thumb|Le siège de la Banque du Canada, à Ottawa. La Banque du Canada () est la banque centrale du Canada. Elle est mise en place et régulée par la Loi sur la Banque du CanadaLoi sur la Banque du Canada - L.R.C., 1985, ch. B-2.. Ses responsabilités sont liées à certains objectifs, tels que :

garder un taux d'inflation bas et stable (elle tente de garder un taux d'inflation de 2 %, soit la médiane entre 1 % et 3 % de ce qui est appelé la fourchette cible) ; conserver une monnaie sûre ; conserver une stabilité financière ; gérer les fonds de l'État canadien et de sa dette publique ; mettre en œuvre une politique monétaire de façon à préserver la confiance du marché en la valeur de la monnaie canadienne ; concevoir et distribuer les billets de banque canadiens ; prendre en charge les comptes qui ne sont pas réclamés et dont les propriétaires demeurent introuvables pendant plus de 10 ans ; contrôler le taux directeur (ou le taux cible du financement à un jour, anciennement le taux officiel d'escompte) ; gérer les réserves de change ; émettre les bons d'épargne du Canada.

La Banque du Canada a le mandat de communiquer ses objectifs et de rendre compte de ses actes au gouvernement du Canada et à la population canadienne. Son siège social est situé à Ottawa. Depuis le , Tiff Macklem est le gouverneur de la banque.

Histoire

alt=History of the Bank of Canada's target overnight rate and Canada prime rates|left|thumb|409x409px|Historique du taux cible au jour le jour et des taux d'intérêt préférentiel du Canada La Banque du Canada a commencé ses activités en mars 1935. Il y a eu un long processus au début du pour créer une banque centrale. En 1913, William Findlay Maclean suggéra la création d'une banque centrale qui serait privée et qui du même coup serait administrée par le gouvernement. La proposition fut rejetée. Ce dernier gagna de la notoriété en défendant durant 34 ans, en simple député, des causes radicales; une monnaie nationale, la régie publique des chemins de fer, de l’hydroélectricité et des réseaux téléphoniques. Dans le contexte de l'époque, le Canada était un pays plutôt rural et la population était très dispersée. On ne voyait pas la pertinence de créer une banque centrale. À l'opposé des américains, le système financier canadien fut influencé par le modèle britannique qui préconisait une limitation d'institutions bancaires. « La mise en place d'un régime de banques à succursales était la solution logique pour répondre aux besoins d'une population disséminée dans de petits villages sur un immense territoire »La Banque du Canada, son histoire - Banque du Canada (consulté le 27 juin 2006).. Ce système a fonctionné assez bien pendant près d'un siècle, chaque succursale émettant des billets. Les banques les plus importantes étaient également capables d'administrer les comptes bancaires du gouvernement. La crise économique de 1929 changea les données.

Cette crise fut un tournant décisif dans l'élaboration d'une banque centrale. Le premier ministre Richard Bedford Bennett fut stupéfait de remarquer qu'il était difficile pour le Canada de régler les comptes internationaux avec cette multitude de petites banques qui gèrent chacun une partie des comptes du gouvernement. Il voulut trouver un moyen plus direct pour régler ce problème. En 1933, il nomma une commission royale pour enquêter sur le système financier canadien dans ses moindres détails. Une semaine après le dépôt du rapport final, il annonça son intention de créer une banque centrale. « En fait, une annexe du rapport de la Commission Macmillan, intitulée Suggestions quant à certains des principaux aspects de la constitution d'une banque centrale au Canada, servit de canevas pour la rédaction de la Loi sur la Banque du Canada, qui reçut la sanction royale le . Fondée sous la forme d'une société privée dont les actions étaient vendues au public, la Banque du Canada ouvrit ses portes en ».

Depuis 1938, la Banque du Canada est une institution publique. Elle s'est vu confier des fonctions exercées par d'autres organismes et de nouvelles fonctions : émission de billets, les bureaux de receveur général devenaient des agences de la Banque du Canada, département de recherches sur l'évolution financière et sur la conjoncture économique du Canada et de l'extérieur, services de changes et de valeurs, service de dette publique. La Loi sur la Banque du Canada a souvent changé depuis 1934, mais la raison d'être de la banque n'a jamais changé : « réglementer le crédit et la monnaie dans l'intérêt de la vie économique de la nation ».

À la fin de 2018, la Banque du Canada avait haussé ses taux à 1,75% contre un creux de 0,5% en en réponse à une croissance économique robuste. Les taux sont restés à 1,75% pour la durée de 2019 mais ont été rapidement abaissés à 0,25% en en réponse aux conditions économiques causées par la pandémie de COVID-19.

En , après des années d'études, la Banque étudie la possibilité d'émettre une cryptomonnaie. Des craintes ont toutefois été émises par des spécialistes du ministère des Finances du Canada, notamment en ce qui a trait aux opérations de la BdC, l'économie canadienne et le système financier canadiens. La BdC prévoit proposer l'émission d'une telle monnaie si le quantité de monnaie papier en circulation diminue sous un certain seuil ou encore si les cryptomonnaies privées occupent une place prépondérante dans les transactions électroniques au Canada. Peu importe la décision de la BdC, seul le gouvernement peut autoriser l'usage d'une cryptomonnaie issue de la banque.

