vignette|Entrée du musée de Nairobi. La culture du Kenya, pays d'Afrique de l'Est, désigne d'abord les pratiques culturelles observables de ses habitants (, estimation 2017).

Langues et peuples vignette|upright|Un Somali portant le vêtement et le bâton traditionnels.

Langues Langues au Kenya

Peuples Groupes ethniques au Kenya, Démographie du Kenya Kikuyu (17,1 %), Luhya (14,3 %), Kalenjin (13,4 %), Luo (10,7 %), Kamba (9,8 %), Somali (5,8 %), Kisii (5,7 %), Mijikenda (5,2 %), Meru (4,2 %), Maasai (2,5 %), Turkana (2,1 %), non-Kényan (1 %), autres (8,2 %) (estimation 2019)

Traditions Au Kenya, après le mariage l'homme doit porter des vêtements de femme pendant un mois, pour comprendre la difficulté d'être une femme. De plus, l'homme est obligé de faire les taches effectué par la femme, pendant toute cette période.

Cuisine Cuisine kényane

La réussite de la promotion des aliments traditionnels et de la sauvegarde des modes d’alimentation traditionnels au Kenya est intégrée au Registre de bonnes pratiques de sauvegarde par l'Unesco en 2021..

Boissons Eau Soda loup Bière traditionnelle (mil, sorgho) ou moderne Vin de palme Chang'aa..

Santé Santé au Kenya

Sport Sport au Kenya vignette|Pratique du roller à Nakuru.

Jeux Kati

Médias En 2016, le classement mondial sur la liberté de la presse établi chaque année par Reporters sans frontières situe le Kenya au sur Reporters sans frontières : Les données du classement de la liberté de la presse 2016 .. Une forte dégradation de l'état de la liberté d'information a été observée depuis l'instauration des lois de 2013Reporters sans frontières : Kenya..

Littérature Liste d'écrivains kényans Littérature kényane (principalement en anglais et en swahili) , littérature en swahili, culture swahilie Littérature en d'autres langues africaines : kikuyu, luo… (2016), revue littéraire (Nairobi)

vignette|Binyavanga Wainaina. Les romans, nouvelles, récits, et pièces de théâtre sont nombreux, mais difficiles à trouver hors de Nairobi s’ils n’ont pas retenu l’attention des grands éditeurs. Dans ce domaine aussi, l’anglais domine comme langue d’expression, situation qui crée un dilemme pour les auteurs qui se battent pour atteindre un lectorat local et pour trouver des canaux de publication. Signalons les efforts de la collection de la maison d'édition Heinemann . Les trois grands auteurs kényans sont Ngugi wa Thiong'o (1938-), Meja Mwangi (1948-) et (1939-2021). Ils ont en commun d’exprimer dans une œuvre déjà abondante la quête d’identité de l’homme noir face à l’aliénation du monde moderne, mais leur écriture emprunte des voies différentes. Dans une veine moins amère que Ngugi wa Thiong’o ou Meja Mwangi et sans esprit de contestation, Charles Manga qui fit une forte impression lors de la publication de en 1971, puis quinze ans plus tard avec , évoque ses propres désillusions face au mariage, à l’amitié, à la politique et désavoue l’aliénation matérialiste des élites. Ses descriptions de la vie quotidienne sont pleines d’humour ; le réalisme tourne parfois à l’obscénité comme chez un autre auteur de talent, David Maillu (, 1973).

Écrivain de théâtre très prometteur, (1947-2012) (, 1993) s’interroge sur l’avenir de la culture africaine. Un autre jeune auteur, consacré en 2002 par le Prix Caine, Binyavanga Wainaina., raconte dans le retour difficile d’un jeune kényan émigré en Afrique du Sud dans son village natal. La plus connue des femmes écrivains est Grace Ogot qui a commencé sa carrière en écrivant des scripts pour la BBC, avant d’entrer en politique et de devenir parlementaire. Une collection de nouvelles, , donne un aperçu de la littérature féminine d’où se distingue notamment Marjorie Oludhe Macgoye (, Victoria, ). D’autres écrivains contemporains méritent d’être cités : Thomas Akare (), Sam Kahiga (), Bramwell Lusweti (), Martha Gellhorn (), Philo Ikonya (). Depuis le milieu des années 2000, la littérature africaine gagne du terrain par rapport à la littérature occidentale dans les librairies kényanes, grâce à des auteurs reconnus internationalement comme Yvonne Adhiambo Owuor et Okwiri Oduor.

