upright=1.4|thumb|Manuscrit trouvé au Sinaï qui aurait été utilisé par les Melchites

Melchite, ou Melkite, est une appellation donnée par les Syriaques jacobites et les Coptes à ceux qui partagent les idées du concile œcuménique de Chalcédoine de 451Le concile chalcédonien est le concile œcuménique, réuni en 451 sur ordre de l'empereur Marcien. Celui-ci demanda au pape Léon de présider l'ouverture. Mais le pape envoya un représentant. Ce concile est le premier dans l'histoire à inviter le pape à sa présidence. Ce geste institué devint par la suite une condition nécessaire à la légitimité de tout concile.

Étymologie Le terme qui, via le grec μελχίτης (melchitès) et le latin melchita, vient de malka, « empereur » ou « roi » en araméen, cognat de melch ou melech ('מלך') en hébreu et malik en arabe, soulignait ainsi leur soutien aux positions christologiques de l'empereur de Constantinople (le melech gréco-romain). Considérés comme des partisans de l'Empire byzantin, ils furent regardés avec suspicion par les conquérants perses puis arabes.

Le concile chalcédonien

Il fut organisé sur ordre de l'empereur Marcien (450-457). Un grand nombre d'évêques étaient présents, venus particulièrement de l'Orient chrétien dont 17 des pays arabes. Le but de ce concile était de discuter, voire révoquer les instructions de Nestorius, rénovées par Eutychès.

Le concile a conclu à des décisions très importantes que l'empereur approuva. Alors que le pape Léon encouragea seulement les décisions dogmatiquesÀ ce sujet voir les ouvrages relatifs aux décisions du concile. 452 pères du concile approuvèrent ces décisions. Ceux qui ne rejoignirent pas ce point de vue sont les Jacobites ; ce sont eux qui appelèrent les précédents les melchites chalcédoniens. Les melchites sont donc en majorité ceux qui suivent les rites syriaques d'Antioche et ont reconnu les décisions du concile chalcédonien.

Agabios al-Manbiji al-Rumi, l'historien melchite, écrit dans son ouvrage : Et plus loin :

Selon l'historien copte Ibn al-'Amid en 1273 : Al-Rahawi dit au sujet de Jean Ibn Abdoun, patriarche des syriaques jacobites de (1004 à 1040) : , alors que Ibn al-Rāhib le copte écrit dans son histoire :

Les églises melchites

Le philosophe Yahya b'Adi disait :

L'histoire démontre que les Melchites avaient des églises propres à eux et des patriarches. Yahya b. Sa'îd b. Yahya al-Antaki dit dans son ouvrage appelé Sirat tarikh Aotikiya :

Dans un autre texte, il cite le nom d'une des églises melchites en Égypte, l'église Saint-Michel des melchitesTarikh al-Antaki, . Il parle aussi de l'existence de monastères melchites « Dair al-Qasr », monastère melchite situé sur le mont al-Muqattam, construit sur le tombeau de saint ArsèneTarikh al-Antaki, .

Durant les événements de l'année 370H/980C, al-Antaki cite le nom d'une autre église melchite au Caire : l'église de la Sainte MarieTarikh al-Antaki, .

À la venue de l’islam, le mot « melchite » parut pour la première fois dans le sermon d'Omar Ibn al-Khattab à l'attention du patriarche de Jérusalem Sophronius le Damasquin et toute la communauté melchite. Ce sermon est une promesse où l'islam s'engage à protéger les chrétiens melchites. Ce document a disparu mais les historiens de l'islam ont su conserver une petite partie de la grande histoire melchite.

Ibn Khaldoun dit :

Ibn Hazm, lui, assure que

Al-Biruni, dans al-athar al-baqiya 'an al-qurun al-khaliya, les cite : Al-Biruni... .

On arrive enfin à des chrétiens en général, et des melchites en particulier. Il dit dans mourouj al-zahab wa ma'adin al-jawhar :

Les Melchites syriens utilisaient dans leurs prières l'ancienne liturgie syriaque d'Antioche. Avec le temps et la pression de Constantinople, ils remplacèrent leur liturgie par celle de Byzance. Le centre de leur chaire patriarcale était dès les premiers siècles chrétiens à Antioche. Mais au , elle fut transférée à Damas où le patriarcat s'installa jusqu'à nos joursHabib al-Ziyat précise dans son ouvrage les grecs melchites en Islam que durant l'année 1322 eut lieu le transfert définitif de la chaire patriarcale d'Antioche à Damas. Il se base en cela sur le témoignage de al-Siqa'i, t. , .

Ils conservèrent malgré tout le titre de patriarche d'Antioche et de tout l'Orient.

Aujourd’hui les Églises melchites ont pour héritières : dans le patriarcat d’Alexandrie : l’Église grecque-orthodoxe d'Alexandrie (communion orthodoxe), dans le patriarcat d’Antioche : l'Église orthodoxe d'Antioche (communion orthodoxe) l'Église grecque-catholique melchite (catholique orientale).

Le terme « melchite » n'est plus utilisé que par l'Église grecque-catholique melchite souvent dénommée « l'Église melchite », sans citer « catholique », les orthodoxes ayant renoncé à la dénomination « melchite » depuis 1724. Toutefois, il semble probable que jusqu'à cette date ce terme n'ait pas été utilisé par les intéressés, servant plutôt de terme à leurs détracteurs pour les désigner de manière péjorative.

Notes et références Notes

Références

Articles connexes

Liens externes

Articles connexes Chronique melkite de 641

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