Un crossover (appelé aussi incursion.), dans le domaine de la fiction, est une production qui réunit des personnages dont les aventures se déroulent habituellement dans des séries distinctes.

Le mot « crossover » est un anglicisme, la commission générale de terminologie et de néologie propose le terme « incursion » avec la définition suivante : « apparition d'un personnage dans une série télévisée ou une bande dessinée différente de celle à laquelle il appartient ». Cette définition est en fait un peu restreinte, car on appelle aussi crossover un regroupement d'aventures de différents personnages tournant autour d'un même événement global, même si les personnages n'interfèrent pas directement entre eux (House of M est un crossover selon la terminologie de Marvel Comics). On trouve des crossovers dans la littérature, le cinéma, l'animation et le jeu vidéo. Un exemple de crossover dans le cinéma est Avengers qui rassemble les différents super-héros des films précédents de la saga.

Principe On appelle crossover toute histoire mêlant des personnages issus de deux séries de fiction distinctes, ou impliquant les héros de plusieurs séries de fiction dans une même histoire globale.

L'intervention peut prendre plusieurs formes : L'invitation : un personnage intervient dans une autre série de fiction que la sienne, devenant un personnage, majeur ou non, de ce récit. Dans ce cas, une seule des séries est impliquée. C'est par exemple le cas dans l'album Miss Persil de la série Les Petits Hommes : Cédric et quelques autres personnages de sa série interviennent sur quelques pages, qui font tout de même partie intégrante de l'album. La série Cédric ne fait pas allusion à cet épisode, les histoires de Cédric étant indépendantes entre elles. Quand le personnage est trop détourné ou joue un rôle trop faible, il ne s'agit plus d'un crossover mais d'un clin d'œil. Les épisodes partagés : dans ce cas, le crossover implique que chacune des deux séries y consacre un épisode (ou plus). Les épisodes des différentes séries peuvent ou bien se suivre (Avocats et Associés et PJ), ou bien se dérouler en même temps, quitte à reprendre quelques dessins (pour une BD), racontant des événements complémentaires (Les Petits Hommes et Le Scrameustache) Le crossover événementiel : initié par la série Crisis on Infinite Earths, ce crossover consiste à créer une histoire majeure pour tout un univers de fiction, dont les événements sont répartis dans toutes les séries impliquées. Dans certains cas, certaines séries jouent un rôle si secondaire qu'elles ne sont pas nécessaires à la compréhension de l'histoire globale. Par exemple dans le crossover Onslaught, les séries principales (phases) montraient le combat contre Onslaught, alors que les secondaires (impact) montraient les aventures d'autres personnages faisant face aux événements, sans combattre directement Onslaught. Une règle implicite veut que les crossovers événementiels des comics aient des conséquences majeures sur l'histoire des personnages. Le crossover inter-éditeur : plus rare, il fait figure d'épisode indépendant et influe très rarement sur le déroulement des séries concernées. On citera à cet effet la tradition des crossovers DC/Marvel, reposant pour la majeure partie sur un canevas fixe : par exemple, un ennemi d'un héros Marvel arrive dans la ville d'un héros DC et s'associe à un ennemi de ce dernier. Après une altercation avec son homologue, le héros Marvel combattra le super-vilain DC et inversement.

Concepts proches Le Cycle est un ensemble de séries, appartenant à une même continuité, partageant certains personnages. Par exemple, l'ensemble des bandes dessinées de Marvel Comics ou de DC Comics constituent chacun un cycle. L'imbrication des séries entre elles est telle qu'on n'utilise le terme de crossover que pour les rencontres événementielles.

Dans la bande dessinée française, on peut noter les cycles respectivement initiés par les séries Les 7 Vies de l'épervier, Le Chant des Stryges et Lanfeust de Troy.

La série dérivée est une série créée en utilisant comme personnage principal un personnage qui n'était pas en tête d'affiche d'une autre série. Comme il est alors évident que le personnage appartient aux deux séries, on trouve facilement des crossovers.