Artisanats

bijouterie, orfèvrerie artisanat Makonde : sculpture bois artisanat sacs : Kikuyu, Kiondo, Luo artisanat cuir artisanat métal : plateaux, coffres artisanat bois : barques

Tissus Kanga (vêtement) Kitenge (vêtement) Pagne kita

Arts visuels L'art contemporain y est encore à ses balbutiements, et cette écume manifeste aussi la profondeur des cultures sous-jacentes. Artistes kényans

Dessin Gravure Peinture

Les galeries sont nombreuses à Nairobi. Les premières naquirent dans les années 1960 dans le centre-ville, près des hôtels, c'est-à-dire près des lieux de vente, souvent aidées par des fondations anglaises. La galerie Paa Ya Paa Arts a brûlé en 1997, perdant une importante partie de sa collection. Mais sa propriétaire, ne perdit pas espoir pour autant et elle créa un nouvel espace où se réunissent poètes, peintres et musiciens. L'autre galerie historique est Watatu au centre-ville. Animée par Ruth Shaffner, elle fut le berceau de l'art contemporain au Kenya. La galerie mettait en valeur des œuvres d'artistes souvent autodidactes, au style narratif et peignant à gros traits des scènes bucoliques très colorées ou laissant libre cours à des séquences oniriques. D'autres galeries ont pris le relais comme le Nairobi Museum, le Village Market ou la Maison française. La plus novatrice des galeries est certainement RaMoMa (), dirigée par Carol Lees et dont le projet est de constituer avec patience et méthode une collection d'œuvres contemporaines de référence : peintures, sculptures, dessins, textiles…

Les artistes aiment à se regrouper en écoles ou en studios pour partager inspiration et techniques picturales. Deux associations ont joué un rôle très important. D'abord celle de la Ngecha Artists Association. Ngecha est un bourg situé à Limuru près de Nairobi. Il y a vingt ans, tout le village peignait et s'adonnait à diverses formes d'expression artistique, de la sculpture à la poterie. Aujourd'hui l'atelier est peu actif, faute de moyens. Une quinzaine d'artistes plus jeunes a préféré se regrouper dans le Banana Hill Studio, qui se situe également près de Nairobi. L’atelier est animé par Shine Tani, un ancien enfant de la rue qui après avoir fait du cirque s'est lancé dans la peinture. Il organise des stages et assure la promotion des tableaux d'une joyeuse bande de peintres au style relativement homogène. Ils affectionnent les scènes cocasses de la vie rurale, autant que les scènes poignantes du monde contemporain : bidonvilles, voleurs, prostituées… Parmi ceux qui passèrent par le studio, certains exposent désormais à l'étranger, comme Joseph Cartoon, King Dodge, Meek Gichugu… Une association plus récente, , s'est installée au Musée de Nairobi. Elle joue la carte de la professionnalisation des artistes et tente de regrouper des peintres issus des écoles d’art ou de l'université. Une trentaine d'artistes fréquentent assidûment l'atelier sous la direction de Judy Ogana.

