Le Monument de la Liberté (letton : ), situé à Riga en Lettonie, est un mémorial érigé en l'honneur des soldats morts au combat durant la guerre d'indépendance lettone (1918-1920). Inauguré le lors du de l'indépendance du pays, ce monument est appelé affectueusement « Milda » par les habitants de la ville. Considéré comme un symbole important de la liberté, de l'indépendance et de la souveraineté de la Lettonie, il est souvent le lieu central de manifestations publiques et de cérémonies officielles. C'est également l'un des monuments les plus hauts d'Europe dans son genre avec une hauteur de .

Les nombreux bas-reliefs et sculptures du Monument de la Liberté dépeignent la culture et l'histoire de la Lettonie. L'idée du monument voit le jour au début des années 1920, lorsque le Premier ministre de Lettonie, Zigfrīds Anna Meierovics, lance différents concours en vue de la conception d'une colonne du mémorial. Après plusieurs concours, le monument est finalement construit au début des années 1930, selon le projet vainqueur intitulé « Brille comme une étoile ! » du sculpteur letton Kārlis Zāle. Les travaux de construction sont financés par des dons privés.

Aujourd'hui, la base du monument est souvent fleurie de couronnes de fleurs habituellement rouges et blanches, les couleurs du drapeau national. Entre 1944 et 1991, il est interdit par les autorités soviétiques occupantes d'y déposer des fleurs et il est même envisagé de démolir le monument sans qu'aucune décision ne soit finalement prise. On attribue le sauvetage du monument à la sculptrice soviétique Vera Moukhina, peut-être parce qu'elle considérait qu'il était de la plus haute valeur artistique. Au lieu de détruire le monument parce qu'ils craignent des manifestations et une insurrection, les soviétiques érigent une statue de Lénine. Ces deux monuments se sont tournés le dos jusqu'à la restauration de l'indépendance : la statue de Lénine orientée vers Moscou regarde l'est tandis que Milda regarde vers l'ouest.

La propagande soviétique tente de détourner la signification symbolique du monument en adéquation avec l'idéologie communiste mais il reste un symbole de l'indépendance nationale pour le grand public. Le , environ s'y réunissent pour commémorer les victimes du régime soviétique et y déposent des fleurs. Cette manifestation relance le mouvement d'indépendance nationale qui culmine trois ans plus tard avec le rétablissement de la souveraineté de la Lettonie.

Éléments constitutifs

Localisation

Le monument se trouve au centre de Rīga sur le Brīvības bulvāris (« Boulevard de la Liberté »), près du vieux Rīga. En 1990, une partie de la rue autour du monument, sur environ de long entre les boulevards Rainis et Aspazija a été piétonnisée pour former une place. Une partie de celle-ci inclut un pont enjambant le canal de la ville qui faisait autrefois partie de ses remparts détruits au pour construire les boulevards Rīga 1860–1917 Rīga 1978 Zinātne (No ISBN). Le canal fait de long et est bordé de parcs sur la moitié de sa longueur Virtual Tour of Riga. La terre provenant de la démolition des fortifications fut rassemblée dans les parcs où elle forme maintenant une colline artificielle avec une succession de chutes d'eau au nord du monument. Le boulevard à l'est du parc est le siège de nombreuses ambassades et institutions, les plus proches du monument étant les ambassades françaises et allemandes, l'université de Lettonie et le Rīgas Valsts 1. ģimnāzija (Gymnasium officiel de Rīga ) Map at rigatourism.com.

Plus au sud, situé dans le parc près du monument, se trouve l'Opéra national de Lettonie avec un jardin de fleurs et une fontaine en face de celui-ci Enciklopēdija "Rīga", Rīga : , 1988. . À l'opposé de l'opéra, sur la partie occidentale de la place près du vieux Rīga, se trouvent un petit café et l'horloge Laima. L'horloge est érigée en 1924 et est décorée en 1936 par une publicité de la marque de confiserie « Laima » d'où elle tire son nom ; c'est un lieu de rendez-vous populaire « Laimas » pulkstenim veiks kosmētisko remontu.