Contraintes L'incursion ne peut être réalisée que si les univers dans lesquels évoluent les différents personnages sont suffisamment compatibles (ou considéré comme tels) : Si plusieurs héros doivent s'entraider, une difficulté est de leur faire jouer un rôle équivalent, pour ne pas décevoir les fans d'une des deux séries. Pourtant malgré la supériorité apparente de Superman, Batman et Wonder Woman sur Hulk, Spider-Man et X-Men, ces héros ont cohabité dans de nombreuses incursions, aussi bien dans les bandes dessinées qu'en dessin animé. Elles doivent être situées en un même lieu et temps, ou fournir une explication au déplacement des personnages. Les auteurs s'accordent toutefois des licences artistiques en la matière : ainsi les différentes séries de Power Rangers se sont croisées (Power Rangers : L'Autre Galaxie avec Power Rangers : Sauvetage éclair et Power Rangers : Sauvetage éclair avec Power Rangers : La Force du temps) alors que la série L'autre galaxie se déroule dans un futur indéterminé, et La Force du temps se déroule dans le présent du téléspectateur. Certains auteurs imaginent des scénarios possibles, comme c'est le cas pour Star Wars Vector, une histoire en 4 parties se déroulant sur toute la durée de la saga là où Celeste Morne, une jedi vivant au temps des Guerres mandaloriennes plusieurs années avant la guerre des clones, est le personnage vecteur de la série en rencontrant à travers le temps des héros comme Luke Skywalker ou encore Cade Skywalker. Elles doivent se dérouler dans des univers compatibles : en la matière, les rencontres entre personnages de Marvel Comics et de DC Comics sont là aussi des licences artistiques, ne serait-ce que parce qu'Atlantide a un roi différent dans les deux univers. Cas particulier d'incompatibilité, il y aurait une incohérence à faire se rencontrer différents personnages si un précédent épisode avait statué qu'un personnage est fictif dans l'univers de l'autre. Là encore, cette contrainte peut être levée pour des séries se basant sur l'absurde. Bart Simpson apparaît dans l'épisode Cartoon Wars II de la série South Park alors qu'on voyait dans Les Simpson l'ont déjà fait que Les Simpson est une série qui existe dans l'univers de South Park. Pour cette raison, il arrive qu'un crossover soit ensuite considéré comme « hors continuité » : les événements ne font pas partie de l'histoire officielle des personnages, ou mieux, le crossover s'est déroulé dans un univers parallèle (DC et Marvel: Superman, Batman, Wonder Woman, Hulk, Spider-Man et X-Men), dans leurs versions apparaissant dans le plus grand nombre de bandes dessinées, résident dans deux univers différents ; le crossover a lieu dans un troisième universTerre des crossovers.

Les crossovers entre personnages appartenant au même éditeur sont fréquents, les crossovers entre personnages d'éditeurs différents ont parfois lieu, notamment dans les comics, mais ils sont rares à cause des problèmes de droits d'auteur et de continuité.

