Le Bouvreuil pivoine (Pyrrhula pyrrhula) est une espèce de passereaux d'Eurasie appartenant à la famille des Fringillidae.
Il vit et se nourrit en couple, à la lisière d'un bois ou d'une haie. Il disparaît rapidement si on l'approche. Visiteur régulier des petits jardins, surtout dans les régions riches en vergers, il reste très discret, à l'abri de la végétation.
Sa livrée élégante lui vaut d'être l'un des passereaux les plus populaires et il est souvent représenté sur les cartes de vœux de la nouvelle année, sur fond de paysage enneigé.
Morphologie
Mensuration vignette|Bouvreuil pivoine femelle. Le Bouvreuil pivoine mesure 14,5 à de longueur pour une envergure de et une masse de 21 à .
Plumage Le plumage de son dos est gris, les ailes et la queue sont noires ainsi que le dessus de la tête. Le croupion est blanc. Le mâle se distingue par ses joues, sa poitrine et son ventre rouge rosé. La femelle arbore une poitrine plus terne, gris-orangé ou beige.
Le plumage du jeune est similaire à celui de la femelle, à l'exception de la tête qui est dépourvue de calotte noire. Il acquiert ensuite un aspect proche de celui de la femelle, mais avec une calotte brune.
Corps Cet oiseau est pourvu d’un bec noir, court et puissant. Il possède une forte carrure. Sa silhouette toute en rondeur et son naturel très paisible lui confèrent une allure débonnaire, que confirment ses mouvements lents et mesurés et son comportement très pacifique vis-à-vis de ses congénères.
Comportement
Alimentations
Régime alimentaire thumb|left|282px|Les bouvreuils mangent des graines de frêne Le Bouvreuil pivoine se nourrit presque exclusivement de graines et de bourgeons. Il trouve principalement sa subsistance sur les arbres, dont il pioche les semences, notamment les bouleaux, charmes, aulnes, lilas communs, érables et frênes. Il se nourrit aussi des graines des résineux, dont il parvient aisément à décortiquer les cônes, et des herbes folles : armoise, orties, séneçon, pissenlit..., ainsi que de celles contenues dans les baies sauvages. Les bourgeons qu'il consomme sont en priorité ceux des arbres fruitiers.
Le Bouvreuil pivoine se nourrit souvent en couple ou en petit groupe, à la lisière d'un bois ou d'une haie. Il disparaît rapidement si on l'approche. Visiteur régulier des petits jardins, surtout dans les régions riches en vergers, il reste très discret, à l'abri de la végétation.
thumb|Bouvreuils pivoine (mâle et femelle) mangeant des graines de tournesol dans une mangeoire. En hiver, il mange les fruits secs et charnus des sureaux, églantiers, sorbiers et autres plantes ligneuses qui l'attirent dans les parcs. Avec son bec puissant, il ouvre l'enveloppe des graines et avale leur contenu. À la fin de l'hiver, lorsque les fruits se font plus rares, il se tourne vers les bourgeons des arbres à feuillage caduc.
En été, il chasse les petits insectes, essentiels pour l'alimentation des oisillons.
Acquisition de la nourriture Le Bouvreuil pivoine est un arboricole typique qui évolue dans les frondaisons des arbres et des buissons où il n’hésite pas à explorer des rameaux relativement fins pour accéder aux bourgeons. Il descend beaucoup plus rarement sur le sol pour picorer les graines. Lorsque les akènes sont logés au fond d’une corolle (pissenlit), le bouvreuil pivoine, contrairement aux Carduélinés au bec aigu qui saisissent les graines une à une, cisaille latéralement la tête de la plante pour accéder directement aux graines. Il prélève directement sa nourriture sur les branches et les rameaux en adoptant parfois des positions acrobatiques. Mais lorsque la tige des plantes herbacées est trop faible pour supporter son poids (souvent sur les orties), il exécute un vol sur place, pendant quelques secondes mais répété, tout en cueillant les graines du bec. Il lui arrive, rarement, de venir aux mangeoires.
Comportement social
Comportement territorial Le Bouvreuil pivoine est diurne et peu territorial. Il défend sa zone de nidification, mais pas son territoire.
Le comportement de formation de couples et de parade nuptiale a lieu pendant toute l'année sauf pendant la mue. Pendant la saison de reproduction, les couples et les familles restent entre eux. Ce n'est qu'à la fin de l'automne que se forment des petits groupes de dix animaux au maximum et des essaims plus importants, qui se dissolvent à nouveau entre fin février et début mars. Habituellement, la proportion de mâles correspond à celle des femelles. Cependant, certains oiseaux passent l'hiver en couple. Il s'agit principalement de vieux bouvreuils, qui préfèrent généralement rester avec leur partenaire.
Si deux partenaires de même sexe sont trouvés parmi les jeunes oiseaux en été, ils peuvent rester ensemble en automne et en hiver pour se séparer au printemps suivant.
Chant et cri Comme on le voit peu à la belle saison, il est plus facilement repérable par son chant très dépouillé, un bref sifflement, doux et mélancolique, sur une seule note.
