vignette|Un homme aux cheveux et à la barbe blonds (Lars Unnerstall).

La blondeur est l'attribut des personnes ayant des cheveux de teinte plutôt claire, « jaunes » ou dorés, blond vénitien, cendrés ou platine.

À l'état naturel, cette caractéristique se rencontre en grande majorité chez les populations européennes ou d'ascendance européenne, en particulier celles d'Europe du Nord et, plus faiblement, en Europe centrale et en Europe de l'Est. On la retrouve néanmoins également, dans une moindre mesure, dans le bassin méditerranéen (Europe du Sud ; Afrique du Nord-Ouest : Amazighs (Chleuhs et Rifains au Maroc, Kabyles et Chaouis en Algérie), nord de la Tunisie, Guanches des Canaries ; Proche-Orient : Syrie, Liban, Palestine), en Asie centrale (peuples turcs), en Grande Perse (Yézidis, Baloutches d'Iran, Bakhtiaris, populations de Guilan et de Mazandaran, Nouristanis en Afghanistan, Kalash au Pakistan), au nord de l'Asie de l'Est (Mongols), en Sibérie (Nénètses, Nganassanes, Mansi, Khantys), en Asie du Sud-Est (Hmong) et en Océanie (Mélanésiens, Micronésiens, Polynésiens, Aborigènes d'Australie).

Étymologie vignette|Détail d'un portrait du prince héritier de Pologne Sigismond Casimir Vasa (c. 1644), aux cheveux blonds caractéristiques qui se sont assombris avec le temps comme le confirment ses effigies ultérieures.

Le mot « blond » est documenté pour la première fois en anglais en 1481"blonde|blond, adj. and n.". OED Online. Mars 2012. Oxford University Press. Web. 17 May 2012. et dérive du vieux français blund, blont, qui signifie une « couleur à mi-chemin entre le doré et le châtain clair »Harper, Douglas. "Blond (Adj.)." Online Etymology Dictionary. Web. 17 May 2012.. Les linguistes qui privilégient une origine latine pour ce mot disent que Medieval Latin blundus était une prononciation vulgaire du latin flavus, signifiant également « jaune ». La plupart des autorités, notamment françaises, attestent de l'origine franque. En Angleterre, le terme blond a progressivement éclipsé le terme « fair », de même signification, du vieil anglais fæġer, faisant que « fair » est devenu plus tard un terme général pour « teint clair ». Le mot a été réintroduit en anglais au à partir du françaisOrigin of "blonde" , from Online Etymology Dictionary..

Anthropologie

La mutation du gène MC1R ayant abouti à la couleur blonde s'est produite il y a , pendant la dernière période glaciaire. Il est possible que le caractère blond ait été apprécié par les populations préhistoriques pour sa rareté. Selon l'anthropologue canadien Peter Frost, sa fréquence en Europe aurait pour origine une sélection sexuelle, à l'époque du Paléolithique Abstract : « European hair and eye colour: A case of frequency-dependent sexual selection? » dans Evolution and Human Behavior, volume 27, 2, pages 85-103 (mars 2006).

France et Europe occidentale vignette|Jeune fille aux cheveux blonds naturels. La France comportait par exemple en 2002source : Quid 2003, , c. a environ :

10 % de blonds (surtout dans le Nord et l'Est de la France, en Normandie et en Bretagne) ; 50 % de personnes aux cheveux châtain (du clair au foncé) ; 20 % de personnes aux cheveux gris ; 10 % de personnes aux cheveux noirs ; 5 % de roux ; 2,5 % de brun foncé ; 2,5 % de personnes aux cheveux blancs.

Europe du Nord Les pays nordiques sont ceux où les blonds sont les plus nombreux (près des trois quarts de la population). Cela s'explique principalement par la situation géographique de ces pays et la relative homogénéité de la population. Les chercheurs Nina Jablonski et George Chaplin ont montré, en 2000, la corrélation entre la pâleur de la peau (généralement associée chez les Européens à un déficit général en mélanine qui se traduit également au niveau des cheveux) et la faible quantité de radiations UV typique des hautes latitudes.