Bande dessinée Bande dessinée franco-belge Dans Astérix le gaulois de René Goscinny et Uderzo, on ne trouve pas de crossover à proprement parler, mais quelques clins d'œil. En 1964, dans Le Combat des chefs, Le "Marsupilamix", alias le Marsupilami d'André Franquin, apparaît comme animal fabuleux présenté à la fête foraine. En 1965, dans Astérix chez les Bretons, Uderzo dessine Achille Talon de Greg en légionnaire romain après la bataille, allongé au sol, le nez rougi, prononçant son habituel « hop ! » (page 14). En 1979, dans Astérix chez les Belges, Goscinny et Uderzo rendent hommage à Hergé en représentant les Dupondt, célèbres détectives des Aventures de Tintin, annonçant l'arrivée de Jules César, selon leur habitude : « Jules César est arrivé en Belgique — Je dirais même plus : Cules Jésar est arrivé en Gelbique. » dans des bulles typiquement ligne claire (page 31). En 1981, dans L'Odyssée d'Astérix, il est possible de reconnaître le Monstre de Frankenstein, d'après le roman de Mary Shelley, parmi les membres de l'équipage pirates. En 1987, dans Astérix chez Rahàzade, le Gourou Kiwoàlàh déclare à l'imitation de son cousin Iznogoud, qu'il veut devenir Rajah à la place du Rajah. Allusion à Iznogoud le Grand Vizir de Jean Tabary et Goscinny. Le clin d'œil est hors continuité, car les aventures d'Iznogoud se déroulent plusieurs siècles après celles d'Astérix. Il s'agit plutôt d'une violation du quatrième mur, le terme "cousin" se référant au fait que les deux séries sont des créations de Goscinny. Dans l'album Ricky chez les ricains de Frank Margerin, lors d'une soirée costumée, on trouve des personnages portant les costumes des Quatre Fantastiques. Mais celui déguisé en Mr Fantastique est effectivement capable d'allonger son bras. Dans l'album La Piste des maudits de Blueberry, les héros des Tuniques bleues apparaissent brièvement. Égaux à eux-mêmes, ils se montrent tout à fait incapables de contrarier les plans de Blueberry.. Dans Spirou et Fantasio Gaston Lagaffe apparaît dans quelques albums de Spirou et Fantasio, qui eux-mêmes apparaissent dans ses premiers albums (surtout Fantasio). On peut en fait parler d'univers partagé. Dans l'album Tora Torapa, le dessinateur réussit un clin d'œil à deux séries en une seule case : à l'aéroport, on voit Natacha tenant la main de Benoît Brisefer. Dans la série Benoit Brisefer, de Peyo et Walthéry, Aimé De Mesmaeker, personnage récurrent de la série Gaston de Franquin qui échoue systématiquement à signer des contrats avec les éditions Dupuis, fait une apparition dans l'album Tonton Placide. On l'y voit furieux après qu'il a été contraint, comme la plupart des voyageurs du train à bord duquel il se trouvait, de jeter sa valise contenant les contrats signés par la fenêtre, sous l'emprise d'une drogue absorbée à son insu.

Chez Seron Les Petits Hommes Exemple de clin d'œil à fortes conséquences alors même qu'il n'est qu'une allusion : dans l'album Les Ronces du Samouraï, le docteur Hondegger boit un élixir qui lui a été fourni par un collègue dont il ne se rappelle plus exactement le nom. Mais le lecteur qui connaît également Spirou comprend qu'il s'agit du X4 du comte de Champignac. En 1985, Pierre Seron et Gos (Roland Goossens) travaillent tous deux pour le Journal de Spirou où ils publient respectivement Les Petits Hommes et Le Scrameustache. Ils travaillent ensemble au scénario d'une histoire qui sera dessinée par chacun en présentant deux points de vue différents. Dans le numéro 2468, paraissent les premières planches des Kromoks en folie. Ce n'est que la semaine suivante que parait la même histoire avec les planches du Pickpocket. Ainsi de semaine en semaine les lecteurs de Spirou découvrent avec une semaine de décalage la même aventure sous deux angles de narration différents. Les Galaxiens sont aux prises avec les Kromoks pour la possession d'un transmutateur et les Petits Hommes aident le Scrameustache et les Galaxiens à libérer Khéna et à récupérer le transmutateur. L'histoire des Kromoks en folie se termine avec le et celle du Pickpocket avec le Site du Scrameustache - Consulté le 14 janvier 2008.. Le Pickpocket parait en album sous le de la série des Petits Hommes en 1985 aux Éditions Dupuis. Les Petits hommes, à leur habitude, font des allusions qui montrent qu'ils sont conscients de se trouver dans une bande dessinée, mais aucune de ces allusions n'a lieu dans les cases du Scrameustache. Les Kromoks en folie parait en album sous le de la série du Scrameustache également en 1985 aux Éditions Dupuis.