Reproduction
Parade nuptiale Malgré un dimorphisme sexuel prononcé, la parade nuptiale n’incombe pas exclusivement au mâle. La femelle, qui semble à l’origine de la formation du couple, répond aux avances du mâle par des mouvements similaires du corps et de la queue. En parade nuptiale, le mâle gonfle la poitrine, sautille autour de la femelle et se balance lourdement tout en émettant une série de gloussements et de notes sifflées, grinçantes et flûtées de basse tonalité. La queue est latéralement orientée vers sa partenaire pendant ces démonstrations. Des mouvements de contorsion du corps et d’élévation du cou sont notés peu avant l’accouplement. Avant la construction du nid, le mâle se livre à une parade de type « offrande de brindille ». Ainsi il saisit une brindille au sol puis s’envole l’offrir à sa femelle. Cette dernière en recueille une à son tour et les deux partenaires s’envolent « brindille au bec ». Il existe aussi un « baiser des becs » suivi d’un nourrissage de parade, symbolique au début, effectif ensuite. Ces types de comportements visent assurément à stimuler l’accouplement tant chez le mâle que chez la femelle. La copulation est d’ailleurs régulièrement observée à ces moments-là.
Nidification Un peu plus tard, le mâle tente d’attirer sa partenaire vers un site potentiel de nidification par l’émission de petits cris gutturaux très spécifiques, mais la construction du nid incombe à la femelle. Elle est néanmoins accompagnée par le mâle lors de ses allées et venues. L’emplacement du nid se situe habituellement entre 0,50 et dans un jeune conifère, un genévrier, un buisson feuillu, mais aussi dans les massifs ornementaux (if, cyprès, thuya...) des parcs et des jardins. Le nid, très caractéristique, comprend une assise et une couronne de petits rameaux secs de conifères (secondairement de feuillus) et une coupe interne de fines racines et de radicelles avec un peu de poils ou de crin de mammifères (chevreuil, lièvre, cheval, lapin) à l’intérieur. Un nouveau nid est construit pour chaque ponte.
Ponte et couvaison La femelle y dépose ensuite 4 à 6 œufs bleu clair faiblement tachetés et vermiculés de brun noir sur la couronne du gros pôle. Elle couve également seule pendant 12 à 14 jours, ne s’absentant très brièvement du nid que pour aller en quête de nourriture. Là encore, le mâle la suit dans ses allées et venues. L’élevage et le nourrissage des oisillons sont assurés par les deux parents sur une durée de 14 à 16 jours au nid, puis 15 à 20 jours encore après que les jeunes ont pris leur envol. Après cela, la famille reste tout de même unie jusqu’à l’automne. À la fin juin ou au début de juillet, le couple élève une seconde couvée, parfois suivie d’une troisième.
Espérance de vie Les Bouvreuils pivoines vivant en liberté ont une durée de vie maximale de six à huit ans. Cependant, l'espérance de vie moyenne n'est que de trois ans. En captivité, ils peuvent vivre jusqu'à 17 ans.
Prédateurs L'Épervier d'Europe est le principal prédateur du Bouvreuil pivoine. Les œufs et les oisillons sont, eux, convoités principalement par le Geai des chênes, la Corneille noire, la belette, l'hermine et d'autres petits rongeurs.
Répartition et habitat
Répartition Présente presque partout en Europe, l'espèce manque dans les régions méditerranéennes, où elle hiverne toutefois, et s’étend en Asie orientale jusqu’au Japon, à travers la SibérieRépartition du Bouvreuil en Eurasie- http://www.birdlife.org/datazone/species/factsheet/22720671. centré|vignette|Aire de répartition du bouvreuil pivoine.
Habitat Le Bouvreuil pivoine fréquente surtout les milieux boisés, avec une prédilection pour les bois d'arbres à feuilles caduques, les fourrés et les bosquets. Il visite aussi régulièrement les parcs, jardins, haies et buissons et les vergers où il abonde en hiver et au printemps, attiré par les bourgeons des arbres fruitiers qu’il cisaille avec appétit. En Europe du Nord, en Sibérie et dans d'autres parties de la Russie, il préfère les forêts de conifères. Mais il ne s’écarte jamais très longtemps du couvert que lui offrent les arbres et les fourrés où il passe souvent inaperçu.
Migrations En Europe centrale, le Bouvreuil pivoine est relativement sédentaire en plaine, mais exécute des déplacements d’altitude plus ou moins réguliers en montagne notamment au printemps et à l’automne. Ces mouvements erratiques varient surtout en fonction de la disponibilité des ressources alimentaires. Il est un migrateur partiel au nord de son aire de répartition.
Les invasions de 2004 et 2005 Mais un afflux inhabituel de bouvreuils fut signalé en Europe occidentale avec une observation dès la mi- en Suède. Ces déplacements furent rapidement repérés dans les îles Britanniques, notamment en Écosse et sur la côte est de l'Angleterre. Ils atteignaient l'Islande, l'Irlande, les Pays-Bas et la France fin octobre pour se poursuivre vers le sud. La Suisse et l'Autriche, à partir de novembre, puis l'Italie (plaine du Pô), le Luxembourg et la Belgique, en décembre, signalaient à leur tour la présence de ces oiseaux. Enfin une arrivée massive et totalement inhabituelle était également signalée en Europe de l'Est, jusqu'en Roumanie. Mais, outre l’ampleur de cette irruption, ces bouvreuils se distinguaient par leurs cris à sonorité trompetante jusqu’alors inconnus des ornithologues européens. Un autre critère d’identification de ces bouvreuils « trompetteurs » ou « trompetants » a aussi été signalé. Il consiste en taches blanches situées sous les rectrices externes. Ces taches se révèlent d’autant plus troublantes qu’elles étaient jusqu’alors considérées comme caractéristiques de cassinii, seules certaines sous-espèces d’Asie orientales présentent du blanc ou du gris sur ces parties, pas celles européennes. Malheureusement, ces étranges taches claires, difficiles à repérer en milieu naturel, ne semblaient pas présentes chez tous les oiseaux trompetteurs observés.