Le prince Alphonse de Bourbon, prince des Asturies,, né le au palais royal de Madrid et mort le au Gerland Hospital de Miami, est un prince espagnol de la maison de Bourbon et de la famille royale d'Espagne .
Fils aîné du roi Alphonse XIII, titré dès sa naissance prince des Asturies, en qualité d’héritier du trône, il perd sa position à la suite la proclamation de la Seconde République, en . Désirant contracter une union « inégale », il renonce à ses droits sur la couronne espagnole pour lui et ses descendants éventuels et prend le titre de courtoisie de comte de Covadonga en . Il récuse ultérieurement sa renonciation, avant de périr d'un accident automobile.
Biographie Enfance En tant que fils premier né du roi Alphonse XIII (1886-1941) et de la reine, née princesse Victoire-Eugénie de Battenberg (1887-1969), Alphonse reçoit automatiquement la qualité de prince des Asturies à partir de sa naissance, le . En première ligne dans l’ordre de succession, il supplante son cousin germain, Alphonse de Bourbon (1901-1964), infant de grâce d’Espagne par le décret royal du et héritier présomptif de la Couronne espagnole depuis le décès de sa mère la princesse María de las Mercedes (1880-1904), princesse des Asturies.
vignette|Le prince Alphonse (à droite) et son frère l’infant Jacques.|gauche|upright=0.8
À l’occasion de son baptême, le , il est officiellement fait chevalier de l’ordre de la Toison d’or et de celui de (avec collier) par son père le roi , qui assure la grande maîtrise de ces deux ordres ; il reçoit les prénoms d’Alfonso Pío Cristino Eduardo Francisco Guillermo Carlos Enrique Eugenio Fernando Antonio Venancio.
Entre 1908 et 1914, la reine Victoire-Eugénie donne naissance à six autres enfants : l’infant Jacques (1908-1975), l’infante Béatrice (1909-2002), l’infant Ferdinand (mort-né en 1910), l’infante Marie-Christine (1911-1996), l’infant Juan (1913-1993), et l’infant Gonzalve (1914-1934).
Le prince des Asturies a une santé très fragile durant toute sa vie puisqu’il souffre d’hémophilie, une maladie génétique qui a affecté des descendants de la reine Victoria. Les crises entraînées par la maladie font qu’il n’obtient pas une formation suffisante pour devenir un jour roi ; en outre, il connaît des difficultés à assurer les fonctions publiques que requiert la position d’héritier du trône.
Le jour suivant la proclamation de la Seconde République espagnole, le , il part avec sa famille vers l’exil. Ne pouvant marcher en raison des crises qui l’affligent, le prince doit être aidé pour quitter le palais royal de Madrid. Aux côtés de sa mère et de la plupart de ses frères et sœurs, il quitte le pays en train pour rejoindre la France.
Renonciation à ses droits au trône et mariages Alors en convalescence et en traitement dans une clinique suisse, le prince des Asturies tombe amoureux d’une Cubaine aux origines espagnoles, Edelmira Sampedro Robato (1906-1994). Celle-ci n’étant pas membre d’une famille souveraine, Alphonse, conformément à la pragmatique sanction de 1776 sur les unions inégales, serait censé abandonner ses droits à la couronne pour l'épouser. Néanmoins, cette pragmatique sanction est abolie de facto depuis 1931, puisque l'Espagne est devenue une république.
vignette|Son mariage avec la roturière Edelmira Sampedro, le (photo), avait été précédé de sa renonciation au trône d’Espagne dix jours plus tôt.|gauche|upright=0.9
Toutefois, dans une lettre rédigée le , il renonce pour lui et son éventuelle descendance au trône d’Espagne ; il prend le titre de courtoisie de comte de Covadonga.Dix jours plus tard, le 21 juin, le prince Alphonse épouse doña Edelmira en l’église du Sacré-Cœur d’Ouchy, près de Lausanne. Née à Sagua La Grande le , celle qui devient la comtesse de Covadonga est la fille de Pablo Sampedro y Ocejo, propriétaire d’une plantation de cannes à sucre, et d’Edelmira Robato y Turo, d’origine asturienne. Sans descendance, le couple divorce le à La Havane, mais non reconnue en Espagne.
En secondes noces, Alphonse contracte le 3 juillet suivant une union civile à l’ambassade d’Espagne à La Havane avec (1913-1993), mannequin de haute couture également de nationalité cubaine, fille du Blas Manuel Rocafort y González, odontologue, et de Rogelia Altuzarra y Carbonell. Sans postérité, les époux se séparent à La Havane le .
vignette|gauche|80px|Alfonso de Bourbon, prétendu fils unique d’Alphonse.|upright=0.9|alt=
Le décès du prétendant légitimiste et carliste, Alphonse-Charles de Bourbon (1849-1936), duc de San Jaime, survenu le à Vienne, fait du roi l’aîné agnatique des Capétiens et le chef de la maison de Bourbon. Ainsi, pour les légitimistes français, l’ancien souverain devient ipso facto chef de la maison de France et prétendant au trône de France. La renonciation espagnole du prince des Asturies en 1933 — à supposer qu’elle fût valable (non seulement elle ne fut jamais officialisée, mais en outre le prince la récusa par la suite.) — ne s'appliquant pas à la France, Alphonse et son épouse Edelmira, comte et comtesse de Covadonga, sont reconnus par les légitimistes comme le dauphin de France et la dauphine de France.
