Hervé Zwirn, né le , est un physicien et épistémologue français.
Il a été Professeur Associé à l'UFR de Physique de l'Université Paris 7, Directeur de Recherche au CNRS et Directeur Exécutif du Consortium de Valorisation Thématique Athéna. Il est actuellement Chercheur Associé au Centre de Mathématiques Appliquées de l'École normale supérieure Paris-Saclay et Chercheur Associé à L'institut d'histoire et de philosophie des sciences et des techniques de l'université Paris-I.
Biographie
Formation
Diplômé de l'École polytechnique (1975) et de l'École nationale supérieure des télécommunications (1980), Hervé Zwirn a soutenu une thèse en physique théorique à l'Université Paris VI en 1988 « Hervé Zwirn » sur le site internet de l'institut d'histoire et de philosophie des sciences et des technologies.
Carrière professionnelle
Il a été directeur général adjoint de la MNEF (rapport 1778 de l'Assemblée Nationale). Après avoir été directeur général du groupe Steria, Hervé Zwirn devient en 2000 président de Eurobios, société qui utilise les outils et méthodes développées par l'étude des systèmes complexes pour traiter des problèmes des grandes entreprises.
Carrière scientifique
Depuis 2001, il est chercheur associé à l'Institut d'histoire et de philosophie des sciences et des techniques (IHPST), où il anime depuis son arrivée un séminaire mensuel sur la complexité.
Depuis 2002, il est rattaché au laboratoire de mathématiques appliquées de l'École normale supérieure Paris-Saclay.
Durant l'année universitaire 2002/2003, il a coordonné la mise au point d'un programme de recherche coopérative sur l'émergence des aptitudes cognitives dans les systèmes complexes « Étude de l’émergence de capacités cognitives dans un système adaptatif complexe » sur le site internet de l'institut d'histoire et de philosophie des sciences et des technologies. Il a représenté le CNRS au sein du comité de pilotage de l'Action Concertée Incitative « Systèmes complexes » « Conseil scientifique de l'action concertée Systèmes complexes en SHS » sur le site internet du Laboratoire de physique statistique.
Il est président du Collège de Physique et de Philosophie (www.cphi2.org) fondé à l’initiative de Bernard d’Espagnat en 2009. Il organise dans ce cadre à l'Institut de France un séminaire régulier de réflexion sur les fondements de la physique. Les séances de ce séminaire sont accessibles en vidéo sur sa chaine Youtube.
Il a été Professeur Associé à l’UFR de Physique à l’Université Paris-Diderot de 2009 à 2012 puis Directeur de Recherche au CNRS en 2013.
Après avoir été chargé de mission au Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche, il est nommé en directeur exécutif du Consortium de Valorisation Thématique de l'Alliance Athena, organisme créé dans le cadre du Programme d’Investissements d’Avenir et chargé de la valorisation des recherches menées dans les laboratoires du CNRS et des Universités en Sciences Humaines et Sociales.
Carrière politique
Hervé Zwirn a été conseiller municipal (UMP) de Morsang-sur-Orge de 2006 à 2014. Il a également été Conseiller Communautaire durant cette période. Candidat aux élections cantonales des 20 et , dans le canton de Morsang-sur-Orge et Fleury-Mérogis, il est soutenu par l'UMP et le Nouveau Centre mais est éliminé au premier tour.
Domaines de recherche
Ses recherches portent sur la philosophie de la physique (en particulier les interprétations de la mécanique quantique), l'épistémologie formelle et la modélisation des raisonnements ainsi que sur les mathématiques des systèmes complexes.
Dans le domaine scientifique, il a tout d'abord développé dans sa thèse d'État un modèle de lagrangien phénoménologique pour l’unification des interactions fortes, faibles et électromagnétiques des pions, des nucléons et des leptons. Ses travaux se sont ensuite orientés vers les fondements et les interprétations de la mécanique quantique. Il s'est particulièrement intéressé au problème de la mesure et à ses aspects philosophiques qu'il a analysés en détail en 2000 dans Les limites de la connaissance, un ouvrage qui lui a valu le prix Lequeux de l'Académie des sciences.
