Le Canada est la huitième puissance économique mondiale en 2024 avec un produit intérieur brut de de dollars. L'économie canadienne est fortement liée à l'économie des États-Unis, en raison de la proximité géographique et de traités commerciaux : le traité sur l'automobile (1965-2001), l'accord de libre-échange canado-américain (ALE) de 1989 et l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) de 1994, remplacé par l'Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) en 2020. Le Canada dispose de grandes réserves de ressources naturelles (bois, pétrole, minerai) et d'une population active très formée, et a connu une croissance annuelle moyenne de 3 % depuis 1993. La crise sanitaire de la Covid-19 a d'ailleurs fortement influé sur la croissance de la production annuelle des richesses, entre 2020 et 2021.

Histoire

Avant l'arrivée des premiers Européens au Canada, les Portugais et les Scandinaves pêchaient déjà dans l'océan Atlantique, à proximité de l'actuelle province de Terre-Neuve-et-Labrador.

Dans les débuts de la colonisation européenne du Canada, la principale source de revenus était la chasse et le commerce de fourrures. Les Britanniques s'installèrent au nord et au nord-ouest du continent nord-américain, dans l'actuelle province de la Colombie-Britannique, autour de la baie d'Hudson et dans les actuels territoires de Nunavut, Territoires du Nord-Ouest et Yukon. Ce vaste territoire, très peu peuplé, avec 300 habitants européens à son apogée, fut administré par la Compagnie de la Baie d'Hudson. La Grande-Bretagne possédait également l'ile de Terre-Neuve et la Nouvelle-Écosse, sur la côte Atlantique. Au même moment, les Français s'installèrent à l'est du Canada, dans ce que sont actuellement les provinces de l'Île-du-Prince-Édouard, Nouveau-Brunswick, Québec et avaient quelques postes dans l'actuelle province de l'Ontario. Ce territoire était connu sous le nom de Nouvelle-France. Au , des expéditions russes et espagnoles explorèrent, s'installèrent et revendiquèrent les territoires de l'actuel côte Pacifique.

Les commerçants français et anglais explorèrent la région et firent des échanges commerciaux avec les tribus indigènes telles que les Algonquins, Iroquois et les Hurons, échangeant les peaux d'animaux contre des objets de pacotille comme des billes de verre mais aussi des ustensiles, outils en métal, beaucoup d'armements et conclurent des traités militaires. D'autres commerçants préféraient chasser directement les animaux dont la peau était ensuite vendue en Europe.

Durant le , l'économie du Canada s'orienta plus vers l'agriculture, l'élevage et de l'industrie forestière. L'importance de la chasse diminua de manière drastique. Pourtant, étant donné l'immense taille du pays, l'économie du Canada variait d'une région à l'autre. En Ontario, les principales sources de revenus étaient l'agriculture et l'exploitation minière. La province était alors un des plus grands pôles d'agriculture et d'élevage du monde. Le Québec était le centre industriel, ferroviaire, portuaire et bancaire du Canada, ainsi que le plus grand producteur d'électricité. Les provinces de l'Atlantique dépendaient considérablement de la pêche, et les provinces du Centre-Ouest de l'agriculture (particulièrement de la culture du blé).

Durant les premières décennies du , l'Ontario connut un rapide processus d'industrialisation. La province devint un grand centre industriel et bancaire, le Québec conservant cependant son statut de meneur. L'économie des provinces de l'Atlantique se mit à dépendre principalement de la production du bois et de ses dérivés, pendant que dans le Centre-Ouest, la principale source de revenus continuait à être l'agriculture à l'exception de la Colombie-Britannique, qui, grâce à Vancouver, devint le principal pôle bancaire de l'Ouest canadien.

Après la Seconde Guerre mondiale, le Canada connut un rapide processus d'industrialisation. L'économie prospéra durant deux décennies, mais la rapidité de la croissance économique provoqua un manque de main-d'œuvre qualifiée. Pour tenter de résoudre ce problème, le pays ouvrit ses portes aux immigrants de toutes nationalités dans les années 1960.

Jusqu'aux années 1960, Montréal se maintint capitale financière du Canada. Cependant, beaucoup des entreprises et commerces installés dans cette ville et dans la province étaient contrôlées par des anglophones, qui dominaient l'économie québécoise depuis le début du . Les meilleurs postes de travail étaient réservés à ceux parlant anglais couramment. Bien, qu'il y ait d'autres facteurs, ce fut une importante cause du nationalisme québécois qui culmina jusqu'à des politiques protégeant le français, ce qui amena plusieurs entreprises financières, siégeant à Montréal, jusqu'alors capitale financière du Canada, à se déplacer vers Toronto. Les entreprises multinationales dont le marché s'étendait au-delà des frontières du Québec se déplacèrent également à Toronto, qui devint définitivement la capitale financière du Canada dans les années 1970.

Peu de temps après la Seconde Guerre mondiale, de grandes réserves de pétrole furent découvertes dans la province d'Alberta, ce qui permit son rapide essor économique, principalement après le premier choc pétrolier en 1973. , Calgary et Edmonton sont de grands pôles ferroviaires, industriels et financiers et l'économie de la province a une croissance plus rapide que dans le reste du pays.

Dès le milieu des années 1980, les autorités canadiennes s’inspirent des réformes néolibérales menées notamment aux États-Unis et au Royaume-Uni. Les privatisations, telles que celle de Petro-Canada ou du Canadien National, se sont multipliéesJustin Trudeau, archétype de la faillite des élites face au coronavirus, Le Vent Se Lève, 30 mars 2020.

En 1989, le Canada signa avec les États-Unis l'accord de libre-échange canado-américain (FTA). En 1994, dans l'accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA), les termes de l'ancien traité de libre commerce inclurent le Mexique comme nouveau membre.

