Nicolas Saboly est un poète, compositeur et maître de chapelle français né en 1614 à Monteux et mort en 1675 à Avignon. Il a composé de nombreux chants de Noël en provençal qui forment un des monuments de la poésie en langue d'oc et qui ont été constamment réédités jusqu'à nos jours.
Biographie Il naît le au sein d'une famille de pâtresMonteux, État civil. De cette origine Saboly tirera probablement une inspiration pour les scènes pastorales de ses noëls. Cf. Faury 1876 , note. : son bisaïeul Claude Saboly et son grand-père Raymond Saboly exerçaient ce métier. C'est ce dernier qui est venu s'établir à Monteux.
Fils cadet de Felisa Meilheuret et de Jean SabolyJean Saboly, père de Nicolas, avait été consul de Monteux en 1636. Il avait pour parents Marguerite Chinard et Raymond Saboly, et pour grands-parents Marguerite Dany et Claude Saboly., il avait un frère aîné prénommé Jean-Pierre et trois sœurs appelées Anne, Félicia (Felisa) et Claire.
Un cadet destiné à la prêtrise Dès la mort de son père, le , le jeune Nicolas entre au collège des Jésuites de Carpentras. À la fin de sa scolarité, il devient membre de la Congrégation de l'Annonciation de la Sainte-Vierge, le Cf. Faury 1876 . et, à l'automne de cette même année, quitte son collège pour commencer à suivre les cours de l'Université d'Avignon. Il reçoit la tonsure en 1630, et suit des cours de droit et de théologie, comme en témoignent deux actes notariés des et , qu'il contresigne comme témoin en qualité d'écolier en théologie. En 1634, alors qu'il n'a pas fini ses études de droit civil et canonique, il quitte l'Université sans avoir pris ses grades. Le , il est ordonné sous-diacre, diacre et prêtreCarpentras, Actes du secrétariat de l’évêché..
Sa carrière de maître de chapelle thumb |upright=0.8| Cathédrale Saint-Siffrein de Carpentras, Grand Orgue C'est en 1639, que Nicolas obtient la charge d'organiste, ainsi que celle de maître de chapelle (à l'époque on disait « maître de musique ») de la cathédrale Saint-Siffrein de CarpentrasSaboly est mentionné plusieurs fois dans le livre des comptes de la cathédrale, vol. 1607-1648. aux gages mensuels de 3 lt ; il touche aussi des rémunérations occasionnelles pour telle ou telle fête solennelle. Cf. Faury 1876 .. C'est le signe qu'il a été formé (pendant une douzaine d'années en principe) parmi les enfants de chœur, appelés aussi maîtrisiens (garçons formés à part, dans le but de tenir leur place dans un chœur d'église, composé à l'époque d'adultes professionnels : ces garçons chantaient la partie la plus aiguë de la polyphonie, c'est-à-dire la partie de « dessus », appelée actuellement soprano). Dans son cas, le chœur est celui de la chapelle du collège de jésuites où il fit ses études.
Une fois adulte, Saboly fut donc nommé maître de musique de la cathédrale Saint-Siffrein et devint ainsi une autorité musicale reconnue dans la cité. Parmi ses fonctions, on lui demandait aussi de participer, occasionnellement, aux fêtes locales, comme le lorsque le clergé de Caromb lui demande de jouer l'orgue pour la fête paroissiale de saint Maurice ; il reçoit pour sa prestation 10 florins et 12 sousCaromb AM : CC 20, vol. 21, f. 38, 1639. Cité d’après Faury 1876 .. Son nom disparaît des comptes de Saint-Siffrein après le , lorsqu’il est remplacé par le maître de chapelle David.
Nicolas Saboly partit en Arles où il fut également maître de chapelle de 1643 à 1646, puis à la cathédrale d'Aix-en-Provence (1652-1655) Aix-en-Provence AM : Comptes du Trésorier, CC 606, f. 1090v-1091v et 1116-1117, et CC 611 f. 439 et 450., à Nîmes (1659) Archives départementales du Gard : Registre des Insinuations, G 907, f. 76v-77r.. Il devient enfin maître de chapelle de l'église collégiale Saint-Pierre d'Avignon avant 1668, jusqu'à sa mortIl avait déposé une première version de son testament le 17 juillet 1668 d'Avignon : Archives départementales du Vaucluse, notaire Lapeyre, vol. 85, f. 650. Ces trois sources sont citées d'après Westrup 1940 et 38..
