Hélène Berr, née le dans le et morte en au camp de concentration de Bergen-Belsen, est une jeune Française, autrice d'un journal relatant sa vie de 1942 à 1944 et qui est publié pour la première fois en 2008.
Biographie
Ce journal raconte la vie quotidienne et les épreuves de la jeune femme, comme le port de l'étoile jaune en « Une étoile jaune pour Hélène Berr », Raphaël Sorin, 6 décembre 2007..
Famille et jeunesse Hélène Maxime Camille Berr naît le dans le ., elle est la fille de Raymond Berr (1888-1944), polytechnicien (X 1907), ingénieur du corps des Mines, vice-président de l'entreprise Kuhlmann (qui fusionnera plus tard avec Péchiney), déporté par le même convoi qu'elle, le , le « convoi »Raymond Berr, consulté le 10 décembre 2013., et d'Antoinette Rodrigues-Ély (1891-1944), également déportée dans ce convoiVoir, Klarsfeld, 1978..
Ne pouvant passer l'agrégation, qu'elle préparait à la Sorbonne, en raison des lois antisémites du régime de Vichy sur le statut des Juifs, Hélène Berr, âgée de 21 ans, se présente au siège de l'Union générale des israélites de France (UGIF), où elle est recrutée comme assistante sociale bénévole le . Trois mois plus tôt, à l'occasion d'une dédicace qu'elle obtient de Paul Valéry, elle entame ce jour-là, le , un « Journal ». Dans sa préface de l'ouvrage publié en 2008 aux éditions Tallandier, Patrick Modiano le compare au style de Katherine Mansfield. Hélène Berr est aussi la secrétaire de Denise Milhaud à l'Entraide temporaire, un groupe clandestin créé en 1941 aux côtés du Service social d’aide aux émigrants (SSAE), lequel est dirigé par Lucie ChevalleyMichel Laffitte, « L'UGIF, collaboration ou résistance ? », in Revue d'histoire de la Shoah, 2006/2, , (en ligne)..
Arrestation, déportation, mort Hélène Berr est arrêtée avec ses parents à leur domicile, au 5, avenue Élisée-Reclus. dans le de Paris, le à l'aube, détenue au camp de Drancy, puis déportée à Auschwitz avec son père et sa mère, le , jour de ses . Devant l'avance des Soviétiques, elle est évacuée d'Auschwitz le et arrive le au camp de Bergen-Belsen., où elle contracte le typhus..
Un matin, trop malade pour pouvoir se lever à l'heure de l'appel, elle est battue à mort par une gardienne, quelques jours avant la libération du camp par les troupes britanniques, le Mariette Job, son éditrice et nièce, qui apporte ces précisions, suggère cette date sans la préciser formellement..
Hommage En , l'éditeur du journal, Antoine Sabbagh, écrit à Christophe Girard, adjoint à la culture de la mairie de Paris pour lui suggérer que la ville honore la mémoire d'Hélène Berr. Après vote du Conseil de Paris, en , le nom d'Hélène Berr est donné à la bibliothèque Picpus qui devient la médiathèque Hélène-Berr.
Une plaque est dévoilée le sur l'immeuble du dans le où résidait la famille Berr et où elle est arrêtée en .
À l’occasion d’une restauration du château du Vivier, à Aubergenville dans les Yvelines, en 2016, une plaque commémorative en mémoire de la jeune écrivaine est apposée près de l’entrée..
L'un des amphithéâtres du campus de Clignancourt de Sorbonne Université à Paris porte son nom.
Le Journal
Ce journal commence le , après une visite chez Paul Valéry. Il s’achève à Drancy le . Les derniers mots, « Horror ! Horror ! Horror ! »« L'horreur ! L'horreur ! L'horreur ! » Shakespeare, Macbeth, acte II scène 3 vers 62 en Pléiade. cf. la scène sur Wikisource en français et en anglais, font écho à la pièce de Shakespeare, Macbeth, où Macduff s'exclame de façon similaire « O horror, horror, horror ! ». Mais cette dernière phrase rappelle aussi fortement le « The horror ! The horror ! » de Kurtz, à la fin du roman Au cœur des ténèbres de Joseph ConradConrad, Au cœur des ténèbres, en Folio Bilingue (l’une des nombreuses lectures d’Hélène Berr« Les Lectures d'Hélène Berr », annexe au Journal de l’édition Tallandier). Par ailleurs, Hélène Berr cite souvent le poète romantique anglais John Keats, dont elle a étudié l'œuvre.
Le Journal est constitué de 262 feuillets volants, « couverts à l'encre bleue ou noire et au crayon d'une fine écriture qui se fait de plus en plus hâtive au fil des pages ». Sa publication résulte de la volonté de Mariette Job, la nièce d’Hélène Berr et ancienne libraire, qui, connaissant ce texte par des copies circulant dans sa famille, a retrouvé le manuscrit original : selon le vœu d’Hélène, il avait été remis après la guerre à , son fiancé et futur diplomate, et était resté entre ses mains. Ce dernier a institué Mariette Job légataire du journal.
Le manuscrit du journal est déposé en 2002 au Mémorial de la Shoah. Il est publié pour la première fois en , avec une préface du romancier Patrick Modiano.
Publications Journal, d'Hélène Berr, préface de Patrick Modiano, suivi de Hélène Berr, une vie confisquée, par Mariette Job. Éditions Tallandier, . . Réédité en format de poche aux éditions Points, en (également disponible en « édition scolaire », adaptation d'Antoine Sabbagh).À partir de cette publication, sont réalisées : Version audio : adaptation d'Antoine Sabbagh du Journal lu par Elsa Zylberstein, éditions Audiolib, (2 CD audio, durée ). Version audio intégrale du Journal par Guila Clara kessous, éditions Audiolib, (, durée 8h38). Adaptation cinématographique réalisée par Jérôme Prieur, Hélène Berr, une jeune fille dans Paris occupé, film documentaire, 90 min, diffusé pour la première fois sur France 2 mardi 10/12/2013 à 22:20 et édité en DVD par Mélisande productions. Prix du meilleur documentaire décerné par l'Association française des critiques de cinéma et de télévision, 2014. Mariette Job et Karine Baranès Bénichou, Se souvenir d'Hélène Berr - Une célébration collective, Fayard, 2021. .. Mariette Job, Dans les pas d'Hélène Berr, Le Bord de l'eau, 2023. .
Émission de radio 1942, Hélène Berr, française, juive et écrivaine, épisode de l'émission Autant en emporte l'Histoire de France Inter diffusé le .
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie José Luis Arráez, « Journal de Hélène Berr: del diario externo al diario interno » in Arráez, José Luis y Amelia Peral (eds), Memoria de la Shoá: Literatura y Testimonio, Madrid, Sefarad Editores, p. 17-50.
Serge Klarsfeld, Mémorial de la déportation des Juifs de France, Beate et Serge Klarsfeld, Paris, 1978.
Liens externes
Exposition virtuelle Site internet consacré à l'exposition réalisée par Le Mémorial de la Shoah, Paris : « Hélène Berr, Une vie confisquée » Préface au Journal d'Hélène Berr par Patrick Modiano, Le Nouvel Observateur du . Notices sur Raymond Berr, père d'Hélène Berr, brève sur le site X-Résistance, plus détaillée sur le site des Annales des Mines. Par délicatesse / J'ai perdu ma vie, critique par François Quinton, nonfiction.fr, . Marchons à ses côtés, ActuaLitté, critique Discours de Mariette Job pour l'inauguration de la plaque Hélène Berr, au domicile de ses parents, 5 avenue Élisée Reclus à Paris , le .
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