Jean Desbons, né le à Lafitole (Hautes-Pyrénées) et mort le à Paris Acte de décès (avec date et lieu de naissance) à Paris , n° 1497, vue 28/31., est un avocat, dirigeant d'associations d'anciens combattants de la Première Guerre mondiale, éleveur de chevaux de course et homme politique français.

Biographie Jean Desbons est un petit-fils de l'avocat et député des Hautes-Pyrénées Anatole DesbonsLe Temps, avril 1924.

Mobilisé lors de la Première Guerre mondiale, il est fait prisonnier en 1914 et s'évade en 1915La Petite Gironde, 2 septembre 1915. Il reçoit la croix de guerre et la médaille des évadésBiographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940, sur le site de l'AN.

Il reprend son métier d'avocat, à Paris, après son retour en France et devient après le conflit un animateur important du mouvement des Anciens combattants dans l'entre-deux-guerres, comme secrétaire général de l'Amicale des évadésLa Gazette de Biarritz-Bayonne et Saint-Jean-de-Luz, 28 octobre 1920, président de la Fédération nationale des anciens prisonniers de guerre, de 1921 à son retrait en 1932Le Réveil des APG du Centre, mai 1932, de la Fédération interalliée des anciens combattants (FIDAC) en 1934-1935Le Réveil des APG du Centre, août-septembre 1934, La Voix du combattant, 6 octobre 1934, La Voix du combattant, 6 juillet 1935. Des adversaires mettent en doute son passé d'ancien combattant et d'ancien évadé mais il bénéficie en 1931 du soutien de son association et de la Confédération nationale des anciens combattantsLe Réveil des APG, octobre 1931, Journal des mutilés, juillet 1931.

Avec d'autres dirigeants d'associations d'anciens combattants, il participe aux discussions sur le rapprochement franco-allemand après l'arrivée au pouvoir d'Hitler en 1933La Voix du combattant, 6 juillet 1935Feuille d'avis de Neuchatel, 4 juillet 1935, "Les anciens combattants allemands à Paris" (photographie) et rencontre Hitler en Allemagne le , avec notamment Jean Goy de l'Union nationale des combattants, Otto Abetz servant d'interprète. Il poursuit ensuite ces discussions, notamment en 1936-1938 au sein d'une émanation de la FIDAC, le Comité international permanent (CIP), dont il préside le comité français. Il rencontre Hitler une nouvelle fois en 1937 avec d'autres délégués du CIP, à l'occasion du premier congrès de cette organisationHelmut-Dieter Giro, Frankreich und die Remilitarisierung des Rheinlandes, Heinrich-Heine-Universität Düsseldorf, 2005, Antoine Prost, Les anciens combattants français et l’Allemagne (1933-1938), dans Collectif, La France et l'Allemagne (1932-1936), CNRS éditions, 1980, Florent Le Bot, La fabrique réactionnaire: Antisémitisme, spoliations et corporatisme dans le cuir (1930-1950), Presses de Sciences Po, 2007.La Voix du combattant, décembre 1934 (Desbons et Scapini sont les témoins de Goy pour un duel qui n'a finalement pas lieu, lié à cette rencontre), Ibid., 20 février 1937 (Desbons assiste au congrès du CIP à Berlin, avec Goy et Henri Pichot de l'UF), Le Figaro, 26 novembre 1937 (préparation du congrès de Paris), Le Matin, décembre 1937 (2e congrès du CIP, à Paris), Le Petit Courrier, 30 novembre 1937 (photographie). Sur le CIP : Cahiers de l'Union fédérale, 10 décembre 1937, , Collectif, La France et l'Allemagne (1932-1936), op. cit. . Des tensions entre Français et Allemands surviennent cependant au CIP quand un Allemand accède à sa présidence en 1938Cahiers de l'Union fédérale des combattants, 10 juin 1938, Le Populaire, 29 juin 1938Collectif, La France et l'Allemagne (1932-1936), op. cit. et Desbons demande en vain au CIP une protestation contre l'Anschluss la même annéeCahiers de l'Union fédérale des combattants, 10 avril 1938. Il préside à nouveau la commission de la paix et des affaires extérieures de la FIDAC pour l'année 1939Le Cri du poilu de l'Union nationale des combattants, 15 janvier 1939.

Après un échec en 1924, il est élu député des Hautes-Pyrénées en 1928 et s'inscrit au groupe parlementaire des Députés indépendants, l'un des plus conservateurs de la Chambre des députés. Battu en 1932 au second tour par Émile Dasque, radical-socialisteLe Temps, 10 mai 1932, il retrouve son mandat en 1936, se présentant cette fois comme radical indépendant, c'est-à-dire comme centriste, hostile cependant au Front populaire ; il bat au premier tour un radical-socialiste, un socialiste et un communiste. Il adhère au groupe parlementaire de la Gauche démocratique et radicale indépendante.

