Joseph Johnson, né le à Londres et mort le dans cette même ville, est un éditeur anglais. Ses publications traitent une vaste variété de genres, opinions et avis sur les importants sujets du jour. Johnson est connu pour avoir publié les œuvres des penseurs radicaux comme Mary Wollstonecraft, William Godwin et Joel Barlow, et aussi des rebelles religieux comme Joseph Priestley, Anna Laetitia Barbauld, and Gilbert Wakefield.

Au cours des années 1760, Johnson établit son entreprise de publication, qui se concentrait à l'origine sur les œuvres religieuses. Il devint un ami de Joseph Priestley et de l’artiste Henry Fuseli . Pendant les années 1770 à 1780, Johnson étendit ses affaires, publiant des œuvres importantes en médecine, littérature pour enfants ainsi que la poésie populaire de William Cowper et Erasmus Darwin. Toute sa vie et sa carrière, Johnson influença les pensées de l’époque, avec ses publications mais aussi en soutenant les écrivains et penseurs innovants.

Au cours des années 1790, Johnson s'aligna sur les sympathisants de la Révolution française, et il publia un nombre croissant de pamphlets politiques en même temps qu’il publiait le célèbre journal Analytical Review, qui offrit aux réformateurs britanniques une voix dans le domaine public. En 1799, il fut inculpé pour diffamation séditieuse car il avait publié un tract contre le ministre unitarien Gilbert Wakefield. Après avoir passé six mois en prison, quoiqu'une prison confortable, Johnson publia moins d'œuvres politiques. Dans la dernière décennie de sa vie, Johnson ne chercha pas beaucoup de nouveaux écrivains.

John Aikin, un ami de Johnson, dit que Johnson était « le père de l’industrie du livreHall (2004). "Joseph Johnson". Oxford Dictionary of National Biography. 30 April 2007.Aikin, 1167–68. ». Aussi il a été appelé « le plus important éditeur d'Angleterre de 1770 à 1810 » pour son appréciation et la promotion de jeunes écrivains, son insistance à publier des œuvres bon marché pour une classe moyenne en croissance, et le soutien aux femmes écrivaines à l’époque où elles étaient vues avec scepticisme.

Les débuts

Johnson était le deuxième fils de Rebecca Turner Johnson et John Johnson, un yeoman baptiste qui habitait à Everton, Liverpool. Dès son enfance, il développa une attitude de contestation religieuse, alors que deux membres de la famille de sa mère étaient pasteurs baptistes et que son père était diacre. Liverpool, à l'époque de la jeunesse de Johnson, devenait rapidement une ville animée et un des plus importants ports d'Angleterre. Ces caractéristiques de son foyer – les dissensions et la commerce – demeurèrent des éléments importants dans le caractère de Johnson tout au long de sa vie.

Quand Johnson eut 15 ans, il fut mis en apprentissage chez George Keith, un libraire à Londres qui se spécialisait dans la publication de tracts religieux. Gerald Tyson, un biographe moderne de Johnson, explique qu'il était inhabituel pour un fils cadet de famille modeste de se déplacer à Londres pour devenir libraire. Certains spécialistes ont émis l'hypothèse que Johnson fut envoyé à Keith parce que ce dernier était associé avec les baptistes de Liverpool. Keith et Johnson ont publié ensemble plus tard dans leurs carrières, ce qui suggère qu'ils sont restés en bons termes après que Johnson avait commencé à monter sa propre affaireTyson, 1–7; Chard (1975), 52–55; Zall, 25; Braithwaite, 1–2..

