La bataille du Cap de la Roque est une bataille navale livrée le au large du Cabo da Roca pendant la guerre de Succession d'Espagne, entre une escadre française commandée par le marquis de Coëtlogon et un convoi marchand hollandais, escorté par le capitaine .
Cette bataille est parfois mentionnée dans la littérature en langue anglaise sous le nom de « Battle of the Bay of Biscay » (en ), mais cette appellation est impropre, le Cabo da Roca étant situé au sud du Portugal.
Contexte En ce début de guerre, les flottes françaises et espagnoles n'étant pas en mesure d'affronter les flottes anglo-hollandaises en pleine mer, elle se tournent vers la guerre de course. Cette menace pesant sur les convois de navires marchands, les Anglais et les Hollandais sont contraints de faire escorter leurs convois par des navires de guerre.
Le , une importante flotte marchande composée de cent dix bâtiments anglais et hollandais transportant principalement du sel, mais également du vin et du sucre, quitte Lisbonne à destination de l'Angleterre et Saint Wal. L'escorte hollandaise est composée de cinq bâtiments : trois vaisseaux de ligne, le Muiderberg (50 canons), le Gaesterland (46) et le Reschermer (?), et les deux frégates Rotterdam (34) et Rozendaal (36), sous les ordres du capitaine Roemer Vlacq, commandant du Muiderberg.
Le lendemain, , au large Cabo da Roca (cap de la Roque), le long des côtes portugaises, le convoi rencontre une escadre française commandée par le marquis de Coëtlogon et composée de cinq vaisseaux de ligne de taille supérieure et mieux armés : Le Vainqueur (88), Le Monarque (86 à 94), (64), (80) et La Couronne (82).
Vlack, après avoir fait signe aux navires marchands de prendre la fuite, met ses vaisseaux en ligne de bataille pour protéger son convoi. Les Hollandais se battent vaillamment mais ne peuvent rien face à la supériorité de l'escadre française, et doivent amener leur pavillon.
Vlack, à bord du Muiderberg, combat pendant deux heures jusqu'à ce que la moitié de son équipage soit mort ou hors d'état de se battre. Vlack, lui-même, perd un bras et une partie de son épaule, mais ne se rend que lorsque son grand mât est abattu par un boulet français et que son vaisseau est sur le point de sombrer. Les survivants sont évacués sur des vaisseaux français et le Muiderberg est brûlé.
Récit officiel du combat Un récit officiel du combat, rédigé peu de temps après les faits, est conservé aux Archives nationales (B 4 Marine 25) :
Résultat La bataille dure deux heures et prend fin avec la reddition des navires néerlandais. + Vaisseaux hollandais pris Vaisseau Canons Capitaine Hommes Parti de Prise Le Muydenberg 50 Romio Vlaq 220 Lisbonne Pris par Le Monarque Le Roosendaël 32 André Borel 143 Lisbonne Abordé par L’Éole Le Rotterdam 46 Fornam 180 Parti de Saint-Wal Pris par L’Orgueilleux Le Rescherner 48 Teenos 200 Parti de Saint-Wal Pris par La Couronne LeGasterlaudt 46 De Widt 190 Parti de Saint-Wal Pris par Le Vainqueur
Cependant, si la victoire militaire est incontestablement française, le capitaine Vlacq a rempli sa mission en permettant au convoi de passer en Angleterre et sa défaite n'a qu'un impact limité sur le commerce des pays coalisés.
Vlacq, ses hommes et quatre vaisseaux sont ramenés à Toulon, où le capitaine hollandais meurt de ses blessures le .
Sources Jean-Jacques Michaud, le Coucher du Soleil, revue Navires et Histoire, numéro 39, décembre-
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