Une variante du jeu d’échecs est un jeu dérivé ou voisin du jeu d'échecs traditionnel, dont il diffère en apportant de nouveaux éléments (pièces, règles, taille/forme de l’échiquier).
Toutes les variantes d’échecs, et ceci inclut le jeu d’échecs classique lui-même, sont des variantes d’une certaine forme de jeu. Certaines catégories, sont des variantes historiques (Chaturanga, Shatranj) ou des variantes régionales (Makruk, Sittuyin, Janggi). Le (ou échecs chinois) et le (échecs japonais) sont des variantes largement jouées, et qui se sont historiquement développées en même temps que les échecs poursuivaient leur évolution en Europe vers le jeu moderne tel qu'il est aujourd'hui
Histoire des variantes L'histoire des variantes d'échecs est pratiquement aussi ancienne que l'histoire du jeu d'échecs standard lui-même. En effet, les premiers traités techniques connus, écrits par les premiers maîtres à la cour abbasside de Bagdad au , faisaient déjà état de variantes. Plus de détails sont donnés dans Les Prairies d'or de l'historien al-Ma'sudi paru en 947. Il cite des échecs "complets" (at-tamma) sur un échiquier décimal de 10x10 cases, des échecs oblongs (al-mustatila) sur 4x16 cases, des échecs "circulaires" (al-muddawara), des échecs "astronomiques" (al-falakiya) et quelques autres moins documentés.
Cette dynamique de création de nouveaux jeux ne s'est jamais arrêtée. Le Moyen Âge a vu la naissance d'autres grandes variantes qui connurent un certain succès, au moins une certaine célébrité qui a attiré l'attention des amateurs jusqu'à aujourd'hui. Par exemple, le « Chaturaji » à quatre joueurs de l'Inde, les échecs de Tamerlan sur un plateau de 11x10 cases, le (sur 12x12 cases) et les échecs "des Quatre Saisons" pour quatre joueurs du roi Alphonse X de Castille, les échecs "Courrier" sur 12x8 cases peints par Van Leyden (vers 1508) et bien d'autres.
Une revue de l’histoire du jeu permet d’identifier plusieurs termes qui ont été utilisés pour décrire les variantes d’échecs. Le terme le plus ancien, parle de « variété d’échecs » ( en anglais), ou de pluralité des variétés des jeux d’échecs ( en anglais). Ce terme a été retrouvé dans plusieurs publications, entre la fin du et jusqu’à la fin de l’année 1977.
Forbes, Duncan. . (1860) Verney, George Hope. . (1885) Falkener, Edward. . (1892) Murray, H. J. R. . (1913) Murray, H. J. R. . (1917) Dickins, Anthony. . (1971, ) Golombeck, Harry. . (1977)
Murray dans son livre « » avait utilisé le terme « jeu d’échecs » pour décrire une variété de jeux plus large que le jeu d’échecs moderne tel qu’on le connait de nos jours. Il remontait à l’histoire du jeu, en mentionnant le Chaturanga du temps de l’ancienne Inde, et en listant plusieurs jeux qui ont essayé de modifier certaines règles, la mobilité des pièces Ainsi, le jeu d’échecs n’est pas une forme particulière du jeu avec un équipement et des règles de jeu uniques. Il s’agit d’une famille ou classe de jeux, partageant des caractéristiques communes et essentielles. Cette famille ou classe de jeu peut se décliner en différentes variantes.
Un autre terme utilisé lui aussi au début du pour décrire les variantes d’échecs est le terme : Échecs féeriques. En 1918, T.R. Dawson, fut le premier à avoir utilisé ce terme dans une publication (sur suggestion de de Melbourne). Cette idée avait servi essentiellement à la construction de problèmes d’échecs incluant de nouvelles pièces ou utilisant des règles différentes. Ainsi, les échecs féériques ont utilisé les échecs classiques comme point de départ, en y apportant des modifications.
Joseph Boyer utilisa lui le terme d'échecs non orthodoxes dans ses livrets publiés à compte d'auteur en 1951 (Les Jeux d'échecs non-orthodoxes) et 1954 (Nouveaux Jeux d'échecs non-orthodoxes). Ces ouvrages à diffusion restreintes ont énormément influencé les générations ultérieures à commencer par Vernon Rylands Parton qui correspondait avec Joseph Boyer.
