Ashkelon ou Ascalon (en hébreu : אַשְׁקְלוֹן ašqelōn, en arabe : عسقلان ʿasqalān, en latin : Ascalo, en grec : Ασχαλων, Askalōn) est une ville d'Israël située sur la côte méditerranéenne, dans le district sud, au nord de la bande de Gaza. Elle se trouve à au sud de Tel-Aviv. Elle compte en 2022.

La ville, qui s'appelait Ascalon dans l'Antiquité, était appelée Al-Majdal ou Majdal (en arabe : المجدل, en hébreu : אל-מג'דל, מגדל) sous l'Empire ottoman et jusqu'en 1948.

Histoire vignette|gauche|Mention d'Ascalon sur la stèle de Mérenptah (Jsḳȝr(w)ny) accompagné des déterminatifs de la terre étrangère et de l'ennemi (vers 1200 av. J.-C.). vignette|gauche|Monnaie frappée en la cité d'Ascalon.|alt= vignette|Bataille d'Ascalon (1099). vignette|Plan de partage de 1947.

Antiquité La ville ancienne d' fut une des cinq capitales des Philistins du Le nom d'Ascalon revient assez souvent dans la Bible (par exemple Amos 1, 8.).

Ascalon est également le lieu où Samson a détruit le temple des Philistins lors de sa capture à l'aide de ses deux mains, le Parc Samson à Ascalon abrite les ruines de ce temple mythique (source biblique).

Ancienne colonie de Tyr, elle fut embellie par (qui y était né), et devint la seconde ville du pays par la grandeur. On y remarquait le temple de Dercéto.

Moyen Âge Ascalon est conquise par les Arabes en 638 par le calife Omar ibn al-Khattâb. Elle est occupée par l'émir Muʿawiya , gouverneur de la Syrie et futur calife omeyyade.

En 1098, le calife fatimide Al-Mustansir Billah fait construire un autel commémoratif ou sanctuaire (arabe: مَشْهَد mašhad, lieu d'un martyre) pour y recevoir le crâne de Al-Hussein ibn Ali, troisième imam chiite. Ce crâne aurait été transféré au Caire.

En août 1099, les Croisés, sous le commandement de Godefroy de Bouillon, assiègent la ville. Ils la prennent aux Fatimides en 1102, mais la forteresse résiste jusqu'en 1153. Ce n'est qu'à cette date que la ville est véritablement intégrée au royaume de Jérusalem par Baudouin III de Jérusalem.

La ville est reprise par Saladin en 1187. La forteresse est rasée pour ne pas tomber entre les mains de Richard Cœur de Lion, roi d'Angleterre. Le roi d'Angleterre prend Ascalon et Jaffa, négocie auprès de Saladin le libre accès des pèlerins à Jérusalem et retourne en Angleterre en 1192.

En 1270, le sultan mamelouk Baybars rase complètement la ville..

Reconstruite, la localité arabe, renommée Al-Majdal, était décrite comme un grand village au , et était néanmoins la sixième plus grande agglomération de Palestine en 1596, avec une population de A. Petersen, The Towns of Palestine under Muslim Rule AD 600-1600, BAR International Series 1381, 2005, (lire en ligne)..

Guerre de 1948

L'Égypte ayant rallié le la décision des autres États arabes, prise le , d'attaquer Israël au lendemain de sa déclaration d'indépendance, une armée égyptienne entre le dans la bande de Gaza. L'invasion avait été précédée de l'envoi en Palestine encore sous administration britannique de volontaires des Frères musulmans, en , et de volontaires de l'armée régulière égyptienne le .

Partant le d'El-Arich, où les troupes avaient été prépositionnées, les Égyptiens atteignent Majdal le et y installent leur quartier général ; le ils sont à Isdud (Ashdod), la limite nord des terres allouées à l'État palestinien prévu par le plan de partage de la Palestine voté par l'Assemblée générale des Nations unies. Entre-temps, du au , l'armée égyptienne attaque et détruit le kibboutz Yad Mordechai, fondé en et situé sur une colline entre Gaza et Majdal. Puis, bifurquant à l'est, elle s'empare au nord-ouest du Néguev de territoires alloués à Israël pour poursuivre jusqu'à Hébron. En , elle s'empare du kibboutz Nitzanim entre Majdal et Isdud.

Après un cessez-le-feu ordonné par le Conseil de sécurité des Nations unies, les hostilités reprennent. Le , les Israéliens envoient un nouveau convoi d'eau, de vivres et autres provisions pour ravitailler des communautés juives assiégées par des forces égyptiennes au nord du Néguev, les précédents convois humanitaires ayant été bloqués par les Égyptiens en violation de l'accord de cessez-le-feu. Cette fois, les Israéliens lancent l’ qui répond au feu. Ses avions bombardent les positions égyptiennes à El-Arich, à Gaza et à Majdal. Au sol, ses bataillons percent et séparent les branches occidentales (côtières) et orientales (collines d'Hébron) de l'armée égyptienne et parviennent à s'emparer de Beit Hanoun, puis Beer-Sheva (), Isdud () et Majdad ().

