vignette|Panneau d'information (en allemand) : carte d'état-major soviétique de 1988 avec les caractéristiques (dans le rectangle rouge) du pont de Rüdlingen en Suisse (matériel : ЖБ [= Железобетон/béton armé] ; longueur du pont : 110 m ; largeur de la chaussée : 5 m ; capacité : 30 tonnes).

La P-26 (Projekt 26 en référence au nombre 426 dans le rapport du Conseil fédéral sur la politique de sécurité du ) était une organisation secrète suisse créée en 1979 et dissoute en pour la préparation de la résistance suisse dans le cas où le pays aurait été occupéAgence télégraphique suisse, « Le rapport sur l’armée secrète P-26 publié », Le Temps, 25 avril 2018 (page consultée le 26 avril 2018).. Active pendant la guerre froide, son rôle était d'organiser une résistance en cas d'invasion par le pacte de Varsovie.

Une étude universitaire publiée en affirme que la P26 ne faisait pas directement partie du réseau Gladio, mais avait des relations étroites avec le MI6 britannique Annonce d'une étude de l'EPFZ sur les armées secrètes mises en place par l'OTAN et le MI6 durant la guerre froide, et la P26 suisse. La même, en anglais.. Le conseiller national Remo Gysin qualifie les rapports qu'entretenait la P26 avec les services secrets britanniques (MI6) et l'OTAN de « notoires ».

En 2019, les allégations portant sur les membres du réseau P-26 sont battues en brèche, de nombreuses conclusions tirées au début des années 1990 s'avérant ne pas correspondre à la vérité historique. D'après l'historien , parler d'armée secrète relève de la .. Histoire

L'organisation armée secrète P26 a été créée en 1979, sans l’aval du Parlement et financée par des fonds publics.

L'existence de la P26 a été révélée dans le cadre du scandale des fiches en Suisse en 1990, lorsqu'une enquête administrative (« rapport Cornu ») a été rendue publique. En 2018, le Conseil fédéral a rendu publique la « version destinée au public » anonymisée du rapport Cornu du . La version intégrale du rapport Cornu, déposés aux Archives fédérales, reste classifiée « secret » jusqu’en 2041. Sept classeurs et accompagnant l'enquête de Pierre Cornu ont cependant disparu, l'enquête en vue de retrouver ces documents demandés par un chercheur a été close sans résultats le .

Le , durant les travaux d'investigation sur le scandale des fiches et la P26, Herbert Alboth est assassiné dans son appartement à Liebefeld près de Berne. Cet homme avait dirigé la P26 pendant « quelque temps » et avait écrit au conseiller fédéral Kaspar Villiger le , proposant de faire toute la lumière sur les armées secrètesMotion parlementaire (rejetée) du conseiller national Josef Lang pour la publication complète du rapport Cornu (enquête administrative destinée à faire toute la lumière sur la nature des relations éventuelles entre l'organisation P26 et des organisations analogues à l'étranger)..

Lors des enquêtes, certaines personnes entendues ont refusé de s'exprimer au nom du secret défense, ou pour ne pas évoquer les autres pays imliqués dans les opérations. Selon les responsables du P26, les archives de 1983 à 1986 ont été épurées avant l'enquête.

La P26 a stocké des armes et munitions dans au moins quatre lieux tenus secrets en SuisseGenevefa Étienne, Claude Moniquet, Histoire de l'espionnage mondial, tome 2, Éditions du Félin, 2002, p. 173-177. : l'un d'eux, révélé au public, était situé à Gstaad dans l'Oberland bernois. Certains membres de son personnel ont suivi des cours de formation auprès du MI6 en Angleterre.

La P26 a été dissoute en .

En 2019, une exposition sur le P26 se tient au Musée Sasso San Gottardo, ancien bunker secret de l'armée suisse.

Effectifs et buts

Lors de sa dissolution, la P-26 comprenait dont 300 cadres répartis dans disséminées sur le territoire suisse. L'effectif théorique des cadres aurait dû atteindre 827 personnes.

En plus des actions de renseignement et de résistance en cas d'invasion, elle devait mettre en œuvre un plan d’évacuation du gouvernement suisse pour l’Irlande. Plusieurs immeubles en Irlande furent achetés dans cette optique. Albert Bachmann participa à la création de cette armée secrète et à l'achat des terrains en IrlandeThierry Clémence, Sonia Freudiger & Jérémie Favre. L'hôtel irlandais qui aurait pu servir de base secrète au Conseil fédéral. RTS, 26 février 2024..

Structure Selon le rapport au Conseil fédéral du , l'organisation avait, en résumé, la structure suivante : un état-major de conduite, dirigé par le chef de l'organisation ; un état-major mobile, destiné à prendre le chemin de l'exil en cas de besoin ; un service de renseignements (semblable, mutatis mutandis, aux services de renseignements des unités de l'armée) ; un service d'information (pour la guerre psychologique et l'information de la population) ; un service du génie (pour la résistance armée, notamment les actions de sabotage) ; un service des transmissions (pour les liaisons entre, par exemple, l'état-major de conduite et les autres membres de l'organisation) ; un service « 3M » (Menschen, Material, Meldungen) pour le transport de personnes, de matériel et de messages, principalement par voie aérienne.

Membres connus

Notes et références

Annexes

Bibliographie Martin Matter, Le faux scandale de la P26 et les vrais préparatifs de la résistance, Éditions Slatkine, 2013. Tiré du livre en allemand P-26, die Geheimarmee, die keine war. Titus J. Meier, Widerstandsvorbereitungen für den Besetzungsfall. Die Schweiz im Kalten Krieg. Dissertation Universität Zürich, Verlag NZZ Libro 2018, .

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Liens externes P26, l’armée secrète de la Suisse, émission radiophonique Motus et bouche cousue, , La Première. « Il était une fois l'armée secrète suisse », Temps Présent, RTS.ch, 21 décembre 2017. Guerre Froide, l'incroyable histoire de l'armée secrète suisse : La P-26 | Temps Présent

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