vignette|Symbole du loyalisme britannique Un loyaliste est celui qui témoigne de la loyauté à son souverain, à sa nation ou aux régimes et aux institutions établis en leur restant fidèle face à la rébellion.
En Amérique du Nord
Loyalistes et révolution américaine Les Loyalistes était le nom donné aux colons vouant loyauté à la couronne britannique lors de la révolution américaine de 1775 à 1783. Les historiens ont estimé que 15 à 20 % de la population était loyalisteCalhoon, p.235. L'historien Robert Middlekauff estime qu'environ colons, soit 19 % de la population blanche, resta loyale à la Grande-BretagneMiddlekauff, pp. 563-564.
Ils étaient souvent qualifiés de Tories (conservateurs), Royalists (royalistes) ou King's Men (hommes du roi) par les Revolutionaries (révolutionnaires) ou Patriots (patriotes), qui soutenaient la cause américaine. L'armée britannique forme plusieurs régiments de Loyalistes. Deux de ces régiments font partie des troupes capturées à la bataille de Yorktown en octobre 1781, face aux troupes des généraux La Fayette, Rochambeau et Washington.
Lors de la reconnaissance de l'indépendance des États-Unis (1783), la plupart des loyalistes décident de s'exiler dans la province de Québec et le reste de l'Amérique du Nord britannique par loyauté envers la Grande-Bretagne. De plus, les soldats et les miliciens britanniques, les collaborateurs de l'armée britannique et les prisonniers de droit commun sont expulsés du territoire des États-Unis et s'installent en Grande-Bretagne ou en Amérique du Nord britannique, où on les honore du titre de United Empire Loyalists (loyalistes de l'Empire uni), ou encore aux Antilles britanniques. Au Canada, l'arrivée de nouveaux « colons » britanniques, face aux francophones établis au Québec, modifie l'équilibre démographique. Beaucoup s'établissent en Ontario ou dans les provinces maritimes : ces réfugiés, dont 25 à 30% de femmes, sont en grande partie à l'origine des Canadiens anglais.
Repli vers l'Amérique du Nord britannique L'arrivée de nombreux loyalistes venus des États-Unis entre 1783 et 1791 et leur répartition dans la colonie du Québec entraîne, par l'Acte constitutionnel de 1791, la scission de la Province de Québec en un Haut-Canada anglophone peuplé de loyalistes, et un Bas-Canada francophone à l'est de la rivière des Outaouais.
Pour éviter un soulèvement des propriétaires terriens francophones du Québec, les loyalistes choisissent de s'établir à l'ouest de la rivière des Outaouais, à l'ouest de la capitale fédérale actuelle, Ottawa, (aujourd'hui en Ontario). Cependant, plusieurs d'entre eux se fixent dans le futur Québec, dans les régions des Cantons-de-l'Est et de la Gaspésie. D'autres s'installent au Nouveau-Brunswick, « colonie loyaliste » créée en 1784 par la Grande-Bretagne à partir de la partie nord de la Nouvelle-Écosse et quelques-uns en Nouvelle-Écosse. On estime à le nombre de Loyalistes qui se sont établis dans les futures Provinces maritimes du CanadaFohlen, p.171.
Après le traité de Paris, qui prévoit le retour des Loyalistes aux États-Unis, le Congrès incite les États à les réintégrer, à abolir les lois anti-loyalistes et à leur rendre les biens spoliésBernard Cottret, La Révolution américaine : La quête du bonheur 1763-1787, Paris, Perrin, 2003, . La Nouvelle-Angleterre applique ces recommandations, ce qui permet le retour de certains loyalistesFohlen, p.169. Toutefois, la situation est plus difficile dans le Sud et à New York et le retour à la normale nécessite plus de tempsFohlen, p.170.
Le gouverneur général de l'Amérique du Nord britannique et le lieutenant-gouverneur du Bas-Canada, James Henry Craig, continue à partir de 1807 une politique de nouvelles implantations semblable à celle qui a été menée en Irlande par les Britanniques. Il octroie des terres et une prime d'installation pour tous les nouveaux colons anglophones (dont les Loyalistes) s'installant en Amérique du Nord britannique.
Roman historique L'écrivain Kenneth Roberts décrit dans un volumineux roman historique, Oliver Wiswell (1940), la révolution américaine du point de vue des Loyalistes des premières émeutes en 1775 contre les Tories jusqu'à l'exode en 1783 des Loyalistes vers Saint-Jean (Nouveau-Brunswick).
En Espagne Les Loyalistes soutiennent la Seconde République espagnole contre la rébellion de Francisco Franco pendant la guerre d'Espagne (1936-1939) et sont plus souvent nommés les Républicains.
En Irlande du Nord
En France
Le terme de « loyalistes » apparaît au cours des années 1980 dans les médias tant métropolitains que locaux pour désigner les anti-indépendantistes néo-calédoniens, , sans que cette dénomination ne soit totalement approuvée par le camp concerné (son principal chef de file à cette époque, Jacques Lafleur, la rejetant tout particulièrement)Robert Bertram, La Bipolarisation politique de la Nouvelle-Calédonie depuis 1975, Paris, L'Harmattan, 2012, .. Plus tard, « Les Loyalistes » constituent une coalition de partis politiques calédoniens qui militent contre l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie dans le cadre des campagnes référendaires de l'accord de Nouméa, puis un groupe politique constitué de certains de ces partis au Congrès de la Nouvelle-Calédonie.
En Libye Durant la révolution libyenne de 2011, les soldats restés fidèles à la Jamhiriya du colonel Mouammar Kadhafi étaient appelés "loyalistes".
Notes et références
Sources
Robert M. Calhoon, « Loyalism and neutrality » in Jack P. Greene et J.R. Pole, éd., The Blackwell Encyclopedia of the American Revolution (1991) Claude Fohlen, Les pères de la révolution américaine, Paris, Albin Michel, 1989, Robert Middlekauff, The Glorious Cause: The American Revolution, 1763–1789. (édition 2005)
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