Trois figures marquantes ont sorti la peinture kényane du « style afro-saxon » dans laquelle elle se complaisait à l'origine pour satisfaire les goûts d'une clientèle essentiellement touristique et qui appréciait les visions stéréotypées de l'Afrique. Bien qu'il soit ougandais, Jak Katarikawe est considéré comme l'un des pères fondateurs de la peinture kényane. Consacré mondialement pour une œuvre commencée dans les années 1970, il fut appelé le « Chagall d'Afrique centrale » pour sa fantaisie et la liberté qu’il prenait à l'égard de la figuration traditionnelle et sa préférence pour une palette tendre de rose et de bleu, reproduisant des scènes agrestes, des vaches et des oiseaux surtout, léchées à gros traits et inspirées par le souvenir de Kiga, sa région d’origine, près du lac Victoria. Vers la soixantaine, il a trouvé une forme d'apaisement. Sane Wadu est l'autre talent consacré. Il vend dans le monde entier. Il a développé un style plus expressif que strictement descriptif, ancré dans la société contemporaine dont il critique les nombreux errements. Il peint des scènes de ville, pleines d'une foule dense qui se presse, s'entremêle, s'écrase, étouffe sous le poids de la condition humaine dans un espace où toute référence à la perspective a disparu. La doyenne des femmes peintres est Rosemary Karuga. Elle eut la chance d’étudier à la , avant de gagner de nombreux prix pour une œuvre qui a évolué de la peinture à l’huile au collage, lorsque le prix de matériaux conventionnels – toiles, pinceaux et tubes - devint trop élevé pour sa modeste bourse. À présent, elle découpe des pièces de papier dans les revues et les journaux pour raconter de manière colorée et expressive la vie de son village et des histoires d’animaux.

Justus Kyalo est le chef de file de la seconde génération : grandes fresques fluides aux couleurs fortes en hommage à la femme ou esquisses de danseurs spontanés dans un mouvement de couleurs bleues. El Taweb Daw El Beat, d'origine soudanaise, travaille avec une large palette de moyens techniques pour multiplier les effets décoratifs et évoquer l'intimité des maisons. Son inspiration est nubienne, mais aussi touareg et Massaï. James Mbuthia tente de sortir de l’enfer du naïf africain dans lequel se complaisent ses anciens amis de Banana, sans pour autant abandonner les représentations qu'il préfère : femmes au marché, mères et enfants enlacés, enfants avec leur animal familier. Daniel Kinyanjui propose des scènes d’amour à la circularité apaisante et joyeuse. La nature est un thème récurrent chez Jacob Njoroge, mais il la traite de manière allégorique. Il y a bien d'autres peintres kényans rencontrés au hasard des expositions : Richard Kimathi, Michael Mbai, Richard Onyango, Shade Kamau, Tabitha Mburu, Amos, Sabatian Kiarie, Peter Ngugi, Kama Shah, Samuel Githui, Elijah Ooko… Certains affirment leur prédilection pour les animaux du monde sauvage - et avouent n'avoir jamais vu de près un lion ou un éléphant. Ils peignent le plus souvent d'après photos ou se copiant les uns les autres.

Si la scène artistique est largement dominée par les hommes, les femmes ne sont pas pour autant absentes. On compte une trentaine d'artistes femmes exposantes occasionnelles. Leur travail célébrant la féminité et exprimant leurs joies, leurs frustrations, leurs conquêtes aussi, et la complexité d’être une femme dans une société en transition, a trouvé à se mettre en valeur. Béatrice Ndumi collecte divers objets, le plus souvent des perles et des cauris, qu’elle coud sur la toile pour former des figurines énigmatiques. Dans une veine moins naturaliste, Carolyn Njeri peint sur des fibres de bananiers des paysages ombragés et flous qui tendent vers l’abstraction. « The struggle » de Jane Githingi montre une petite femme désespérée, sur le point d’être engloutie par un raz de marée de formes qui rappellent ses peurs indéfinies et l’oppression sexuelle. Les femmes militantes exposent aussi. Tabitha Wathuku se considère comme une « messagère ». Elle utilise toute la toile pour faire de l’espace à la liberté. Elle dit aux femmes : Ne vous excusez jamais d'être femme ! Le militantisme de Turagah Hahnah « Ngaho » est moins agressif mais aussi résolu. Sa peinture suggère combien les femmes s’anéantissent à tenter de s’imposer au sein de leur communauté aux traditions aliénantes.