Le bataillon de choc est une unité d'élite de l'Armée française formée en à Staoueli en Algérie. Entraîné au parachutisme et aux méthodes commandos, son but est d'apporter un soutien aux organisations de la résistance française en vue de renforcer leur action. Tous les chasseurs sont volontaires et réunis autour d'une même doctrine rappelant leurs origines diverses. Elle est « puissance de la légion, légèreté du chasseur, chic du cavalier ».
L'unité est tour à tour engagée en France et en Allemagne pendant le second conflit mondial puis en Indochine et en Algérie avant d'être dissoute à la fin de l'année 1963.
Création et différentes dénominations , création du bataillon d'assaut puis bataillon de choc à Staoueli. , avec le de choc (ex. commandos de France), le de choc forme le de bataillons de choc. , avec le de choc (ex. bataillon Janson-de-Sailly) il forme le du d'infanterie de choc aéroporté (I/). Ce régiment prend le l'appellation de de choc. , le du de choc devient le parachutiste de choc avant d'être intégré à la demi-brigade de marche parachutiste en partance pour l'Indochine. , le bataillon est dissous pour former le du d'infanterie parachutiste de choc (I/ RIPC) avec des unités stationnées à Toulouse. , devient le de la de tirailleurs algériens parachutistes. 1954, devient le de tirailleurs algériens. , le est dissous. Son fanion est confié au parachutiste de choc. , le est recréé au sein de la parachutiste de choc par changement de nom du parachutiste de choc. , le est dissous. Son fanion rejoint le drapeau du de choc au Centre national d'entraînement commando à Mont-Louis.
Historique des garnisons, campagnes et batailles Seconde guerre mondiale vignette|upright=0.7|En Algérie le , du sergent Simorre de la . En 1943, le chef de bataillon Gambiez persuade l'état-major de la nécessité de créer une unité spéciale « susceptibles d'apporter le moment venu une aide puissante aux éléments implantés clandestinement dans la zone des opérations de débarquement ». Il rejoint les vues de la direction des services spéciaux qui décide la création à Staoueli, à compter du , du bataillon d'assaut qui prendra par la suite le nom de bataillon de choc.
Ancien chef de section de cette célèbre unité, l'écrivain Raymond Muelle en a raconté l'aventure durant le second conflit mondial dans son livre Le de choc paru en 1977 aux éditions Presses de la cité. Il résume ainsi la destination et l'utilisation de l'unité dans le premier paragraphe de son introduction :
Dans l'esprit de Gambiez, les « choc » devaient en effet être parachutés ou infiltrés dans le dispositif ennemi, capables de durer en climat d'insécurité, de détruire, paralyser et harceler l'adversaire.
Ils devaient être l'équivalent pour la France du SAS britannique, des commandos allemands de Skorzeny, des unités de Chindits en Birmanie, et il reçoit à cet effet une instruction de commando parachutiste. Mais hormis quelques actions spéciales en Italie et en territoire occupé accomplies par des isolés ou par une section, il fut essentiellement utilisé comme élément précurseur des grandes opérations de la et participa à des combats frontaux classiques. Selon Raymond Muelle, il était suspecté de « giraudisme » aux yeux du BCRA de Londres, ce qui lui aurait en partie valu de ne pas être parfaitement utilisé en territoire occupé selon sa vocation et ses capacités.
Quoi qu'il en soit, ce fut une glorieuse unité à qui le général de Lattre de Tassigny décerna en 1946 une citation éloquente :
Le baptême du feu de l'unité a lieu à la fin de l'été 1943 lors de l'opération Vésuve de la libération de la Corse. Celle-ci débute le par le débarquement dans le port d'Ajaccio, à partir du sous-marin Casabianca, d'un élément précurseur de 109 chasseurs de la du capitaine Manjot qui reçoit la reddition de la garnison. Le reste du bataillon est acheminé dès le lendemain, par les contre-torpilleurs et .
vignette|upright=1.0|, le « choc » défile à Ajaccio. Après quelques jours dans la région d'Ajaccio, les hommes de Gambiez interviennent dans l'ensemble de l’île jusqu'au , date à laquelle ils atteignent Bastia. Le bataillon s'installe dès lors dans la citadelle de Calvi et, le , s'étoffe d'une formée à partir de volontaires corses dont l'emblème portera la tête de Maure.
