Urbino, en français Urbin, est une commune de la province de Pesaro et d'Urbino dans la région des Marches en Italie centrale.
Capitale des Montefeltro et des princes Della Rovere, Urbino fut l’un des pôles artistiques, scientifiques et militaires les plus importants de la Renaissance italienne principalement sous le règne de Frédéric III de Montefeltro, avec des personnalités comme Piero della Francesca, Federico Commandino, Bernardino Baldi ou Guidobaldo Del Monte (cf. La Renaissance à Urbino).
Depuis 1998, son centre historique est classé au titre du patrimoine mondial de l'UNESCO. La ville est également représentée dans la série de sculptures victoriennes, dédiées aux quatorze villes les plus nobles de l’Italie unie.
La ville s'impose comme un des centres majeurs artistiques, scientifiques et militaires de l'Italie de la Renaissance et a pour spécificité d’avoir été la terre d'élection de la révolution géométrique du quattrocento.
Elle est également surnommée « l'Athènes de l'Italie »voir l'article Renaissance à Urbino..
Nom À l’exclusion d’une origine pré-romaine de la ville, il existe deux hypothèses concernant l’origine romaine du nom d'Urbino :
La première la fait dériver du nom latin Urvinum Mataurense :
Urvinum (ou urbinum) dériverait du substantif Urvum (ou Urbum), qui désignait le manche de la charrue, à la forme de laquelle ressemblait la colline du Poggio sur laquelle était juché le noyau primitif de la ville.
- Mataurense (ou métaurénse) provient de la rivière Mataurus (ou Metaurus), pour la distinguer d’une autre ville du même nom dans la même région auguste, urvinum Hortense, dont le nom dériverait également de la conformation du terrain sur lequel cette dernière ville avait été érigée.
La seconde veut que le toponyme Urbino dérive du latin urbs-urbis signifiant Ville et se référerait à sa nature de ville double : urbs bina parce que développée sur deux cols.
Géographie
Urbin () est une ville fortifiée d'architecture de la Renaissance au sommet d'une colline. Elle se trouve à du littoral de Pesaro, chef-lieu de province.
La ville domine un paysage vallonné, sur les contreforts du massif des Apennins, à la jonction des Marches, de l'Ombrie et de la Romagne.
Le territoire s’étend en zones collinaires, sur les dernières rives de l’Apennin septentrional, Apennin toscan-romagnol, dans la zone méridionale de Montefeltre. Le territoire communal, le deuxième plus étendu de la région des Marches après Fabriano, comprend également un exclave, identifiable dans la Via Fosso del Razzo, comprise entre les communes de Colbordolo, Monteciccardo, Montefelcino, Petriano et l’exclave de Montelabbate.
Climat La moyenne des températures les plus élevées oscille de en janvier jusqu'à en juillet, et de en janvier à pour les plus basses. Les précipitations vont en moyenne de en juillet à en novembre.
Sismicité L'ensemble du territoire communal d'Urbin se trouve sur une zone classée à risque sismique moyen à élevé par l'institut de géophysique et de volcanologie italien. Celui-ci a listé 65 événements sismiques qui ont affecté la ville entre 1511 et 1998. Les plus importants ayant eu lieu en 1741, 1781 (6,23 sur l'échelle de Richter), 1873 et 1897.
Histoire De la ville romaine d’, mentionnée parmi d’autres villes par Pline l'Ancien dans son Histoire naturelle, nous n’avons que peu de traces. En revanche l’on sait qu'elle devint une place forte pendant les Guerres gothiques au et qu'elle fut prise aux Goths en 538 par le Général byzantin Belisaire. Elle est fréquemment citée par l’historien byzantin Procope.
