Roger Madec, né le à Paris et mort le à Verdelot en Seine-et-Marne., est un homme politique français, conseiller de Paris de 1989 à 2024, maire du de 1995 à 2013 et sénateur de Paris de 2004 à 2017.

Biographie

Carrière politique Militant parisien du CERES Après l'obtention du baccalauréat., Roger Madec a commencé sa carrière politique comme secrétaire de section socialiste ( Eugène Pottier) à la fin des années 1970, dans le sillage de Manuel Escutia, leader local de ce parti (courant CERES) à l’époque. En , lorsque Manuel Escutia est élu député du , celui-ci choisit Roger Madec comme assistant parlementaire.

En 1986, Manuel Escutia est écarté de son mandat parlementaire par la fédération de Paris, qui ne l'investit pas sur la liste pour des élections législatives qui se tiennent, cette fois, à la proportionnelle départementale. Manuel Escutia le reproche à Georges Sarre, leader parisien du courant Socialisme et République, et rompt avec ce courant. Roger Madec, devenu assistant parlementaire de Georges Sarre, s'oppose alors violemment à Manuel Escutia.

Émergence d'un leader local Chef d'un courant très minoritaire, Roger Madec pratique un habile jeu d'alliances variées qui lui permet de devenir incontournable et de renforcer rapidement son influenceCf. le récit donné dans Le Monde du 10 novembre 1988 - P. Jarreau - Municipales : la désignation des têtes de liste socialistes à Paris - M. Estier victime de la « guerre du dix-neuvième »..

En , lors des investitures pour de nouvelles élections législatives, de nouveau convoquées en scrutin d'arrondissement, Roger Madec s'allie avec un nouveau venu chez les socialistes et dans le : Jean-Christophe Cambadélis, trotskyste historique et, pour cette raison, proche depuis longtemps de Lionel Jospin. Le député sortant, Alain Billon, fabiusien, fait les frais de cette alliance et perd son siège. Roger Madec, après la victoire nationale du PS, est nommé chef de cabinet de Georges Sarre nouveau Secrétaire d'État aux transports dans le gouvernement RocardLe Monde du 28 juillet 1988.

En 1989, lors de la composition des listes socialistes aux élections municipales, Roger Madec rompt son alliance avec Jean-Christophe Cambadélis, s'allie avec A. Billon et les rocardiens, s'oppose au « parachutage » de Claude EstierLe Monde du 10 novembre 1988 - P. Jarreau - Municipales : la désignation des têtes de liste socialistes à Paris - M. Estier victime de la « guerre du dix-neuvième ». et arrache la tête d'une liste municipale socialiste homogène. Celle-ci est largement battue par la liste chiraquienne de Jacques Féron (CNI) : 23,1 % - second tour : - 41,78 % après fusion avec les listes PCF et Verts - source base élections du Monde.

Pour les observateurs, cet échec semble scellé d'une marque définitiveLe Monde du 18 février 1989 - P. Jarreau - La gauche dans le « trou noir » de La Villette.. En fait, il n'en est rien : dès le congrès de Rennes du PS, R. Madec renforce son courant au sein des sections du Le Monde du 10 mars 1990 Le jeu de go - Les partisans de Georges Sarre disputent le terrain à ceux de Lionel Jospin. En fait, s'étant placé au centre de l'échiquier politique local, Roger Madec va pouvoir, bien que très discret et peu connu au sein de la fédération de Paris, s'affirmer désormais comme le leader du PS .

Rupture avec Georges Sarre et insertion dans la majorité du PS La guerre du Golfe, et la crise que celle-ci provoque au sein du PS, lui permet un astucieux retournement politique. Officiellement aligné sur les positions anti-guerre de Jean-Pierre Chevènement et Georges Sarre, Roger Madec laisse ses militants se mobiliser contre la guerre. Lorsque Jean-Pierre Chevènement démissionne du gouvernement, la crise éclate dans son courant parisien : certains leaders (Michel Charzat, Patrick Bloche) prennent clairement le parti de François Mitterrand ; Georges Sarre hésite, critique d'abord Jean-Pierre Chevènement à qui il reproche d'avoir « mal choisi son moment » pour démissionner, puis finalement choisit de lui rester fidèle. Roger Madec feint d'adopter la même posture ; il parvient ainsi à préserver sa désignation comme candidat éligible aux élections régionales. Une fois celle-ci acquise, il annonce par voie de presse sa rupture avec le courant chevènementiste et son ralliement à la majorité mitterrandiste du PSLe Monde du 30/06/1991, qui cite une lettre de M. Madec indiquant que c'est « à contre-cœur » qu'il avait approuvé le texte de Jean-Pierre Chevènement aux assises de son courant le 22 juin..

