Le mont Llaima est un volcan situé dans la région d'Araucanie, au Chili. De forme conique relativement régulière et symétrique, il est classé dans la catégorie des stratovolcans. Il s'élève à une altitude de . Il est situé dans la zone de précordillère de La Frontera.

Le Llaima est considéré comme l'un des volcans les plus actifs du pays et de l'Amérique du sud. Son activité est attestée depuis le et consiste en des séries distinctes d'explosions de puissance modérée, parfois accompagnées de coulées de lave. Il a compté pas moins de d'activité volcanique pendant le , dont le dernier important a lieu en 1994. Le , il entre en éruption à (heure locale) ; il s'agit de sa première éruption du .

Le mont Llaima est situé à l'intérieur du parc national Conguillío, célèbre pour ses bois d'araucarias, lesquels encerclent les nombreuses scories présentes autour du cône volcanique. La beauté paysagère des environs du Llaima a contribué à développer le tourisme dans la zone. Sur son versant occidental se trouve la station de ski Las Araucarias.

Toponymie Le volcan Llaima a été connu successivement sous plusieurs noms. Il est longtemps connu sous le nom de Chañel (« doigt » en mapudungun, la langue du peuple mapuche), en raison de son altitude et de sa forme pointue. Au cours de la période coloniale espagnole, il a également été nommé Imperial en raison de sa proximité avec la ville de Carahue dont l'ancien nom était La Imperial.

Lors de l'éruption de 1876, quelque de magma et de flux pyroclastiques sont expulsés. On en retrouve des traces jusqu'à de distance. On estime que l'altitude du volcan a progressé de 30 à lors de cette éruption. Le cône sommital s'effondre, sa morphologie change et le volcan se voit attribuer un nouveau nom, Llaima, qui signifie « fossé » ou « vidange » en mapudungun, changement de nom dû à l'apparition d'une grande fissure à proximité du cratère. Il existe d'autres interprétations sur sa signification puisque, selon d'autres traductions, llaima signifie « veines de sang » ou « veuf ».

Géographie Situation Le volcan Llaima est situé sur les communes de Melipeuco et de Vilcún, dans la province de Cautín ; ses pentes septentrionales s'étendent jusqu'à la commune de Curacautín dans la province de Malleco, dans la région de l'Araucanie. C'est l'un des sommets qui délimitent le versant occidental de la cordillère Principale des Andes. Le volcan est situé dans le parc national Conguillío, administré par la CONAF.

thumb|left|Vue du volcan Llaima depuis les abords de la ville de Galvarino. Le Llaima est situé à au nord-est de la ville de Temuco, la capitale régionale, d'où il est visible, et à au sud-sud-est de Santiago du Chili. Au pied du volcan se trouvent les villes et localités touristiques de Curacautín, Cherquenco et Melipeuco. L'accès au volcan peut se faire principalement par trois routes, depuis la route panaméricaine jusqu'à Curacautín au nord-est du volcan, par Victoria ou Lautaro, depuis la route panaméricaine par Cajón jusqu'à Cherquenco à l'ouest du Llaima, et depuis Temuco jusqu'à Melipeuco, pour accéder au secteur sud du volcan. Les routes de Curacautín et Melipeuco correspondent aux routes internationales qui relient la région à l'Argentine par les cols de et Icalma, respectivement.

Topographie thumb|left|Vue des deux sommets du Llaima, entourés de fumerolles. Le volcan Llaima est l'une des montagnes les plus importantes et volumineuses du secteur sud de la Cordillère des Andes, situé entre 37º et 46º de latitude sud. Le sommet s'élève à une altitude de , avec une proéminence de . La hauteur du cône volcanique est d'environ depuis sa base, où l'altitude est de .

Le sommet du Llaima est formé d'un sommet principal et d'un sommet secondaire nommé Pichillaima, distants d'un kilomètre. D'une altitude de environ, le Pichillaima est nettement moins accentué que le sommet septentrional, le sommet principal.

