Aquincum est une antique cité romaine de la province de Pannonie, située sur le territoire de l'actuelle Budapest, en Hongrie. Établie sur la rive occidentale du Danube, elle se développe autour d'un camp militaire et d'une agglomération civile. Sa position en fait progressivement un important centre militaire, administratif et commercial du dispositif romain sur le Danube.

Ce site est desservi par la gare d'Aquincum du .

Histoire

Avant la conquête romaine de la Pannonie, la région est contrôlée par les Éravisces, peuple celte marqué par l'influence culturelle illyrienne. Un camp militaire romain est établi à Óbuda, correspondant à la partie septentrionale de l'actuelle Budapest. Sous le règne de Tibère, au début du , le camp est occupé par des troupes auxiliaires, voire installé avant son règne. À l'époque flavienne, une légion y est stationnée.

En 106, lorsque la Pannonie est réorganisée par l'empereur Trajan, la cité devient la capitale de la Pannonie inférieure. Une agglomération civile se développe parallèlement au camp. Cette communauté, installée à quelque distance de la forteresse, joue progressivement un rôle commercial majeur. Sous Hadrien, en 124, elle obtient le statut de municipium, signe de son importance croissante. À la fin du , vraisemblablement sous Septime Sévère, Aquincum accède au rang de colonie.

Sous Marc Aurèle, Aquincum sert de base aux opérations conduites contre les Marcomans. L'empereur y aurait également rédigé une partie de ses Pensées pour moi-même. La présence régulière de contingents dépassant l'effectif normal de la garnison entraîne des variations importantes de population et s'accompagne de tensions liées notamment à la criminalité, à la hausse des prix, aux désordres et à l'augmentation de l'activité de construction. Cette forte présence militaire contribue également au caractère cosmopolite de la ville.

Au , Aquincum est touchée par une invasion venue du nord en 260, mais se relève de cet épisode. Au , la cité est régulièrement menacée par les Sarmates, malgré les travaux de renforcement des défenses danubiennes entrepris sous Valentinien Ier. En 395, la légion est transférée en Gaule. L'administration romaine abandonne alors la ville et les habitants doivent désormais assurer eux-mêmes leur défense et leur subsistance.

À la fin du , la ville est la cible des Huns et des Alains qui finissent par s'en emparer. C'est dans le premier quart du qu'Attila s'installe sur le site à partir duquel il mène ses campagnes contre l'Empire romain en plein démembrement.

Organisation de la cité Le dispositif militaire comprend deux forteresses situées de part et d'autre du Danube : Transaquincum sur la rive occidentale et Contra-Aquincum sur la rive orientale. Leur implantation participe à la protection du secteur contre les populations installées au nord du fleuve. Un palais provincial, probablement construit sous Hadrien alors qu'il était gouverneur de la province, complète les installations administratives. Il se trouve à proximité du camp militaire d'Óbuda et pourrait avoir été implanté sur une île située entre deux bras du Danube. Le développement ultérieur de Budapest est traditionnellement associé à ces implantations antiques : Buda serait issue du secteur correspondant au camp de Transaquincum, tandis que Pest se serait développée autour de Contra-Aquincum.

Aquincum possède deux amphithéâtres. L'un est associé au domaine militaire et l'autre à l'agglomération civile. L'amphithéâtre civil présente une arène elliptique d'environ 53 mètres et aurait pu accueillir quelque 5 000 spectateurs. L'amphithéâtre militaire est plus vaste : son arène mesure environ 89 mètres de longueur et sa capacité est estimée à près de 13 000 personnes. La ville est parcourue de rues pavées et dispose d'un réseau d'adduction d'eau ainsi que d'égouts permettant l'évacuation des eaux usées vers le Danube. Le secteur civil comprenait notamment une basilique, plusieurs établissements thermaux, un marché destiné à la vente de viande et un bâtiment associé à une corporation commerciale. Les recherches archéologiques ont également révélé des boutiques, des habitations de dimensions et de niveaux de richesse variés, des logements de gladiateurs et différentes installations hydrauliques.

Population La population d'Aquincum pratique plusieurs cultes attestés par les découvertes archéologiques. Parmi les sanctuaires identifiés figurent des temples consacrés à Mithra et à Fortuna, divinités dont le culte est particulièrement bien représenté dans les milieux militaires de l'Empire romain. Le mithréum d'Aquincum présente une architecture évoquant une grotte, conformément à la tradition associée au culte de Mithra. Avec la diffusion du christianisme, trois églises sont édifiées sur ou à proximité d'anciens lieux de culte païens.

La population d'Aquincum et de ses environs pourrait avoir atteint au moins 30 000 habitants. Cette estimation repose notamment sur les dimensions des équipements publics et sur l'étendue de l'agglomération. La population masculine est en partie constituée de militaires, dont les effectifs peuvent augmenter temporairement lorsque des unités supplémentaires sont concentrées dans la ville.

Le site aujourd'hui Les ruines de la colonie romaine sont aujourd'hui visibles dans la ville de Budapest, et notamment dans le quartier d'Óbuda.

On peut y voir deux amphithéâtres, l'amphithéâtre civil d'Aquincum et l'amphithéâtre militaire d'Aquincum, des mithraea, comme le mithraeum II de Victorinus et le mithraeum de Symphorius, l'aqueduc d'Aquincum et des thermes romains, les Thermae Maiores d'Aquincum. Musée d'Aquincum De nombreux objets historiques de la ville sont aujourd'hui exposés au musée d'Aquincum. Le musée présente une reconstitution du système hydraulique, des maisons romaines et des peintures qui ont été récupérées sur place. Les ruines d'un aqueduc à trois niveaux ont été découvertes autour de la ville, dont beaucoup sont encore visibles aujourd'hui.

Galerie

Voir aussi

Articles connexes

Le musée d'Aquincum L'amphithéâtre civil d'Aquincum L'amphithéâtre militaire d'Aquincum Le musée des bains La Cella trichora József Hampel, qui eut Aquincum comme sujet de thèse.

Liens externes

Site du musée

Notes et références Notes

Références

Catégorie:Site archéologique en Hongrie Catégorie:Cité de la Rome antique Catégorie:Histoire de Budapest Catégorie:Óbuda Catégorie:Pannonie inférieure Catégorie:3e arrondissement de Budapest