Europe de l'Est Dans les régions d'Europe de l'Est, on retrouve une proportion de blonds plus ou moins élevée.

Europe du Sud

Proche-Orient

La blondeur est notamment parfois présente chez les populations du Proche-Orient : en Syrie, au Liban ou en Palestine, on retrouve quelquefois des personnes aux cheveux blonds.

Maghreb Au Maghreb, on retrouve le phénomène de blondeur principalement chez les populations amazighes du Maroc dans le Rif, le Souss et d’autres régions de l’Atlas, du Nord de l'Algérie en Kabylie et dans l'Aurès, chez les populations du Nord de la Tunisie, et chez les Guanches, population autochtone des Canaries d'origine berbère.

Asie centrale

Certains peuples turcs comportent eux aussi une proportion de blonds au sein de leur population.

Grande Perse

Dans la région historique de la Grande Perse, on retrouve la blondeur chez certains peuples iraniens dont les Yézidis, les Baloutches d'Iran, Bakhtiaris, et populations des provinces de Guilan et de Mazandaran en Iran, les Nouristani en Afghanistan, les Kalash au Pakistan, etc.

Mongolie et Sibérie

En Asie la blondeur se retrouve notamment chez les Mongols et chez certaines populations de Sibérie telles que les Nénètses, les Nganassanes, les Mansis, les Khantys

Asie du Sud-Est thumb|Jeune fille ouïghoure avec des cheveux blonds naturels (Xinjiang, Chine). On retrouve des blonds chez les Hmong, ethnie originaire du nord du Vietnam. Il est en revanche rare de trouver des blonds chez les Hmong de Chine car ils y sont très métissés avec les Han. Les Hmong blonds se retrouvent principalement dans les zones de collines isolées de l'Asie du Sud-Est. Néanmoins, la plupart des Hmong ont les cheveux noirs. En grandissant, les cheveux des Hmong blonds ont tendance à se foncer.

Océanie

La blondeur existe aussi dans des populations non européennes, comme c'est le cas chez certains peuples indigènes des régions d'Océanie : Mélanésiens, Micronésiens, Polynésiens et Aborigènes d'Australie.

Le gène, du fait de l'isolement insulaire, se serait transmis et répandu parmi ces populations.

Selon une communication présentée par Jean PoirierJean Poirier, L'Élément blond en Polynésie et les migrations nordiques en Océanie et en Amérique, Paris, Société des océanistes (Impr. nationale), 1953, 48 p. : couv. ill. ; Gr. in-8° (1921-2009), en Polynésie il serait dû à un peuplement d'origine mongole (et peut-être proto-indonésienne) sur lequel se seraient greffés des éléments caucasiens.

La blondeur des Mélanésiens pourrait quant à elle être due à la mutation de plusieurs gènes de pigmentation mais aussi être attribuée aussi bien à l'exposition au soleil qu'à la sélection sexuelle et est combinée à une peau foncée.

Blondeur pathologique L'albinisme peut donner chez certaines personnes une couleur blonde aux cheveux, mais il n'est pas en jeu chez les blonds ordinaires.

Les déficits nutritionnels graves chez les jeunes enfants peuvent aussi entraîner un pâlissement de la chevelure.

Chez les albinos ou les personnes âgées aux cheveux entièrement dépourvus de pigment, on peut parfois observer une coloration jaune pâle due à la kératine.

Blondeur artificielle La coloration blonde des cheveux, mise en avant par les stars du cinéma comme Brigitte Bardot ou encore Marilyn Monroe (Les hommes préfèrent les blondes), ou de la musique comme Lady Gaga et Britney Spears, est répandu dans le milieu de la télé, du cinéma, du show-biz et dans toute la société, grâce aux campagnes publicitaires sur les produits de teintures.