Construction d’un bastion local Ainsi introduit dans le courant majoritaire du PS, Roger Madec obtient facilement l'investiture aux municipales de 1995. Profitant du premier recul des listes RPRL’essoufflement de la majorité RPR sortante est évoquée dans Le Monde du 21/03/1995 - L'urbanisme au cœur de la campagne municipale dans le 19 arrondissement - F. Chirot, et du maintien au second tour de la liste du Front National, la liste conduite par Roger Madec l'emporte de justesse au second tour tour: 35,06 % - 45,35 % contre 44,41 % à la liste M. Bulté (RPR-UDF) et 10,22 % à la liste X. Voute (FN) - source Le Monde base élections et son leader est élu maire du .

Il est réélu aux municipales de 2001 : 38,6 % (avec le PC mais sans les Verts) ; : 60,08 % contre 24,13 % au RPR M. Bulté (RPR officiel) et 15,77 % à F. Asselineau (liste Tibéri - Pasqua)- source Le Monde base élections, qui permettent à Bertrand Delanoë de devenir maire de Paris. Roger Madec est désigné quelques heures comme adjoint au maire de la mairie centrale. Mais il préfère son fief du et cède sa place parisienne à son bras droit, François DagnaudLe Monde du avril 2001 - C. Garin - M. Madec préfère sa mairie du à un poste d'adjoint..

Élu sénateur de Paris en 2004, Roger Madec tient d'une majorité forte, la section du PS , ne laissant à Jean-Christophe Cambadélis, son opposant local, que le bénéfice de son mandat de député. Dans la composition de la liste socialiste aux municipales - qui reste sa grande affaire - Roger Madec place ses proches et choisit ses alliés.

En 2008, la liste Roger Madec (PS - PC, mais sans les Verts qui font liste à partet la dissidence au Modem d'une adjointe « verte » au maire du ) est reconduite aux municipales dès le de scrutin52,13 % au - Le Monde base élections. Parti de 23 % aux municipales de 1989, Roger Madec remporte vingt ans plus tard 52 % des suffrages exprimés.

Roger Madec est réélu sénateur de Paris lors du renouvellement de , qui a vu le Sénat basculer à gauche.

Évolutions dans la préparation de l'après-Delanoë En , lorsque se prépare le congrès socialiste de Reims, Roger Madec se range sur la motion du maire de Paris, Bertrand DelanoëCf. liste des signataires de la motion A, publiée en tête de la motion, sur le site officiel du PS. Il s'en distancie, à l'été 2011, en annonçant son soutien à François HollandeBlog de Roger Madec - 30 juin 2011 http://www.rogermadec.fr/page/3/. Son arrondissement ne le suit toutefois pas, Martine Aubry emportant au second tour 54,14 % des suffrages exprimés dans le Le Monde du 17 octobre 2011 « à Paris Aubry a battu Hollande » sur www.lemonde.fr.

Cette prise de distance à l'égard de Bertrand Delanoë est accompagnée d'autres signaux discrets, qui marquent certains rapprochements avec Jean-Marie Le Guen, député du et rival socialiste du maire : soutien tardifLe Blog de Roger Madec : article du 16 mai 2011 « J’attends, comme l’ensemble des français, de connaître l’évolution de cette arrestation[...] Je reste donc en retrait afin d’éviter de prononcer un jugement trop prématuré sur un dossier abondant d’hypothèses » http://www.rogermadec.fr/page/8/ - article du : « Quant à nous socialistes, nous devons être lucides et surtout pas précipités. Nous allons tourner la page du DSK candidat et nous remettre au travail » et enfin le 8 juin : « je ne me permettrai pas des déclarations inopportunes sur l’affaire DSK » mais appuyéTrois articles de soutien à D. Strauss-Kahn entre le et le 16 juillet 2011, allant jusqu'à demander au PS de « se prononcer sur la possibilité de le laisser concourir [DSK] et [...] sur la nécessité de déplacer les dates de dépôt des candidatures aux primaires » http://www.rogermadec.fr/page/4/ à Dominique Strauss-Kahn, approbation du principe de primaires ouvertes à toute la gauche pour la désignation du futur candidat-maire de ParisBlog de Roger Madec - 18 octobre 2011 Site officiel de Roger Madec .

