La Confédération étudiante (Cé) est un ancien syndicat étudiant français, actif de 2003 à 2013. Représentée au Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche, elle était reconnue comme organisation représentative entre 2006 et 2013.

Proche de la Confédération française démocratique du travail, la Confédération étudiante revendiquait, en 2012, « Baki Youssoufou, anarcho-syndicaliste » publié dans Jeune Afrique le . Après sa disparition, la CFDT s'est rapprochée de la Fédération des associations générales étudiantes (FAGE)communiqué commun SGEN-CFDT / FAGE du 11 septembre 2015.

Histoire

Création La Confédération étudiante est née début 2003 d'un petit nombre de membres de l'UNEF (dont une élue au CNOUS et un élu CNESERCécile Bombel (CNOUS) et Sébastien Couderc (CNESER) ont été élus sur des listes UNEF qu’ils ont quitté pour rejoindre la Confédération étudiante en .) issus de la Tendance syndicale (minoritaire) et prônant la création d'un pôle « réformiste » de gauche chez les étudiants, en rupture avec la ligne nationale. Ils sont rejoints par les AGE d'Angers, de Nantes, de Limoges, de La Rochelle, de Paris 3, de Paris 5 et de Sceaux issus de la même tendance ; ralliées par plusieurs associations locales : TNT (Marne la Vallée), Jade (Bordeaux 4), JTL1 (Toulouse 1), Association étudiante d'Amiens, Re Agir (Montpellier 2), Associatif pour la défense des étudiants (Orléans), Change ta fac (Le Mans), Réunir (La Réunion), et soutenus par la CFDT (et notamment par Nicole Notat).

À l'origine du départ de l'UNEF, certains militants accusaient la direction d'être sous la tutelle de l'appareil du Parti socialiste et de « jouer le jeu de ses courantsRapport de la Cé de 2003 intitulé « UNEF, où sont tes victoires ? », sur le site de la Cé ». Ce départ fait aussi suite à la réunification des deux UNEF en 2001, qui selon la présidente de la Cé, Julie Coudry, l'aurait « radicalisée » et notamment fait prendre position contre la réforme LMD« L'étudiante qui n'est pas allergique à l'entreprise », paru dans Le Point, édition du par Marie-Sandrine Sgherri..

Selon Le Figaro« Les syndicats étudiants sous le feu croisé des influences » paru dans Le Figaro, édition du la création de la Cé a créé de nouveaux rapports de forces sur les universités« Portraits, Les figures étudiantes et lycéennes de la contestation » paru dans Libération, édition du .

Historique 29 et : assemblée générale fondatrice de la Confédération étudiante, Julie Coudry devient présidente. : signature du contrat d'association avec la CFDT. : lancement du manifeste Fiers et libres manifeste d'une génération engagée : la Cé obtient pour la première fois un élu au CNESERJORF du 17 août 2006, aux élections du Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche sur Légifrance. et devient ainsi une organisation représentative["loi Jospin du "http://dcalin.fr/textoff/loi_1989.html]. 1 au : congrès, élection de Baki Youssoufou à la tête de la Confédération Étudiante« Julie Coudry quitte la Confédération étudiante », Libération, . printemps 2010 : Première campagne nationale CNOUS sur les aides sociales pour les étudiants boursiers, non boursiers et salariés, la Cé remporte 7 élus CROUS. : La Cé conserve son élu CNESER, Malick Ndione, membre du Bureau National et élu au Conseil d'Administration de l'université de Strasbourg en 2008. Lancement de la campagne contre les vendeurs de listes. : congrès de la Cé, réélection de Baki Youssoufou à la tête de la Confédération Étudiante« La Confédération étudiante renouvelle ses instances », e-orientation.com, . Campagne contre la circulaire Guéant : La Cé conserve son élu CNESER, elle figure en position des organisations étudiantes représentatives. 2013 : Annulation des élections étudiantes du CNESER 2012, la Cé ne se représente pas de liste pour les nouvelles élections de 2013 : Contrat d'association renouvelé avec la CFDT.. : La Cé perd son élu CNESER, et n'est plus organisation étudiante représentative au CNESER.

Après 2013 Une partie des militants de la Cé se sont investis dans La Fabrique, qui se veut un réseau pour rencontrer et créer des liens avec des étudiants de toutes filières, tous horizonsGilles van Kote, « Cindy Pétrieux, en quête d’action », Le Monde, 8 septembre 2015... Cette association sera gérée jusqu'en 2015 par Cindy Pétrieux, Thomas Luquet puis Charline Sabourin en 2016, et enfin, par Salim Bouchama jusqu’à aujourd’hui. Sous l’essor du dernier cité, La Fabrique prit une direction plus entrepreneuriale.

Organisation Structures

La Cé était organisée sur un schéma fédéral appuyée sur des bases locales. Juridiquement, c'était une association loi de 1901annonce de création au Journal officiel, paru le 10 mai 2003 (n° de parution : 20030019) auprès de la préfecture de police de Paris.. Pour l'essentiel elle avait un mode d'organisation confédérale, à savoir qu'elle ne fonctionnait pas en tendances (le mode de scrutin n'est donc pas proportionnel mais majoritaire), mais en fédération de fédérations.

Les adhérents élisaient, lors de congrès ayant lieu tous les deux ans, un bureau national et une commission exécutive.

Le Bureau national Le Bureau national était l'instance politique de la Cé. Il était chargé de mettre en œuvre les orientations prises en congrès ou lors des Conseils nationaux. Les membres du Bureau national étaient élus tous les deux ans en Congrès par les délégués. Issus des associations locales ou membres de la commission exécutive, ils assuraient leur mandat en tant que responsables nationaux de la Cé. Le Bureau national était une instance de décisions collectives dont les membres représentaient soit leur association locale (regroupant les lycées, universités ou grandes écoles dans une ville ou un territoire donné), soit leur université.