Le gouvernement conservateur Stephen Harper reste fidèle à une tradition d’ouverture au libre-échange, qui fait consensus au sein des élites politiques et économiques du Canada, qu’il a exploitée au péril de l’environnement par une exploitation massive des sables bitumineux en Alberta et en Saskatchewan. Le Canada subit une sévère récession en 2009 à la suite de la crise des subprimes, qui se traduisit par une légère augmentation du chômage, le retour des déficits publics et une augmentation de la dette. En 2013, le gouvernement poursuit une politique de réduction des déficits.

Selon l’Institut de recherche en économie contemporaine (IRÉC), les stocks d’actifs canadiens dans les sept principaux paradis fiscaux ont été multipliés par 37,6 entre 1987 et 2014. Entre 1999 et 2013, une demi-douzaine de projets de loi ont été déposés pour limiter ou mettre un terme à l’évasion fiscale, mais tous ont été rejetés. Une étude réalisée en 2020 par un groupe d’économistes note que des entreprises canadiennes ont accumulé un montant total de 381 milliards de dollars en 2019 dans les 12 principaux paradis fiscaux de la planète. Les actifs d’entreprises déclarés dans ces États ont augmenté de 135 % entre 2010 et 2020. D'après l’économiste Toby Sanger « Il y a un “momentum” pour que les gouvernements récupèrent les recettes fiscales qui leur échappent, mais le Canada n’est pas un leader, pas du tout. C’est un “suiveux” qui fait le minimum de ce qu’on attend de lui », Le Journal de Montréal, 20 juillet 2020.

Politique budgétaire et endettement

La politique budgétaire du Canada est énoncée par le Gouvernement du Canada lorsque celui-ci dépose son budget annuel à la Chambre des Communes. Cette politique influence l'économie en ce qui a trait notamment aux subventions et allocations allouées par le Gouvernement. La politique budgétaire indique en outre les taux d'imposition sur le revenu ainsi que les modifications aux taux de la taxe de vente, de la taxe d'accise ainsi que des autres types de revenus du Gouvernement du Canada.

L’endettement des ménages canadiens est particulièrement élevé : le ratio de la dette contractée par chaque ménage en proportion de ses revenus disponibles atteint 174 % en 2019L’endettement des ménages canadiens atteint un pic historique, Le Monde, 23 avril 2020.

Certains experts ont émis des craintes face au service de la dette publique. En effet, malgré les taux d’intérêt historiquement bas, les paiements d’intérêts devraient augmenter de 59,4 % en 2021..

Politique monétaire Inflation

« La Banque du Canada vise à maintenir l'inflation au taux visé de 2 %, soit le point médian de la fourchette cible de 1 à 3 %. Bien que la cible de maîtrise de l'inflation soit exprimée en fonction de l'IPC global, la Banque se sert plutôt de l'indice de référence pour mesurer l'inflation tendancielle et guider ses décisions. Le taux d'accroissement de cet indice fournit une mesure plus fiable de la tendance fondamentale de l'inflation et constitue un meilleur indicateur de l'évolution future de l'IPC global ». (extrait pris sur le site Web de la Banque du Canada).

Indice des prix à la consommation (IPC global) « Mesure de l'évolution des prix publiée par Statistique Canada et obtenue en comparant le prix de détail d'un « panier à provisions » typique de biens et de services à deux dates différentes ». (extrait pris sur le site Web de la Banque du Canada).

Indice de référence « Variante de l'indice des prix à la consommation qui exclut huit des composantes les plus volatiles de ce dernier (les fruits, les légumes, l'essence, le mazout, le gaz naturel, les intérêts sur les prêts hypothécaires, le transport interurbain et le tabac — qui représentent 16 % du panier de l'IPC) ainsi que l'effet des modifications des impôts indirects sur les autres composantes. (Jusqu'en , la Banque du Canada utilisait comme indice de référence l'IPC hors alimentation, énergie et effet des modifications des impôts indirects) ». (extrait pris sur le site Web de la Banque du Canada).

Taux directeur

La politique monétaire du Canada est mise en œuvre par la Banque du Canada, laquelle influe sur les taux d'intérêt à court terme, et ce, en annonçant les fluctuations à la hausse ou à la baisse de son taux directeur, le taux cible du financement à un jour. En influant ainsi sur le taux directeur, la Banque du Canada s'assure un contrôle sur tous les autres taux d'intérêt tels que les taux de prêts hypothécaires, personnels, etc. De plus, cette influence sur les taux peut avoir une incidence sur les variations du taux de change du dollar canadien.

Impact de la politique monétaire En , certaines critiques se sont fait entendre concernant la politique monétaire de la Banque du Canada pendant la pandémie, mais avant également. Ces critiques mentionnent que les politiques monétaires ont contribué, entre autres, à la hausse importante des prix de l’immobilier et des inégalités de richesse en encourageant une hausse des prix des actifs..

Monnaie

La devise officielle est le dollar canadien.

Les pièces de monnaie utilisées au Canada : un cent (aussi dit un sou ; frappée jusqu'en 2012) cinq cents dix cents vingt-cinq cents (aussi dit trente sous) cinquante cents (rare, collection) un dollar (aussi dit une piastre ; en monnaie depuis 1986-1987) deux dollars (en monnaie depuis le ).

Les billets de banque utilisés au Canada : un dollar (impression arrêtée en 1986-1987) deux dollars (impression arrêtée en 1996) cinq dollars dix dollars vingt dollars vingt-cinq dollars (impression arrêtée en 1937) cinquante dollars cent dollars cinq cents dollars (impression arrêtée en 1937) mille dollars (impression arrêtée en 2005).

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