Le , Roger Madec annonce pourtant son soutien à Anne HidalgoAnnonce publiée sur son blog - 4 septembre 2012 pour succéder à Bertrand Delanoë à la Mairie de Paris. Son ami et premier adjoint à la mairie du , François Dagnaud, est l'un des deux noms (avec Jean-Louis Missika) cités par Anne Hidalgo pour diriger sa campagneLe Lab Europe 1 - 4 septembre 2012 A. Hidalgo présente sa campagne devant des élus sur www.europe1.fr. Simultanément, Roger Madec prend position pour Jean-Christophe Cambadélis dans la course à la tête du PS, au nom d'une « relation… dense et fructueuse (depuis des années, même si), faite aussi – parfois – de divergences ».

Succession à la mairie du Le , Roger Madec annonce qu'il quitte son poste de maire du de ParisParis : le maire du démissionne, Le Figaro, 17 janvier 2013.. Le , le conseil d'arrondissement élit François Dagnaud pour lui succéderFrançois Dagnaud est élu maire du , site de la mairie du .. En , il succède à Jean-Yves Mano à la présidence de Paris Habitat OPH.

Lors de l'élection municipale de 2014 à Paris, il est  de la liste PS dans le arrondissement ; il est donc réélu conseiller de Paris.

En , son assistant parlementaire, Yacine Chaouat (qui avait été nommé en secrétaire national adjoint chargé de l'intégration au Parti socialiste puis avait dû démissionner quelques jours plus tard, à la suite de sa condamnation à six mois de prison avec sursis pour violences conjugales aggravées sur sa conjointe d'origine tunisienne, qui l'accusait de l'avoir battue à coups de ceinturon et de l'avoir attachée à un radiateur, l'obligeant à rester dans leur appartement), fait l'objet d'une enquête policière pour apologie du terrorisme sur sa page Facebook avec appels au djihad et des images d'égorgements. L'affaire est révélée par Le Canard enchaîné le .L’assistant parlementaire d’un sénateur socialiste soupçonné d’apologie du terrorisme, lemonde.fr, le 22 février 2017..

En vue de l'élection présidentielle de 2017, il soutient Emmanuel MacronChristine Henry, « Soutien de Delanoë à Macron : les élus de Paris divisés », leparisien.fr, 8 mars 2017.. Pour les sénatoriales de 2017 il appelle de nouveau à voter pour la liste LREM dans la capitale et dit souhaiter un rassemblement autour de LREM et ne se représente pas. Malgré ce soutien affiché à la majorité présidentielle Roger Madec est de nouveau candidat lors des élections municipales de 2020 à Paris en troisième position sur la liste du maire sortant François Dagnaud dans le de Paris. Selon le politologue Rémi Lefebvre, cette candidature suscite de nombreuses critiques internes au sein de la fédération parisienne du Parti socialiste..

Mort Pris d’une « énorme douleur à la mâchoire », Roger Madec est hospitalisé le dimanche avant de rentrer à son domicile, en Seine-et-Marne. Il meurt le lendemain, à son domicile.

Carrière cynophile En tant qu'éleveur passionné, de Cavaliers King Charles, Roger Madec est juge et membre du comité de la Centrale Canine. Son élevage a produit plus de 170 champions dont le gagnant du Mondial en 2011.

Il est un précurseur de la prise de conscience de la cause animale en politique (à 1:50).

Décoration (2001)Décret du 31 décembre 2001 portant promotion et nomination dans l'ordre national de la Légion d'honneur.

Hommages Le , la place Armand-Carrel située devant la mairie du arrondissement de Paris devient la place Roger-Madec.

Prises de position

Admission de la Palestine à l'ONU