L'histoire de Parme concerne les événements historiques relatifs à Parme, ville de l'Italie septentrionale.
Étymologie du nom Le toponyme du nom proviendrait de noms connus de tribus étrusques « Parmii » ou « Parmnial ».
Selon d'autres chercheurs, le nom dériverait de mot latin parma/parmae, bouclier rond qui rappelle la forme de la cité, certains font observer que ce terme militaire latin était probablement à son tour d'origine étrusque.
Avant les Romains Les recherches archéologiques ont confirmé l'hypothèse que Parme (ville de l'actuelle Émilie-Romagne en Italie) a eu une implantation urbaine antérieure à l'installation des Celtes, il est même possible que Parme ait été un centre habité déjà à l'âge du bronze.
L'âge de bronze correspond à l'occupation par les humains de la plaine parmesane où de nombreux terramares ont été localisés et leur présence est aussi attestée dans le bassin de montagne du Taro qui remonte au paléolithique moyenParma Édition Quaderni Parmensi, de Gianfranco Stella (1988), pages 5, 6..
Luigi Malnati, surintendant des biens archéologiques de l'Émilie-Romagne confirme la présence des Étrusques depuis au moins la fin du grâce aux fouilles réalisées à Parme et vers Traversetolo et qui ont permis de découvrir des bucchero, vases en céramique noire typiquement étrusques. Parme constituerait une frontière alors que Tite-Live évoque la présence des Étrusques sur le territoire sans nommer ParmeGazzetta di Parma du 18 novembre 2008, page 14..
À la fin de l'âge du fer (), l'Émilie est occupée par les AnamariPolybe mentionne l'existence d'un peuple, les Anamari, qui habitait au sud du Pô autour de Casteggio (Clastidium) située à peu de kilomètres de Pavie., un peuple celte, et la région de Parme, occupée plus particulièrement par les Boïens dont il existe peu de vestiges. Les Boïens ne sont pas des bâtisseurs, ils habitent des villages non fortifiés faciles à déplacer, vivant d'agriculture et d'élevageParma Édition Quaderni Parmensi, de Gianfranco Stella (1988), page 11..
L'époque romaine vignette|Pons Lapidis (Parma) De -225 à 189, les romains envahissent et conquièrent la Gaule cisalpine, qui s'étend dans la plaine du Pô, au nord de l'Italie, conquête ralentie par les invasions d'Hannibal soutenues par les Boïens.
Parme devient en -183 une colonie romaine qui conserve son nom et fait partie avec Rimini de la huitième région ce qui confère à ses habitants les mêmes droits que les habitants de Rome, ils ont les mêmes coutumes, la même langue, les mêmes divinités. Les colons de Parme regroupés en appartiendraient à la tribu des Pollia, chacune bénéficient d'un lot de terrainParma Édition Quaderni Parmensi, de Gianfranco Stella (1988), page 12. à proximité de la via Emilia tracée depuis peu et qui relie Bologne à Plaisance et qui constitue le decumanus de la ville. Le forum romain correspond à l'actuelle Place Garibaldi où le cardo est encore visible avec une orientation nord-sud (via Farini - via Cavour), et le decumanus, avec une orientation est-ouest (via Repubblica - via Mazzini - via D'Azeglio).
Parme se trouve sur une position stratégique à l'intersection de la route est-ouest avec celles préromaines transalpines qui vont de Luni à la mer Tyrrhénienne d'une part, au Pô et à l'Adriatique de l'autre. Tite-Live la cite comme base militaire pour les opérations militaires contre les Ligures.
Durant le , la ville se développe grâce à la fertilité de ses terres qui produisent du blé, de l'orge, du millet. Durant la guerre entre Marc Antoine et Brutus, Parme qui soutient ce dernier est, par punition, saccagée et totalement détruite par l'armée de Marc Antoine en -44. Marc Antoine la reconstruit et place de nombreux vétérans sur le territoire puis en -42, c'est Auguste qui poursuit cette politique afin de créer une classe dirigeante qui lui est favorableParma Édition Quaderni Parmensi, de Gianfranco Stella (1988), page 18.. Parme atteint son apogée à l'époque impériale, elle obtient le titre de Julia Augusta Parmensis, pour sa fidélité envers Rome.
