L'appellation DeVille (parfois orthographiée De Ville ou aussi de Ville) a été utilisée pour beaucoup de modèles de la marque Cadillac.
Initialement créée pour désigner un coupé « hard-top » sans montant central entre la vitre de portière et la vitre de custode apparu en 1949, l’appellation DeVille est attribuée en 1954 aux modèles de finition supérieure de la Série 62. Ces modèles constituent en 1965 une série à part entière qui est reconduite jusqu’en 2005, à travers plusieurs générations de berlines et de coupés, avec ou sans montant central, ainsi que de cabriolets.
L’appellation est supprimée en 2006, la Cadillac DeVille d’alors prenant l’appellation de DTS.
Histoire ancienne vignette|Cadillac DeVille datant de 1949 Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la GM relance sa production automobile en reprenant les modèles de 1942. Chez Cadillac, la gamme se compose ainsi de la Série 61, qui reçoit deux carrosseries à dos « fastback » (berline et coupé) de type B de la GM commune aux Pontiac 26 et 28, Oldsmobile 70 et Buick 40, la Série 62, qui reçoit trois carrosseries (berline, coupé et cabriolet) de type C de la GM partagées avec les Oldsmobile 90 et les Buick 50 et 70, la Série 60 Special Fleetwood qui reprend la carrosserie allongée de la berline de type C et la Série 75 Fleetwood qui reçoit une carrosserie de limousine dérivée de la caisse C. Ces carrosseries sont de type ponton, mais avec des ailes renflées sur les côtés.
Ce n’est qu’en février 1948 que la GM présente sa première nouvelle carrosserie, qui est partagée pour cette année qu’entre Oldsmobile et Cadillac. Cette nouvelle carrosserie voit les ailes avant intégrer le plan du côté mais elle conserve des ailes arrière renflées. Chez Cadillac, le dessin se singularise par les ailerons en bout des ailes arrière. La gamme Cadillac de 1948 se compose de la Série 61 (berline et coupé), de la Série 62 (berline, coupé et cabriolet), de la Série 60 Special Fleetwood (berline) et de la Série 75 Fleetwood qui conserve la carrosserie précédente.
Cette gamme est reconduite en 1949 et une nouvelle carrosserie fait son apparition : un coupé sans montant central, appelé « hard-top » en anglais. L’origine de cette carrosserie se trouve dans le comportement de l’épouse d’un dessinateur du bureau de style de la GM qui possède un cabriolet mais qui roule constamment avec la capote relevée et les vitres baissées. Voyant que la capote ne sert jamais, le dessinateur propose de la rendre définitivement fixe en reprenant le dessin du coupé dont il enlève le montant central entre la vitre de portière et la vitre de custode. Le dessin est adopté pour les trois marques de gamme supérieure de la GM : Oldsmobile, Buick et Cadillac. Baptisée « Holiday » chez Oldsmobile et Riviera chez Buick, le coupé hard-top prend l’appellation de Coupé DeVille chez Cadillac
Première génération 1949-1953
Le Coupe DeVille apparaît en 1949. Il s‘agit d’une version sans montant central du « Club Coupe » de la Série 62 établi sur un empattement de . La mécanique est commune aux autres Cadillac ; moteur V8 de et 160 ch. Le Coupe DeVille est équipé d’un intérieur « De Luxe » et de vitres hydrauliques. Il pèse , contre pour le Club Coupe. Son prix est de ( pour le Club Coupe). Il est produit en exemplaires pour le Club Coupe). À titre expérimental, un Coupe DeVille unique est élaboré à partir de la Serie 60 Special Fleetwood à empattement long de .
Pour 1950, les Cadillac adoptent un dessin de carrosserie plus élancé et plus lisse avec une prise d’air verticale chromée en avant de l’aile arrière, et un pare-brise en une seule pièce. Le Coupe DeVille reste un modèle spécifique à la Série 62. Cette nouvelle carrosserie lui fait prendre un peu d’embonpoint à . Le prix aussi augmente légèrement à et sa production double pour atteindre , signe du succès que rencontre ce nouveau type de carrosserie. Le , la millionième Cadillac tombe des chaînes : il s’agit d’un Coupe DeVille.