Après quelques interventions de type commando en Italie, le bataillon est engagé dans sa totalité du 17 au lors de l'opération Brassard relative à la conquête de l'île d'Elbe. Trois heures avant l'assaut général mené par la DIC, le de tabors marocains et les commandos d'Afrique, des détachements sont débarqués afin de neutraliser les batteries côtières allemandes disséminées à la périphérie de l'île. Le gros du bataillon doit intervenir au sud tandis que seront chargés de la partie nord et notamment des batteries d'Enfola.
La section du sous-lieutenant Corley, désignée pour intervenir dans le Vercors est finalement parachutée dans la Drôme, en 2 sticks les et , près de Dieulefit. Les trente hommes subissent des pertes lors du saut et l'aspirant Muelle prend la tête de la section.
Après quelques combats et accrochages entre Montélimar et Grenoble, la section qui est affectée à une compagnie FFI ( du de l'Armée secrète Drôme-Sud) reçoit l'ordre d'attaquer Le Pont-de-Claix qui ouvre la porte de Grenoble. Le , les chasseurs de Muelle livrent des combats acharnés, investissent le village mais doivent battre en retraite faute de soutien et à la suite de l'arrivée d'une colonne de renfort allemande. Finalement, la section du choc traverse Pont-de-Claix et entre dans Grenoble en élément précurseur le lendemain, le . La section ne rejoint le bataillon que pour la prise de Dijon le .
Entre-temps, Gambiez a quitté l'unité pour former les commandos de France et le gros du bataillon a débarqué le dans le golfe de Saint-Tropez à Sainte-Maxime. Avec à leur tête le capitaine Hériard-Dubreuil, le bataillon de choc est engagé du 21 au dans les combats pour Toulon au côté du RTA du colonel Linares. L'unité est notamment engagée au hameau de Dardennes, à la poudrière ( cie) et en centre ville ( et cie). Le mont Faron est quant à lui investi sans combat par la .
Après les combats de Toulon, le bataillon remonte vers le nord par la vallée du Rhône, dépasse Lyon et se retrouve à Dijon qu'il libère le associé au RSAR et à un peloton de Tank Destroyer.
vignette|upright=1.0|Colmar, le , (de gauche à droite) le lieutenant-colonel Gambiez suivi du capitaine Lefort et (en ) le capitaine Toussaint. À la fin du mois de l'unité se rapproche de Belfort et, après l'engagement séparé des compagnies à Ronchamp et Fresse, combat à Miellin puis Château-Lambert.
Le , l'unité est renforcée par l'un des commandos lourds en provenance des commandos de France. Le 25, le capitaine Lefort en prend le commandement.
Début novembre, le bataillon est au côté de son frère d'armes les commandos de France dans les combats meurtriers du Haut du Tôt au sud de Gérardmer puis rejoint la région de Belfort afin de participer à la libération de la ville. Le 20, les compagnies sont d'abord engagées à Cravanche, puis au Coudray et à Essert et entrent dans Belfort qui sera définitivement libérée le 25.
Entre le et le , les chocs engagent une succession de combats en Haute-Alsace entre Belfort et Mulhouse : Lamadeleine, Étueffont, Rougemont-le-Château, Masevaux, Bourbach-le-Haut, col du Hundsruck, Willer-sur-Thur, Bitschwiller. Alors qu'il forme depuis le le de choc avec les commandos de France devenus à cette occasion le de choc, le bataillon est à nouveau impliqué dans des combats éprouvants en Alsace dans le cadre de la réduction de la poche de Colmar. Il s'agit des combats pour Jebsheim et Durrenentzen et des opérations de nettoyage ou d'occupation autour de Colmar. À l'issue de ces derniers combats l'unité est très éprouvée et certaines sections ont perdu la moitié de leur effectif.
vignette|upright=1.0|Pau, début 1946 : embarquement pour un entraînement du bataillon de choc à bord d'un Junkers Ju 52. Après une période de repos à Soultzmatt, le bataillon traverse le Rhin à Gemersheim le avant de poursuivre son épopée à travers l'Allemagne, puis l'Autriche. La plupart du temps accompagnée par les chars, l'unité progresse rapidement et livre de nombreux combats notamment à Karlsruhe, Pforzheim, Dobel et Reutlingen. Le Danube est atteint le à la hauteur de Sigmaringen, puis le lac de Constance et enfin le dernier combat le à Hintergasse.