La fin de l'Antiquité et les invasions germaniques
Après avoir connu près de trois siècles de paix et de prospérité grâce à la Pax Romana, la Paix romaine, l'Empire romain est en proie, au , à une crise à caractère économique et social, qui caractérise la décadence romaine et qui touche aussi Parme et sa région. L'empereur Gratien décide d'implanter, en 377, dans le territoire pratiquement déserté, une tribu de barbares, les TaïfalesParma Édition Quaderni Parmensi, de Gianfranco Stella (1988), page 28..
En 452, Parme est saccagée par Attila, les habitants ont le temps de se réfugier dans les Apennins.
Vers 490, Odoacre partage Parme entre ses fidèles, restaurant ou peut être construisant un pont, l'aqueduc et d'autres œuvres qui contribuent à la renaissance de la ville.
Par la suite, la guerre gothique a des conséquences dramatiques sur la démographie, la ville est partiellement détruite par les Goths du roi Totila.
Les Goths chassés, Parme refleurit de nouveau pendant la période byzantine (politiquement 553-568, mais culturellement bien plus longtemps). Avec Théodoric le Grand, elle est alors surnommée Chrysopolis (« cité d'or »), peut être en raison du trésor militaire. Il restaure l'aqueduc romainClaudio Azzara: Parma nell'Emilia longobarda Reti Medievali Rivista V 2004/1, p. 7, Florence University Press..
En 570-580, les grandes civitates de l'Émilie dont Parme sont occupées par un autre peuple germanique : les LombardsClaudio Azzara: Parma nell'Emilia longobarda Reti Medievali Rivista V 2004/1, p. 2, Florence University Press., lesquels ont envahi l'Italie dès 569. Ils transforment Parme en un centre militaire et administratif administré par un intendant, chef militaire et politique. Diacre, érudit d'origine lombarde du , parle d'un duc. Il y a peu d'informations sur l'organisation administrative de Parme sous les Lombards. Parme se signale comme un nœud routier entre la plaine du Pô et les duchés de Tuscia, de Spoleto et de Benevento et entre la côte ligure et l'exarchat de RavenneClaudio Azzara: Parma nell'Emilia longobarda Reti Medievali Rivista V 2004/1, p. 8, Florence University Press..
thumb|300 px|L'Italie en l'an 1000
Sur la fin du une fille du roi Agilulf qui réside à Parme épouse un noble local, Gudescalco. Une incursion byzantine, forte de nouvelles armées envoyées par l'Empire et conduite par le patricien Gallicino ramène la ville sous le contrôle de l'exarchat de Ravenne pendant que la princesse et Gudescalco sont emprisonnés à Ravenne. Agilulf réussit à reprendre Parme, sa fille rentre pour mourir, peu de temps après, en couches<ref>Paul Diacre, Historia Langobardorum (, Lorenzo Valla/Mondadori, Milano 1992), s:la:Historia Langobardorum - Liber IV|IV, 20-28.</ref>.
Les premiers témoignages certains de la présence d'un évêque à Parme date de 651, après que Brescello, qui est la résidence de l'évêché, soit détruite et que le siège soit transféré à ParmeParma Édition Quaderni Parmensi, de Gianfranco Stella (1988), page 52..
Au cours du , il y a une reprise économique et démographique favorisée par la stabilisation de la domination lombarde et par la paix relative. De nouvelles installations rurales se créent composées de pauvres maisons autour d'une église, petits bourgs fortifiés et qualifiés de châteaux avec des toponymes d'origine romaine ou germanique conséquence des invasionsParma Édition Quaderni Parmensi, de Gianfranco Stella (1988), page 48..
Les ducs lombards sont remplacés par les comtes francs qui répondent en diverses occasions aux appels du papeParma Édition Quaderni Parmensi, de Gianfranco Stella (1988), page 56..
En 779, Charlemagne accorde à l'évêque Widobo (Guidobo 755-795, parent de Charlemagne, selon certains historiens) le pouvoir temporel sur la ville et les territoires limitrophes
À la fin du , l'Italie subit l'invasion des Magyars de Hongrie, peuple nomade, divisés en familles, qui vivent de chasse et pêche et de razzia dans les pays limitrophes. Suivant la Via Emilia, les Hongrois saccagent la région de Parme et ce n'est qu'en 955, qu'ils sont définitivement vaincus par lors de la bataille du LechfeldParma Édition Quaderni Parmensi, de Gianfranco Stella (1988), page 58.