La décennie 1760 – Les premières publications

Dès la fin de son apprentissage en 1761, Johnson lança sa propre entreprise, mais il connut des difficultés, déménageant transférant plusieurs fois son atelier dans la première année. Deux de ses premières publications furent une sorte d’agenda : The Complete Pocket-Book; Or, Gentleman and Tradesman's Daily Journal for the Year of Our Lord, 1763 et The Ladies New and Polite Pocket Memorandum Book (en français ‘’Le livre complet de poche ; ou, Le journal quotidien des gentlemen et des marchands pour l’année de grâce, 1763’’ et ‘’Le nouveau livre courtois de poche des dames’’). De tels livres de poche étaient populaires et ils se vendirent mieux que ceux de ses rivaux, car Johnson les vendait plus tôt et moins chersTyson, 8–11; Chard (1975), 55; Braithwaite, 1, 4–5.. Johnson continua à vendre ces livres profitables jusqu'à la fin des années 1790, mais en tant qu'insoumis religieux, il s’intéressait essentiellement à publier des livres qui amélioreraient la société. Par conséquent, les textes religieux dominent son catalogue bien qu’il ait publié aussi des textes au sujet de Liverpool (sa ville natale) et aussi des textes de médecine. Cependant, comme éditeur, Johnson faisait attention à plus que la vente et la distribution de livres, comme l'explique l’érudit Leslie Chard :

Au fur et à mesure des succès de Johnson, sa réputation grandit, et les autres libraires l’inclurent dans leurs « congers » - un syndicat professionnel permettant de partager le risque de publier un livre coûteux ou incendiaire.

Amitiés formatives

À la fin de la vingtaine, Johnson a développé deux amitiés qui allaient déterminer le reste de sa vie. La première était le peintre et écrivain Henry Fuseli, qui était décrit comme « pugnace et à l'esprit vifChard (1975), 62. ». " Le biographe du de Fuseli, écrit que, quand Fuseli et Johnson se rencontrèrent en 1764, Johnson « avait déjà acquis le caractère qu'il conserverait tout au long de la vie – un homme intègre et qui encourageait les gens de lettres autant que ses moyens le lui permettaient. Il était un excellent juge de leur œuvreQtd. in Chard (1975), 56; Tyson, 13–14. ». Fuseli devint et resta le plus proche ami de Johnson.thumb|upright|alt=Portrait d’un homme assis sur une chaise et accoudé à une table couverte de livres et publications.|Johnson commanda ce portrait de son proche ami Joseph Priestley à son autre proche ami Henry Fuseli vers 1783 (gravure par Charles A. E. Turner (1836))McLachlan, 19–20..

La deuxième amitié, et probablement la plus importante pour ses affaires, était sa relation avec Joseph Priestley, un philosophe naturel célèbre, théologien unitarien. Cette amitié conduisit Johnson à se débarrasser de la foi baptiste et à adopter l’unitarisme, ainsi qu’à poursuivre ses contestations politiquesTomalin, 15–16.Tyson, 7–8; Chard (1975), 57.. Le succès de Johnson comme éditeur peut être expliqué par ses relations avec Priestley, car Priestley a publié un grand nombre de livres en collaboration avec Johnson et l'a présenté à de nombreux écrivains dissidents. Grâce aux recommandations de Priestley, Johnson put publier les œuvres de beaucoup de dissidents, en particulier ceux qui faisaient partie de la Warrington Academy ; la poétesse, essayiste et auteur pour enfants Anna Laetitia Barbauld ; son frère, le médecin et écrivain, John Aikin ; le naturaliste Johann Reinhold Forster ; le ministre unitarien controversé Gilbert Wakefield ; le moraliste William Enfield ; et l’économiste politique Thomas Malthus. Tyson écrit que « les relations entre l’Academy et le libraire étaient mutuellement très utiles. Beaucoup de professeurs envoyaient leurs manuscrits à Johnson, et plus tard les anciens étudiants s'adressaient à lui pour publier les leursTyson, 37; see also Braithwaite, 8–9, 21.. » En publiant les œuvres de Priestley et des professeurs de Warrington, Johnson se fit connaître à un grand réseau de dissidents et intellectuels, y compris la Lunar Society, ce qui augmenta ses affaires encore plus. Priestley, en retour, fit assez confiance à Johnson pour qu'il dirige la logistique de sa candidature à la Royal SocietyTyson, 16–22; Chard (1975), 57; Chard (1977), 150; Braithwaite, 8–9..