En , le gouverneur de la banque, Tiff Macklem, annonce une hausse du taux directeur de 0,5 %, la de la BdC. Ce relèvement est effectué en vue de réduire le taux d'inflation au Canada, qui se situe à plus de 5 % en avril et pourrait atteindre 6 % en 2022. En , la banque relève le taux directeur à 3,25 % dans le but de réduire l'inflation qui a dépassé 7 % en juin et . depuis . Trois facteurs principaux influencent le taux d'inflation au Canada : coûts des matières premières, coûts des services et guerre russo-ukrainienne. Par ailleurs, la banque prévoit que le taux d'inflation sera élevé pendant quelques mois et anticipe devoir augmenter encore plus le taux directeur. En , la BdC réitère son objectif de ramener le taux d'inflation du Canada à 2 %. Lors d'un discours, l'un de ses dirigeants a affirmé que les banques centrales de plusieurs pays auraient dû faire preuve de moins d'optimisme lorsqu'elles ont appliqué (à la suite de la pandémie de Covid-19) dans le but de mieux contrôler les taux d'inflation de leur pays respectif.

En , après sept baisses consécutives du taux depuis , le gouverneur Tiff Macklem annonce que la BdC maintient le taux directeur à 2,75 %, à la fois parce que le Canada est engagé dans une guerre commerciale avec les États-Unis qui perturbe les échanges commerciaux entre les deux pays et laisse craindre une augmentation du taux d'inflation.

Interaction avec acteurs

La Banque du Canada relève du ministère des Finances, mais possède une certaine indépendance vis-à-vis le gouvernement. Pour ce qui est des interactions avec d'autres acteurs, elle est le banquier des banques à charte. Elle émet de l'argent et s'assure que ces banques ont suffisamment de liquidités pour assurer les paiements. Elle est aussi et surtout agent et conseiller du gouvernement fédéral canadien. « La Banque gère les comptes du receveur général dans lesquels circulent presque tous les paiements et recettes du gouvernement. La Banque veille à ce que les comptes soient suffisamment approvisionnés pour que l'État puisse honorer ses obligations quotidiennes, et elle place les montants excédentaires dans des dépôts à terme. »Ce que nous faisons - Banque du Canada (consulté le 27 juin 2006)..

Elle supervise également le système financier canadien selon les pouvoirs décrits dans la Loi des banques. La Banque du Canada peut avoir des liens avec d'autres gouvernements partout dans le monde, elle peut acheter et vendre des devises étrangères, elle peut également « acheter et vendre des droits de tirage spéciaux du Fonds monétaire international »Loi sur la Banque du Canada, op. cit., article 18 alinéa f..

Elle consent des prêts à des institutions qui sont membres de l'Association canadienne des paiements. Elle prête pour le gouvernement canadien ou pour une province « à condition que, d'une part, le montant non remboursé des prêts ne dépasse, à aucun moment, une certaine fraction des recettes estimatives du gouvernement en cause pour l'exercice en cours — un tiers dans le cas du Canada, un quart dans celui d'une province — et que, d'autre part, les prêts soient remboursés avant la fin du premier trimestre de l'exercice suivant »Loi sur la Banque du Canada, op. cit., article 18 alinéa j..

La Banque du Canada accepte les dépôts du gouvernement canadien et verse les intérêts qui lui sont dus. Ces dépôts peuvent être également faits par une banque locale ou étrangère si elle est autorisée à le faire. Elle peut aussi accepter des dépôts des sociétés ou d'un organisme d'État fédéral. Elle peut également ouvrir des comptes à l'extérieur du pays, soit dans une autre banque centrale, soit dans un organisme international comme le Fonds monétaire international, la Banque des règlements internationaux, la Banque internationale pour la reconstruction et le développement, etc. Enfin, la Banque peut « acquérir, louer et détenir des immeubles ou biens réels, et en disposer »Loi sur la Banque du Canada, op. cit., article 18 alinéa n..

Perspective

La Banque du Canada a été créée pour réguler l'économie canadienne. Le rôle de cette banque sur le plan national est important : elle veut en premier lieu promouvoir le bien-être économique des citoyens canadiens. Elle établit une politique monétaire pour assurer la confiance des Canadiens. Mais la Banque du Canada est surtout l'agent financier du gouvernement fédéral. « La Banque fournit des conseils stratégiques à l'État pour assurer une gestion efficiente de la dette, et elle vend les titres dans le cadre d'adjudications à des distributeurs et à des courtiers du marché financier. »Ce que nous faisons - Site officiel (consulté le 27 juin 2006)..

Sur le plan international La Banque du Canada est semblable à toute autre banque centrale (États-Unis, Banque centrale européenne), mais elle ne joue pas un rôle aussi grand que sur le plan national. Elle peut s'impliquer dans des organismes internationaux soit en achetant des valeurs ou des titres sur d'autres marchés, soit en acceptant des dépôts de banques extérieures. La Banque du Canada s'adresse surtout au gouvernement et aux banques à chartes qui les assurent d'avoir une certaine liquidité. La banque fournit également des conseils au sujet de la dette.

Politiques et activités La politique monétaire de la Banque du Canada consiste à faire en sorte que la monnaie remplisse adéquatement son rôle, qui est essentiel au bon fonctionnement de l'économie canadienne. C'est pourquoi elle s'emploie, par les mesures de politique monétaire qu'elle prend, à protéger la valeur de la monnaie canadienne en gardant un taux d'inflation bas et stable. Les cibles de maîtrise de l'inflation que la Banque du Canada et le gouvernement fédéral canadien ont établies pour le Canada constituent l'élément central de la politique monétaire. L'objectif est de maintenir l'inflation mesurée par l'indice des prix à la consommation (IPC) dans une fourchette qui va de 1 à 3 %.