La Môle ou Poisson-lune (Mola mola) est une espèce de poissons de la famille des Molidae. Sa masse dépasse communément la tonne et peut atteindre .., ce qui en fait le plus lourd de tous les poissons osseux.. On la trouve dans les eaux tropicales et tempérées tout autour du monde. C'est un animal à la tête proéminente, sans queue et latéralement aplati. Nageoires dorsale et anale comprises, une môle peut être aussi haute que longue.

La môle se nourrit principalement de méduses qu'elle consomme en grandes quantités en raison de leur faible valeur nutritionnelle. Une ponte peut compter jusqu'à d'œufs, plus que n'importe quel autre vertébré connu. Le fretin de môle ressemble à un petit poisson-hérisson. Il possède de grandes nageoires pectorales et caudale. Son corps est recouvert d'épines qui disparaissent à l'âge adulte.

Les môles adultes ont peu de prédateurs, si ce n'est les lions de mer, les orques ou les requins. L'homme, dans certaines parties du monde, la considère comme un mets délicat comme au Japon ou à Taïwan, mais la commercialisation de sa chair est interdite dans l'Union européenne. Elle se retrouve fréquemment, par accident, prise dans des filets. Il lui arrive aussi de consommer par erreur des déchets flottants, comme des gobelets, des sacs ou des ballons en plastique, qui peuvent entraîner sa mort.

Membre de l'ordre des Tetraodontiformes qui comprend les Tetraodontidae, les Diodontidae et les Monacanthidae, la môle partage nombre de traits communs aux membres de ces familles. Elle fut même classée comme Tetraodon mola, une espèce du genre Tetraodon de la famille des Tetraodontidae. Finalement, la môle a été classée avec la Mola ramsayi dans un genre propre — Mola — dont elle est l'espèce type.

Description Morphologie générale vignette|gauche|Squelette d'une Môle. thumb|Môle, Oceanário de Lisbonne, 2009. La môle ressemble à une tête de gros poisson sans queue. La forme de sa nageoire caudale lui donne son allure assez particulière. C'est un poisson plat dans la largeur, ovoïde vu de face. Les nageoires pectorales sont petites par rapport aux nageoires dorsale et anale. La hauteur de ces dernières peut presque doubler celle de la môle. Le plus grand spécimen connu mesure de hauteur..

La môle a une longueur moyenne de et une masse moyenne de Tierney Thys, « », OceanSunfish.org.. En , devant Horta, aux Açores, un spécimen de de diamètre et pesant . a été pêché.. La colonne vertébrale de la môle contient peu de vertèbres et est plus courte que celle d'autres poissons du fait de la forme de son corps.. La moelle épinière d'une môle fait en moyenne de long pour un diamètre de .. Bien qu'elle appartienne à la lignée des Osteichthyes, poissons osseux, son squelette contient une part importante de tissus cartilagineux, plus légers que de vrais os, qui lui permettent d'atteindre cette grande taille. Sa croissance ne s'arrête jamais : plus elle mange, plus elle grandit.

La môle n'a pas de vessie natatoire. Certaines sources indiquent que les organes internes de l'animal contiennent une concentration de neurotoxine et tétrodotoxine comme les organes d'autres Tetraodontiformes toxiques comme le fugu, par exemple. D'autres contestent néanmoins cela..

Nageoires thumb|right|Dépassant de la surface, la nageoire dorsale de la môle lui vaut parfois d'être prise pour un requin.

Au long de son évolution, la nageoire caudale de la môle a disparu pour être remplacée par une pseudo-queue appelée clavus. Cette structure est formée à la convergence entre les nageoires dorsale et anale « », . « . (Teleostei, Tetraodontiformes, Molidae) » de G. David Johnson et Ralf Britz, octobre 2005, , volume 266, pages 11-21. Citation : . Sans une véritable queue pour permettre une poussée vers l'avant et avec seulement des petites nageoires pectorales, la môle utilise ses longues et minces nageoires dorsale et anale pour la propulsion en les faisant bouger d'un côté à l'autre.

