Le swing est un genre musical et une danse qui tire ses racines du jazz. Selon certains auteurs, le swing accompagne toute l'histoire du jazz ; pour d'autres, comme André Hodeir, il est devenu un courant musical du jazz qui prend son essor au milieu des années 1920 et va jusqu'à l'avènement du bebop dans les années 1940. Par extension, ce courant est également appelé « ère des », « époque du swing » ou tout simplement « swing ».

Le début de la crise économique américaine de 1929 permet à des orchestres et groupes du genre d'émerger dans les années 1930. Soutenus par la danse, ils sont en très grande partie reliés au divertissement américain de cette ère.. Des danses très connues, telles que le black bottom, le charleston (promu par Joséphine Baker), ainsi que le varsity drag, prennent de nouvelles formes, comme le shag, le lindy hop, le , le et le . Tandis que les chaînes de radio émettaient principalement du jazz dans les foyers, la musique écoutée par les gens était surtout dominée par le jazz. Quant aux orchestres, ils étaient conduits par Ben Bernie, Isham Jones, Vincent Lopez, Paul Whiteman et plusieurs autres. La musique qu’ils produisaient se caractérisait par la danse.

Analyse et histoire vignette|gauche|Benny Goodman.

Le swing se développe dans les années 1930.. Il représente l'âge d'or des , dont les plus célèbres sont ceux de Duke Ellington, de Count Basie., de Benny Goodman, d'Artie Shaw ou encore de Harry James.

Les années 1920 sont vues comme le boom du jazz. Jusque dans les années 1930, plus ou moins, la musique jazz était essentiellement conçue et écoutée par les noirs américains. Avec l'apparition du swing, le jazz est rapidement devenu plus célèbre qu’il ne l'avait jamais été auparavant.. Cette époque authentique, appelée « l'ère du swing », n’aura été que de très courte durée, soit du milieu des années 1930 jusqu'au début des années 1940. Mais le swing ne peut pas être considéré comme du jazz. Il contient certes, plusieurs éléments de celui-ci, mais il est également un mélange de musique dansante et de chansons connues, avec beaucoup d'accentuation sur le rythme de manière à faire « swinguer » la musique. C'est vite devenu la traduction d'un état d'esprit, celui d'une émancipation festive, d'après-guerre (surtout dans les années 1950), observable dans certains cabarets jazz de Harlem, ou de Louisiane, comme dans les caves de Saint-Germain-des-Prés, « temple du swing ». (exempt de connotation raciale, et chères à Boris Vian et aux existentialistes), avec le bebop préfigurant l'attitude et la danse rock 'n' roll, (à la place de la valse musette et de la java alors plus conservatrices, moins « branchées »). Partant de là, le swing devient alors plus universel.

Ce genre musical, ainsi que toutes ses caractéristiques et sa structure instrumentale qui l'accompagnent, ne peut être jouée ou improvisée par une seule personne à la fois. Elle ne peut être interprétée que par un groupe de plusieurs musiciens. Et, avant même la démocratisation du vinyle, elle ne s'exprimait qu'en « spectacle vivant » devant un public empathique (qui « tapait du pied », selon l'expression consacrée). Les phrases peuvent sembler très jazz, en plus des parties largement improvisées.

D'un point de vue technique, s'appuyant sur le caractère rythmique constant du jazz, il consiste d'une part, dans une mesure à deux temps ou quatre temps, à accentuer les temps faibles, et d'autre part à substituer systématiquement à toute formule rythmique binaire une formule ternaire « balancée » (en anglais : , une formule rythmique également appliquée dans le blues). Ainsi, à une succession de deux croches, on substitue la première et la troisième croche d'un triolet. Cependant, cette explication est simplifiée ; en effet, d'après le chercheur Anders Friberg, le taux de modification du rapport entre deux croches (ou ) varie selon le tempo : si le rapport est bien comparable à celui d'un triolet autour d'un tempo de vivace, il devient de plus en plus binaire à un tempo plus élevé. De même, lorsque le tempo est moins rapide, le rapport ressemble davantage à celui d'une croche pointée suivie d'une double croche..

En définitive, cet élément fondamental du jazz classique se rapporte à la pulsation. Fondée sur la syncope qui confère souplesse et rebondissement à la section rythmique, elle permet au soliste et aux ensembles orchestraux de produire ce phénomène de l'ordre de la sensation pure et donc difficile à noter. L'accentuation forte ou faible du contretemps participe aussi de ce processus de création d'une ambiance faite pour la danse. Avec la révolution du bebop structuré autour d'une conception harmonique novatrice et le cool qui revisite la fonction esthétique même du jazz, le swing réexamine ses concepts de base pour s'intégrer dans un cadre où il devient un partenaire présent mais discret pour les auditeurs, la mise en place des valeurs évoquées ci-dessus (articulation des phrases musicales, mise en place des notes par rapport à la mesure, accentuations) pouvant être différentes, voire inversées. Les musiques évoluées qui se réclament du jazz depuis les années 1970, après le free jazz, ne se fondent plus, sauf exception, sur ces principes et le terme swing est peu usité et évoque plutôt un climat musical.

vignette|Count Basie, Bob Crosby, au Howard Theatre de Washington, en 1941.