Initialement, il était prévu de construire une place elliptique autour du monument, fermée par un mur de granit d' de haut avec des bancs placés à l'intérieur et entouré de haies de thuya à l'extérieur. Le projet ne s'est cependant pas concrétisé dans les années 1930. L'idée est reconsidérée dans les années 1980 mais est à nouveau mise en suspens « Latvijas Enciklopēdija » (I sējums) Rīga 2002 SIA « Valērija Belokoņa izdevniecība » .

Architecture

Les sculptures et bas-reliefs du Monument de la Liberté, arrangés en , dépeignent la culture et l'histoire lettones. La base du monument se compose de différentes formes quadrangulaires empilées l'une sur l'autre et dont la taille diminue en s'élevant. Une montée d'escalier en granit rouge et composée de 10 marches, d' de haut, enlace la base du monument entre deux reliefs de travertin de de haut et de de large, « Tirailleurs lettons » (13 ; ) et « la nation lettone - les chanteurs » (14 ; ), qui décorent ses côtés épais de . Deux marches supplémentaires forment une plateforme circulaire de de diamètre sur laquelle l'ensemble du monument repose. À l'avant du monument, la plateforme dessine un rectangle qui est utilisé lors des cérémonies. Également constitué de granit rouge, le socle du monument est formé par 2 blocs rectangulaires : celui du dessous est un bloc monolithique de de haut, de large et de long tandis que celui du dessus, plus petit, fait de haut, de large et de long et possède des ouvertures circulaires à ses coins qui contiennent chacune un ensemble sculptural de trois personnes. Ses côtés sont également plaqués de travertin.

À l'avant du monument, entre les ensembles « Travail » (10 ; ) dépeignant un pêcheur et un artisan ainsi qu'un paysan qui se tient debout en tenant une faux décorée de feuilles de chêne et de glands pour symboliser force et virilité) et « Gardiens de la Patrie » (9 ; ) dépeignant un ancien guerrier letton debout entouré de deux soldats modernes agenouillés, une dédicace de l'écrivain letton Kārlis Skalbe est inscrite sur l'un des panneaux de travertin : Pour la Patrie et la Liberté (6 ; ). gauche|vignette Sur les côtés, les panneaux de travertin portent deux bas-reliefs : « 1905 » (7 ; ) en référence à la Révolution russe de 1905, et « La bataille contre les Bermontiens sur le Pont de Fer » (8 ; , en référence à une bataille décisive à Rīga durant la guerre d'indépendance lettone. Au dos du monument, l'on retrouve deux autres ensembles sculpturaux : « Famille » (12 ; ) (une mère se tenant entre ses deux enfants) et « Intellectuels » (11 ; ). Sur le socle de granit rouge, il y a encore un autre bloc rectangulaire de de haut et de large et de de long entouré de quatre ensembles sculpturaux de granite gris de - de haut : « Lettonie » (2 ; ), « Lāčplēsis » (3 ; Tueur d'ours, héros populaire d'une épopée lettone), « Vaidelotis » (5 ; un prêtre païen balte) et « les Briseurs de chaînes » (4 ; ) (trois hommes enchaînés essayant de se libérer de leurs entraves).

Le bloc le plus haut sert aussi d’assise à la colonne monolithique de travertin haute de et large de à sa base, parcourue en son milieu par une ligne de verre, à l'avant et à l'arrière. La colonne est surmontée d'une allégorie en cuivre de la Liberté (1), laquelle est haute de et a l'apparence d'une femme soulevant trois étoiles dorées qui symbolisent les régions culturelles de la Lettonie : Vidzeme, Latgale et Courlande Statue of Liberty, cette page ayant été supprimée, son contenu est accessible sur un site d'archivage web : ici Baister Stephen et Patrick Chris, Riga, Bradt Travel Guides Ltd, UK, 2005, , ..

