Thibaud Maistrier, né à Dijon vers 1629 et mort en 1675 à Toulouse, est un sculpteur français.
Il a réalisé des retables et des compositions religieuses baroques pour les édifices religieux de Toulouse et de Cahors.
Biographie D'une famille originaire de Langres, Thibaud Maistrier est le fils de Pierre Maistrier, maître menuisier et sculpteur établi à Dijon et de Claudine Le BlancPierre Salies, , p. 126.. Pierre Maistrier avait sculpté des décors de la chapelle de la Sainte Hostie, dans la Sainte-Chapelle ducaleInventaire sommaire des Archives départementales antérieures à 1790, Volumes 1 à 2, Archives départementales de la côte-d'Or, Dijon, Imprimerie Durantière, 1903..
Après son arrivée à Toulouse, Thibaud Maitrier travaille sur des dessins d'Antoine Frédeau dans l'atelier de Pierre Affre, puis en 1660 il succède à Pierre II Legoust, fils de Georges Arthus Legoust. Il est dit en 1656 "Mestre sculpteur de Toulouse" dans la commande qui lui est faite de réaliser un tabernacle pour l'église des Cordeliers de Septfonds, diocèse de Cahors.
Il épouse Antoinette Frédeau, fille de Jehan Frédeau (mort en 1644), architecte et sculpteurFrère du peintre Ambroise Frédeau. et d'Antoinette de Morizot, elle-même fille du plus grand sculpteur de ToulouseEt non « Monrizot », fille d'Antoine Morizot, maître menuisier reçu à Toulouse en 1605, lequel avait réalisé les sculptures des stalles de la Cathédrale Saint-Étienne de Toulouse, celles de l'église des Pénitents Noirs, ainsi qu'en 1619 celles des chœurs de l'abbaye de Capelle, « de la même grandeur et du même modèle que celle des Pères Chartreux de Toulouse», et de l'abbaye de Grandselve (33 chaires hautes et 44 basses). Pascal Julien, « Les stalles de l'abbaye de Grandselve », in Bulletin de la Société archéologique du Tarn-et-Garonne, volume 119, Montauban, 1994, pp. 85-96., le à l'église Saint-Jacques de Toulouse, paroisse de leur domicile, 9, rue Boulbonne, dans le quartier Saint-Étienne. Au moment de son mariage, Thibaud Maitrier était veuf de la fille de Georges Legoust, sculpteur toulousain. Sa seconde épouse, Antoinette Frédeau, était aussi d'une famille d'artistes, petite fille d'Antoine Morizot ; Antoine Frédeau, son grand-père, maître menuisier à Paris, fournit à Thibaud Maistrier le , les projets pour le retable de Sainte-Ursule de Toulouse, volume 8, 1956. Article repris in Histoire de l'Ordre des ursulines en France : les monastères d'ursulines sous l'Ancien-Régime, Éditions Saint-Paul, 1958, p. 58.. Ils eurent de nombreux enfants dont Marie, Jehan le , Marguerite le de la même année, et une autre Marie le Mémoires de l'Académie des sciences, inscriptions et Belles-Lettres de Toulouse, série, I, 1960, p. 126-127..
Descendance Jehan Maitrier, sculpteur, sans doute son fils, devint après son décès procureur et juré de la communauté de métier des menuisiers à DijonHenri Hauser, Le compagnonnage d'arts et métiers à Dijon aux et , Dijon, Damiot, 1907 (réédition par Jacques Laffitte, 1979)..