La crise économique américaine de 1929 (Grande Dépression) a été un coup dur pour l'industrie musicale. La majorité des musiciens qui étaient alors syndiqués ne peuvent plus travailler. Paul Whiteman, une des célébrités les plus populaires du jazz des années 1920, se voit obligé de renvoyer une partie non négligeable de son groupe. Il faudra quelques années aux groupes, aux labels de disques et aux compagnies de radio pour réussir à trouver une façon de résoudre ce problème. En dépit de la Grande Dépression, quelques musiciens ont pu tenir le coup, et un petit nombre de nouveaux groupes sont apparus. Pour la plus grande partie de ces groupes, un nom leur a été attribué : celui de ... Leur genre musical était assez simple, relaxante, et idéalement jouée en arrière-plan durant les soirées de danses en groupes raffinées et civilisées. Cette musique calme au rythme entraînant était aussi parfaite pour les entretiens autour d'un bon repas. Ces chanteurs consolaient les gens grâce à leurs paroles qui traitaient de l'amour qui en fin de compte, réussirait à tout vaincre. Les des années 1930 – Larry Clinton, Eddie Duchin, Shep Fields and His Rippling Rhythm, Sammy Kaye, Hal Kemp, Guy Lombardo and His Royal Canadians, Fred Waring and His Pennsylvanians, et plusieurs autres – ont séduit un très grand nombre d'auditeurs et vendu beaucoup de disques.

Le swing désigne aussi, d'un point de vue historique, l'ère swing, c'est-à-dire la période allant de 1930 à 1945.. Cette période faste est illustrée par les « blancs » comme celui de Benny Goodman surnommé « le roi du swing », Glenn Miller, Gene Krupa et les orchestres « noirs » tels ceux de Duke Ellington, Count Basie, Chick Webb, Jimmie Lunceford. Ces différents orchestres emblématiques du phénomène swing surent allier avec efficacité perfection de la mise en place, décontraction de l'énoncé et équilibre entre pulsion vitale, chaleur d'expression, maîtrise instrumentale et imagination mélodique..

Alors que les amusent le public et les danseurs expérimentés lors de réceptions, une autre catégorie d'orchestres attire l'attention des spectateurs et journalistes. Bien qu'il fût impossible de les catégoriser, ils ont su se différencier des autres en jouant des morceaux plus rapides, insistant sur le rythme, les chants en solo, ainsi qu'une musique encore plus entraînante enracinée dans les fondements du jazz. Ils avaient une manière d'inciter leurs auditoires à se tenir debout et à se laisser aller dans la danse, mais pas seulement sur des rythmes connus. En 1935, Benny Goodman et son orchestre font leur apparition avec des spectacles partout à travers le pays, ainsi qu'un enchaînement de plusieurs émissions de radio, Let's Dance., emportant avec eux les nouvelles sonorités du big band de la musique swing américaine. Leur grande popularité permet à d’autres groupes de se faire découvrir. Cette musique très syncopée et dynamique ouvre les portes à beaucoup de nouveaux styles de danses. Fletcher Henderson et son orchestre ont également apporté beaucoup à la musique des années 1930, de même que Paul Whiteman, qui a embauché divers virtuoses du jazz des années 1920.

Dans ses compositions, Fletcher Henderson divisait son groupe en plusieurs parties. Il aimait également se servir du style « appel et réponse » parmi ses instrumentistes, avec des solos entre ces parties. Benny Goodman aimait utiliser le style de Henderson au sein de son groupe, juste avant de devenir populaire. Ce fut donc les caractéristiques sonores de Henderson que Goodman a fait connaître et qui ont aussi été reproduites par beaucoup d’autres. Duke Ellington conduisait un orchestre de danse au Harlem’s Cotton Club, à partir de 1927 jusqu’en 1931., qui s’est transformé avec le temps en un groupe de musique swing. Auparavant, en 1924, le clarinettiste Sidney Bechet, pionnier du genre, avait rejoint le groupe de Duke Ellington pour commencer la deuxième tournée en Nouvelle-Angleterre (mais avait été renvoyé au bout de trois mois pour cause d'absentéisme), en laissant la marque de son inspiration swingueuse. Le chef d'orchestre suisse Ernest Ansermet écrivait à propos de Bechet : « (Il) ne peut rien dire de son art, sauf qu'il suit sa propre voie… et c'est peut-être la route sur laquelle le monde entier swinguera dans l'avenir ».

Ce style naissant, avec ces chefs d’orchestre, qui pour la plupart étaient des Noirs, et par conséquent étrangers auprès du grand public, avait trouvé une nouvelle méthode bien reçue par les gens qui, ennuyés par les sweet bands, recherchaient quelque chose de nouveau dans leur vie. Au fur et à mesure que le monde entendait parler d’eux, la curiosité ne cessait d’augmenter et l'attention se tournait vers eux de plus en plus.

Au cours des années 1920 et 1930, un bon nombre de groupes de musiciens noirs se tournent vers un nouveau genre musical. La majorité des labels pensent que tous ces groupes n'attirent plus, et leur portent donc moins d'attention. Ils réaliseront en fait que le public blanc montrait un intérêt assez particulier pour ce genre musical... Avec l'arrivée des années 1930, une grande partie du public connaissait déjà énormément de groupes, tant noirs que blancs. En raison de la ségrégation, le public avait moins accès à la musique noire. En effet, presque tous les clubs divisaient scrupuleusement les races, et bon nombre de chaînes radio refusaient de diffuser de la musique noire sur leurs ondes. Les possibilités pour eux de jouer devant un public blanc étaient moindres. Certains de ces groupes n'ont pu se faire connaître qu'à la fin des années 1930.