Chenac-Saint-Seurin-d'Uzet est une commune du Sud-Ouest de la France située dans le département de la Charente-Maritime, en région Nouvelle-Aquitaine. Ses habitants sont appelés les Chenacais ou Saint-Surinais et les Chenacaises ou Saint-SurinaisesLes gentilés de Charente-Maritime.

Elle est le résultat de la fusion, le , de deux communes distantes d'environ trois kilomètres : Chenac-sur-Gironde, village d'agriculteurs et de viticulteurs perché sur un coteau dominant l'estuaire de la Gironde, et Saint-Seurin-d'Uzet, petit port de pêche qui fut un temps un important centre de production de caviarL'univers de l'estuaire.

Géographie

Situation La commune se situe dans le sud-ouest du département de la Charente-Maritime, dans la province historique de la Saintonge. Appartenant au Midi de la France — on parle plus précisément de « Midi atlantique »Louis Papy, Le midi atlantique, atlas et géographie de la France moderne, Flammarion, Paris, 1984, elle peut être rattachée à deux grands ensembles géographiques, le Grand Ouest français et le Grand Sud-Ouest français. Formant un ensemble de , son territoire est principalement composé d'une série de coteaux assez marqués descendant en pente régulière vers l'estuaire de la Gironde.

Ceux-ci sont partiellement couverts de vignobles — la commune est dans la zone de production du Cognac, produisant des crus classés « Bons bois »Carte interactive des crus de Cognac — de terres agricoles (cultures oléagineuses en particulier) et de bois.

Dans la partie orientale de la commune, non loin de Saint-Seurin, apparaissent ce que l'on appelle les « Falaises-mortes » : cette appellation désigne une série de falaises qui formaient le littoral originel. Isolées de l'estuaire par suite de l'accumulation d’alluvions, elles sont souvent distantes de plusieurs kilomètres du littoral actuel et ne sont plus atteintes par les flots qu'en de rares occasions, soit les jours de tempête ou de « maline » (terme local désignant les marées de fort coefficient).

À leurs pieds s'étendent des paysages marécageux formant un écosystème particulier. Ainsi, la roselière de Saint-Seurin, s'étendant sur 350 hectares, est une étape importante sur le chemin des oiseaux migrateurs.

Axes de communication

vignette|Le chemin des ajhasses, chemin vicinal à proximité du bourg de Chenac. vignette|La « route verte » traverse le bourg de Saint-Seurin.

Chenac-Saint-Seurin-d'Uzet est située à 32 kilomètres au sud de SaintesEstimation du trajet sur le site Via Michelin et à 24 kilomètres de RoyanEstimation du trajet sur le site Via Michelin, respectivement troisième et quatrième agglomérations du département de la Charente-Maritime.

La commune est principalement traversée par la route départementale 145, autrement connue sous le nom de « route verte » : il s'agit avant tout d'un itinéraire touristique alternatif reliant le pays royannais à la région vinicole du Blayais, dans le département voisin de la Gironde. Celle-ci passe par le hameau des Monards (partagé entre les communes de Barzan et de Chenac-Saint-Seurin-d'Uzet) avant de traverser le centre-bourg de Saint-Seurin, longeant le littoral sur un axe nord-ouest/sud-est avant de bifurquer vers le nord du fait de la présence des falaises-mortes de l' « Échailler » et de « Tire-cul ». Cette expression imagée s'explique par la présence d'une forte pente à cet endroit, la route escaladant la falaise, en venant de la commune voisine de Mortagne-sur-Gironde.

Deux routes départementales secondaires relient le bourg de Chenac au littoral : la plus à l'ouest, la , fait jonction avec la « route verte » au lieu-dit Barabe ; la seconde, la , relie Chenac à Saint-Seurin. Toutes deux serpentent à travers un paysage accidenté.

Un réseau de chemins vicinaux quadrille le territoire communal : certains portent des noms évocateurs des productions du terroir, tel le « Chemin du Pineau ».

La commune est située à égale distance de deux aéroports : celui de La Rochelle-Île de Ré, à 95 kilomètres au nord, accueille principalement des vols charters à destination de l'Europe du nord et des Îles Britanniques ; celui de Bordeaux-Mérignac, à 98 kilomètres au sud-est, est un aéroport international desservi par plusieurs compagnies nationales et internationales.

Les aérodromes le plus proches de la commune sont ceux de Royan (24 kilomètres) et de Pons (26 kilomètres).

Aucune ligne de chemin de fer ne traverse la commune. Les gares SNCF les plus proches sont celles de Royan et de Pons.

Communes limitrophes

À l'ouest, une chaîne de collines de faible altitude marque la limite avec la commune de Barzan, tandis que sur la rive gauche de l'estuaire de la Gironde, se trouve la commune de Jau-Dignac-et-Loirac.

Hydrographie L'estuaire de la Gironde borde la commune sur son flanc sud-ouest. Plusieurs ruisseaux tributaires de celui-ci traversent la commune.

Prenant naissance au nord de la commune d'Épargnes, « le Rambaud » est un cours d'eau d'une longueur totale de 4,7 kilomètres. Il se jette dans le village des Monards, marquant la séparation avec la commune voisine de Barzan. Un port de plaisance a été aménagé à son embouchure.

La « rivière de Chauvignac » se jette dans le Rambaud à hauteur des Monards. Ce cours d'eau long de 2,5 kilomètres prend sa source non loin du coteau de Chauvignac, s'écoulant d'abord vers l'ouest avant de bifurquer vers le sud en raison de l'accentuation du relief. Le « chenal de Moque-souris », long de 2,1 kilomètres, se jette également dans le port des Monards.