À partir du , les invasions cessent, la population augmente, les communications s'améliorent. Parme continue d'être gouvernée par une longue série de comtes-évêques. De nombreux monastères sont érigés, San Benedetto, San Uldarico (ordre bénédictin), l'église des saints Garvaso et Protaso.
C’est de cette époque que datent les vestiges architecturaux les plus anciens, la cathédrale (il Duomo) construite par l’antipape (1061-1064), seigneur de la cité, et le baptistère. Honorius II est évêque de Parme et soutient du Saint-Empire et est à l'origine du schisme de Cadalus (du nom de sa famille). Un autre antipape natif de Parme est l’évêque Guibert de Ravenne (1080-1100)Parma Édition Quaderni Parmensi, de Gianfranco Stella (1988), page 72..
Parme, commune libre
Parme devient une commune libre au administrée par un podestat et un capitaine du peupleParma Édition Quaderni Parmensi, de Gianfranco Stella (1988), page 78..
En 1160, Frédéric Barberousse, se réclamant du droit romain, somme les villes lombardes, dont Parme, à la fidélité à l'empereur et la restitution des prérogatives usurpées, il impose un représentant avec Bernardo da Cavriago. La soumission porte inévitablement à la coalition des communes contre l'autorité impériale. En 1164, Parme entre dans la Ligue de Vérone et participe en 1174 à la bataille de Legnano qui signe la défaite de Barberousse. Le , elle ratifie le traité de paix de Constance qui lui rend son autonomieParma Édition Quaderni Parmensi, de Gianfranco Stella (1988), page 80..
De 1238 à 1247 la ville perd son autonomie et l'empereur impose des podestats qui lui sont fidèles. En 1247, les guelfes (pro-pape) s'emparent de Parme qui change de camp et s'oppose maintenant à l'empereur. Frédéric II essaie de prendre la ville mais est vaincu à la bataille de Parme en 1248.
En 1303, devient seigneur de la cité (officiellement : defensor civitatis) jusqu'en 1316 (avec une interruption en 1308). Les Rossi sont ensuite à la tête de la ville de 1316 à 1334. Les Scala leur succèdent et restent au pouvoir jusqu'à 1341.
Le , Lucien Visconti acquiert Asti, Locarno et Parme de Obizzo d'Este qui détient Parme deux ans auparavant de Azzo di CorreggioParma Édition Quaderni Parmensi, de Gianfranco Stella (1988), page 162.. La présence viscontienne dure de 1346 à 1447 interrompue uniquement par Ottobono Terzo de 1404 à 1409.
Les Sforza succèdent aux Visconti.
En , a lieu la bataille du Taro (ou de Fornovo), une des plus grandes et des plus sanguinaires batailles de la renaissance qui oppose , roi de France à la ligue constituée de Venise, Ludovic le More, le pape et l'Espagne, et qui voit la victoire des FrançaisParma Édition Quaderni Parmensi, de Gianfranco Stella (1988), page 181 à 191..
Dès 1499, reprend la politique italienne de son prédécesseur. Après avoir conquis le Milanais, il devient maître d'une grande partie de la péninsule.
En 1512 le pape allié à Venise, l'Angleterre et l'Espagne éloignent de la Lombardie et la restituent à Maximilien Sforza, fils de Ludovic le More. Milan et Parme retournent ainsi sous la domination des SforzaParma Édition Quaderni Parmensi, de Gianfranco Stella (1988), page 197..
L'Italie affaiblie par le fractionnement en petits états est toujours la cible des grandes puissances, la France et l'Espagne. En 1515, après la bataille de Marignan, récupère la Lombardie et Parme.
Le , l'armée pontificale et espagnole assiège Parme, trois jours après Francesco Guicciardini, gouverneur apostolique prend possession de Parme pour le compte de , la tentative des Français et des Vénitiens en décembre pour reprendre la ville est un échecParma Édition Quaderni Parmensi, de Gianfranco Stella (1988), page 181 à 200..