Partenariats

En , Johnson transféra son entreprise au 8 Paternoster Row, un lieu plus visible, et il s’associa avec B. Davenport, dont on connait peu de choses à part son l’association avec Johnson. L’historien Chard propose qu’ils s’étaient rapprochés à cause de leurs croyances mutuelles, car l’entreprise publia encore plus d'œuvres religieuses, y compris beaucoup qui étaient « calvinistes fondamentalistesChard (1975), 57; Braithwaite, 7; Tyson, 16–24. ». Cependant, à l’été de 1767, Davenport et Johnson se sont séparés ; les érudits supposent que cette rupture se passa parce que les convictions religieuses de Johnson devenaient de plus en plus marginalesChard (1975), 57; Braithwaite, 12..

Nouvellement indépendant, fort d'une réputation solide, Johnson n'avait plus de difficultés dans ses affaires. En moins d’une année, il publia neuf premières éditions par lui-même aussi bien que trente-deux œuvres en association avec d'autres librairesTyson, 24–26.. Il fit partie du « cercle sélect des hommes de livre qui se rassemblait à la Chapter Coffee HouseChard (1977), 148.. » Ce café était le centre de la vie sociale et commerciale pour les auteurs et éditeurs à Londres au . Beaucoup d'aventures éditoriales majeures y avaient commencé et les auteurs importants s'y rassemblaient aussiShelley, Henry C. Researching Historic Buildings in the British Isles. Retrieved March 2011..

En 1768, Johnson s’associa avec John Payne, Johnson étant probablement l’associé principal ; et l’année suivante, ils produisirent 50 titres. Sous ‘Johnson et Payne’, l’entreprise publiait une plus grande gamme d’œuvres que sous ‘Johnson et Davenport’. Quoique Johnson voyait à ses affaires, il ne publiait pas des œuvres uniquement pour s’enrichir. Les projets qui provoquaient une discussion libre plaisaient à Johnson ; par exemple, il aida Priestly à publier le Theological Repository, un échec financier qui provoqua néanmoins un débat sur les questions de théologie. Bien que le journal perdît de l’argent dans les années 1770, Johnson était prêt à republier ce livre dans les années 1785, parce qu’il en approuvait les valeursTyson, 26–27, 70; Chard (1975), 58; Braithwaite, 12–13; 18–19..

La fin de la décennie 1760 était une époque de radicalisme grandissant en Grande-Bretagne, et bien que Johnson ne participât directement pas aux événements, il facilita la parole de ceux qui se sont exprimés ; par exemple, il a publié des œuvres au sujet de l'élection contestée de John Wilkes et de l’agitation dans les colonies américaines. Malgré son intérêt grandissant pour la politique, Johnson (avec Payne) publiait encore essentiellement des œuvres religieuses et parfois des récits de voyagesTyson, 28–31.. Comme écrit Tyson, « pendant la première décennie de sa carrière, l’importance de Johnson comme éditeur, provenait de son désir de fournir un forum pour la contestation religieuse et politiqueTyson, 31..

Feu

Johnson était proche de connaitre un succès important lorsque son magasin fut dévasté par un incendie en . Un journaliste de Londres écrivit que :

Fuseli habitait alors avec Johnson et il perdit aussi tout ce qu'il possédait, y compris sa publication en première édition de Remarques sur la littérature et la conduite de J.J. Rousseau. Johnson et Payne ont par la suite mis fin à l'amiable à leur association. Johnson publia l’œuvre de Payne quelques années plus tardChard (1975), 58–59; Braithwaite, 20–21..

La décennie 1770 – L’établissement

En , sept mois après le feu qui avait détruit le magasin et le stock de Johnson, il s'établit au 72 St. Paul's Churchyard — le plus grand magasin d'une rue de libraires — où il demeura pour le reste de sa vie. Comment Johnson parvint à cette réussite, ce n’est pas clair; plus tard, il dit énigmatiquement à un ami que « ses amis sont venus à lui et l'ont encore remis sur piedQtd. in Tyson, 34. ». Une biographie au début du indique que « M. Johnson avait maintenant une telle réputation, et était si respecté qu'après ce coup du sort, ses amis se mire d'accord pour contribuer à la reprise de ses affairesQtd. in Tyson, 34; see also Zall, 25; Braithwaite, 20–21. ». Chard suppose que Priestly lui est venu en aide, car ils étaient de très proches amisChard (1975), 59..

Les publications religieuses et le soutien de l'Unitarianisme