María Jesús San Segundo Gómez de Cadiñanos () est une universitaire et femme politique espagnole née le à Medina del Campo (province de Valladolid) et morte le à Madrid.
Après des diplômes en économie obtenus en Espagne et aux États-Unis, elle participe à la fondation de l'université Charles-III de Madrid, où elle devient une spécialiste en économie de l'éducation. Elle est vice-rectrice de l'établissement entre et , et s'engage sur le sujet du financement du système d'enseignement supérieur. En , elle est élue par le Congrès des députés membre du conseil de coordination universitaire, sur proposition du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE).
Elle intègre en le comité consultatif mis en place par le secrétaire général du PSOE José Luis Rodríguez Zapatero pour sa campagne des élections législatives et sénatoriales mais refuse d'occuper la deuxième place de sa liste dans la circonscription de Madrid. À la suite du scrutin, elle est nommée en ministre de l'Éducation et de la Science.
À ce poste, elle promeut une importante réforme du système éducatif, marquée par une opposition du Parti populaire (PP), de l'Église catholique et d'une partie des parents d'élèves, ces derniers organisant une manifestation géante à Madrid pour marquer leur rejet du projet de loi. Le texte est finalement adopté en avec le soutien des socialistes et des partis nationalistes, après des négociations menées principalement par le chef de file du PSOE au Congrès, Alfredo Pérez Rubalcaba.
Elle est remerciée du gouvernement au lendemain de l'adoption de la loi sur l'éducation, victime de son manque de présence dans les médias et de ses difficultés à mener à bien ses projets. Elle cède sa place à Mercedes Cabrera et devient en ambassadrice auprès de l'Unesco. Elle préside trois ans plus tard la du comité du patrimoine mondial à Séville.
Relevée de ses fonctions diplomatiques en , elle meurt un mois plus tard, à . Elle est décorée à titre posthume de l'ordre d'Alphonse X le Sage par le ministre de l'Éducation d'alors, Ángel Gabilondo.
Études universitaires María Jesús San Segundo Gómez de Cadiñanos. naît le à Medina del Campo, dans la province de Valladolid, en Espagne.. Elle a une sœur, prénommée Elena, et grandit à Burgos jusqu'à ses .. Elle est célibataire et sans enfant..
Elle obtient une licence en sciences économiques à l'université du Pays basque (UPV) en , recevant le prix national de fin d'études. Bénéficiant d'une bourse d'études, elle réussit deux ans plus tard un master en économie à l'université de Princeton..
Elle y passe avec succès en un doctorat en économie, après avoir soutenu avec succès sa thèse, intitulée , ayant pu bénéficier entre et d'une bourse du centre de formation de la Banque d'Espagne... Elle est la première Espagnole à recevoir un tel diplôme à Princeton..
Carrière académique vignette|alt=Logo d'une université en bleu foncé sur fond blanc. Sur trois lignes occupant les deux tiers droit de l'image, les mentions « Universidad », « Charles-III de Madrid » et « www.uc3m.es » sont visibles.|Logo de l'université Charles-III de Madrid. María Jesús San Segundo revient en Espagne en et devient professeure titulaire d'économie, d'abord à l'université du Pays basque, puis au sein de l'université Charles-III de Madrid (UC3M) à compter de . Elle participe ainsi à la mise en service de ce tout nouvel établissement d'enseignement supérieur, créant l'un des tout premiers masters spécialisés en économie de l'éducation du pays.
Elle est désignée en vice-rectrice de l'université Charles-III déléguée aux Étudiants dans l'équipe de direction du recteur Gregorio Peces-Barba, et prend pour deux ans la présidence de l’Association d'économie de l'éducation. En , elle est nommée vice-rectrice déléguée à la Convergence européenne.. Elle abandonne ses fonctions le , dans la perspective d'entreprendre un parcours en politique à l'approche des élections générales..
Elle s'engage fortement sur la question du financement public des universités. Après avoir défendu en la nécessité d'adopter en Espagne des mesures de diversification des sources de financement, par exemple en créant des laboratoires conjoints avec le secteur privé., elle corédige en un rapport présenté par la Conférence des recteurs des universités espagnoles (CRUE) concernant le budget public alloué aux universités, dans lequel elle remarque que les aides financières concernent seulement 15,4 % des étudiants, contre près de 40 % au niveau européen, ce qui lui fait craindre que .. Quinze mois plus tard, elle coordonne au nom de la CRUE un groupe de spécialistes en économie de l'éducation, qui publie un rapport démontrant le mauvais état des finances universitaires malgré les dispositifs mis en place alors que deux rapports, remis à la fin des années 1990, proposaient déjà des pistes et solutions pour rendre le système de financement de l'enseignement supérieur plus efficient et plus équitable..
Collaboratrice politique et membre du conseil universitaire María Jesús San Segundo travaille entre et comme conseillère technique du secrétaire d'État à l'Enseignement supérieur.. Elle s'occupe plus spécifiquement de la question des universités, à une période où le conseil des universités travaille sur ce qui deviendra le rapport relatif au financement de l'enseignement supérieur..