Lors du second conflit mondial le « » a été particulièrement éprouvé. Entre et , les pertes enregistrées sont de , et pour un effectif de à peine.
À l'issue de la capitulation de l'Allemagne, le bataillon prend ses cantonnements dans la région de Ravensbourg qu'il quittera pour rejoindre le camp de La Pallu près de Bordeaux et former, avec les commandos d'Afrique, le du .
Note : créées en en Algérie, les formations dites de choc, aptes à mener des actions de guérilla ou de commandos et chargées d’apporter leur aide aux organisations de résistance en France, sont regroupées début 1945 en trois groupements de bataillons de choc ou groupements de choc comportant deux bataillons chacun :
groupement de bataillons de choc commandé par le lieutenant-colonel Gambiez le de choc composé du bataillon de choc (qui prend le numéro 1) le de choc composé des commandos de France de bataillons de choc commandé par le commandant Quinche le de choc composé du bataillon Janson de Sailly (ou bataillon de Gayardon) le de choc composé du commando de Cluny de bataillons de choc commandé par le lieutenant-colonel Bouvet le de choc composé des commandos d'Afrique le de choc composé des commandos de Provence
Indochine 1947-1948 vignette|upright=0.7| à Saïgon, le caporal-chef Louis Simorre. Les premiers éléments du choc arrivent en Indochine au sein des deux bataillons parachutistes SAS dont la première appellation est en réalité bataillon de choc SAS d'Extrême-Orient. Les deux unités, qui sont mises sur pied à Mont-de-Marsan respectivement en et , débarquent à Saïgon les 23 et pour le (248 hommes) et le pour le (530 hommes).
Intégrées au sein de la demi-brigade SAS du lieutenant-colonel Pâris de Bollardière les unités interviennent au Laos, au Cambodge, en Cochinchine et au Tonkin jusqu'en pour les derniers éléments du (le colonial de commandos parachutistes est le nom de l'unité qui regroupe les derniers éléments des deux bataillons SAS). Les parachutistes SAS qui rejoignent la métropole le auront perdu 250 des leurs en Indochine.
La demi-brigade de marche parachutiste (DBMP), formée à partir des éléments de la DAP, arrive en Indochine au début de 1947. Avec ses trois bataillons (I, III/ et le parachutiste de choc), aux ordres du lieutenant-colonel Sauvagnac, elle constitue le premier renfort sérieux depuis le début de la guerre au Tonkin.
Les compagnies sont d'abord utilisées sur la périphérie de la capitale, Hanoï, à des tâches de « pacification et de colonisation » qui leur permettent de s'acclimaterHenri Le Mire, Les Paras Français, La Guerre d'Indochine : La reconquête du Tonkin et l'attaque du réduit national, page 35.. Ainsi que l'écrit le rédacteur du journal de marche du « choc » : « Pour les anciens, qui ont fait la guerre en Europe, comme pour les jeunes, tout est à apprendre dans cette guerre d'embuscade, de trahison, où la difficulté est de découvrir le véritable ennemi ».
vignette|upright=1.0|Éléments du bataillon sous l'aile d'un Dakota. Le , le bataillon, amputé de sa qui rejoindra l'unité le , embarque à Alger pour l'Extrême-Orient et arrive à Saïgon le puis à Haïphong le 24.
Après des opérations dans la périphérie d'Hanoï, l'unité est ensuite engagée dans de grandes opérations au Tonkin : opération Papillon en avril, opération "Léa" du 7 au , puis "Ceinture" du au .