Il épouse en Jacqueline CahenLe Figaro, 15 décembre 1933, Aux écoutes, 23 décembre 1933, fille d'Henri Cahen, une des figures du patronat de l'électricité, président de l'Union des syndicats de l'électricité depuis 1929, par ailleurs président du conseil d'administration du quotidien La Journée industrielle, soutenu par les milieux d'affairesLa Journée industrielle, 30 juillet 1937, Ibid., 3 août 1937. Issue d'une famille juive, son épouse s'est convertie à la religion catholiquePhilippe Verheyde, Les Mauvais Comptes de Vichy: L'aryanisation des entreprises juives, Perrin, 1999.

Le , il vote en faveur de la remise des pleins pouvoirs au Maréchal Pétain. Il a alors cosigné la motion de Gaston Bergery, réquisitoire contre les gouvernements républicains et texte qui prône l'établissement en France d'un ordre nouveau autoritaire, national et social et amorce la politique de collaborationJean Montigny, De l'Armistice à l'Assemblée nationale, 15 juin-15 juillet 1940: Toute la vérité sur un mois dramatique de notre histoire, Clermont-Ferrand, Éditions Mont-Louis, 1940Laurent Joly, Xavier Vallat (1891-1972): Du nationalisme chrétien à l'antisémitisme d'Etat, Grasset, 2001 (L'auteur écrit faussement que Desbons a été formé au parti radical)La Gazette de Biarritz-Bayonne et Saint-Jean-de-Luz, 10 décembre 1940. Il devient le directeur de cabinet du service diplomatique des prisonniers de guerre (SDPG), dirigé par l'ancien député Georges ScapiniPhilippe Verheyde, op. cit.diplomatie.gouv.fr, Papiers Georges Scapini, francearchives.fr, Service diplomatique des prisonniers de guerre (1940-1944)Les Annuaires des temps nouveaux, 1942, La Gazette de Bayonne, 3 mai 1941, Paris-soir, 17 juin 1941, autre cosignataire de la motion Bergery, autre figure du monde ancien combattant. Desbons a été son témoin de mariage. Selon le témoignage ultérieur de Scapini, c'est lui qui a ; Desbons aurait accepté immédiatement et mis Georges Scapini, Mission sans gloire, Morgan, 1960, : Scapini le présente comme le président de la Fédération des prisonniers de guerre.. Il abandonne cette fonction en , affirmant en 1945 qu'il avait fini par constater qu'il ne pouvait pas protéger les intérêts des prisonniers de guerre avec un gouvernement acquis à la collaborationOlivier Wieviorka, Les orphelins de la République : destinées des députés et des sénateurs français, 1940-1945, Paris, Seuil, 2001, ..

Il devient aussi le président du conseil d'administration d'une entreprise aryanisée, la ganterie Tréfousse (Tréfousse et Cie), installée à Chaumont en Haute-Marne. Il acquiert 19 % du capital de cette firme dont son beau-père était l'un des administrateursGanterie, août 1937. Son épouse est apparentée aux familles juives propriétaires qui ont dû vendre leurs titres. Il a dû convaincre qu'il ne s'agissait pas d'une fausse aryanisation, en mettant en valeur son action en faveur du rapprochement franco-allemand, notamment au sein du monde ancien combattant et au Comité France-Allemagne, avant la guerre, et le fait qu'il s'est brouillé avec sa belle-famille. Il a bénéficié de l'appui de Xavier Vallat et des Allemands. Une instruction est ouverte contre lui à la Libération mais l'affaire est classée en ; le fils d'un autre ancien administrateur, Georges Lévy-Alphandéry, l'a attaqué en justice mais il a bénéficié du soutien de plusieurs anciens dirigeants juifs de la société dont son beau-frère Jean Cahen, l'ancien président du conseil d'administration Charles May et l'ancien directeur Paul Mayer, qui retrouve la direction de l'usineFlorent Le Bot, La fabrique réactionnaire: Antisémitisme, spoliations et corporatisme dans le cuir (1930-1950), Presses de Sciences Po, 2007Ganterie, juillet 1943.

Inéligible à la LibérationJournal officiel de la République française, 28 décembre 1945, il ne retrouve pas de mandat parlementaire après la Seconde Guerre mondiale.

Propriétaire-éleveur de chevaux depuis les années 1920, membre du comité consultatif des courses en 1932Le Temps, 14 mars 1932, membre du conseil supérieur des haras, à partir de 1938Le Jockey, 8 février 1938 et sous le régime de VichyJournal officiel, 9 octobre 1941, élu président en 1939 du groupe parlementaire de l'élevage et du sport hippiquesLa Gazette de Château-Gontier, 4 juin 1939, il s'occupe de son haras de Bastillac situé à Maubourguet près de TarbesLe Jockey, 19 décembre 1930, Ce soir, 7 septembre 1945 et préside après la Seconde Guerre mondiale le syndicat des éleveurs de chevaux pur-sang, dont il était l'un des vice-présidents avant la guerreNotice biographique sur le site de l'ANJournal officiel, 25 janvier 1946Le Jockey, 27 juin 1933.

Notes et références

Sources

Liens externes

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