Officiellement, le comte de Covadonga n’a pas de descendants issus de ses deux mariages. Toutefois, un certain Leon Shafferman (1932-2012), né à Lausanne et dit , a prétendu être le fils pré-marital d’Alphonse et d’Edelmira.
Mort et sépultures Le , à Miami, la voiture d'Alphonse, qui a fait une embardée pour éviter un camion, s'écrase contre une cabine téléphonique. Bien que l'accident ait été mineur et ses blessures superficielles, Alphonse fait néanmoins une hémorragie interne à cause de son hémophilie et meurt au Gerland Hospital, à l'âge de 31 ans.
Originellement inhumé au de Miami, il est rapatrié en Espagne le , sur ordre de son neveu . Sa dépouille repose désormais au panthéon des Infants du monastère Saint-Laurent-de-l’Escurial auprès de sa mère, la reine Victoire-Eugénie, et de ses frères, les infants Jacques et Gonzalve ainsi que le comte de Barcelone.
Titres et honneurs
Titulature Titulature officielle - : Son Altesse royale le prince des Asturies (naissance) ; Titulature de courtoisie En Espagne - : Son Altesse royale le prince des Asturies ; - : Son Altesse royale le comte de Covadonga ; En France - : Son Altesse royale le dauphin de France..
Premier né du couple royal espagnol, le prince Alphonse reçoit à sa naissance la dignité de prince des Asturies en tant qu'héritier de la Couronne, et ce en conformité avec la constitution espagnole de 1876, qui traite notamment de la succession pour le trône à l'article 60 du septième titre (de la succession à la Couronne).
Le , la république est proclamée ; le roi et sa famille sont contraints à quitter le pays. Alors qu’ se trouve en exil, les titres octroyés sous la Deuxième Restauration sont rendus caducs par le nouveau régime. D’ailleurs, ceux du prince Alphonse n’y échappent pas : ils deviennent comme les autres irréguliers et illégaux puisqu’il n’existe plus de fons honorum garantissant leur pérennité.
À Lausanne, le , le prince Alphonse renonce à ses droits sur le trône d’Espagne afin de pouvoir contracter une alliance avec une roturière cubaine en application de la pragmatique sanction (abolie de facto en 1931 par la proclamation de la république) prise par en 1776, qui prohibait ce type d’union. En outre, le prince reçoit d’ le titre de courtoisie de comte de Covadonga ; il ne devient alors qu’un simple membre de la famille royale, relégué à la dignité d’ « infant d’Espagne ».
Après la renonciation de Jacques (qu'il récusera en 1949), le , un autre frère cadet d’Alphonse, l'infant Juan (1913-1993), devient l'héritier dynastique d’ et prend conséquemment le titre de courtoisie de prince des Asturies ; il lui succède en comme prétendant au trône et renonce en 1977 à ses prétentions dynastiques en faveur de son fils .
De leur côté, les légitimistes français reconnaissent Alphonse comme dauphin de France en 1936, quand son père Alphonse XIII devient l'aîné des Capétiens et des Bourbons.
Honneurs Honneurs espagnols Toutes les décorations espagnoles que le prince Alphonse reçoit émanent de son père ; elles sont octroyées par le biais de différents décrets royaux réguliers.
50px|Chevalier grand collier de l’ordre de la Toison d’or Chevalier grand collier de l’ordre de la Toison d’or () 50px|Chevalier grand collier de l’ordre royal et distingué de Charles III Chevalier grand collier de l’ordre royal et distingué de Charles III () 50px|Chevalier grand-croix de l’ordre royal d’Isabelle la Catholique Chevalier grand-croix de l’ordre royal d’Isabelle la Catholique () 50px|Grand commandeur de Montalbán de l’ordre de Saint-Jacques Grand commandeur de Montalbán de l’ordre de Saint-Jacques () 50px|Chevalier grand collier de l’ordre royal d’Isabelle la Catholique Chevalier grand collier de l’ordre royal d’Isabelle la Catholique ()
Honneurs étrangers En tant qu’héritier de la monarchie espagnole, le prince des Asturies est également distingué par des souverains étrangers : au royaume d’Italie, par Victor-Emmanuel III, en 1924 : chevalier de l’ordre suprême de la Très Sainte Annonciade ; chevalier grand-croix de l’ordre des Saints-Maurice-et-Lazare ; chevalier grand-croix de l’ordre de la Couronne d’Italie ; au royaume de Suède, par Gustave V : chevalier de l’ordre des Séraphins () ; au royaume de Danemark, par Christian X : chevalier de l’ordre de l’Éléphant ().
Armes
Entre 1907 et 1931, comme prince des Asturies, le prince Alphonse détient des armes lui étant propres, généralement timbrées d’une couronne princière et entourées par le collier de l’ordre de la Toison d’or.
Ascendance
Bibliographie .
Notes et références Sources
Notes
Références
Annexes
Articles connexes Covadonga Maison de Bourbon Pragmatique sanction pour éviter l’abus de contracter des alliances inégales Prince des Asturies Royaume d’Espagne (1874-1931)
Liens externes
Généalogies des Bourbons d’Espagne sur le site Racines et histoire
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