Les bénéfices ecclésiastiques Comme beaucoup de prêtres de son temps, Saboly a obtenu plusieurs bénéfices ecclésiastiques. Une partie de ses revenus lui était accordée de cette façon. Le Faury 1876 et Boudin 1867 ., il devient chapelain de Sainte-Marie-Madeleine en la cathédrale Saint-Siffrein de Carpentras, et conserve ce bénéfice jusqu'en 1663Carpentras, Actes du secrétariat de l’évêché. Bénéfice attribué par le grand vicaire Villardi, à la démission de Pierre Julliani..
Le , il se fait délivrer un certificat d'étudesTranscrit dans Boudin 1867, note 1. constatant qu'il a bien suivi les cours de l'Université d'Avignon de 1628 à 1634 ainsi qu'un certificat d'aptitude pour l'obtention de bénéfices dans les diocèses de Nîmes et d'Uzès.
Après maintes démarches, le , il obtient de l'administration pontificaleSes contacts avec l'administration pontificale d'Avignon furent loin d'être sereins puisque Nicolas Saboly, en 1662, écrivit une satire de 35 couplets (de huit vers octosyllabiques chacun) contre celle-ci. une pension de 100 lt (livres tournois) à prendre sur le prieuré et le bénéfice de Saint-Benoît-de-Cayran, dans le diocèse d'Uzès. Retourné à Avignon, il obtient la chapellenie de Sainte-MarieIl en restera le chapelain jusqu'en 1663..
Testament et mort Le , par testament passé devant le notaire François Julien à MarseilleLe testament est intégralement transcrit dans Boudin 1867., Saboly institue sa nièce Claire Saboly (épouse de Christophe Chardenas, bourgeois de Roquemaure (Gard)) son héritière universelle. Il lègue également 600 lt à sa servante Isabeau Sevique, et réserve sur le legs de sa nièce 600 lt de capital, faisant 30 lt de rente annuelle à verser au chapitre de Saint-Pierre d'Avignon pour qu'après sa mort deux messes soient dites chaque semaine en sa mémoire. Il meurt quatre ans plus tard, le , à AvignonAvignon AM, paroisse Saint-Pierre, registre des décès. et est inhumé dans le chœur de l'église Saint-Pierre.
La carrière de maître de chapelle de Saboly est classique, à cette époque, et c'est à la composition de ses noëls qu'il doit d'être resté célèbre.
Œuvres Œuvres manuscrites Recueil Bastide. Recueil manuscrit d'environ 220 noëls avec musique notée, en provençal et en français, compilé et écrit par Joseph Bastide, chirurgien d'Avignon, au début du . In-4°, 500 p. On y trouve la quasi-totalité des compositions de Saboly, à l'exception des numéros 6, 11, 34, 49, 62, 64, 67. Carpentras BM : Ms. 384. Recueil de poésies françaises et provençales, . 4°, 144 f. Ce recueil contient des pièces de Saboly et a été entièrement attribué à lui, à tort. Voir la discussion de l'authenticité dans Faury 1876, 2de partie. Deux messes polyphoniques dans le manuscrit Carpentras BM : Ms. 1267, probablement écrites durant son poste à Saint-Siffrein ; Deux motets [source à préciser].
Œuvres imprimées Premières éditions en fascicule Les premières éditions des Noëls de Saboly consistent en huit fascicules reliés ensemble, datés entre 1668 et 1674, conservés à Paris Ars. : B.L. 9478. Les titres des fascicules sont : Lei Noé de San Pierre. Avignon : Pierre Offray, 1668. 12°. Lei Noé de San Pierre. Avignon : Pierre Offray, 1669. 12° Texte en ligne. Lei Noé de San Pierre. De l'année 1669. Avignon : 1669. 12° Texte en ligne. Histori de la naissenso dou fis de Diou, composado en Noé, per N. Saboly... Avignon : 1670. 12° Texte en ligne. Noés nouveous de l'an M.DC.LXXI. Composas per Nicolas Saboly... Avignon : Michel Chastel, 1671. 12°, 16 p. Texte en ligne. Noés nouveous de l'an M.DC.LXXII. Composas per... Avignon : 1672. 12°, 16 p. Noés nouveous de l'an M. DC.LXXIII... Avignon : 1673. 12°, 16 p. Noés nouveous de l'an M. DC.LXXIV... Avignon : 1674. 12°, 16 p.