Elle passe ensuite aux mains des Lombards où elle est fortifiée et agrandie par le roi Liutprand. Après que les Francs en ont pris possession, Urbino est comprise dans les dons des Carolingiens aux états pontificaux ; le roi des Francs Pépin le Bref offre donc Urbino aux États pontificaux. Cependant, les traditions indépendantes et autonomes s’exprimèrent sous la forme d'un gouvernement de la Commune jusqu’à ce que, vers 1200, elle tombe sous la domination des Nobles qui combattent entre eux dans le Montefeltro voisin. Les Souabes la donnent en fief comital à la famille des Montefeltro en 1213. Ces nobles n’avaient pas d’autorité directe sur ladite commune, mais ils exerçaient des pressions pour leur élection à la présidence, titre que Bonconte da Montefeltro réussit à obtenir en 1213 en accaparant la charge de podestat. S'ensuivit une révolte de la population et la formation d’une alliance avec la commune indépendante de Rimini en 1228 jusqu’en 1234. Mais les Montefeltro, en contrepartie de dettes de la papauté, réussissent à reprendre les rênes de la ville qu’ils contrôlent ensuite jusqu’en 1508. Pendant cette période, Urbino, qui demeure un fief pontifical, prend l’aspect qu’il revêt aujourd’hui, avec son monumental palais ducal et ses hauts remparts. Ce n'est alors qu'une cité modeste entourée de son contado, mais elle occupe une position stratégique à la frontière nord des Etats pontificaux..
L'état que dominent les Montefeltro est très petit, mesurant 60 kilomètres sur 60, assez pauvre, essentiellement pastoral et agricole, sans débouché sur la mer. Il compte 200 petites villes et villages. Urbino, éloignée de l'Adriatique et de tout grand axe de communication, ne s'est pas développée au moyen-âge.
Dans les batailles entre Guelfes et Gibelins, les seigneurs d’Urbino du sont chefs des Gibelins des Marches et de la Romagne, et s’associent avec des familles ou des villes gibelines.
Grâce au départ de la papauté en Avignon, Nolfo (1323-1364) parvient à asseoir sa seigneurie. Son neveu, Antoine II (1364-1404) perd temporairement le contrôle de la ville au profit de la papauté de 1369 à 1376. Le , Antoine II de Montefeltro reprend Urbino, créant ainsi le futur fief d’Urbino agrandi par l'achat de Gubbio en 1384.
centré|vignette|850x850px|Vue panoramique sur Urbino Federico III de Montefeltro
left|vignette|213x213px|Frédéric III de Montefeltro peint par Piero della Francesca|alt= Le plus célèbre des Montefeltro est , duc d’Urbino de 1444 à 1482.
En 1444, il prend le pouvoir en tant que fils naturel de Guidantonio, après la conspiration et l’assassinat de l'héritier légitime Oddantonio II de Montefeltro.
met la main aux problèmes politiques pressants et commence une réorganisation de l’État, qui prévoit aussi une restructuration de la ville selon une empreinte moderne, confortable, rationnelle et belle.
Tous ses efforts, au cours de près de quarante ans de gouvernement, sont tendus vers ce but qui, grâce à ses extraordinaires qualités et sa remarquable fortune, apportent cet incomparable souffle à la Ville.
À sa cour, Piero della Francesca écrit sur la science de la perspective, Francesco di Giorgio Martini établit son Traité d’architecture en concluant les travaux de rénovation du palais des Doges entrepris par Luciano Laurana, et Giovanni Santi, père du peintre Raphaël né dans l’actuelle via Raffaello, rédige son compte-rendu poétique des principaux artistes de l’époque.
La brillantissime cour de Frédéric III de Montefeltro, décrite par Baldassare Castiglione dans Le Courtisan, introduisit les caractères dudit « gentilhomme » de la Renaissance en Europe, et ceux-ci restèrent pleinement en vogue jusqu’au .
centré|vignette|750x750px|La Cité idéale (attribution incertaine. F.di G.Martini, Piero della Francesca ou Luciano Laurana.), Gallerie nationale des Marches, Urbino.
Cesare Borgia et les années du duché Della Rovere right|vignette|Urbino en 1689. En 1502, César Borgia prend le pouvoir à Guidobaldo da Montefeltro, duc d’Urbino, et Elisabetta Gonzaga, avec la complicité du pape Alexandre VI. Après la tentative du pape Médicis Léon X, de nommer un jeune membre de sa famille comme duc, Urbino demeura dans les États pontificaux, sous la dynastie des ducs Della Rovere (1508 - 1631).
