Au Royaume-Uni, le Crown Estate (c'est-à-dire le « Domaine royal » ou « Domaine de la Couronne ») gère le portefeuille des actifs associés à la Couronne britannique. Auparavant, il s'agissait de l'ensemble des biens possédés par les souverains. Cela a évolué vers une institution unique qui transfère ses recettes au HM Treasury (le « Trésor de Sa Majesté ») c'est-à-dire le ministère des Finances.

Le Crown Estate est l'un des plus importants propriétaires terriens du Royaume-Uni avec un portefeuille dépassant les 14,3 milliards d'eurosNew York Times, "Windows Opening on the Royal Family’s Wealth", 15 juillet 2007. La majorité du domaine en valeur est urbain (plus de ), notamment un grand nombre de propriétés dans le centre de Londres, mais il comprend aussi plus de de forêts et terres agricoles, plus de 55 % des estrans britanniques et détient nombre de droits et participations. Parmi ces avoirs, on compte par exemple l'hippodrome d'Ascot ou encore l'ambassade d'Israël à Londres.

Son histoire Le Domaine en Angleterre L'histoire des terres domaniales en Angleterre se résume, entre le règne de Guillaume le Conquérant et celui de la reine Anne, à une aliénation progressive.

Quand Guillaume le Conquérant décéda, les terres qu'il avait conquises étaient pratiquement restées intactes. Par la suite, ses successeurs en ont accordé aux barons et nobles qui leur apportaient leurs aides en hommes ou en armes. Les terres domaniales de la Couronne ont ainsi été au cours des siècles à la fois augmentées mais également diminuées : a élargi ses possessions au Pays de Galles et a quant à lui groupé ses propres possessions d'Écosse aux terres domaniales d'Angleterre et du Pays de Galles. Toutefois, les cessions dépassaient les acquisitions. En 1660, à la restauration, le revenu tiré des terres domaniales s'élevait à . À la fin du règne de (), cependant, ce même revenu était réduit à .

Avant le règne de , tous les revenus du royaume étaient consacrés aux dépenses de gouvernement du monarque. Ces revenus étaient de deux types :

les revenus héréditaires, dérivés principalement des terres de la Couronne, des droits féodaux, des licences, des recettes de l'administration des postes les revenus temporaires tirés de taxes imposées par le Roi pendant une période ou à vie.

Après la Révolution de 1688, le Parlement a gardé sous son contrôle la plus grande partie des revenus temporaires tout en libérant le souverain des charges inhérentes à l'armée et à la marine ainsi que du fardeau de la dette nationale. Pendant les règnes de , Anne, et , le souverain est resté responsable du gouvernement civil et de la Maison royale, disposant pour ce faire des revenus héréditaires et certains impôts.

À son accession au trône, renonça à ces revenus héréditaires en abandonnant les Domaines de la Couronne au Parlement ; il recevait en échange une somme fixe couvrant les dépenses de la Maison royale ainsi que les bénéfices obtenus du duché de LancastreVirginia Water, UK official website, "The Crown Estate". Le Roi abandonnait au Parlement son contrôle sur tous les impôts indirects héréditaires, les revenus de l'administration des postes ainsi que sur une partie des revenus héréditaires comprenant les loyers des terres domaniales en Angleterre (qui s'élevaient à environ ) et on lui a accordé une liste civile annuelle de livres pour subvenir aux besoins de la Maison royale et pour couvrir les dépenses du gouvernement civil. Même si le souverain a conservé de nombreux revenus héréditaires, son revenu s'est montré insuffisant pour combler ses dépenses parce qu'il utilisait sa prérogative de récompenser ses partisans en leur offrant des pots-de-vin et divers cadeauxThe Guardian, "The royal family and the public purse", 6 mars 2000. Les dettes, s'élevant à trois millions de livres, contractées lors du pourtant court règne du souverain furent apurées par le Parlement et la liste civile annuelle fut donc réévaluéeA Student's Manual of English Constitutional History, Dudley Julius Medley, p. 501, 1902.

