Jean-Joseph Charlier dit Jambe de Bois ou encore Charlier Jambe de Bois, né le à Liège et mort à Liège le , est un tisserand, et militaire belge célèbre pour avoir rejoint les volontaires de la révolution belge de 1830 dans le corps franc liégeois et pour ses actions décisives avec son canon lors de l'épisode des Quatre Jours, autour du parc de Bruxelles.

Biographie Jean-Joseph Charlier, né le à Liège (dans le quartier Sainte-Walburge), est le fils de Mathieu Charlier et de Gertrude Navarre. Il épouse, en premières noces, Anne-Marie Henriette Victoire Winand († en 1846) avec qui il a deux fils, dont Hippolyte Alexandre, une fille et, en secondes noces, Jeanne Capel.

Avant son enrôlement dans la Grande Armée de Napoléon, il exerce le métier de tisserand. Guerres napoléoniennes En 1813, il est incorporé, comme simple soldat, au de la du de ligne et participe entre 1813 et 1814 à la campagne d'Allemagne avec la division Souham ( d'armée).

Après l'évacuation, par l'armée française, de la forteresse de Mayence le , les sources historiques secondaires deviennent moins fiables car parfois contradictoires à propos de Charlier. D'après l'historien Yves Moerman, il perd la jambe droite au cours de la bataille de WaterlooYves Moerman admet cependant que . tandis que le registre de l'état civil et militaire de l'armée du ministère de la Guerre indique dans la colonne des états de services Sa « désertion » est actée pour la date du lendemain de l'évacuation de la forteresse de Mayence par l'armée française..

Révolution belge vignette|Lithographie de Jean-Joseph Charlier parue dans L’Illustration nationale en 1880. vignette|La Jambe de Bois, lithographie de Jean-Baptiste Madou, 1830. Lors de l'insurrection de 1830 dans les Pays-Bas méridionaux, Jean-Joseph Charlier répond directement à l'appel de Charles Rogier du . Il se joint au corps franc de qui part, le Jean Stengers, , p. 185., prêter main-forte aux insurgés bruxellois après avoir été à l'origine de l'enlèvement de deux canons — Marie-Louise et Willem — abandonnés par l'armée néerlandaise dans la caserne des ÉcoliersLa caserne des Écoliers est l'actuelle école supérieure des arts Saint-Luc en Outremeuse. La colonne des Liégeois parvient à Bruxelles le et s'empare des armes entreposées dans l'hôtel de ville. Le 12, Jean-Joseph, treize de ses camarades, Marie-Louise et Willem sont incorporés dans l'artillerie des révolutionnaires, sous le commandement d'Herman Kessels et d'Anne François Mellinet.

Le , les troupes néerlandaises attaquent Bruxelles entrent dans la ville par la rue de Flandre et sont définitivement arrêtées dans le parc de Bruxelles par la barricade installée entre la place de Lorraine et le parc. C'est sur cette barricade que Jean-Joseph et Willem ont pris position. Bien que n'étant pas artilleur, son rôle dans la future victoire est prépondérant ; déplaçant Willem à plusieurs reprises, il tire tantôt vers le parc, tantôt vers la place de Lorraine par laquelle les Néerlandais tentent de prendre la barricade à revers. Les combats durent du 23 à la nuit du pendant laquelle l'armée néerlandaise, profitant de l'obscurité évacue le parc et la ville laissant derrière elle , et .

Rentré à Liège, il est nommé, par décret du Gouvernement provisoire capitaine d'artillerie en retraite en .

Bien qu'à la retraite, il aide le lieutenant général Nicolas Joseph Daine à établir la défense de Liège dans le secteur du plateau d'Ans lors de la campagne des Dix-Jours de 1831.

Polémique post mortem Lorsqu'en 1878, l'église Sainte-Walburge est reconstruite, le cimetière qui l’entourait depuis le début du est déménagé au nouveau cimetière de Sainte-Walburge. Cependant, la tombe de la famille Charlier n'est pas transférée malgré les protestations de la famille qui réclame une nouvelle sépulture pour le valeureux canonnier à la jambe de bois. est la réponse des officiels communaux à cette requête.

Hommages et distinctions Chanson Son action décisive lors des journées de septembre inspire un chansonnier dont l'histoire n'a pas retenu le nom : Il meurt, quelques jours avant son , le dans sa maison du de la rue Sainte-Walburge à Liège mais n'est déclaré comme tel que le à l'administration communale.

Souvenir vignette|Plaque commémorative sur la façade de l’ancienne maison de Jean-Joseph Charlier, rue Pierreuse n°126 à Liège. vignette|Rue Jambe-de-bois, à Liège. Une pancarte commémorative fut apposée sur la façade de son ancienne demeure située à Liège, rue Pierreuse 126, par la société royale « les r'jettons di 1830 » le . La rue Jambe de Bois dans le quartier Sainte-Walburge à Liège perpétue sa mémoire. Son pilon et ses décorations sont conservés au musée de la vie wallonne. Le décret du Gouvernement provisoire signé Rogier, Gendebien et Jolly nommant Charlier au grade de capitaine d'artillerie en retraite est conservé au musée royal de l'armée et de l'histoire militaire.

Distinctions Les distinctions suivantes lui ont été attribuées : Chevalier de l'ordre de Léopold (Belgique) ; Croix de fer (Belgique) ; .

Notes et références Notes

Références

Voir aussi

Bibliographie

Jean Stengers, « La Révolution de 1830 », dans Anne Morelli (dir.), Les Grands Mythes de l'histoire de Belgique, de Flandre et de Wallonie, Bruxelles, Éditions Vie ouvrière, 1995, ,

Articles connexes Révolution belge Campagne des Dix-Jours Corps franc liégeois de 1830 Quatre Jours de Bruxelles

Liens externes

Jean Joseph Charlier, médaillé de Sainte Hélène Jean-Joseph Charlier site du C.L.H.A.M.

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