Le cratère du volcan se trouve sur le sommet principal, il mesure de diamètre. Des fumerolles s'en échappent en permanence, signe que le volcan est toujours actif. Sur le sommet méridional, se trouvent les restes d'un cône de scories emboîté dans un cône plus grand encore, lesquels s'ouvrent en direction du sud-est et laissent s'échapper des fumerolles légères.

Divers glaciers couvrent les versants occidentaux et orientaux. Le plus étendu se trouve sur le versant occidental et couvre une superficie de . Sur le versant oriental, les quatre langues glaciaires présentes couvrent . Une importante couche de matériel pyroclastique a recouvert la glace, en particulier dans le secteur oriental, ce qui a empêché en partie la fonte des glaciers. En hiver (de juillet à septembre dans l'hémisphère sud), la neige recouvre les pentes du volcans dès d'altitude.

Les eaux résultant de la fonte des glaces sont drainées par quelques ruisseaux mineurs qui se jettent dans les rivières Captrén, Quepe et Trufultruful Informations générales. Les deux premières sont des affluents de la rivière Cautín et la dernière rejoint l'Allipén. Le cours du río Trufultruful est parsemé d'une série de lacs, formés par des amas de lave solidifiée, tels que le lac Verde, le lac Arcoíris et le .

Le volcan Sierra Nevada est situé à proximité du Llaima.

Histoire Histoire humaine En raison de sa hauteur de culminance, le Llaima a joué un rôle important dans l'histoire de la région de La Frontera. Selon la tradition, le célèbre guerrier Calfucurá, conquistador des pampas argentines, serait né sur les pentes du Llaima. En 1883, pendant les campagnes militaires de l'occupation de l'Araucanie, les Forces armées chiliennes installent le Fuerte Llaima à proximité du volcan, avant qu'il soit déplacé à son emplacement actuel en 1887.

La première ascension connue est réalisée par les alpinistes Carlos et Augusto Rimbach, en 1909.

Histoire volcanique thumb|upright|Principaux volcans actifs du Chili Depuis 2003, un registre des éruptions du mont Llaima est tenu ; ce dernier recense 50 épisodes éruptifs de diverses magnitudes. Lors des trois premiers siècles ayant suivi la conquête du Chili par l'empire espagnol, le volcan s'est toujours trouvé en territoire mapuche, resté indépendant. Aussi, les chroniques occidentales ne font mention que des éruptions les plus catastrophiques. Ces grandes événements, au cours desquels le Llaima est entré en éruption, parfois simultanément avec d'autres volcans de la région, sont également conservés dans la tradition orale du peuple mapuche, comme autant de désastres les ayant obligés à entreprendre des migrations.

Quatre grandes éruptions ont eu lieu pendant la période décrite : 1640 : éruption conjointe en même temps que les volcans Villarrica, Quetrupillán, Lanín et Mocho-Choshuenco ; 1750 : nouvelle éruption conjointe des cinq volcans, comme en 1640 ; 1765 : nouvelle éruption conjointe des cinq volcans ; 1790 : le Llaima entre en éruption, en même temps que le Villarrica, le Puyehue et l'Osorno.

thumb|left|La cendre volcanique s'est accumulée sur les pentes du Llaima, à la suite de ses nombreuses éruptions. À partir des premières campagnes militaires visant à occuper l'Araucanie, à la fin du , l'activité volcanique du Llaima est mieux connue. En 1864, a lieu une éruption de type « vésuvienne ». En 1876, une éruption explosive, décrite précédemment, modifie complètement la morphologie du cône volcanique. Une nouvelle éruption a lieu le , obligeant le déplacement du Fuerte Llaima à une distance de , d'après les conseils des Mapuches peuplant les lieux.

Au , de nouvelles éruptions ont lieu le et en . Lors de cette dernière, une avalanche cause la mort d'une femme qui se rendait à pied à Lonquimay. Les éruptions se succèdent en 1917, 1922, 1927, 1930 et 1937. Celle de 1937 cause la mort de deux personnes dans la localité de Santa María de Llaima. En 1941, une nouvelle éruption a lieu, suivie d'une autre importante en qui cause une avalanche dans le secteur de Cólico.

