Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne…, ou plus simplement Demain, dès l’aube…, est l’un des plus célèbres poèmes de Victor Hugo, écrit en et publié en dans le recueil Les Contemplations.

Composé de trois quatrains d’alexandrins en rimes croisées, ce court poème n’a pas de titre, si bien qu’on le désigne traditionnellement par son incipit, c’est-à-dire les premiers mots qui le composent. Il constitue le de , livre quatrième des Contemplations, dont il ouvre la deuxième partie intitulée Aujourd’hui .

Comme tous les autres poèmes de , dont le titre peut se traduire par « Quelques [vers] pour la mienne », Demain dès l’aube est écrit en mémoire de sa fille Léopoldine Hugo, qui s'est noyée accidentellement dans la Seine quatre ans auparavant.

Poème

Analyse

Le poème est écrit comme le discours d’un narrateur qui tutoie un interlocuteur restant inconnu, pour lui raconter, à la première personne et au futur, de quelle manière il va partir le lendemain dès l’aube et ce, sans jamais se laisser distraire par son environnement, marcher à travers la campagne pour le rejoindre. De manière inattendue, ce voyage s’avère finalement plus tragique qu’on aurait pu l’imaginer, puisque la fin du poème révèle que cette personne chère, à laquelle le narrateur s’adresse et qu’il part retrouver, est en fait morte, et qu’il se rend dans un cimetière pour fleurir sa tombe.

À la lumière des événements qui ont marqué la vie de l’auteur, on comprend que ce poème est autobiographique et que Victor Hugo s'adresse à sa fille Léopoldine, disparue quatre ans plus tôt, et dont il commémore la mort dans un pèlerinage annuel entre Le Havre et Villequier, le village de Normandie où elle s’est noyée accidentellement avec son mari Charles Vacquerie, et où elle est enterrée. Victor Hugo allait sur sa tombe tous les jeudis.

La date réelle d’écriture est le , mais Victor Hugo l’a modifiée en « », veille de l’anniversaire de la mort de sa fille. est en effet une reconstruction artificielle qui commence par l’évocation de souvenirs attendris de l’enfance de Léopoldine, se poursuit par l’abattement devant la mort et se termine par une consolation religieuse avec les figures positives qui achèvent les derniers poèmes de la partie : Mors () et Charles Vacquerie ().

Précisions supplémentaires vignette|Tombe de Léopoldine Hugo et de son mari, Charles Vacquerie. Vers 2 : Victor Hugo n’accepte pas la mort de sa fille et s’adresse à elle comme si elle était encore vivante : dix ans plus tard, en exil à Jersey, il sera initié au spiritisme par madame de Girardin (cf. Tables tournantes de Jersey de V. Hugo) et sa première communication supposée avec les morts sera un dialogue avec un esprit féminin qu’il croira être Léopoldine.).

Vers 3 : Victor Hugo était un grand marcheur. S’il descendait à la gare d’Yvetot, il pouvait certes jusqu’à Villequier (environ ) traverser la forêt du Trait-Maulévrier, mais il ne pouvait trouver nulle montagne sur le plateau cauchois… Les mots « forêt » et « montagne » ont sans doute ici la valeur symbolique d’obstacles qu’il est prêt à franchir pour revoir sa fille.

Vers 10 : triste rappel du drame : le canot mal lesté où siégeaient Léopoldine, son mari Charles et les deux autres passagers était doté de deux voiles auriques que venait de hisser Charles. Un brusque coup de vent le renversaLe Siècle, ..

Vers 11 et 12 : Léopoldine et Charles sont enterrés au cimetière de Villequier dans la même tombe, encore ornée de nos jours de .

Adaptations et utilisations En , le chanteur français Henri Tachan met en musique ce poème et l’interprète dans un album sans titre... De même en , le chanteur français Pierre Perret reprend cette version dans son album La bête est revenue ; comme pour Victor Hugo, ce pourrait être un hommage à sa propre fille, morte dans un accident en .. Il existe un très grand nombre d'autres adaptations, par Andrea Lindsay, Pierre Bensusan, Marc Robine, Les Sales Majestés, Les Kitchs, Wolvennest, Élie Semoun, les Frangines, Anne Sila, François Léveillée

Ce poème a été lu lors de l'hommage national du aux victimes de l'attentat de la basilique Notre-Dame de Nice, section ..

Notes et références

Annexes Source primaire Les Contemplations, édition établie et annotée par Pierre Albouy, NRF, (Bibliothèque de la Pléiade). Nouvelle édition : Œuvres poétiques, 2 : Les Châtiments, Les Contemplations, Gallimard, .

Bibliographie

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Liens externes

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