Les modèles 1951 reçoivent quelques petits changements cosmétiques mineurs : obus de pare-chocs plus gros, rappel de la grille de calandre au-dessous des phares, enjoliveurs de roues. La masse du Coupe DeVille atteint . Malgré une augmentation du tarif à , son succès continue de croître : il est produit en (autant que le Club Coupe).
L’année 1952 est celle du cinquantenaire de la marque. La Série 61 est supprimée du catalogue, et la gamme ne comprend plus que la Série 62 (berline, coupé, coupé DeVille et cabriolet), la Série 60 Special Fleetwood (berline) et la Série 75 (limousine). Le dessin des carrosseries est de nouveau légèrement retouché, avec une nouvelle calandre, une nouvelle découpe du coffre, l’intégration des feux de recul aux ailerons et les sorties d’échappement dans les extrémités du pare-chocs arrière. La puissance du moteur atteint 190 ch. Le Coupe DeVille pèse et coûte . Sa production dépasse celle du Club Coupé : contre .
Pour 1953, les modifications cosmétiques concernent les pare-chocs qui sont plus massifs et dont les obus avant intègrent la calandre, les feux de position qui passent sous les phares avant et la lunette arrière désormais fabriquée en un seul morceau. Le moteur fait et la masse atteint . Le Coupe DeVille vaut et il est construit en .
Deuxième génération 1954-1956
Pour profiter de la formidable croissance économique des années 1950 et 1960, les responsables de la GM décident une politique de « vieillissement dynamique de la gamme » qui amène à renouveler l'offre de produits de façon complète tous les deux ans, avec des modifications importantes tous les ans. En revanche, la technique est moins concernée par cette politique.
Après avoir entièrement changé son outillage, Cadillac relance sa production le avec des voitures arborant une nouvelle carrosserie caractérisée par un pare-brise panoramique similaire à celui de l'Eldorado présentée l'année précédente. L’empattement est allongé à . la prise d’air chromée au niveau de la naissance de l’aile arrière est conservée. Sous le capot, le moteur reçoit des pistons en aluminium et sa puissance augmente à 230 ch. Le Coupe DeVille est facturé . Sa production est de .
Pour 1955, la prise d’air chromée est réduite à sa moitié supérieure en devenant le prolongement vertical de la baguette latérale (sauf sur la Série 75). La calandre est retouchée, avec un maillage moins serré, le dessin des pare-chocs est modifié et les feux de position passent de la calandre sous les phares. La puissance du moteur atteint . Pour la première fois, les pneus sont des « tubeless » (sans chambre à air).
Le Coupe DeVille est affiché à et il est produit à . Sa carrosserie est reprise par le coupé normal de la Série 62, qui prend la désignation de « Hardtop Coupe » (il est vendu et sa production est de ).
vignette|Coupe DeVille, 1956 Les modèles de 1956 se distinguent par leur nouvelle calandre au maillage serré, leurs feux de position qui passent sous le pare-chocs et l’adjonction d’une moulure qui s’étend sur l’aile arrière de la jupe d’aile jusqu’au pare-chocs. Cette moulure est surlignée par une baguette chromée qui comporte neuf ouvertures verticales en avant du pare-chocs. Le moteur est réalésé à et il développe 285 ch.
Le concept de la carrosserie sans montant central est étendu à la berline qui devient alors « Sedan DeVille » (le terme « Sedan » désignant une berline aux États-Unis ; l‘origine de ce terme vient de la ville française de Sedan où était fabriqué un drap uni qui recouvrait l‘intérieur des berlines hippomobiles fabriquées en Angleterre au . Par extension, le terme a fini par désigner la voiture elle-même, avant de traverser l‘Atlantique).
L’appellation DeVille désigne ainsi les modèles à la finition supérieure de la Série 62. Le Coupe DeVille est tarifé et il est produit en . La Sedan DeVille est tarifée et elle est produite en . Par comparaison, le Hardtop Coupe coûte () et la Sedan coûte (). Grâce à sa carrosserie, la Sedan DeVille devient alors la Cadillac la plus produite de l’année.
