La base pour sous-marins de Saint-Nazaire est l'une des cinq bases d'U-Boote construites le long de la façade Atlantique française au cours de la Seconde Guerre mondiale par l'Allemagne nazie qui occupait la France. Elle sert de port d'attache à la 6. et 7. Unterseebootsflottille.
Histoire Avant le début de la Seconde Guerre mondiale, le port de Saint-Nazaire est l'un des plus vastes de la côte Atlantique française.
Construction thumb|left|Erwin Rommel inspecte la base, le 18 février 1944. L'armée allemande arrive à Saint-Nazaire en juin 1940. L'U-46 de la 7. Unterseebootsflottille est le premier sous-marin allemand à rejoindre Saint-Nazaire, le Historique de la base sur u-boot.fr.
Une mission de l'organisation Todt (Oberbauleitung Süd) inspecte le port dès , afin de déterminer les possibilités de construction d'une base sous-marine destinée à protéger les sous-marins allemands des bombardements aériens anglais. Les travaux sont confiés à l'ingénieur Probst.
La base est construite à la place du bassin de retournement de la Compagnie générale transatlantique. Des pierres extraites de la carrière de La Roche Ballue à Bouguenais sont transportées par voie fluviale à Saint-Nazaire comme matériau de construction. Avec l'agrandissement de l'abri, tant vers le nord qu'au sud, les quais et bâtiments de la compagnie sont détruits.
Les travaux s'effectuent en plusieurs étapes. Ils débutent en février 1941, avec les alvéoles 6, 7 et 8. Ils sont achevés en . De à janvier 1942, les alvéoles 9 à 14 sont construits, puis, entre février à ce sont les alvéoles 1 à 5. Enfin, de juin à décembre 1943, la construction d'une tour annexe achève les travaux de construction. Ces travaux requièrent la présence de et .
Entre fin 1943 et début 1944, une écluse protégée est construite dans l'alignement de la base afin de permettre l'accès au bassin ou à l'estuaire de la Loire. Elle mesure de long, de large, de haut et est équipée, sur son toit, de dispositifs de quatre cuves pour canons Flak (défense anti-aériennePanneau d'exposition sur le toit de la base. "L'écluse fortifiée". Consultation : 2007.). Une cloche blindée à l'extrémité est protège l'accès côté mer et croise ses feux avec un ouvrage comparable sur l'autre rive de l'estuaire.
Caractéristiques vignette|gauche|Un des alvéoles de la base. vignette|L'équipage d'un sous-marin allemand dans la base de Saint-Nazaire, le 15 juin 1942. Les dimensions de la base sont de de longueur, de large et de haut pour une surface d'environ et un volume de béton coulé estimé à .
L'épaisseur du toit est d'environ au maximum, constitué d'un mille-feuilles de dalles et de protections. Il se compose de quatre couches distinctes : la première, constituée de béton armé mesure d'épaisseur en moyenne, la seconde, en béton et granit, fait d'épaisseur, la troisième, à nouveau en béton armé, de d'épaisseur et la quatrième, nommée Fangrost, constituée par la superposition de poutres croisées de 1,80 et de hauteur. Le toit est équipé de cuves bétonnées pour canons de et quadruples de , d'une cloche blindée d'observation, d'un abri individuel (tobrouk) pour mitrailleuse et d'un bunker pour mortier automatique M19Panneau d'exposition sur le toit de la base. "Une structure de protection" et "Structure du toit pour résister aux bombes". Consultation : 2007.. C'est le seul exemple de construction d'un ouvrage de défense terrestre du type R 633, sur la dalle de toit d'une base pour sous-marins.
Il y a , numérotés de 1 à 14 du nord au sud : les alvéoles 1 à 8 constituent chacun un bassin de radoub de de long par de large, pour un sous-marin ; les alvéoles 9 à 14 sont des bassins à flot, de de long par de large, pour deux sous-marins.
Deux inter-box permettent l'accès aux étages supérieurs de la base. Ils sont situés entre les alvéoles 5/6 et 12/13. Ils correspondent aux extrémités du plan original de l'abri.
Par ailleurs, la base est équipée de techniques, de stockage, , pour les équipages, de pompage, quatre cuisines, deux boulangeries, deux centrales électriques, un réfectoire et un bloc opératoirePanneau d'exposition sur le toit de la base. "Une véritable forteresse". Consultation : 2007..
Utilisation Seconde Guerre mondiale
Deux flottilles sont affectées à Saint-Nazaire, la 6e et la 7e flottilles de sous-marins allemandsBase sous-marine de Bordeaux sur u-boote.fr.
La de Kiel, sous le commandement du korvettenkapitän Herbert Sohler, est affectée à Saint-Nazaire, comme flottille de combat, en partie à partir de , puis entièrement à partir de . La de Danzig est affectée à Saint-Nazaire en .