Le monument est construit par-dessus une structure de béton armé et était à l'origine fixé par des câbles de plomb et de bronze et par du mortier de chaux. Certains des matériaux d'origine ont cependant été remplacés par un enduit de polyuréthane durant la restauration. Il y a une pièce à l'intérieur du monument, accessible par une porte à l'arrière de celui-ci, où se trouve un escalier menant à la partie supérieure du monument qui est utilisé pour l'installation électrique et donnant accès au réseau d’égouts. Cette pièce n'est pas accessible au public et est principalement utilisée comme entrepôt, mais il a été proposé qu'elle puisse être transformée pour accueillir une petite exposition destinée à présenter, après la cérémonie du dépôt de fleurs, l'histoire du monument aux officiels étrangers en visite en Lettonie Iecere atvērt Brīvības pieminekļa iekštelpu Tvnet.lv (LNT) 20 février 2008.

Garde d'honneur

De l'inauguration du monument en 1935 jusqu'en 1940, une garde d'honneur est présente, avant d'être retirée peu après l'occupation de la Lettonie. Elle est rétablie le . Les gardes sont des soldats de la compagnie de la garde d'honneur du bataillon des quartiers généraux des Forces armées nationales (). La garde n'est pas obligée d'être de service en cas de mauvaises conditions climatiques ou si les températures sont en dessous de ou au-dessus de . Le service de garde dure deux semaines d’affilée, avec trois ou quatre paires de gardes se relevant toutes les heures au cours d'une cérémonie commandée par le chef de la garde. En dehors des deux gardes, il y a également durant chaque service deux soldats de faction qui veillent à la sécurité de la garde d'honneur.

Normalement, la garde change toutes les heures entre 9 h et 18 h. Après une heure de garde, les soldats ont deux heures de libre qu'ils passent dans leurs quartiers au Ministère de la Défense Dienests kā atbildīgs un interesants darbs bdaugava.lv . Depuis , les gardes patrouillent également chaque demi-heure durant leur service : ils marchent au pas depuis la base du monument en longeant chaque côté deux fois et retournent ensuite à leurs postes apollo.lv (BBI) . Les gardes doivent avoir une taille minimale de et être en bonne santé, puisqu'il faut rester debout sans bouger pendant une demi-heure Bruņoto spēku seja Dialogi.lv Brīvības simbola sargs staburags.lv .

Construction et restaurations Construction gauche|vignette|La statue de la Liberté au sommet du monument L'idée de construire un mémorial pour honorer les soldats tombés au champ d'honneur durant la guerre d'indépendance lettone émerge pour la première fois au début des années 1920. Le , le Premier Ministre de Lettonie, Zigfrīds Anna Meierovics, ordonne la rédaction de règles d'un concours pour l'architecture d'une « colonne du mémorial ». Le vainqueur de ce concours est un projet proposant une colonne de de haut avec des hauts-reliefs des symboles officiels de la Lettonie et des bas-reliefs de Krišjānis Barons et Atis Kronvalds. Il fut ensuite rejeté après la protestation de . En octobre 1923, un nouveau concours est annoncé, utilisant pour la première fois les termes « Monument de la Liberté ». Le concours se termine avec deux vainqueurs et un nouveau concours est annoncé en mars 1925, mais sans résultat à la suite d'un désaccord au sein du jury.

Finalement en octobre 1929, on annonce le dernier concours. Le vainqueur est le plan « Brille comme une étoile ! » () par le sculpteur Kārlis Zāle, qui était également victorieux dans les concours précédents. Après quelques corrections mineures de l'auteur et de l'architecte superviseur Ernests Štālbergs, la construction commence le . Financé par des dons privés, le monument est érigé à l'entrée de la vieille ville à l'endroit où se trouvait l'ancien monument central de Rīga, une statue équestre de bronze de l'empereur russe Pierre le Grand. On a calculé en 1935, l'année où le monument est dévoilé, qu'en quatre ans de construction de travail ont été nécessaires rien que pour le travail de la pierre : il aurait fallu à une personne seule pour accomplir ce travail avec l'équipement le plus sophistiqué de l'époque. Le poids total des matériaux utilisés est d'environ : acheminée par rail, une telle quantité de matériaux aurait nécessité environ 200 wagons de marchandise.