Tous les souverains suivants ont renouvelé l'arrangement fait entre et le Parlement et la pratique semble être si ancrée dans l'usage qu'il serait difficile d'y mettre un terme’The Civil List and the Hereditary Revenues of the Crown’.

Le Domaine en Écosse Les revenus terriens héréditaires de la Couronne en Écosse, autrefois sous l'administration du ministère des finances d'Écosse, furent ensuite confiés aux "Commissioners of Woods, Forests, Land Revenues, Works and Buildings" (lit. Commissaires aux bois, forêts, terres, bâtiments et ouvrages) ainsi qu'à leurs successeurs par des lois de 1832, 1833 et 1835. Ces avoirs comprenaient principalement les territoires de Caithness et les Orcades, autrefois appartenant à l'Église (l'épiscopat a été aboli en 1689), les anciennes possessions royales de Stirling et d’Édimbourg ainsi que des droits féodaux. Il n'y avait pratiquement pas de propriétés urbaines. La majorité des actifs actuels en Écosse, excepté les plages et la pêche, provient d'investissements ultérieurs.

Le Domaine en Irlande En 1793, George III abandonnait également les revenus héréditaires d'Irlande pour se voir confier une liste civile annuelle couvrant ses besoins pour le gouvernement civil irlandais.

Tout comme en Écosse, les avoirs de la Couronne en Irlande comprenaient un mélange de droits féodaux, et de terres acquises par la force ou par confiscation, plus particulièrement après 1688. Au début des années 1830, Crown Estate reprit possession de terres à Ballykilcine qui s'ensuivit par l'aliénation des biens. Les locataires se sont vu demander le paiement de sept années d'arriérés de loyers. Ne pouvant y faire face, les occupants furent expulsés. En 1846, la Couronne paya le prix du voyage vers l'Amérique à tous les métayers qui voulaient abandonner leur droit aux terres (voir histoire de Ballykilcine sur site officiel.). que Crown Estate s'arrangeait pour faire travailler les plus en détresse notamment pour améliorer le drainageCommissioners' Report for 1853 p601 et 1855 p42 & 43. En 1854, une commission de la Chambre des lords a conclu que les plus petites propriétés en Irlande devaient être venduesCommissioners' Report for 1855 p47. hectares furent par la suite vendus pour environ £ en vente aux enchères et pour par accord privé : un désinvestissement important réinvesti en Grande-Bretagne.

Depuis le , pour ce qui concerne la république d'Irlande, les revenus terriens irlandais sont gérés et collectés par le gouvernement irlandais. Au moment de la partition de l'île, les différents prélèvements s'élevaient à £23,418 tandis que les baux s'élevaient à £1,191. Les propriétés cédées comprenaient surtout des plages.

Son administration au cours des siècles Tout au long des siècles, les personnes chargées de gérer ce qui est maintenant le Crown Estate étaient appelées : Surveyor General of Woods, Forests, Parks, and Chases (« Inspecteur général des bois, forêts, parcs et chasses ») et Surveyor General of the Land Revenues of the Crown (« Inspecteur général des rentes de la Couronne ») du à 1810 ; Commissioners of Woods, Forests and Land Revenues (lit. « Commissaires aux bois, forêts et revenus terriens ») entre 1810 et 1831 ; Commissioners of Woods, Forests, Land Revenues, Works and Buildings (lit. « Commissaires aux bois, forêts, revenus terriens, bâtiments et ouvrages ») entre 1832 et 1850 ; Commissioners of Woods, Forests and Land Revenues entre 1851 et 1924 ; Commissioners of Crown Lands (lit. « Commissaires aux terres domaniales ») entre 1924 et 1954.