LU-46 du commandant Endrass arrive sur place fin . Le , lU-203 du commandant Mützelburg inaugure l'U-Bunker en entrant dans l'alvéole n°7.
Devant l'avancée des Alliés sur le front occidental, le transfert de la 7.U-Flottille, pour la Norvège, est décidé en . En , la base est déclarée « Festung » (forteresse) par Hitler. Tenue par les troupes du Generalleutnant Junck, elle résiste jusqu'à la fin de la guerre. Le , lU-255 du commandant Helmut Heinrich quitte Saint-Nazaire. Seul lU-510 du commandant Alfred Eick est capturé par les Alliés. Réarmé par la Marine nationale, il devient le « Bouan ».
Après-guerre vignette|Le toit de la base et le radôme. vignette|gauche|Le navire-musée Espadon de la classe Narval se trouve, depuis 1985, dans l'écluse de l'ancienne base sous-marine. Le quartier de la base est laissé à l'abandon plusieurs décennies. En 1994, la municipalité de Saint-Nazaire lance le projet « Ville-Port » destiné à réhabiliter la zone de la base qui n'est alors qu'une vaste friche industrielle.
L'architecte espagnol, participe à la première phase des travaux : « Ville-Port 1 ». Entre 1996 et 2000 s'implantent, dans et autour de la base, des équipements liés au tourisme ou à la culture. Il est ainsi possible de découvrir l'intérieur d'un paquebot transatlantique, univers reconstitué dans deux alvéolesEscal'atlantic sur le site de la mairie de Saint-Nazaire. Des logements sont également construits à proximité de la base. En janvier 1997, quatre alvéoles voient leurs murs percés afin d'ouvrir le nouveau quartier sur le port. Ils sont également remis en eau. En , le toit est ouvert au public. Il procure un point de vue intéressant sur l'estuaire de la Loire, le pont de Saint-Nazaire et les chantiers de l'Atlantique. En 1999, une longue passerelle inclinée permet de relier le toit au nouveau quartierPanneau d'exposition sur le toit de la base. "1995-2001". Consultation : 2007..
En 2000 est ouvert Escal'Atlantic, centre d’interprétation sur l’histoire des paquebots transocéaniques qui rappelle que c'est à l'emplacement de la base sous-marine que se dressaient la gare maritime et les installations de la Compagnie générale transatlantique.
En 2002, la réhabilitation de la base et du quartier se poursuit par le projet Ville-Port 2, confiée à l'agence LIN Berlin (Finn Geipel & Giulia Andi). La transformation des alvéoles continue. À l'automne 2005, les travaux destinés à installer le LiFE (Lieu international des formes émergentes)Le LiFE et le VIP (scène musicale)Le VIP dans les alvéoles 13 et 14 débutent. Ils s'achèvent en . Ces deux lieux sont destinés à accueillir concerts, expositions, ou autres spectacles.
Le , sur le toit de la base, au-dessus de l'alvéole 14, est placé un radôme ayant abrité un radar de l'OTAN à l'aéroport de Tempelhof à Berlin. Offert à la ville de Saint-Nazaire par le ministère de la défense allemand, la structure géodésique mesure de diamètre, de haut et pèse environ . Elle est constituée de structures en triangle couvrant une surface de Panneau d'information sur le toit de la base, à proximité du Radôme. Consultation : 2007.
Depuis 2009, le toit de la base accueille les jardins dits du Tiers paysage, conçus par le paysagiste et jardinier Gilles Clément.
Les moyens nautiques du Pôle national de formation de la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM) sont installés dans l'un des alvéoles de la base.
Durant l'été 2018, la salle associative de la ville a été inaugurée, dans les alvéoles 12 et 13.
La période d'activité de l'ouvrage pendant la Seconde Guerre mondiale est peu évoquée. Lors des travaux d'aménagement, des locaux datant de 1945 ont été détruits. Les bassins des alvéoles ouverts au public sont en grande partie comblés.
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie Trois documents en ligne sur l'histoire de la poche : L'histoire de la poche de Saint-Nazaire par Michel Gautier
Filmographie La base sous-marine de Saint-Nazaire. Entre humanité et barbarie. Documentaire réalisé par Stéphane Chemin. Cinérgie Productions. 2007 (Documentaire La base sous-marine de Saint-Nazaire sur le site de Cinérgie Productions.)
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Liens externes La base sous-marine de St-Nazaire sur le site U-boat bases La base sous-marine de Saint-Nazaire sur le site Chemins de mémoire Site historique sur la Poche de Saint-Nazaire Ce qui reste de la base navale allemande à Saint-Nazaire Saint Nazaire, ville martyre : bilan des 50 missions de bombardement
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