Le régiment de la Martinique est un régiment d'infanterie des colonies du royaume de France, créé en 1772, devenu sous la Révolution le d'infanterie de ligne.
Création et différentes dénominations : création du régiment de la Martinique 29 juin 1792 : renommé d’infanterie de ligne
Mestres de camp et colonels : N. de Sablonay : comte N.de Séguin
: comte Jacques Joseph Gaspard de Chabrol Chabrol (Jacques Joseph Gaspard de), colonel du régiment de la Martinique (Le Havre) : Louis MichonLouis de Michon ou Louis de Michon est né à Nîmes en 1731. Il avait servi dans le régiment de Vexin à partir de 1756 et avait été trois fois blessé au combat. En , il n’était que lieutenant. Boris Lesueur : Les troupes coloniales aux Antilles sous l'Ancien Régime : Pierre Feydieu
Historique des garnisons, combats et batailles du régiment Origines Les troupes coloniales sont créés par ordonnance royale du . .
Création Le , le « régiment de La Martinique » est formé avec les détachements des régiments de Bouillon, de Périgord, de Médoc, de Limousin et Royal-Vaisseaux, qui avaient en 1772 chacun un bataillon aux Antilles. Il trouva de nombreuses occasions de se distinguer pendant la guerre d'Amérique.
Guerre franco-anglaise et guerre d'indépendance des États-Unis En 1778, les grenadiers et les chasseurs contribuent, avec les régiments d'Auxerrois et de Viennois, à la prise de la Dominique, sous le commandement du marquis de Bouillé.
Le , un détachement du régiment, commandé par le chevalier de Lice, participe à la . Un autre détachement se trouve, au mois de , à la conquête de la Grenade et s'illustre à l'attaque du morne de l'Hôpital. Ce même détachement se trouve au combat naval du 6 juillet contre l'amiral Byron et au siège de Savannah au mois de septembre dans le cadre de la guerre d'indépendance des États-Unis.
Le , le régiment fournit un piquet qui s'embarque au Fort-Royal sur la flotte du comte de Guichen. Il assiste aux combats livrés à Rodney le 17 avril et les 15 et 19 mai, et y perd son colonel, le comte de Séguin, tué raide par un boulet .
Révolution française Le contre-coup de la Révolution se fait vivement sentir à la Martinique. Dans le commencement, le régiment demeura étranger au mouvement. Fin 1789, les garnisons du Fort-Royal et du Fort-Bourbon, composées principalement de soldats du « régiment de la Martinique », se déclarent en insurrection, chassent ses officiers, et, sous l'influence du parti de Saint-Pierre, s'emparent des forts. Dans cet état de choses, l'assemblée coloniale, le conseil supérieur, le gouverneur et toutes les autorités civiles et militaires abandonnent la ville du Fort-Royal et vont s'établir au Gros-Morne de la Martinique, au milieu d'un camp et d'une armée de volontaires, en majorité composée de mulâtres et de nègres libres Histoire maritime de France, de Léon Guérin, . .
Les soldats donnent une fête, le , et arborent le drapeau tricolore au Fort-Royal. Les grenadiers des troupes de ligne imitent cet exemple et obtiennent la permission de se rendre à Saint-Pierre pour fraterniser avec les troupes d'artillerie. Une dispute survenue au spectacle entre le parterre et un officier du régiment de la Martinique, par rapport à la cocarde tricolore, occasionne une grande confusion. Neuf officiers veulent se battre en duel contre le même nombre de bourgeois. Les soldats prennent les armes et sortent de la ville pour mieux se défendre : les habitants s'emparent des batteries et des poudrières L'art de vérifier les dates ... de David Baillie Warden, Saint-Allais (Nicolas Viton), Maur François Dantine..., ....
Pendant ces troubles qui ensanglantent l'île au commencement de la Révolution, Jean-Joseph de Gimat, le colonel du régiment et gouverneur de Sainte-Lucie, est tué à sa tête Lacave La Plagne Barris (P.), Dictionnaire de l'émigration gasconne, Auch, impr. Cocharaux, 1919, II, . .
Le régiment de la Martinique a un bataillon détaché à Cayenne Histoire des causes de la Révolution française, de Bernard Adolphe Granier de Cassagnac, ..
Le , deux compagnies en garnison dans le Fort Bourbon s'insurgent et se renferment dans le fort. Le gouverneur de la Martinique, Claude Charles de Damas de Marillac, court les assiéger avec le reste du régiment, et il se voit alors abandonné par toutes les autres compagnies qui passent dans le fort à l'exception des grenadiers, lesquels déclarent eux-mêmes vouloir rester neutres, et qui se retirent au fort de la Trinité Fort de la Trinité avec 23 officiers obligés de s'éloigner de leurs soldats rebelles. En 1791, le « régiment de la Martinique » était toujours retranché au fort Bourbon. Afin de débloquer la situation le régiment de la Guadeloupe, appelé pour combattre cette insurrection, se révolte également et alla rejoindre les insurgés. Les des 31, 34 et d'infanterie furent embarqués à Brest ainsi que le du 25 embarqué à Nantes et débarquèrent en Martinique pour être employé contre les rebelles. Les des et refusèrent d'agir contre les rebelles. Ils furent renvoyés en France et débarquèrent en juin à Rochefort et à Brest. Le du refusa quant à lui de débarquer et revint en juin à BrestHistoire de l'infanterie en France par Belhomme T3 P461.
Cependant les insurgés s'étant soumis, les régiments de la Martinique et de la Guadeloupe furent embarqués pour la France. En juillet, Martinique débarqua à Belle-Isle et Guadeloupe à Hennebont et furent réorganisés à seulement 2 bataillons. Par la suite, les trois comités militaires, de marine et des colonies s'occupent des troupes coloniales nouvellement arrivées en France, et de la nécessité de prendre à leur égard une détermination provisoire. En effet, trois des régiments coloniaux arrivent en France : Martinique, Guadeloupe et Port-au-Prince. Tous les trois ont été renvoyés, accusés de délits graves, et d'une insubordination qui rendait leur service et leur présence dangereuse. Le régiment de la Martinique, après avoir méconnu l'autorité du gouverneur, de ses officiers, emprisonné son colonel, s'était emparé du Fort-Bourbon et y était devenu le principal instrument de la guerre civile qui a désolé cette malheureuse colonie, comme l'écrivent les journaux de l'époque ou les témoins.
Le décret du 5 mai 1792 réunit les débris des régiments de La Martinique et de La Guadeloupe pour en composer le .
Sources et Bibliographie
Louis Susane : Histoire de l'ancienne infanterie française, Tome 7 Historiques des corps de troupe de l'armée française (1569-1900) Émile Mignot de Lyden : Nos 144 Régiments de ligne Boris Lesueur : Les troupes coloniales aux Antilles sous l'Ancien Régime
Notes et références Notes
Références
Catégorie:Unité militaire sous l'Ancien Régime Catégorie:Unité d'infanterie française dissoute Regiment Regiment