Éditions rassemblées en un seul volume Recueil des noëls provenceaux composez par le sieur Nicolas Saboly. Avignon : Michel Chastel, 1699. 12°, 100 p. Paris BNF : YE-12578. Recueil des noëls provenceaux composez par le sieur Nicolas Saboly Avignon : F. Mallard et F. Domergue, 1724. 2e éd. 12°, 100 p. Paris BNF. Recueil des noëls provenceaux composez par le sieur Nicolas Saboly... Avignon : J. Molière, 1737. 3e éd. 12°, 99 p. Paris BNF. Numérisé sur Gallica. Recueil des noëls provenceaux composé par le sr Nicolas Saboly,... Nouvelle édition, augmentée du Noël fait à la mémoire de M. Saboly, et de celui des Rois, fait par J.-F. D*** [Joseph-François Domergue]. Avignon : impr. de F.-J. Domergue, 1763. 12°, 112 p. Idem. Avignon : T. F. Domergue le jeune, 1772. 12°, 114 p. Idem. Avignon : J. T. Domergue, 1774. 12°, 120 p. Recueil de Noëls provençaux composés par le sieur Nicolas Saboly. Avignon : Jean Chaillot, 1791. 12°. Recueil de noëls provençaux, composés par le sieur Nicolas Saboly... Nouvelle édition, augmentée du noël fait à la mémoire de M. Saboly, & de celui des Rois, fait par J. F. Domergue, doyen d’Aramon. Carpentras : Gaudibert-Penne, 1803. 12°, 120 p. Idem. Avignon : Jean Chaillot, 1804. 12°, 132 p. Idem. Avignon : Jean Chaillot, 1807. 12°, 132 p. Idem. Avignon : Chaillot Aîné, 1820. 12°, 132 p. Idem. Avignon : Chaillot aîné, 1824. 12°, 132 p. Numérisé sur Google Books. Idem. Avignon : Offray aîné, 1854. 12°, 132 p. Idem. Avignon : Peyri, 1854. 12°, 132 p. Numérisé sur Google Books. Recueil des Noels composés en langue provençale... Nouvelle édition... publiée pour la première fois avec les airs notés... par Fr. Seguin. Avignon : Fr. Seguin aîné, 1856. Partition 2°, L-87 p., mus. Numérisé sur Gallica. Édition réimprimée en 1897. Nouvè de Micolau Saboly avec une préface de Frédéric Mistral. Avignon : Aubanel frères, 1865. Vint-un Nouvè causi de Micolau Saboly (1614-1675), édition du Tricentenaire présentée par Pierre Fabre et Robert Allan, publication de l'Institut vauclusien d'études rhodaniennes. Vedène : Comptoir général du livre occitan, 1975. Li Nouvè di Rèire de Nicolas Saboly. Berre L'Etang : C.I.E.L d'Oc, s.d. . Recueil des Noëls provençaux, Lou Reviro-meinage, Œuvres complètes de Nicolas Saboly, présentation, traduction, notes Henri Moucadel. Montfaucon : A l'asard Bautezar !, 2014, 448 p.
Éditions en recueil avec d'autres auteurs Dans la seconde partie du , les Noëls de Saboly sont souvent publiés avec ceux d'Antoine Peyrol () et de Joseph Roumanille (1818-1891). Ces nombreuses éditions reflètent la mouvance du mouvement littéraire des félibres. La liste donnée ci-dessous n'est pas exhaustive.
Li nouvè de Saboly, Peyrol, Roumanille em'un peçu d'aquéli de l'abat Lambert em'uno mescladisso de nouvè vièi e nóu e de vers de J. Reboul. Edicioun revisto e adoubado pèr lou felibre de la Miougrano emé la bono ajudo dóu felibre de Bello-visto. Avignon : Aubanel, 1858. 18°, 228 p. Li Nouvè de Saboly e de Roumanille. Em’un bon noumbre de viei Nouvè que soun esta jamai empremi. Edicioun nouvello, revisto coume se dèu. Avignon : Joseph Roumanille, 1865 (impr. adm. Gros frères). 8°, VIII-160 p. Numérisé sur Gallica. Li nouvè de Saboly, de Peyrol e de J. Roumanille. Em'un bon noumbre de vièi Nouvè que se canton en Prouvènço. Edicioum nouvello, revisto coume se dèu. Avignon : Joseph Roumanille, 1879. 12°, viii-163 p. Li Nouvè de Micoulau Saboly e di Felibre... em'uno charradisso pèr Frederi Mistral. Avignon : Aubanel, 1869. 12°, 182 p. Li nouvè de Saboly, de Peyrol e de J. Roumanille... Avignon : Joseph Roumanille, 1873. 12°, 129 p. Li nouvè de Saboly, de Peyrol e de J. Roumanille... Em'un bon noumbre de vièi Nouvè que se canton en Prouvènço. Avignon : Joseph Roumanille, 1879. 12°, VIII-163 p. Numérisé sur Gallica. Li nouvè de Saboly de Peyrol e de J. Roumanille... IVe editcioun. - Avignon : Joseph Roumanille, 1887. 8°, 164 p.
Liste des noëls