vignette|Romanson montre-bracelet.
vignette|Fond transparent d'une montre Zenith laissant apparaître le mouvement de la montre.
Une montre est un instrument de mesure du temps qui se porte sur soi. Une montre diffère d’une horloge, d’une pendule ou de tout autre instrument de mesure du temps par le fait qu’elle peut être emportée lors de déplacements sans que son fonctionnement soit altéré.
Le terme montre provient de la combinaison de deux définitionsDictionnaire Littré de la langue française ed. 1875 : « Boîte vitrée dans laquelle les orfèvres et les bijoutiers mettent leurs marchandises, afin qu'on les voie sans pouvoir y toucher. » « Platine qui indique les heures dans une horloge. Les horloges dans les églises avaient des montres dedans et dehors. » Aujourd’hui, l’objet que désigne cette deuxième définition est le cadran.
Les premières montres sont portées dans une poche de gilet, veste ou veston (poche qui portait le nom de gousset, d'où le nom de montre de gousset), ou bien encore attachées à l'extrémité d'un ruban ou d'une chaînette fixé en haut de la culotte ou du pantalon.
Au , la montre se porte majoritairement au poignet et est dite « montre-bracelet ». Une montre doit présenter certaines qualités. Parmi les plus courantes : l'exactitude (voir Chronomètre) ; la stabilité, ou fiabilité ; l'étanchéité pour préserver le mouvement de toute humidité et autres influences nuisibles à sa bonne marche ; la résistance aux chocs, par exemple le système G-Shock ou le système « incabloc » ; le verre inrayable : saphir synthétique ; l'antimagnétisme. Mais concurrencées dans leur fonction initiale (donner l'heure), par les smartphones dont l'usage se généralise au début du , les montres deviennent essentiellement des accessoires de mode.
Historique
Premières montres vignette|Montre connue la plus ancienne, datant de 1530. Les premières montres portatives apparaissent au . Leur invention est traditionnellement attribuée à l'horloger allemand Peter Henlein qui conçoit de très petites horloges auxquelles il soude un anneau sur le côté. Elles peuvent ainsi être portées en sautoir ou au bout d'une chaîne autour du cou. Cette conception a lieu vers 1510, date approximative, justifiée par des textes d'archives, mais il est fait mention d'horloges portatives fabriquées plus tôt en Italie. La boite des premières montres a longtemps une forme ovale qui leur fait prendre le surnom d'. Elles s'aplatissent progressivement pour donner les montres à gousset.
Montre de gousset
Jusqu'au début du , le modèle de montre le plus répandu est la montre de poche. (ou de gousset), le gousset étant le nom de la petite poche du gilet prévue à cet usage. Les montres sont généralement attachées au gilet par une chaîne ou un ruban. Elles sont souvent pourvues d'un couvercle. Le remontoir et la molette de réglage de l'heure se trouvent à douze heures, dans l'anneau. Les montres-bracelets sont alors essentiellement destinées à la clientèle féminine.
Montre-bracelet En 1571, le comte de Leicester offre un bracelet muni d'une petite montre à la reine Élisabeth Marco Richon, Omega : voyage à travers le temps, .. En 1722, un artisan parisien aurait fabriqué des montres-bracelets ou des bracelets-montres. En 1790, Jaquet-Droz propose des montres-bracelets à Genève. Au début du , la montre-bracelet est considérée comme un accessoire féminin. Ainsi en 1806, l'impératrice Joséphine commande à François-Régnault Nitot deux bracelets-montres ornés de perles et d'émeraudes afin de les offrir comme cadeau de mariage à sa future belle-fille la princesse Augusta-Amélie de Bavière qui épouse son fils Eugène de Beauharnais..