La môle nage souvent près de la surface où sa nageoire dorsale émergée fait penser à celle d'un requin.. Il est néanmoins possible de la différencier de celle des requins en observant ses mouvements. Les requins, comme la plupart des poissons, nagent en remuant leur queue et l'arrière de leur corps de gauche à droite tandis que leur nageoire dorsale avance en ligne droite. Les môles, quant à elles, font bouger leurs nageoires dorsale et anale, ce qui donne un mouvement de godille caractéristique qui permet d'identifier la môle..

Peau thumb|Môle commune. La couleur de la môle adulte varie entre gris argenté et blanc, avec une large palette de peaux tachetées, des taches parfois concentrées dans une région spécifique. La coloration est souvent plus sombre sur la surface dorsale, s'éclaircissant vers la zone ventrale, ce qui forme un camouflage en ombre inversée. La môle a la capacité de faire varier la couleur de sa peau du clair au sombre, notamment en cas d'attaque d'un prédateur. La peau, qui contient beaucoup de collagène réticulé, peut être d'une épaisseur allant jusqu'à sur la surface ventrale et elle est couverte de pointes et d'une couche de mucus au lieu d'écailles. La peau sur le clavus est plus douce que celle sur le corps, qui peut être aussi rugueuse que du papier de verre.

Plus de de parasites peuvent vivre sur et sous la peau de la môle, ce qui lui fait rechercher le soulagement par bien des manières « » de M. McGrouther, novembre 2004, .. Dans les régions tempérées, elle passe par les champs de laminaires qui hébergent des poissons nettoyeurs et d'autres poissons qui retirent les parasites de sa peau. Dans les régions tropicales, la môle sollicite les poissons nettoyeurs des récifs. En exposant ses flancs à la surface, la môle permet aussi aux oiseaux marins de se nourrir des parasites de sa peau. Il a été rapporté que les môles pouvaient faire des sauts de plus de au-dessus de la surface de l'eau à la manière des baleines, ce qui serait également un effort pour déloger les parasites de son corps..

Alimentation Comme la tortue luth, la môle s'alimente principalement de méduses : en utilisant des modèles bioénergétiques, il est estimé qu'un individu moyen de ingère de méduses tous les jours pour couvrir ses besoins en énergie, la méduse étant peu calorique. Elle consomme aussi des Salpidae, des cténophores, du zooplancton, des calmars, des crustacés, des petits poissons, des alevins et des zostères. Cette alimentation étant pauvre en nutriments, la môle doit en consommer en grandes quantités. Elle trouve sa nourriture à des niveaux très variés, de la surface aux eaux profondes et occasionnellement au niveau des fonds océaniques dans certaines zones.

La môle peut avaler et cracher des jets d'eau par sa petite bouche pour désorienter les proies au corps mou. Ses dents sont disposées dans une structure ressemblant à un bec, ce qui lui permet de casser les organismes plus solides. En plus de cela, des dents pharyngiennes, situées dans la gorge, déchiquètent la nourriture en petits morceaux avant de la faire passer dans l'estomac. thumb|Fretin de môle recouvert de pointes appelées à disparaître au cours de son développement.

Cycle de vie La môle peut vivre jusqu'à dix ans en captivité mais son espérance de vie à l'état sauvage n'a pas encore été déterminée. Sa vitesse de croissance est aussi inconnue. Néanmoins, on sait, grâce à l'observation de jeunes spécimens de l'aquarium de la baie de Monterey, qu'elle peut passer de 26 à pour une taille de en quinze mois.

La forme plate et la peau épaisse d'un spécimen adulte dissuadent de nombreux petits prédateurs mais les plus jeunes spécimens sont vulnérables aux attaques du thon rouge et du coryphène. Les adultes sont consommés par les lions de mer, les orques et les requins, lesquels déchirent leurs nageoires et secouent leur corps, les abandonnant parfois agonisantes. Leurs cadavres peuvent être consommés par les étoiles de mer Patiria miniata.