Les échecs hétérodoxes représentent une alternative sémantique à échecs féériques. Ce terme est plus récent et a été utilisé par le groupe AISE : . une association italienne où on joue aux variantes d’échecs par correspondance. La traduction du nom de ce groupe est : Association Italienne des Échecs Hétérodoxes. Le terme hétérodoxe est l’opposé du terme orthodoxe, rendant cette dénomination problématique car une majorité des jeux décrits partagent beaucoup de similitudes avec le jeu d’échecs moderne.
Un inventeur prolifique comme Vernon Rylands Parton commença à utiliser l’expression Variétés du jeu d’échecs et ce terme va devenir la référence. Il l’a utilisé pour la première en 1961 dans sa publication dans Curiouser & CuriouserCuriouser & Curiouser.
John Gollon introduisit un autre terme : Variantes du jeu d’échecs, utilisé pour la première fois dans son livre , publié en 1968. Le terme n’a pas eu beaucoup de succès, car les joueurs d’échecs utilisent le terme variante pour décrire une variante dans l’ouverture du jeu d’échecs : ouverture sicilienne, variante dragon. Ce terme a été ensuite repris par plusieurs personnes, dont Parton qui la définitivement adopté au terme de la publication de son livret « » : il avait écrit ces lignes, traduites de l'anglais : « l’idée d’une ligne de pions avancée est retrouvée dans plusieurs variantes d’échecs, comme »
D'autres sociétés, groupes ou auteurs, ont renforcé l'utilisation de ce terme. Les plus influents étaient : l'association NOST (), une association mondiale essentiellement active aux États-Unis, et qui se spécialise dans le l'organisation de matchs, tournois, championnats de variantes d'échecs par correspondance. Au cours des , d'innombrables publications pérennisent l'utilisation de ce terme Variantes d'échecs : magazine « », édité par George Jellis, , et plus spécifiquement l’excellent travail publié par D. B. Pritchard dans son encyclopédie : « ».
Les variantes d'échecs ont bénéficié de regain de popularité grâce à l'Internet et notamment le site spécialisé www.chessvariants.com www.chessvariants.com, fondé en 1997 par Hans Bodlaender. L'auteur français Jean-Louis Cazaux leur a consacré plusieurs ouvrages récents.
De toutes les façons, le domaine des variantes du jeu d'échecs (parties) et le domaine des échecs féeriques (problèmes) interagissent fortement et ont en particulier en commun un certain nombre de conditions féeriques et de pièces féeriques. Ce qui est vraiment propre aux problèmes féeriques, ce sont les énoncés féeriques, et ce qui est vraiment propre aux parties féeriques, ce sont les modifications de la position et/ou du matériel initial.
Les variantes nationales du jeu d'échecs plus anciennes que les échecs occidentaux, comme le chaturanga, le chatrang, le et le , sont habituellement également appelées variantes du jeu d'échecs en occident. Elles ont de fortes similitudes avec le jeu d'échecs et partagent un ancêtre commun.
On peut même considérer que les échecs occidentaux modernes étaient au départ une variante ! En effet, si l'origine des échecs reste obscure et controversée, on sait que ce jeu fut transmis au par les Persans aux Arabes, qui le transmirent à leur tour aux Européens chrétiens vers le . Ce jeu, le "shatranj", resta quasiment non modifié jusqu'à ce que quelques intellectuels de Valence en Espagne conviennent de donner plus d'amplitude aux mouvements de la Dame et du Fou vers 1475, révolutionnant ainsi le jeu. Cette fut rapidement adoptée partout et supplanta le jeu médiéval standard en quelques décennies.
Même si certaines variantes sont à cheval sur plusieurs catégories, on peut classer les variantes obtenues à partir du jeu d'échecs occidental dans les principales catégories suivantes : modifications des règles du jeu (utilisation de conditions féeriques) ; modifications liées à l'échiquier ; modifications liées au matériel utilisé (utilisation de pièces féeriques) ; modifications liées à la position de départ.