Antoine Maistrier, son fils — Mireille Rambaud, Documents du Minutier central concernant l'histoire de l'art (1700-1750), Tome II, 1971, Minutier central, avril 1699-juin 1699, ET/II/6., né à Toulouse vers 1671, est maître peintre, membre de l'Académie de Saint-Luc à Paris, demeurant rue Saint-Jacques, puis près du pont Notre-Dame, marié le à Paris avec Geneviève Petit, veuve de Mathieu Frary, peintre, mort le . Il est mort avant le , puisqu'à cette date elle est dite veuve d'Antoine Maistrier, maître peintre, demeurant sur le pont Saint-Michel, et elle vend leur maison de plaisance : et en donne quittance à Jean-Sylvain Cartaud, architecte du roi, pour la somme de payées pour son beau-frère René Frémin, professeur de l'Académie royale de peinture et de sculpture, sculpteur du roi d'Espagne où il résideMireille Rambaud, Documents du Minutier central concernant l'histoire de l'art (1700-1750), Tome II, pp. 30 et 97, 1971, Minutier central, 1728, MC/ET/X/340.. Elle reçoit en 1729 une quittance de Marie-Nicole Courtois, veuve de Jacques Guillemot, sieur d'Alby, avocat au parlementDaniel Wildenstein, Documents inédits sur les artistes français du conservés au minutier central des notaires de la Seine, aux Archives nationales, Paris, Les Beaux-Arts, 1966, . À la même date, une autre quittance faite par Maistrier à Jean Pironoi se trouve en TchécoslovaquieVestnik, Ceskoslovenské Zemědělské Muzeum, 1929..
Œuvres
Beaune, Hospices de Beaune : tabernacle à dais d'exposition du maître autel, selon un marché passé en 1704Mémoires de la Société d'archéologie de Beaune, 1941. qui est une vaste composition ornementale baroque. Cahors, la Congrégation de la Mission et le Supérieur du Séminaire de Cahors ont passé contrat devant notaire le avec le « Sr Thibaud Maistrier, sculpteur et architecte de la ville de Tholose » pour « la faction de deux tabernacles, l'un de même grandeur, largeur et hauteur que celui qu'il a fait pour le Collège de l'Esquile avec autant d'autres figures et ornements nécessaires ; et marqué dans sa boutique de hauteur de huit paumes () sans (compter) l'image de la Résurrection et autant de largeur, avec quatre figures outre celle de la porte, lesquels tabernacles seront faictz et parfaits et dorés selon l'art dans six mois prochains moyenant la somme de Cent soixante cinq livres pour le premier (autel) et cent cinquante livres pour le second [...]»Georges Costa « Les commandes de tabernacles à Toulouse pour les églises du Quercy au » in Bulletin de la Société des études littéraires, scientifiques et artistiques, volume XCIX, fascicule 1978, .. Dijon : abbaye Saint-Bénigne : travaux décoratifs signalés par une mention de Bernard Prost, « Le trésor de Saint-Bénigne de Dijon: inventaires de 1395, 1519, 1789-1791 », in Mémoires de la Société bourguignonne de géographie et d'histoire, 1894. ; Sainte-Chapelle : AD21 Comptes de fabrique du chapitre. G 1534 Montaigut-sur-Save, église Notre-Dame d'Alet : retable en bois doré, et Pietà, 1680. Paris : Plusieurs dessins d'antiquités mentionnés dans Miscellanea eruditœ autiquitatis, notis illustrationi, ou la Recherches d'antiquités y exécutées pour Jean du Tilliot, 3 volumes : tomes I, II et IV (tome III manquant). Des explications ou dissertations accompagnent les dessins de ces trois volumes. Quelques dessins représentant les curiosités du cabinet sont signés de Nicolas Guenegault (ou Venevault), Maistrier, ainsi que du calligraphe et dessinateur Jean PironHenri Martin, Catalogue de la bibliothèque de l'Arsenal, tome , Manuscrits, cote Henri martin, Histoire de la bibliothèque de l'Arsenal, 1990. , 5053, 5054, 