En 1811, Abraham-Louis Breguet remet une montre-bracelet à complications à la reine consort de Naples, Caroline Bonaparte. Les horlogers de l'époque proposaient aussi, pour la clientèle féminine, des montres-pendentifs, de taille plus réduite, que l'on suspendait au cou à l'aide d'une chaîne ou d'un ruban. Dans certains cas, c'était plus un bijou qu'un objet fonctionnel : il est en effet peu commode pour celle qui la porte d'y lire l'heure si le XII (12 heures) est du côté de l'anneau bélière., mais cette difficulté a été résolue par certains horlogers qui ont placé le VI (6 heures) du cadran du côté de l'anneau : en relevant devant soi la montre avec l'anneau en bas, on lit le cadran normalement.Certains horlogers ont réussi au à miniaturiser le mouvement et le boîtier et à créer ainsi une montre-bague.
La première production en série semble remonter à 1880 : la firme Girard-Perregaux à La Chaux-de-Fonds livre une commande de (munies d'une grille de protection) à la marine impériale allemande.
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Une montre-bracelet de fortune s'obtient en fixant au poignet leurs montres de gousset par des anses soudées à douze heures et à six heures, ou par fixation du boîtier sur un « berceau » métallique fabriqué spécialement, à un bracelet en cuir ou en tissu muni d'un fermoir ou d'une boucle. Cette transformation permettait à l'utilisateur de consulter son garde-temps d'une manière plus rapide et plus pratique, tout en le rendant moins vulnérable aux chocs ou aux chutes. Le remontoir (et donc la couronne de remontoir) commencèrent à être placés latéralement à .
On trouve cependant un grand nombre de montres-bracelets (souvent des montres de gousset modifiées, « demi-savonnettes », etc.) bien avant la fin du . Au départ, il s'agit plutôt d'articles de prestige. Ainsi la firme suisse Omega produit-elle la première montre-bracelet à répétition-minutes en 1892. (la montre est équipée d'un mouvement Audemars Piguet). La première montre-bracelet de série de la même firme remonte à 1900 . Au début, il est assez courant de porter la montre au poignet droit : on fixe donc la couronne du remontoir à 9 heures (et non à 3 heures comme aujourd'hui) .
Les premières montres-bracelets pour hommes sont considérées comme farfelues, voire très efféminées.
En 1904, Louis Cartier donne une impulsion réelle à l’horlogerie en créant pour son ami Alberto Santos-Dumont une montre-bracelet adaptée à sa discipline.. Elle permet en effet à l’aviateur brésilien de pouvoir lire l’heure en plein vol, ce qui en fait la première montre pilote et contribue à faire de la montre-bracelet une montre d’homme.. Quand, en 1906, la foule vit Santos-Dumont s’extraire de son aéroplane 14 bis en vérifiant sa montre pour savoir s’il venait de battre un record, . 800 exemplaires seront commercialisés en 1911..
En 1914, la montre-bracelet fait encore figure de nouveauté, mais est très répandueCatalogue Omega in . :
Pendant la Première Guerre mondiale, Omega produit des montres-bracelets militaires (équipées d'une grille métallique ajourée devant le cadran) : le calibre 13" équipe certaines troupes du corps expéditionnaire américain . La Grande Guerre achève d'ailleurs de populariser la montre-bracelet, qui ne cesse de se miniaturiser et de se perfectionner par la suite.
Montres étanches
Le développement de la plongée autonome a mis en lumière l'importance de la mesure du temps de plongée pour éviter les accidents de décompression dus à la saturation des gaz dissous dans le sang. Les montres étanches sont donc apparues avec les premières réalisations pratiques de scaphandres autonomes, comme ceux de Le Prieur, des nageurs de combat italiens de la seconde Guerre Mondiale, puis de Cousteau. En 1935 la firme Oméga teste une montre étanche jusqu'à .
Durant la seconde guerre mondiale, les nageurs de combat de la Décima MAS, comme Luigi Durand de la Penne utilisaient des montres à mouvement suisse Rolex enchâssé dans un boîtier étanche spécialement réalisé par l'horloger italien Panerai lors du raid d'Alexandrie où furent coulés les cuirassés anglais et HMS Queen Elizabeth, instruments d'autant plus indispensables qu'il s'agissait aussi de chronométrer les bombes à retardement posées sous ces navires. Toutefois ces montres mirent un certain temps à se généraliser, vu leur prix.