Les pratiques d'accouplement de la môle sont mal connues mais on pense qu'il y a des frayères dans l'Atlantique nord, l'Atlantique sud, le Pacifique nord, le Pacifique sud et l'océan Indien. Les femelles peuvent produire d'œufs par ponte, plus que n'importe quel autre vertébré connu. Les œufs de môles sont libérés dans l'eau et fécondés à l'extérieur par le sperme M. McGrouther, « », juin 2006, ..

Les larves de môles mesurent . Elles grandissent pour devenir du fretin et atteindront leurs proportions adultes en multipliant par des milliers leur taille originelle. Le fretin de môle a de larges nageoires pectorales, une nageoire caudale et un corps entouré d'épines qui disparaissent lors de la croissance et qui font alors ressembler la môle à des petits poisson-hérissons « », .. Afin de se protéger, les jeunes môles vivent en banc, instinct grégaire qu'elles perdent en grandissant..

Répartition 400px|thumb|center|Zone de répartition de la môle. thumb|Môle au soleil, près de la surface. Les môles naissent dans les eaux tempérées et tropicales de chaque océan du monde. Le génotype de la môle varie beaucoup entre les spécimens de l'Atlantique et du Pacifique mais les différences génétiques entre les spécimens de l'hémisphère nord et l'hémisphère sud sont minimes « » de Tierney Thys, 30 novembre 2003, OceanSunfish.org..

Les môles vivent dans la zone pélagique et nagent à des profondeurs allant jusqu'à . À l'inverse de la perception générale qui suggère que la môle passe la plupart de son temps à la surface de l'eau (parce que c'est là que les humains l'aperçoivent), les recherches suggèrent que les môles adultes passent en réalité la plus grande partie de leur vie là où abondent leurs proies, dans la zone photique épipélagique et mésopélagique, à des profondeurs allant de 2 à de profondeur « », janvier 2006, ..

Les môles restent généralement dans des eaux chaudes de plus de . Un séjour prolongé dans des eaux dont la température est inférieure à peut désorienter l'animal et causer sa mort. Des chercheurs ont émis une théorie selon laquelle la tendance de la môle à exposer son plus large côté au soleil en surface agirait comme une sorte de rechargement thermique qui lui permettrait ensuite de descendre dans les eaux profondes et froides.. La présence de la môle a été rapportée dans des eaux plus froides au large de l'Angleterre, en dehors de sa zone de répartition habituelle, ce qui a été interprété par certains comme un signe du réchauffement des eaux « » de Mark Oliver, 25 juillet 2006, ..

Étymologie et dénomination thumb|Face et profil d'une Môle. La plupart des noms de la môle se rapportent à sa forme particulière.

Le terme « môle » dérive probablement du latin qui désigne une « meule » ou une grosse pierre.. .

.

Taxinomie La môle a plusieurs noms binomiaux obsolètes et synonymes et était originellement classée dans le genre des Tetraodon en tant que Tetraodon mola. Paolo Parenti, « », septembre 2003, (journal électronique), 18, .. Désormais, elle possède son propre genre, Mola, qui concerne deux espèces : Mola mola (la môle) et Mola ramsayi.. .

Menaces Malgré leur taille, les môles ne présentent aucun danger pour l'être humain. On en trouve communément sur certains sites de plongée fréquentés où elles s'habituent à la présence des plongeurs. En fait, la môle est plus une menace pour les plaisanciers que pour les nageurs ; sa taille et son poids peuvent lui faire causer des dégâts significatifs lors de collisions avec des bateaux de plaisance ou avec des hélices de bateaux de grande taille...

Les môles sont fréquemment prises au piège dans des filets de pêche. Elles représentent même 30 % du total des prises lors de la pêche au filet de traine de l'espadon en Californie. Ce pourcentage monte entre 71 % et 90 % pour la pêche de l'espadon en Méditerranée. La pêche à la môle n'est règlementée nulle part dans le monde. Dans certains endroits, les pêcheurs leur coupent les nageoires car ils les considèrent comme des voleurs de prises potentielles, ce qui entraîne leur mort..