En , une éruption qui dure plus de fait un mort et cause d'importants dégâts matériels dans les localités alentour Rosa Urrutia de Hazbún et Carlos Lanza Lazcano, « Catástrofes en Chile 1541 – 1992 », cités dans Pucón Chile, Volcanes Llaima, Lonquimay y Navidad. Des torrents de lave avancent sur plusieurs kilomètres pendant les éruptions des 18 et , rendant plusieurs hectares de terre improductifs. Des événements éruptifs mineurs sont constatés en 1960, 1964, 1974, et entre le 9 et le . Entre mai et , l'augmentation de l'activité volcanique a conduit l'ONEMI à décréter une « alerte jaune » dans la zone.

thumb|Colonne de cendres du volcan Llaima, visible depuis Temuco.

Éruption de 2008 Le en fin d'après-midi, le volcan a amorcé une nouvelle phase éruptive. Les premiers signes d'activité apparaissent vers (heure locale). Les autorités ordonnent l'évacuation de , ainsi que celle des fonctionnaires de la CONAF depuis le parc national de Conguillío, alors que certains habitants des localités de Melipeuco sont déplacés en direction de Cunco. Une coulée de lave de de long se déverse sur le versant oriental, en direction de la frontière argentine. Les fumerolles qui s'échappent du cratère sont alors visibles jusqu'à de distance. Un panache volcanique de de haut s'élève au-dessus du cratère. Des cendres volcaniques parviennent jusqu'à la ville de Zapala, dans la province de Neuquén en Argentine, obligeant à suspendre des vols prévus à l'.

L'éruption varie en intensité au cours des jours qui suivent, celle-ci décroît immédiatement avant de regagner en puissance la semaine suivante. L'éruption se poursuit jusqu'à la fin du mois de février, date à laquelle plus aucune trace d'activité n'est visible. Six mois plus tard, le , le Llaima montre à nouveau des signes d'activité, l'alerte jaune est déclenchée, avant d'être portée au niveau « rouge » le lendemain, , alors même que l'activité se réduisait peu à peu.

Éruption de 2009 Pendant toute l'année 2009, le volcan montre une activité faible mais continue, marquée par plusieurs éruptions pouvant durer plusieurs heures ou plusieurs jours. Aussi, l'alerte verte - niveau 2 est maintenue par l'OVDAS. Le volcan présente des émissions de vapeurs continues résultant d'un feu de lave dans le cratère du cône principal. Durant la première semaine de , l'alerte est portée au niveau jaune par ONEMI et le SERNAGEOMIN (OVDAS), à la suite d'une secousse enregistrée fin novembre. Celle-ci est alors interprétée comme le résultat de la remontée de flux de lave, augmentant la probabilité d'une éruption dans les semaines suivantes.

Activité sismique anormale à la suite du séisme de 2010 Après le séisme de 2010, le volcan a commencé à montrer des signes d'activité sismique anormale, caractérisée par des secousses de faible intensité d'une durée de 20 minutes, l'observatoire volcanologique des Andes du Sud ainsi que l'ONEMI décrètent une alerte jaune, et prédisent une possible reprise du cycle éruptif. Le volcan Villarrica montre également des signes d'activité anormale. Le , la SERNAGEOMIN porte l'alerte jaune du niveau 3 au niveau 4, l'activité sismique augmentant en quantité et en intensité. Les spécialistes sont alors préoccupés car le cône sommital se trouve obstrué à 100 %, rendant la situation plus délicate, le risque étant que le volcan connaisse une éruption explosive d'une grande magnitude, au lieu d'une éruption strombolienne.

Fissure dans le cratère principal Fin , des bruits souterrains sont enregistrés dans les localités environnantes et l'activité sismique reprend entraînant l'apparition d'une fissure dans le cratère principal Actividad en cráter principal de volcán Llaima generó una grieta en el macizo. L'ONEMI écarte tout risque immédiat. Freddy Rivas, le directeur de l'ONEMI pour la région de l'Araucanie : En Onemi descarta emergencia tras sismos en las cercanías del volcán Llaima.

Impact culturel Dans la mythologie mapuche