Ainsi, lors de son exploration de la Galère de Madhia (Tunisie) chargée de statues antiques, au début des années 50 Jacques-Yves Cousteau dut, faute de montres étanches, inventer « l'horloge pétante » : un fusilier marin embarqué sur le navire support tirait ponctuellement un coup de fusil dans l'eau toutes les minutes et le bruit dans l'eau, accompagné par la chute de la douille, permettaient de minuter le temps de plongée.
Chronologie
Cette section présente l'évolution des mécanismes qui ont permis à la montre de devenir ce qu'elle est aujourd'hui. Mécaniquement parlant, précédant l'arrivée du quartz, de l'électronique et des mécanismes électriques, différentes solutions ont été utilisées pour réguler la marche des montres et pendules. Il s'agit de ce que l'on nomme "échappement". Le plus ancien est l'échappement à verge (inventeur inconnu) transposé de l'horlogerie. Mais de nombreuses autres approches ont été adoptées. Pour ne parler que des principales, citons ensuite l'échappement à cylindre de Graham, l'échappement à ancre suisse, le plus courant, sa variante à goupille. utilisée dans les montres Roskopf notamment, plus ancienne que le dernier échappement en date, le de George Daniels en 1976. Mentionnons également l'échappement à détente, rare dans les montres et soulignons l'existence de très nombreuses variantes, riches en diversité mais beaucoup plus rares (Cfer. ouvrages spécifiques à ce sujet Tardy notamment). Au Moyen Âge, l'horloge des beffrois, clochers et bâtiments publics utilisent le mécanisme du foliot (régulateur qui donne la base du temps) et du poids qu'il faut remonter La montre apparaît quand le poids volumineux est remplacé par le ressort moteur. Elle résulte ainsi de la miniaturisation des horloges de table qui, grâce à ce ressort, peuvent être déplacées et qui prennent la relève des horloges murales à poids. En prêchant contre la fabrication de croix et de calices, Jean Calvin (1509-1564) a incité les orfèvres genevois à se tourner vers l'horlogerie. Un demi-siècle plus tard apparaissent les premiers éléments de la Fabrique genevoise. 1650 : le pendule est utilisé comme résonateur En 1657, la première horloge à pendule est construite par l'horloger Salomon Coster, à La Haye, d'après les instructions du savant hollandais Christian Huygens (1629-1695), lequel inventa le spiral. En 1675 le ressort-spiral est utilisé comme résonateur. montre à spirales par Isaac Thuret, maître-horloger. invention du cadran à 2 aiguilles (heure et minute). L'horloger londonien Daniel Quare (1649-1724) crée le cadran actuel, qui sera modifié plus tard par l’ajout de l’aiguille des secondes 1680 : naissance de l'horlogerie anglaise Thomas Tompion Georges Graham John Harrison vignette|Illustration d'un mécanisme horloger publiée dans les en 1737. 1685 : la révocation de l'édit de Nantes pousse les huguenots (souvent des artisans) hors de France. Ils se réfugient à Genève et dans les montagnes du Jura suisse. 1735 : John Harrison présente H1, le premier chronomètre de marine (qui n'a rien d'une montre) ayant la précision nécessaire à l'établissement de la longitude, puis répondant aux critiques successives, H2, H3. 1773 : John Harrison se voit attribuer une partie du prix du Longitude Act à la remise de H4, son chronomètre de marine à cardan, sur intervention personnelle du roi. Implantation de système de « l'établissage », l'organisation divisée du travail dans le Jura, par l'orfèvre Daniel Jeanrichard (1665-1741) 1777 : l'horloger suisse Abraham Louis Perrelet crée la « montre à secousses » dite perpétuelle, souvent considérée comme la première montre automatiqueCe fait est souvent cité mais aucune source ne l'atteste formellement par absence de source originale, voir Abraham Louis Perrelet.. 1778 : l'horloger liégeois Hubert Sarton dépose un document décrivant une « montre automatique à rotor », auprès de l'Académie des sciences de Paris.