Le , trois jours après avoir été approuvée par la commission consultative des nominations, elle est élue, à bulletins secrets, avec six autres personnes, membre du conseil de coordination universitaire par le Congrès des députés sur proposition du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), au sein duquel elle ne milite pas, remportant favorables. au cours d'un vote transpartisan...
Ministre de l'Éducation Conseillère de José Luis Rodríguez Zapatero vignette|alt=Homme assis pris de face, souriant.|María Jesús San Segundo fait partie en du comité consultatif mis en place par José Luis Rodríguez Zapatero pour les élections générales. Numéro deux pressentie aux élections générales Dans la perspective des élections générales du , le secrétaire général du PSOE, José Luis Rodríguez Zapatero, tête de liste des candidats socialistes dans la circonscription de Madrid, souhaite proposer la deuxième place à une femme représentative d'un secteur dynamique de la société espagnole. Parmi les noms qu'il retient se trouve celui de María Jesús San Segundo.. Le recteur de l'UC3M et ancien président du Congrès des députés, Gregorio Peces-Barba, explique publiquement que le chef de file socialiste entend souligner par ce choix son respect envers le monde académique. Il précise aussi que la potentielle colistière préfèrerait toutefois occuper un poste moins exposé.
La commission exécutive régionale de la Fédération socialiste madrilène-PSOE (FSM-PSOE) adopte ainsi sa liste de candidats aux élections générales le en laissant la deuxième place vacante pour que José Luis Rodríguez Zapatero puisse incorporer la personnalité de son choix.. Trois jours plus tard et de manière inattendue, María Jesús San Segundo refuse finalement cette proposition, alléguant de motifs personnels, et la place revient en définitive à une autre universitaire, la professeure des universités Mercedes Cabrera..
Membre du comité consultatif de la campagne Ce même , José Luis Rodríguez Zapatero annonce la composition d'un , à qui il confie la mission de réfléchir sur son modèle de gouvernance, les premières mesures à prendre en cas de victoire aux élections, la future structure institutionnelle et un code éthique pour la haute administration.. María Jesús San Segundo fait partie de cette équipe au même titre que Gregorio Peces-Barba.. S'ils sont les seuls représentants du monde académique et tous deux issus de la direction de l'UC3M, elle est choisie en raison de son profil de professionnelle compétente et de travailleuse infatigable.. Le secrétaire général du PSOE affirme qu' mais reconnaît qu'en cas de victoire, ..
Après que le Parti socialiste a remporté la majorité relative au Congrès des députés lors du scrutin, José Luis Rodríguez Zapatero commence à former son gouvernement. Dans les premiers jours qui suivent la tenue des élections, le nom de María Jesús San Segundo est donné comme certain pour occuper le ministère de l'Éducation, qui sera de nouveau séparé du ministère de la Culture....
Nomination et prise de fonction vignette|alt=Groupe d'hommes et femmes pris en photo devant un bâtiment public.|María Jesús San Segundo est nommée ministre de l'Éducation en dans le gouvernement Zapatero . Le , María Jesús San Segundo est effectivement nommée ministre de l'Éducation et de la Science du gouvernement Zapatero , le ministère retrouvant la dénomination qui était la sienne avant l'arrivée du Parti populaire au pouvoir huit ans plus tôt. Elle assumera notamment la coordination de la politique scientifique et technologique et des organismes publics de la recherche scientifique.. Elle est assermentée ce même jour devant le roi . puis participe à la passation de pouvoirs avec sa prédécesseure, la ministre de l'Éducation, de la Culture et des Sports Pilar del Castillo..
Dans son discours de prise de fonction, prononcé le lendemain devant les hauts fonctionnaires du ministère et des personnalités du monde de l'éducation, elle ne fait nullement référence à la loi organique relative à la qualité de l'enseignement () et indique vouloir respecter le fonctionnement décentralisé du système éducatif et chercher le consensus politique et social dans son action...
À l'occasion du premier Conseil des ministres, le , elle nomme Salvador Ordóñez comme secrétaire d'État à l'Enseignement supérieur et à la Recherche, Jaime Lissavetzky en tant que président du Conseil supérieur des Sports, Salvador Barberà au poste de secrétaire général de la Politique scientifique et technologique, et Alejandro Tiana en qualité de secrétaire général de l'Éducation..
Réforme éducative Suspension de la LOCE Au lendemain de l'assermentation de María Jesús San Segundo, la coordonnatrice de la Participation du Parti populaire Ana Pastor réunit les conseillers à l'Éducation des communautés autonomes que le parti dirige pour leur ordonner de ne pas suspendre la mise en application de la loi organique relative à la qualité de l'enseignement et demander une réunion d'urgence de la conférence sectorielle de l'Éducation.. Le , la conférence épiscopale remet un courrier à tous les diocèses à lire lors de la prochaine messe pour qu'ils rappellent aux parents qu'inscrire leurs enfants en cours d'éducation religieuse est une obligation, alors que la première vice-présidente du gouvernement María Teresa Fernández de la Vega vient d'annoncer qu'un prochain Conseil des ministres examinerait un rapport de la ministre de l'Éducation relatif à la réforme de la LOCE..