Enfin, le Juliat est un cours d'eau prenant naissance dans la partie orientale de la commune. Mesurant 2 kilomètres de long, il vient rejoindre l'estuaire de la Gironde dans le port de Saint-Seurin-d'UzetSite du Sandre.

Climat

Le climat dont bénéficie la Charente-Maritime est un climat océanique tempéré de type aquitain, marqué par un ensoleillement moyen assez important : avec par an, il est comparable à celui que connaît une partie de la côte méditerranéennePréfecture de Charente-Maritime : Météo France. La pluviosité y est modérée, les précipitations ne dépassant pas 1200 mm par an. Les températures, quant à elles, varient en moyenne de +5 °C en hiver à +20 °C en été.

Les îles et l'ensemble du littoral de la Charente-Maritime se caractérisent par un climat particulièrement doux en hiver, et rafraîchissant l'été, grâce aux influences océaniques perpétuellement en mouvement (brise marine). Ces conditions climatiques favorables, toujours soumises aux influences de l'océan Atlantique, ont favorisé un véritable micro-climat de type sub-aquitain et l'existence d'une végétation déjà méridionale. Ainsi la flore se caractérise-t-elle par la présence étonnante de lauriers-roses, eucalyptus, agaves, et même les mimosas se mettent à fleurir dès le mois de janvier. Aux essences déjà méridionales du chêne vert (ou yeuse) et du cyste, s'ajoutent une forte présence de palmiers, figuiers, orangers et même oliviers. Il existe toutefois un contraste entre le littoral, assez sec et ensoleillé et l'intérieur des terres, davantage pluvieux. La pluviométrie passe ainsi de 750 mm sur le littoral à 950 mm dans l'intérieur de la Haute Saintonge.

vignette|redresse|Le laurier-rose, l'une des nombreuses espèces méridionales s'épanouissant dans la région.

Les relevés de la station météorologique de La Rochelle entre 1946 et 2000 permettent de déterminer quelques dates majeures au point de vue climatique en Charente-Maritime : ainsi, au cours de ce laps de temps, la température la plus froide est relevée le 15 février 1956 : -13,6 °C.

Un pic de température (dépassé seulement au cours de la canicule de 2003) est atteint le 8 juillet 1982 avec près de 39 °C à l'ombre.

Si 1953 est considérée comme l'année la plus sèche, 2000 est au contraire la plus pluvieuseRelevés Météo-France de 1946 à 2000, sur le site Bernezac.com.

À Bordeaux, les températures moyennes relevées sont de 6,4 °C en janvier et de 20,9 °C en août, avec une moyenne annuelle de 13,3 °C. Les records de chaleur enregistrés sont de le 16/8/1892 et les records de froid de le 16/1/1985. Le département de la Gironde connaît en moyenne 15 à 20 jours en été où les températures dépassent les . Des températures extrêmes peuvent aussi être observées comme lors de l'été 2003 où la température a atteint . Ce même été, il y a eu 12 jours consécutifs où les maximales ont atteint ou dépassé les .

Charente-Maritime et Gironde ont cependant connu des hivers très froids en 1956, 1985, 1987 et 2012.

La région a été durement affectée par la tempête Martin du 27 décembre 1999. Les records nationaux de vents enregistrés sont atteints avec 198 km/h au nord de l'île d'Oléron (station de la pointe de Chassiron). Des pointes à 194 km/h sont relevées à Royan.

Un an après le passage de la tempête Klaus (janvier 2009), la commune est touchée par la tempête Xynthia (février 2010). Si de violentes bourrasques sont relevées sur la commune, le territoire est avant tout affecté par des inondations, ainsi que par quelques dégâts matériels (chutes d'arbres, de poteaux électriques, etc.).

Les tableaux suivants résument les principales données climatiques des stations de Météo-France de Bordeaux (environ 75 kilomètres au sud) et de La Rochelle (environ 75 kilomètres au nord-ouest).

Données générales

Données météorologiques à Bordeaux

Données météorologiques à La Rochelle

Urbanisme Typologie Au , Chenac-Saint-Seurin-d'Uzet est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...

La commune, bordée par l'estuaire de la Gironde, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral.. Des dispositions spécifiques d’urbanisme s’y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l’équilibre écologique du littoral, tel le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des , ou plus si le plan local d’urbanisme le prévoit..

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (39,9 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (42,3 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : eaux maritimes (43 %), terres arables (18,1 %), zones agricoles hétérogènes (11,7 %), zones humides côtières (10,4 %), cultures permanentes (10,1 %), forêts (6,7 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie L'origine du nom de Chenac a donné lieu aux suppositions les plus diverses, certains érudits y voyant au les réminiscences d'une légende locale se rapportant à un « chêne habité »Monographie de Chenac, 1886, Bibliothèque nationale de France.

Il semble cependant que l'origine du nom de la localité dérive de l'anthroponyme gallo-romain Canus et du suffixe -acum, indiquant la possessionAlbert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Éd. Larousse, 1968 et pourrait se traduire par "domaine".

Quant à Saint-Seurin-d'Uzet, son nom est tiré de l'abbaye de Saint-Seurin-sur-l'Isle, en Gironde, Uzet étant une déformation de l'occitan « Euse », indiquant la présence de chênes-verts dans le tapis végétal primitif de la commune. Ce type de végétation est désigné sous le nom de « Yeuzaie » ou « Yeusaie » en saintongeais.