vignette|Ministère de la Jeunesse qui correspond aux politiques de Jeunesses ainsi que des accueils collectifs de mineurs (ACM). En France, une structure d'accueil collectif à caractère éducatif de mineurs (ACM) est un dispositif éducatif d'accueil et de garde pour les mineurs. Il est reconnu et contrôlé par l'État d'utilité publique de loisirs éducatifs dans le domaine de l'animation socioculturelle et socio-éducative. Ces structures accueillent des mineurs, durant le temps de leurs vacances scolaires ou le temps périscolaire et extrascolaires ainsi que lors des congés professionnels (familles) et de leurs loisirs, sur Légifrance. Les ACM concernent essentiellement les séjours de vacances (anciennement colonies de vacances) durant les vacances scolaires et les accueils de loisirs (anciennement centre de loisirs) extra-scolaires ou accueils périscolaires en semaines. Les ACM sont essentiellement soumis à la législation du « code de l'action sociale et familiale » et de la réglementation de la jeunesse et des sports. Les ACM sont des structures très réglementées par ailleurs.

vignette|Accueil de loisirs.

vignette|Pédagogie Montessori appliqué dans certains ACM.

Histoire des centres de vacances sanitaires et des loisirs éducatifs Des origines confessionnelles des centres à vocation sanitaire Le phénomène des centres de vacances est vieux de plus d'un siècle et trouve son origine dans le secteur confessionnel. vignette|Les repas servis dans certains ACM, notamment en accueil de loisirs enfance/jeunesse, accueil jeune, colos apprenantes et en séjour collectif sont un des temps de la vie quotidienne que les animateurs doivent encadrer. Vers le début du , les églises catholiques et protestantes ont été les premières institutions à prendre en charge et à organiser les loisirs collectifs. Elles s'adressent alors essentiellement aux enfants d'ouvriers. Le phénomène d'urbanisation rapide a entraîné l'apparition d'une classe ouvrière urbaine qui vit dans des conditions sanitaires parfois difficiles. L'objectif des institutions ecclésiastiques est alors essentiellement sanitaire et cultuel.

Ainsi en Suisse, le pasteur Hermann Walter Bion invente en 1876 le premier séjour d'enfants à la montagne qu'il nomme « colonie de vacances ». Ce pasteur, nommé dans un quartier ouvrier de Zurich, décide d'emmener les enfants d'ouvriers passer quelques jours dans le village d'où leurs parents sont originaires. Les étaient encadrés par dix adultes. Le pasteur Bion voulait pour ces enfants des conditions de vie « simples et réduites au strict nécessaire ». Les garçons dormaient sur le foin ou la paille dans des granges, les fillettes chez des paysans. Les enfants se voyaient confier des tâches ménagères, mais, surtout, ils profitaient du grand air (promenades, excursions, cueillettes de fruits et de fleurs). Ce pasteur constate à leur retour combien le grand air et l'activité physique ont été bénéfiques à la santé de ces enfants. Dans les années qui suivirent, ces séjours se multiplièrent en Suisse mais également par contagion en France, où Edmond Cottinet, le pasteur Louis Comte, vont œuvrer à permettre aux enfants des classes populaires de « partir en colonie ».

Laïcisation des séjours de vacances En se basant sur le même projet sanitaire et social, les patronages et les mouvements laïques mettent en place des centres de vacances.

L'apparition en 1866 de la Ligue française de l'enseignement marque cette volonté de structuration d'un mouvement laïque d'organisation des vacances éducatives d'enfants. Désormais le secteur des centres de vacances poursuivra la dichotomie du système scolaire et l'opposition entre le curé et l'instituteur aura ses ramifications dans l'organisation des séjours de vacances.

Le renouveau scout En 1909, le scoutisme apparaît en France : venu d'Angleterre, le mouvement initié par Baden Powell est d'abord développé en France à Nantes par le pasteur Jean-Paul Morley puis par les protestants des unions chrétiennes de jeunes gens (éclaireurs unionistes de France) et les neutres du point de vue confessionnel (éclaireurs de France) en 1911.

D'abord condamné par l'Église catholique française comme étant d'inspiration protestante et maçonnique, le scoutisme est repris en 1920 par le père Jacques Sevin, jésuite d'origine lilloise. Ce mouvement va créer une véritable révolution en introduisant une dimension ludique et éducative aux vacances des jeunes. Véritable pédagogue, le père Sevin repense la place de l'enfant dans le centre de vacances, initie de nouvelles activités par le camp scout dans la nature et participe à la création des premières formations d'encadrants.

Le développement des grands mouvements d'éducation populaire de l'entre-deux-guerres La période de l'entre-deux-guerres est celle de l'apparition et du développement des mouvements d'éducation populaire (CEMEA, UFCV).

Parallèlement, la municipalisation des colonies de vacances devient un phénomène particulièrement visible dans les banlieues socialistes et communistes. Dès lors, les centres de vacances ne sont plus à strictement parler des œuvres de charité mais deviennent une véritable institution d'éducation populaire et de loisirs toujours destinés aux enfants des classes populaires mais aussi aux enfants des classes moyennes.

Le Front populaire : la structuration nationale En 1936, le Front populaire relance la dynamique des centres de vacances avec la création du Sous-secrétariat d'État aux loisirs et aux sports dont le premier titulaire est Léo Lagrange.

La structuration des centres de vacances se mesure également avec l'organisation en 1937 du premier « centre d'entraînement pour la formation du personnel des colonies de vacances et des maisons de campagne des écoliers » par les CEMEA. Préfiguration des stages BAFA, cette formation qui se déroule au pied de la montagne Sainte-Victoire est suivie en 1938 par la première formation de directeurs.