En 1523, ils transfèrent la cour dans la ville de Pesaro, et Urbino commence un lent déclin jusqu’aux dernières décennies du .
Le début des années 1500 voit la ligue contre la république de Venise appelée Ligue de cambrai où le duché d’Urbino sera impliqué à plusieurs reprises dans la guerre.
Annexion aux États pontificaux À la suite de l’extinction de la dynastie Della Rovere en 1631, le pape Urbain VIII incorpore le duché d’Urbino dans les territoires pontificaux, suivant les volontés du dernier duc, Francesco Maria II della Rovere, qui, demeuré sans héritier, avait désigné le Saint-Siège pour lui succéder dès 1625 (la succession n’est devenue exécutoire qu’à la mort du Duc, six ans plus tard).
L’État fut gouverné depuis lors par un légat pontifical, appartenant généralement à la haute hiérarchie ecclésiastique.
À la suite de la dévolution du duché aux États pontificaux, le riche patrimoine artistique (meubles compris) du palais ducal est allé constituer, dans une large mesure, la dot de la dernière descendance directe des Della Rovere, Victoria, mariée à Ferdinando II de Médicis.
Ces ouvrages constitueront ensuite le noyau de la future galerie des Offices.
Parmi les œuvres qui furent apportées à Florence, il y eut le fameux diptyque des ducs d’Urbino de Piero della Francesca. En revanche, la célèbre bibliothèque fut entièrement absorbée par la Bibliothèque vaticane en 1657.
En outre, à Rome on apporta aussi les deux tables de Fra Carnavale, en les prélevant à l’église de Santa Maria della Bella. (Confisquées par la famille Barberini, puis soldées par les fascistes au Museum of Fine Arts de Boston, l’autre au Metropolitan Museum of Art de New York)
Les Albani et l’occupation française Le s’ouvrit avec l’élection au trône pontifical du cardinal d'Urbino GiovanFrancesco Albani, sous le nom de Clément XI.
Pour la ville s’ouvrit la dernière grande saison de splendeur, surtout du point de vue artistique et culturel ; grâce au financement par le pape Clément XI et la famille Albani d’importants travaux de rénovation de divers palais, églises et monastères de la ville, comme le palais Albani, une partie de la façade du palais municipal, le palais de l’archevêché, la Chapelle albanienne (à l’intérieur du couvent de Saint François), l’oratoire de Saint Joseph, la restructuration interne des églises de Saint François, Saint Dominique et Saint Augustin.
De nouveaux bâtiments furent construits (palais du collège Raphaël) et quelques manufactures artisanales virent le jour. En outre, le mécénat du pape et de sa famille se refléta dans de riches dons à la cathédrale (comme le nouvel autel) et aux autres organismes religieux de la ville.
Ce nouvel âge de splendeur pour la ville, se termina par la mort de Clément XI en 1721, réamorçant un nouveau déclin de la Ville, et ce, jusqu’à nos jours.
Après la mort du pape, la famille Albani restera la principale commanditaire des œuvres les plus significatives, jusqu’à la première moitié du , surtout chez les personnes du cardinal Annibale Albani et d'Orazio Albani, Ce dernier confiera à l’architecte Pietro Ghinelli la réalisation du Nouveau palais sur l’actuelle place de la République.
Principaux lieux d'intérêt Depuis 1998, son centre historique est classé au titre du patrimoine mondial de l'UNESCO. La ville est également représentée dans la série de sculptures victoriennes, dédiées aux quatorze villes les plus nobles de l’Italie unie.
Le palais ducal et la Galleria Nazionale delle Marche Le palais ducal est celui voulu par Frédéric III de Montefeltro. Il comprend son exceptionnel Studiolo (situé salle 18, dans les appartements du Duc), daté de 1476.
Ce dernier est l’endroit le plus emblématique du palais avec sa petite chapelle attenante.
Il porte des stucs sur la voûte et, sur la partie basse des murs, des marqueteries de bois de Baccio Pontelli en trompe-l'œil d’après des dessins de Sandro Botticelli, Francesco di Giorgio Martini et Bramante et le haut des murs est orné des toiles représentant les personnages illustres de Juste de Gand.