Le Congrès Le Congrès était le moment où les délégués des associations locales dressaient un bilan et une analyse sur l’activité syndicale de la Cé durant les deux années écoulées et validaient le rapport d’activité. Il fiaite les enjeux, les grandes orientations et les objectifs de la Cé pour les deux années qui suivent.

Il élisait notamment le bureau national chargé de la mise en œuvre de ces décisions.

Le Conseil national Le Conseil national était une instance de débat sur le bilan des actions menées par la Cé nationalement dans les universités. Il définissait les grandes orientations à venir. Le Conseil national était composé des membres du bureau national et des présidents des différentes associations locales qui débattent entre eux. Il était ouvert à tous les militants.

La commission exécutive La Commission exécutive était l'organe de gestion quotidienne de la Cé. Elle mettait en œuvre les décisions prises par le Bureau national. Elle se composait des membres du bureau national élus à cet effet en Congrès tous les deux ans.

Responsables La dernière présidente était Cindy Pétrieux. Cindy Pétrieux, présidente« Nouvel Obs : Confédération étudiante: Cindy Pétrieux devient présidente » Boubacar Diop, secrétaire général Édouard Renucci, trésorier

Positionnement Démarche syndicale

La Cé proposait une démarche de « syndicalisme réformiste » (en affirmant par exemple que la réforme de l'université était « une nécessité vitale ») qui s'inscrit dans le cadre de ses valeurs de « démocratie, de solidarité et d'Europe ».

Campagnes et positions Après avoir porté l'insertion des étudiants comme troisième mission de l'université« Insertion des jeunes : mission ou démission de l'université ? » une tribune publiée par Julie Coudry dans Les Échos le et une amélioration du système d'orientation des étudiants« Une orientation choisie, une professionnalisation durable », sur le site de la Cé, la Cé est favorable a une augmentation des dotations des universités afin de rendre effectives ces évolutions. La Cé soutient le principe de l’enseignement supérieur professionnalisant« Une victoire de la jeunesse » paru dans SGEN-CFDT - Profession Éducation, avril 2006 . Elle était favorable au salariat étudiant qu'elle voit comme une occasion d'acquérir de l'expérience.

Elle réalisait à chaque saison d'été avec la CFDT, des campagnes pour la défense des droits des travailleurs saisonniers.

En 2003, la Cé s'est prononcée pour la Réforme LMD et pour la Constitution européenne en 2005. Elle a participé en 2006 à l'intersyndicaleCGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC, UNSA, FSU, Solidaires, Unef, Cé, FIDL, UNL opposée au contrat première embauche. Lors du mouvement contre la loi LRU (2007), la Cé n'en a pas demandé l'abrogation« Fac : Qui souffle sur les braises ? » L'Express.fr par Laurence Debril le 21 novembre 2007 et selon Robi Morder du GERME elle s'est située « en dehors de la coordination » étudiante.

À l'automne 2011 - hiver 2012 : contre la circulaire du Circulaire dite "Guéant" dite à propos des visas des étudiants internationaux« VIDEO. Étudiants étrangers : "Guéant se trompe de cible !" », Le Nouvel Observateur, . Appelant à son retrait, la Cé organisait sur une quinzaine de campus des "boucans Guéant"""Boucan Guéant" : le combat des diplômés étrangers continue", e-orientation.com, 2 décembre 2011 sur les campus universitaires. Le ministère de l'intérieur réajustait sa circulaire en janvier, toutefois le Collectif continue de mobiliser pour son retrait. Le gouvernement Ayrault supprime la circulaire, mais pas le décret du (décret qui exige plus de ressources financières aux étudiants étrangers qui souhaitent étudier en France, avant contre en 2012).

Modes d'actions thumb|240px|Le cortège de la Confédération étudiante lors de la manifestation contre le CPE du 18 mars 2006 La Cé concentrait ses actions dans les campagnes pour l'insertion professionnelle, le soutien des étudiants internationaux, pour l'élection de représentants des étudiants au sein des conseils centraux d'universités (appartenant ainsi à une tendance « cogestionnaire » du syndicalisme étudiant axée sur la représentation des étudiants) et des organes de représentations nationaux auprès du Conseil national de l'enseignement supérieur et de la rechercheextrait de ses statuts publiés au Journal officiel .

Tout en appelant à massifier les assemblées générales d'universités lors des mouvements étudiants pour « marginaliser les radicaux », elle revendiquait pour celles-ci des « exigences démocratiques » notamment par l’organisation de « référendums » à bulletin secret lors de la grève et du blocage d’une université« La Cé soutient la tenue de référendums dans les facs », sur le site de la Cé.

Liens avec d'autres organisations La Cé était associée avec la CFDT depuis qui, selon Le Monde, la subventionnait annuellement à la hauteur de € pour relayer chez les jeunes « une même conception du syndicalisme réformiste et indépendant »« Le congrès de la CFDT, séduire les jeunes générations » paru dans Le Monde, édition du 13 juin 2006. Ce support est aussi matériel à travers, par exemple, l'impression de tracts ou l'intervention de militants cédétistes lors de conférences, manifestations. Les responsables de la Cé sont amenés à participer aux congrès« Julie Coudry acclamée par les congressistes », sur le site de la CFDT ou aux campagnes« À Luchon, l’UD CFDT 31 déclare la campagne saisonniers hiver 2006 ouverte ! » sur le site de la CFDT de la CFDT. La Cé était aussi partenaire d'organisations dans lesquelles la CFDT est présente comme l'organisation Sauvons l'Europe.