Il a également travaillé en philosophie générale des sciences en étudiant les fondements des théories empiriques, leur confirmation et le problème du réalismeFoundations of Physics : the Empirical Blindness in French Philosophy of Science: Contemporary Issues, A. Brenner and J. Gayon ed, Springer (2009).
Dans le domaine de l'épistémologie formelle il a formulé une démonstration de l'impossibilité de construire une logique inductive dans le cadre des probabilités standard et la nécessité de se placer dans le cadre plus large des fonctions de Dempster-Schafer Metaconfirmation (en collaboration avec D. Zwirn), Theory and Decision, n°41, pp 195-228, 1996. Confirmation non probabiliste (en collaboration avec D. Zwirn), in Méthodes logiques pour les sciences cognitives, coordonné par Jacques Dubucs et F. Lepage, pp 77-97, Hermes, 1995.
Il a aussi construit une formalisation axiomatique du raisonnement abductif, raisonnement qui consiste à inférer des causes à partir de la donnée de leurs effets Abuctive Logic in a Belief Revision Framework (en collaboration avec B. Walliser et D. Zwirn) Journal of Logic, language and Information, Vol 14, n°1, 2005. Plus récemment, il a également proposé une modélisation du raisonnement par analogie comme schème général d'inférence dont la validité dans différentes logiques dépend de règles de détermination d'arrière plan.
En 2006, il a proposé une modélisation des préférences en théorie de la décision faisant appel au cadre mathématique de la mécanique quantiqueFormalisme quantique et préférences indéterminées en théorie de la décision in Théorie Quantique et Sciences Humaines, Michel Bitbol ed, CNRS Éditions (2009).
Un autre de ses domaines de recherche est celui des systèmes complexes. Il s'est intéressé notamment à la notion d'émergence et a proposé récemment (en collaboration avec Jean-Paul Delahaye) une formalisation du concept d' (Unpredictability and Computational Irreducibility )"Unpredictability and Computational Irreducibility " https://arxiv.org/abs/1111.4121. qui peut avoir des conséquences sur l’étude de la compréhension des algorithmes qui sont à la base des systèmes d’Intelligence Artificielle.
Il a développé une interprétation de la mécanique quantique qui permet de résoudre le problème de la mesure et qui porte le nom de « solipsisme convivial ».
Distinction
Prix Lequeux de l'Académie des sciences en 2000 pour son ouvrage Les limites de la connaissance.
Bibliographie
Philosophie de la mécanique quantique avec Jean Bricmont, Vuibert, 2009 Foundations of Physics : the Empirical Blindness in French Philosophy of Science: Contemporary Issues, A. Brenner and J. Gayon ed, Springer (2009) Can we consider Quantum Mechanics to be a Description of Reality ? in Rethinking Scientific Change and Theory Comparison: Stabilities, Ruptures, Incommensurabilities?, L. Soler, H. Sankey, P. Hoyningen, (eds), Springer (2008)
Qu'appelle-t-on aujourd'hui les Sciences de la complexité ?, avec Gérard Weisbuch, Vuibert, 2010 Le monde quantique (avec Bernard d'Espagnat) Editions Matériologiques, 2014 Quantum Physics and Cosmology: The Mysteries of the Infinitely Small and the Infinitely Large, ISTE / Wiley, 2025
Débats .
Notes et références
Liens externes
Catégorie:Naissance en octobre 1954 Catégorie:Directeur de recherche au CNRS Catégorie:Physicien français du XXe siècle Catégorie:Physicien français du XXIe siècle Catégorie:Philosophe français du XXe siècle Catégorie:Philosophe français du XXIe siècle Catégorie:Épistémologue français Catégorie:Élève de l'École polytechnique