Jean Pierre Hippolyte Blandan, connu sous le nom de Sergent Blandan, est un militaire français, né à Lyon le (dans l'actuelle rue de Constantine), et mort au combat le à Boufarik, lors de la conquête de l'Algérie.
Biographie
Famille Jean Pierre Hippolyte Blandan naît à Lyon le (dans l'actuelle rue de Constantine). Il est le fils de Pierre François Blandan, limonadier, et de Jeanne Blanchon, originaires du Jura et établis à Lyon.
Carrière militaire Engagé à l'âge de dix-huit ans en 1837, Blandan est affecté au d'infanterie de ligne, et participe aux opérations militaires de la conquête de l'Algérie par le royaume de France. Il est nommé caporal le , puis sergent le .
Mort
Le , alors qu'il conduit un détachement d'une vingtaine d'hommes pour porter le courrier du camp d'Erlon à Boufarik, à la redoute de Beni Mered (camp de Blida), sa troupe serait attaquée par un groupe de trois cents cavaliers algériens. Il aurait exhorté ses soldats à résister, s'écriant : . Les secours, alertés par le bruit de la bataille entendu depuis Boufarik, n'y trouveront que cinq fusiliers survivants. Le sergent Blandan meurt de ses blessures à l'hôpital de Boufarik le , à l'âge de .
Hommages et critiques La résistance du sergent Blandan a eu une grande portée dans les rangs de l'armée française. Son exemple est cité par le général Thomas-Robert Bugeaud. Le sergent est fait chevalier de la Légion d'honneur à titre posthume.
En raison de la participation du sergent Blandan à la conquête française de l'Algérie, les hommages qui lui sont rendus sont considérés comme des symboles du colonialisme. Selon Franz Fanon : « Chaque statue, celle de Faidherbe ou de Lyautey, de Bugeaud ou du sergent Blandan, tous ces conquistadors juchés sur le sol colonial n’arrêtent pas de signifier une seule et même chose : "Nous sommes ici par la force des baïonnettes" »Frantz Fanon, Les Damnés de la terre, Maspero, 1961, .vignette|Inauguration de la statue de Blandan, Boufarik, mai 1887|262x262px En Algérie française
Bouteldja Pendant la colonisation française, son nom est donné à un village d'Algérie situé entre la ville de Bône (aujourd'hui Annaba) et le port de La Calle (aujourd'hui El Kala). Blandan s'appelle aujourd'hui Bouteldja.
Boufarik Son nom est donné à une place à Boufarik, et un monument réalisé par le sculpteur Charles Gauthier y est érigé à sa mémoire en 1887. Sur le socle, des bas-reliefs en bronze rappellent la bataille de Beni Mered. À la veille de l'indépendance de l'Algérie en 1962, les bas-reliefs de la statue de Boufarik subissent des dommages. Le monument est déplacé à Nancy, en France, un an plus tard, et la place est renommée Place El Fouaraa.
En métropole
Nancy gauche|vignette|La caserne Blandan à Nancy en 1946. vignette|Table de désorientation face à la statue du sergent Blandan, place de Padoue à Nancy, .|300x300px
À Nancy, l'ancien grand chemin de Saint-Charles est renommé rue du Sergent-Blandan par décision du conseil municipal du .. La caserne construite le long de cette rue, ainsi qu'une impasse perpendiculaire à cette rue, portent également son nom.
En 1962, la statue du sergent Blandan rapportée de Boufarik est installée dans la cour de la caserne Thiry à Nancy. La statue est inaugurée le , à l'occasion du retour du d'infanterie à Nancy, en présence du ministre de la Défense Pierre Messmer, ainsi que du général Massu.
La statue est à nouveau déplacée en 1990, au bout de la rue du Sergent-Blandan, sur la place de Padoue. La statue, y compris son socle et les deux bas-reliefs, fait l'objet d'une inscription au titre des Monuments historiques par arrêté du .
Le , une œuvre intitulée Table de désorientation est installée face à la statue. Haut de (la taille du Sergent Blandan), ce contre-monument réalisé en métal argenté porte un texte poétique écrit en français, arabe et tamazight qui invite le passant à réinterroger l'impensé colonial.
Lyon gauche|vignette|Plaque de la rue Sergent-Blandan à Lyon.
Une seconde statue du sergent Blandan est inaugurée le à Lyon, sa ville natale, sur la place Sathonay. À l'occasion du centenaire de sa mort, le , son nom est donné à un fort de dans le de Lyon : la caserne Sergent-Blandan, depuis désaffectée et devenue un parc public d'agrément. La rue du Sergent-Blandan dans le porte également son nom.
En raison de la participation du sergent Blandan à la conquête française de l'Algérie, sa statue est perçue comme un monument colonialiste par les associations anti-racistes. Certains réclament le déboulonnage de la statue, dans une démarche globale de décolonisation de l'espace public.
Lors du conseil d’arrondissement du , les élus lyonnais choisissent de procéder à la pose d’une plaque explicative sur le socle de la statue du sergent Blandan afin d'« améliorer l’information pour actualiser la mémoire en accord avec les valeurs du présent, notamment sur les questions mémorielles portant sur la colonisation et la guerre d’Algérie ». Cette plaque est installée et inaugurée le 11 juin 2026.
vignette|La Mort du Sergent Blandan, peinture réalisée par Louis-Théodore Devilly en 1882.
Peinture La Mort du Sergent Blandan est une toile de Louis-Théodore Devilly. Présentée au Salon des artistes français de 1882François-Guillaume Dumas (dir.), Catalogue illustré du Salon, Paris, L. Baschet, 1882, .., elle est achetée par l'État qui en fait don au Musée des beaux-arts de Nancy, dont Devilly est le conservateurÉlisabeth Cazenave, Les artistes de l'Algérie : Dictionnaire des peintres, sculpteurs, graveurs, 1830-1962, Paris, Bernard Giovanangeli et Association Abd-el-Tif, 2001 , 222, et L'Afrique du Nord révélée par les musées de province, Paris, Bernard Giovanangeli et Association Abd-el-Tif, 2004 , 178.. Le peintre s'était rendu en 1879 sur les lieux où la bataille s'est produiteChristine Peltre (préf. Bernard Dorival), L'école de Metz, 1834-1870, Nancy, Serpenoise et Presses universitaires de Nancy , 1988, 83..
Mess de Baden-Baden Le commandement en chef des Forces françaises en Allemagne (FFA), siégeant à Baden-Baden, donna le nom de « mess Sergent-Blandan » à un mess ayant fonctionné entre le début des et la fin des années 1990Page « Les Cités », sur le site de Catherine Gouny (site majoritairement rédigé en allemand), page consultée le 13 novembre 2012..
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes
Conquête de l'Algérie par la France d'infanterie de ligne Régiments ayant participé à la conquête de l'Algérie Décolonisation de l'espace public
Liens externes * Colonel Marcel Hauteja, « Le Sergent Blandan : Lyon - Boufarik - Nancy », AFN Collections Pierre Vialettes, « Le sergent Blandan, Lyonnais et Héros de Beni-Mered en Algérie », Cercle algérianiste de Lyon
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