Troisième génération 1957-1958
Un nouveau châssis apparaît pour 1957, un châssis tubulaire en X dont l’absence de longerons latéraux permet la création des carrosseries surbaissées souhaitées par les stylistes. S’il résiste mieux à la torsion, ce châssis manque cruellement de résistance aux chocs latéraux. L’empattement est de . La puissance du V8 de atteint . En dehors de la limousine de la Série 75, toutes les Cadillac reçoivent une carrosserie « hard-top » sans montant central. Les ailerons arrière sont trapézoïdaux. Les modèles de la Série 62 se reconnaissent à leur prise d’air placée à devant le passage de roue arrière et rehaussée de sept petites barrettes horizontales chromées. Le Coupe DeVille reçoit la plus longue carrosserie de la série. Le Coupe DeVille est affiché à et la Sedan DeVille à . Le coupé est produit en , la berline en . C’est la Sedan de base de la Série 62 qui devient la Cadillac la plus vendue de l'année après avoir récupéré la carrosserie hardtop.
Les modèles de 1958 reçoivent quelques modifications cosmétiques : les ailerons se prolongent davantage en arrière, les pare-chocs sont modifiés et la calandre adopte des doubles phares. Une prise d’air est placée sur les ailes avant juste derrière les phares tandis que la prise d’air arrière est supprimée ; les sept barrettes décoratives sont remplacées par cinq autres plus longues. La puissance du moteur est de . Le Coupe DeVille est affiché à et la Sedan DeVille à . Le coupé est produit en , la berline en . La Sedan DeVille récupère son titre de Cadillac la plus vendue de l’année.
Quatrième génération (1959-1960)
Les Cadillac de 1959 reçoivent une nouvelle carrosserie caractérisée par ses immenses ailerons arrière comportant une nacelle pour les feux et leur calandre en miroir. Les berlines se dédoublent avec une carrosserie à six glaces latérales et une autre à quatre glaces latérales et lunette arrière panoramique. Le moteur est réalésé à ; il développe . L’empattement est légèrement allongé à .
Les modèles DeVille forment désormais la Série 63, une sous-série de la Série 62 comme les Eldorado (Série 64) et les Eldorado Brougham (Série 69). Ils se distinguent par l’inscription « Coupe DeVille » ou « Sedan DeVille » en lettres cursives placée au bout de l’aile arrière, au-dessus de la baguette latérale. Trois modèles sont disponibles : Coupe DeVille (, produit à ), Sedan DeVille à (, ) et Sedan DeVille à ( également, mais produite à ). Ce dédoublement de la Sedan DeVille lui fait perdre son titre de Cadillac la plus vendue de l’année qui revient à la Sedan à de la Série 62 (il existe aussi une Sedan ).
Les modèles de 1960 reprennent le style des modèles de 1959 mais en moins flamboyant. Les ailerons sont simplifiés et la calandre est moins chargée. Sur les modèles DeVille, l’inscription Cadillac est placée sur l’aile avant, derrière les phares. La Série 63 DeVille comprend toujours le Coupe DeVille (, produit à ), la Sedan DeVille à (, ) et la Sedan DeVille à ( également, mais seulement). C’est encore la Série 62 de base qui est la Cadillac la plus vendue de l’année. La consommation moyenne est de aux cent kilomètres à ..
Cinquième génération (1961-1964)
Les Cadillac sont entièrement redessinées pour 1961 (sauf la Série 75). Tout en conservant leur châssis en X, revenu à d’empattement, et leur moteur de 325 ch, elles reprennent les lignes générales des Eldorado Brougham précédentes. Elles se caractérisent par le pare-brise qui n’est plus panoramique mais dont les montants adoptent un dessin à double courbure, ainsi que par les « skegs », ces ailerons situés en bas de caisse qui filent à l’horizontale du passage de roue avant jusqu’au pare-chocs arrière.