Exemples de variantes du jeu d'échecs traditionnel Utilisation de conditions féeriques
Une condition féerique est une modification des règles du jeu d'échecs qui s'applique à l'ensemble ou à un sous-ensemble des pièces présentes.
On peut considérer qu'une variante du jeu d'échecs utilise une condition féerique, lorsqu'au départ de la partie rien n'indique que c'est une partie féerique qui va être jouée.
Toutes les conditions féeriques ne sont pas utilisées pour obtenir des variantes du jeu d'échecs, la majorité n'est utilisée que dans le domaine des échecs féeriques, c'est-à-dire dans des problèmes d'échecs.
Modifications liées à l'échiquier
Remarque : les échecs cylindriques et les sont considérés comme des conditions féeriques, car il s'agit de modifications des règles de déplacement liées à une représentation abstraite de l'échiquier, mais qui se jouent en fait sur un échiquier ordinaire. les échecs circulaires ; les échecs cubiques ou échecs à trois dimensions ; les échecs hexagonaux qui nécessitent une légère adaptation du nombre de pièces utilisées ; les échecs d'Alice (inventés par V.R.Parton) qui se jouent sur deux échiquiers, mais qui peuvent être considérés comme une condition féerique, car on peut matérialiser cette condition en ne jouant que sur un seul échiquier ; les échecs forteresse. les échecs rollerball.
Modifications liées au matériel utilisé Remarque : les échecs janus et les échecs Capablanca nécessitent un échiquier 10 × 8, mais cette modification de l'échiquier est directement liée à la pièce ajoutée. Les échecs Janus : deux exemplaires d'une pièce supplémentaire nommée le « janus », qui combine les mouvements du cavalier et du fou, placés sur deux colonnes supplémentaires de l'échiquier ; les échecs Capablanca ; les échecs Mousquetaire., se joue avec un échiquier classique 8x8 et avec un jeu de pièces classiques. Cependant, deux nouvelles pièces sont rajoutées. Le choix de ces nouvelles pièces se fait parmi un large éventail de dix pièces, qui sont comme suit : , Canon, Archevêque (), Chancelier (), Éléphant (), Faucon (), Forteresse (), Licorne (), Araignée (), Dragon (ou Amazone) ; les : deux nouvelles pièces féériques sont rajoutées à un échiquier classique et à un jeu de pièces classiques. Ces pièces sont l’Éléphant () et le Faucon ()Échecs Seirawan ou aussi nommé parfois Échecs SHarper. Variante inventée par le Grand maître d'échecs Yasser Seirawan et Bruce Harper. ; de façon générale toute pièce féerique ou ensemble de pièces féeriques peut être utilisée pour créer une variante de jeu d'échecs, mais les pièces féeriques sont surtout utilisées dans les échecs féeriques.
Modifications liées à la position de départ Les échecs aléatoires Fischer : la position de départ des pièces sur les première et huitième rangées est aléatoire. Les échecs transcendentaux. Les échecs aléatoires Capablanca.
Modifications liées à l'ordre des coups Les échecs marseillais : chaque joueur joue légaux de suite. Les échecs à 2 coups : idem, mais les deux coups forment une unité : possibilité de rester en échec après le premier coup. Le but est de prendre le roi adverse. Les échecs 007 : on joue : un pour-soi, un à la place de l'adversaire, et encore un pour-soi. Les échecs à mouvements simultanés : les adversaires choisissent secrètement leurs coups et ceux ci sont révélés et résolus en même temps. Cela supprime l'avantage du premier mouvement et donne les mêmes chances à noir et à blanc. Une pièce ne peut pas être déplacée deux tours de suite, et deux pièces qui se déplacent sur la même ligne mais en direction opposée sont toutes les deux capturées si elles se croisent ou finissent sur la même case. Le jeu fini lorsque l'un des rois est capturé. Les échecs progressifs : le nombre de coups de chaque joueur augmente progressivement. Les blancs jouent un coup, puis les noirs en jouent deux, puis les blancs en jouent trois Il n'est possible de mettre le roi en échec qu'au dernier coup joué.
Modifications hybrides