sur les symptômes de la dyspraxie conclut que les enfants surdoués atteints de ce trouble sont plus susceptibles de compenser leurs difficultés d'apprentissage..

Histoire de la douance (généralités) En Grèce antique, les individus qui disposaient de capacités dites supérieures à la norme étaient identifiés et pris en charge pour adapter leur éducation en fonction de leur potentiel.

Au Moyen-Âge, les aptitudes intellectuelles des enfants doués étaient mises au service de la spiritualité ; ils étaient regroupés dans des monastères pour développer leurs capacités selon le modèle religieux.

À la Renaissance et aux siècles suivants, l'éducation des hauts potentiels était également prise en charge pour développer leurs capacités intellectuelles.

En 1868, l'enseignant reconnaît que les enfants n'ont pas tous le même rythme d'apprentissage, et qu'ils devraient avoir accès à un programme scolaire adapté à leur niveau d'éducation et à leur talent..