5055. ; Représentation de la tombe de Childebert (mort en 558) à l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, mentionnée comme source iconologiqueAlain Erlande-Brandenburg, « Le Roi est mort, étude sur les funérailles, les sépultures et les tombeaux des rois de France jusqu'à la fin du », Bibliothèque de la Société française d'archéologie, , ."Maitrier, Bibl. Arsenal, ms. 5054, fol. 5 (1718)".. Toulouse : Cathédrale Saint-Étienne : œuvres pour la confrérie des Brassiers, 1676 ; Chapelle du collège de l'Esquile, retable et tabernacleGeorges Costa, « Les commandes de tabernacles à Toulouse pour les églises du Quercy au » in Bulletin de la Société des études littéraires, scientifiques et artistiques, volume XCIX, fascicule 1978, pp. 257-258. ; Église dominicaine du couvent Sainte-Catherine-de-Sienne : un retable completCe couvent des catherinettes ou des Dames noires, situé rue Lafayette, était l'hôpital fondé en 1603 pour accueillir les orphelines, et qui a accueilli ses douze premières pensionnaires en 1622. Il a été détruit à la Révolution. Les douze premières arrivent en 1622. par un contrat passé directement par Henri Le Masuyer, procureur général du parlement, dont la fille était une des damesPour . in L'âge d'or de la sculpture : artistes toulousains du , Somogy, 1996, pp. 137, 99 et 112. ; Église des Récollets : retable, 1664 ; Église Saint-Exupère de Toulouse : Christ ; Louis Bertrand ; Sainte Rose de Lima, statues ; Église des ursulines Sainte-Ursule : retableAdjugée comme bien national pour une superficie de et un prix de à Mamignard et Joulia, négociants élus, puis détruite. La Vierge noire a été conservée., d'après un dessin d'Ambroise Frédeau, 1668 ; Musée des Augustins : une œuvreJean Chalette, Ambroise Frédeau, Toulouse, Musée des Augustins, 1974..
Notes et références
Annexes
Bibliographie Pascal Julien, « Retables du chœur et des chapelles de l'église Notre-Dame d'Alet diocèse de Toulouse », Mémoires de la société archéologique du midi de la France, tome LIV, page 154, 1994. Alain Mousseigne, Jean Chalette, Ambroise Frédeau, peintres à Toulouse au , Toulouse, Musée des Augustins, 1974. Smogy, L'âge d'or de la sculpture: artistes toulousains du , Smogy, 1996, 215 p. Musée Paul Dupuy, Le Dessin baroque en Languedoc et en Provence, 1992, 173 p. Fabienne Sarthe, « La sculpture toulousaine dans la première moitié du », Mémoires de la société archéologique du midi de la France, vol. 61, 2001, p. 165-194 Pierre Salies, « Ambroise Frédeau, religieux augustin du Couvent de Toulouse, peintre, sculpteur et miniaturiste », in Mémoires de l'Académie des Sciences, Inscriptions et Belles-Lettres de Toulouse, vol. 123, Toulouse, Hôtel d'Assézat, 1961, . Georges Costa, « Les commandes de tabernacles à Toulouse pour les églises du Quercy au » in Bulletin de la Société des études littéraires, scientifiques et artistiques, volume XCIX, fascicule 1978, . Henri Martin, Catalogue de la bibliothèque de l'Arsenal, tome , Paris, 1889, Plon et Nourrit, "Manuscrit ", Bernard Prost, « Le trésor de l'abbaye Saint-Bénigne de Dijon: inventaires de 1395, 1519, 1789-1791 », in Mémoires de la Société bourguignonne de géographie et d'histoire, Volume 10, Dijon, 1894. Louis de Gouvenain, Inventaire sommaire des archives communales de Dijon antérieures à 1790, Dijon, 1892.
Catégorie:Sculpteur français du XVIIe siècle Catégorie:Élève de l'Académie de Saint-Luc Catégorie:Personnalité liée à la Haute-Marne Catégorie:Personnalité liée à Toulouse Catégorie:Date de naissance non renseignée (XVIIe siècle) Catégorie:Naissance à Dijon Catégorie:Décès en 1675 Catégorie:Décès à Toulouse