L'après-guerre : accroissement du rôle de l'État Les comités d'entreprise instaurés au lendemain de la Seconde Guerre mondiale vont s'approprier une grande part de l'organisation des centres de vacances. Cette activité deviendra même leur activité principale. Ces comités d'entreprises procèdent alors à d'importants investissements immobiliers. Une grande partie du parc immobilier actuel des centres de vacances résulte de ces constructions.

En 1947, l'État finance les colonies de vacances à presque 90 % et crée en 1954 le premier diplôme national de moniteur et de directeur. Les mouvements d'éducation vont alors mettre en œuvre des programmes de formation. Les pratiques un peu rigides des centres de vacances (promenade, repas, promenade, repas, repos) vont s'étendre à des expériences éducatives nouvelles issues de l'éducation nouvelle.

Les années 1980 et le développement des accueils de loisirs éducatifs Les années 1980 vont voir une diminution substantielle du nombre de mineurs inscrits en centre de vacances et le développement du nombre d'inscrits en centre de loisirs. Pour de nombreux analystes, cette mutation n'est pas forcément due à un transfert mais à la naissance de besoins qui n'étaient pas encore couverts.

En effet, le centre de vacances qui depuis 1973 a officiellement perdu son appellation de « colonie » appartient au secteur du temps libre alors que le centre de loisirs est perçu comme un mode de garde de proximité. La diminution du temps de travail (passage aux 35 heures, RTT, etc.) libère du temps pour les adultes. Les classes moyennes désertent les centres de vacances au profit de vacances familiales.

Les centres de loisirs occupent une place de plus en plus importante dans le loisir éducatif « quotidien » de proximité. Les structures offrent progressivement des créneaux d'ouverture de plus en plus larges : les petites vacances scolaires d'abord puis dans un second temps les mercredis et samedis et enfin le temps avant et après l'école avec l'apparition des accueils périscolaires.

L'organisation générale L'organisateur

On nomme organisateur toute personne morale ou physique qui organise un accueil collectif de mineurs. Un organisateur peut être une association loi de 1901 (de jeunesse et d'éducation populaire), un Centre social, une MJC, une Municipalité, une maison de l'enfance, une maison de quartier, un Comité d'entreprise ou une entreprise d'animation socioculturelle et socio-éducative. Il a la responsabilité de donner tous les moyens possibles au directeur de l'ACM pour la mise en place d’un accueil de qualité et la mise en œuvre de la réglementation en vigueur.

L'organisateur produit un projet éducatif. Celui-ci explique ce que l'organisateur souhaite développer comme objectif éducatif. Les raisons pour lesquelles il a décidé d'organiser un ou des ACM doivent transparaître dans cet écrit. Le projet éducatif part de constats (par exemple : trop d'enfants ne partent pas en vacances ou, il y a un réel besoin de prise en charge des mineurs sur le territoire) et va vers des finalités (par exemple : nous voulons que vive la démocratie dans chaque étape du développement d'un mineur).

Une fois ce projet éducatif écrit, l'organisateur peut le transmettre au ministère de tutelle, le prévenir de l'ouverture probable d'un ou plusieurs accueils et recruter son ou ses directeurs.

Un organisateur n'a pas le droit de diriger un ACM, il ne peut donc pas avoir doubles casquettes d'organisateur et directeur d'ACM. Souvent les organisateurs ne sont pas diplômés dans le champ de l'animation concernant la direction.

L'organisateur doit déclarer ses ACM auprès des directions régionales et départementales de la jeunesse et des sports et de la cohésion sociale (DRDJSCS) et de la direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations (DDCSPP). Ces services sont responsables du contrôle des ACM en ce qui concerne leur mise en place et le respect de la réglementation en vigueur.

L'organisateur peut demander des subventions à la Caisse d'allocations familiales, le ministère de tutelle et/ou par les collectivités locales. Dans le cas spécifique ou l'organisateur est une association ou une mairie, l'organisateur peut recevoir une aide technique, pédagogique et/ou financière de l’État pour ses ACM. Il doit donc disposer de l’agrément jeunesse éducation populaire, celui-ci est le plus ancien qui existe, créé lors d'une ordonnance du .

La personne exerçant les fonctions de direction

vignette|256x256px|Diplôme d’État professionnel du BP JEPS Loisirs Tous Publics (LTP). vignette|BEATEP remplacé par le BPJEPS Spécialité animateur socioculturel. La personne exerçant les fonctions de direction est responsable de la communication avec l'organisateur, les familles et les partenaires, de la formation des animateurs stagiaires et la formation continue des animateurs non-stagiaires, et de la mise en œuvre du projet pédagogique en coopération avec l'équipe d'animation.

Quelques diplômes permettent de diriger un accueil collectif de mineurs : le BP JEPS : spécialité/mention : Loisirs Tous Publics (LTP) ; UCC de direction d'ACM (diplôme complémentaire pour les autres BPJEPS) ; le DEFA ; le BAFD (à partir de ) ; le BEATEP Activités Sociales et Vie Locale (ASVL) ; le BEESAPT ; le DEUST Animation ; DUT carrières sociales option animation ; le CAPES et les diplômes de l'enseignement public ; certains grades propres à la fonction publique et la fonction publique territoriale

Attention cependant, tous les diplômes ne permettent pas d'encadrer tous les ACM. Par exemple, pour diriger un accueil collectif de mineur permanent accueillant plus de pendant plus de /an, il faut être titulaire d'un diplôme professionnel figurant dans l'arrêté du et enregistré au Répertoire National des Certifications Professionnel (RNCP) (ex. : BP JEPS : Loisirs Tous Publics - LTP).

La personne exerçant les fonctions d'animation

vignette|Brevet BAFA.