Histoire de la teinture en blond Durant l'Antiquité, les femmes grecques et romaines aiment changer de couleur de leurs cheveux pour suivre la mode qui prône parfois la blondeur. Elle se teignent les cheveux à l'aide de produits alcalins (eau de chaux, dérivés d'ammoniac du type fientes de pigeon ou urine fermentéeL'urine laissée quelques semaines dans un récipient fermé subit la fermentation ammoniacale : plusieurs micro-organismes (le principal étant Micrococcus ureae) hydrolysent son urée en carbonate d'ammoniaque, responsable du pH alcalin. . d'enfants) qui favorisent la pénétration dans la tige capillaire de différentes lotions éclaircissantes (suc et jus de végétaux telles la camomille, l'Orcanette des teinturiers, l'huile de lentisque et la lie du vinaigre). La blondeur est particulièrement prisée chez les prostituées romaines et les hétaïres grecques, d'où la sulfureuse réputation des blondes.

À la Renaissance italienne, les femmes se teignent en blond vénitien (roux très clair parfois perçu comme blond aux reflets roux). Au , les perruques blondes et rousses pour les femmes leur évitent les décolorations à base de fientes de pigeon ou de soude qui avaient encore lieu au siècle précédent.

Joanna Pitman dans son livre Les Blondes, une drôle d'histoire : d'Aphrodite à Madonna considère la courtisane parisienne Rosalie Duthé comme une des premières blondes notoirement idiote en se basant sur la pièce de 1775 Les Curiosités de la foire qui caricatureraient sa bêtise. Notons tout de même que l'ascension sociale et financière de Rosalie Duthé, qui mourut riche et âgée après avoir connu l'Ancien Régime, la Révolution française et sa Terreur et le Premier Empire, est difficilement compatible avec un tel défaut. Le modèle de la blonde idiote refait surface en 1925 sous la forme de Lorelei Lee, personnage du roman Les hommes préfèrent les blondes et qui est incarné par Marilyn Monroe dans le film homonyme Les hommes préfèrent les blondes d'Howard Hawks sorti en 1953. Dans les années 1950, se développe au cinéma le type de la « Hollywood blonde » avec des actrices à la chevelure blonde platine oxygéné, telles que Marilyn Monroe, Jayne Mansfield, et Betty Hutton. Judy Holliday se spécialise dans le renversement du stéréotype de la blonde idiote, dans une série de films (Comment l'esprit vient aux femmes, Une femme qui s'affiche, Je retourne chez maman) de George Cukor.

Symbolique en Occident Dans la symbolique occidentale, la blondeur a plusieurs significations.

: cette figure a dérivé vers le stéréotype de la blonde dans les fictions ; alors que la femme brune représente plus souvent la maîtresse ou l'aventurière et la femme rousse la tentatrice. Chez les Québécois et les Néo-brunswickois, on utilise le terme ma blonde, pour désigner son amoureuse, sa conjointe, son épouse, donc la femme que l'on aime (d'où ou d'après la chanson populaire Auprès de ma blonde).

Le blond est aussi souvent la couleur des cheveux des jeunes enfants (d'où l'expression « nos chères têtes blondes ») la blondeur des enfants a souvent tendance à évoluer avec le temps, cette évolution peut être naturelle ou influencée par des éléments extérieurs tels que la pollution urbaine ; par extension, il symbolise la pureté. Les anges sont également souvent représentés blonds dans , tout comme le Christ parfois dont on trouve de très nombreuses représentations en blond foncé aux yeux bleus.

La blondeur fut également envisagée comme un symbole de pureté, mais ethnique. Dans les différentes monarchies germaniques et nordiques qui furent instaurées en Europe lors de l'extension des royaumes barbares au début du Moyen Âge, le cheveu blond et long était un signe de vigueur qui distinguait les peuples septentrionaux et occidentaux des Romains. Toutefois, chez les Romains, les cheveux blonds étaient aussi valorisés, car il n'était pas rare que les dieux soient représentés avec des cheveux blonds (bien que cette couleur de cheveux soit peu fréquente parmi les populations méditerranéennes).

Dans les cultures qui descendent de ces royaumes, il subsiste des traces de cette positivité associée à la blondeur dans le langage courant. Ainsi, en anglais, le terme fair qui signifie juste ou honnête désigne aussi cette couleur de cheveux.