Crown Estate est, aujourd'hui, une société commerciale chapeauté par les "Crown Estate Commissioners" (Commissaires aux Domaine de la Couronne) selon les dispositions de la "Crown Estate Act", loi de 1961 (texte de la loihttp://www.thecrownestate.co.uk/02_crown_estate_act_1961_text.pdf). Son portefeuille comprend des actifs dépassant les 9 milliards d'euros qui génèrent un revenu de £190 millions versé chaque année au Trésor britanniqueCrown Estate report and accounts, 2006. Le "First Commissioner" ou premier commissaire en est le président, même s'il n'y travaille pas à temps complet. Le "Second Commissioner" en est le Directeur Général. Voir les membres actuels du Conseil d'administration..

Son portefeuille Le portefeuille de Crown EstateTraduction inspirée du site officiel Crown Estate- Portfolio. Voir * http://www.thecrownestate.co.uk/our_portfolio.htm dépasse les 9 milliards d'euros, englobant trois secteurs : la ville, la campagne et la mer. Cela comprend plus de édifices classés Grade I qu'on peut comparer à nos monuments historiques et à plus de 400 sites classés réserves naturelles.

Immeubles de bureau et immeubles commerciaux Ce portefeuille d'actifs est constitué à la fois de bâtiments historiques et de bâtiments modernes (bureaux, commerces et centres commerciaux). Ces 1,4 million de m² de bureaux et commerces sont disséminés dans tout le Royaume-Uni, même si la plupart sont regroupés à Londres.

Regent Street

Regent Street est, longue de 2 kilomètres, la principale rue commerçante de Londres, dans le West End.Regent Street constitue en valeur la partie principale du portefeuille du Crown Estate. C'est, historiquement et commercialement, l'activité principale du Domaine. Plus de personnes travaillent sur Regent Street. Il y a là plus de 700 petites et moyennes entreprises et plus de 150 restaurants ou commerces de détail. En tout, ce sont 450 entreprises qui louent directement des espaces au Crown Estate.Tous les biens immobiliers sur Regent Street, de Oxford Circus à Piccadilly Circus, appartiennent au Crown Estate. Les édifices actuels datent des années 1920, ce qui explique que beaucoup de bureaux et commerces nécessitent une remise à neuf. D'importants investissements ont été engagés pour l'amélioration du site pour les générations futuresTraduction inspirée du site suivant Regent Street.

Holborn et la City Les biens immobiliers de La City mélangent, à la fois, des acquisitions relativement récentes et des immeubles historiques. Parmi les propriétés plus anciennes, on trouve le Royal Mint Court sur le site de l'ex Royal Mint, près de Tower Bridge, qui a été aménagé en espace de bureaux modernes à côté de lotissements. On y trouve encore l'ancien Public Records Building (les Archives nationales) remis récemment à neuf et qui accueille aujourd'hui la bibliothèque du King's College London (université londonienne prestigieuse).Des immeubles plus récents sont localisés près du Viaduc Holborne (pont reliant le quartier d'Holborne à la City). Parmi eux, on trouve Atlantic House. récemment rénové pour accueillir des courtiers de la City.

St. James's Bon nombre des propriétés du Crown Estate du Central London se trouvent dans le quartier historique de St. James's, arrondissement de la Cité de Westminster. Commerces et lieux de loisirs se trouvent dans les rues célèbres de Haymarket, Pall Mall, Lower Regent Street, Jermyn Street et St James's Street.

La finalité des biens immobiliers de la zone s'étend des clubs, des récents bureaux et restaurants aux bâtiments historiques ; des cinémas et restaurants de Haymarket aux galeries d'art et aux salles de ventes de St. James's. On trouve également dans cette partie de Londres des logements résidentiels, mais aussi de grands édifices modernes (tels que la New Zealand House ou la The Economist Tower) ainsi que deux hôtels (le Trafalgar et le Sofitel St James).

À l'extérieur de Londres Si la majorité du portefeuille de biens immobiliers est localisé à Londres même, d'autres immeubles d'importance sont possédés dans le royaume tout entier, d'autant que, dans les années 1980, on a décidé de diversifier les acquisitions (les biens immobiliers hors Londres représentent désormais 25 % du capital du portefeuille de biens immobiliers).