Devant l'avance israélienne, beaucoup des populations arabes s'enfuient vers Gaza ; à Majdal, la brigade Guivati trouve moins d'un millier des dix mille habitants d'origine de la ville, le reste ayant fui. Quant à ceux qui restent, ils reçoivent souvent la permission de rester de la part des chefs de brigade mais ensuite les ordres venus d’en haut tendent à l'expulsion, d'abord des réfugiés d'autres villages, ensuite, par différents moyens car l'expulsion pure et simple des Arabes avait été exclue pour des raisons politiques, de presque tous les résidents qui n'avaient pas fui.

À la fin de l’, le , seuls restent à Al-Majdal. Le général Yigal Allon ordonne leur expulsion, mais le commandant local ne l’exécute pas et la population remonte à , par des réfugiés de retour, mais aussi des gens fuyant ou expulsés de villages alentour ; beaucoup sont des vieillards, des femmes et des enfants. L’année suivante, les Arabes sont confinés dans une zone entourée de fils de fer barbelés, camp qu'un auteur juif appelle ghettoOrna Cohen, "Transferred to Gaza of Their Own Accord" The Arabs of Majdal in Ashkelon and their Evacuation to the Gaza Strip in 1950, The Harry S. Truman Research Institute for the Advancement of Peace, The Hebrew University of Jerusalem, 2007.. Moshe Dayan et le premier ministre David Ben Gourion étaient en faveur de l’expulsion, alors que le Mapam et l’Histadrout s’y opposaitBenny Morris, « The transfer of Al Majdal's remaining Palestinians to Gaza, 1950 », in .. Beaucoup des Arabes de Majdal, qui étaient et se sentaient isolés, voulurent rejoindre leur famille qui avait fui vers la bande de Gaza en , et le gouvernement israélien incita par diverses mesures les Arabes à partir, dont un taux de change favorable, mais aussi en semant la panique par des raids de nuit. Un premier groupe est déporté dans la bande de Gaza en camions le , exécutant un ordre d’expulsionSabri Jiryis, The Arabs in Israel (1968), 57.. La déportation était approuvée par Ben Gourion et Dayan malgré les objections de Pinhas Lavon, secrétaire général de l’Histadrout, qui voyait la ville comme un exemple productif d’opportunités égales. En , vingt familles seulement restaient encore à Majdal, la plupart étant ensuite déplacées à Lydda ou Gaza. Selon les archives israéliennes, ont été déportés dans la bande de Gaza, 60 en Jordanie et 302 dans d’autres villes d’Israël, quelques-uns restant à Ashkelon. Lavon relève que cette opération dissipa . Sur une plainte égyptienne, la commission d’armistice de 1949 prévoyait que les Arabes de Majdal pourraient revenir en Israël, mais cela n’a pas été mis en pratique.

Les logements arabes sont occupés par des Juifs à partir de , mais le processus commença lentement. Le plan national de désigne al-Majdal comme le site d’un futur centre urbain de . À partir de , des immigrants et des soldats démobilisés s’installent, augmentant la population juive de en six mois. Ces premiers immigrants sont pour la plupart des juifs yéménites, d’Afrique du Nord et d’Europe« מגדל־גד בהתפתחותה,בחירות ב־26 בפברואר – דבר » .

Après la guerre israélo-arabe de 1948-1949, les premiers habitants ont été des immigrants et des soldats récemment démobilisés qui ont résidé dans les maisons du village de Majdal, abandonnées pendant le conflit ou évacuées (et appropriées par Israël par la loi sur la propriété des absents), les habitants arabes ayant été transférés ailleurs dans un petit ghetto"Ashkelon's first inhabitants were new immigrants and recently demobilized soldiers who took up residence in Majdal in homes that had been abandoned during the Israeli War of Independence or which were evacuated after the war to make room for Jewish occupants. The Arab residents of these homes were transferred to a narrow "ghetto" district, which even then was called a ghetto", "Periphery Without a Center ", Haaretz, 28 novembre 2003, lire en ligne où ils furent soumis à la loi militaire jusqu’en .

Un camp de transit (en hébreu Ma'abarot) a été établi vers près de Majdal, le camp de « Migdal Gad »The Mizrahi Era of Rebellion: Israel's Forgotten Civil Rights Struggle 1948-1966, par Bryan K. Roby, lire en ligne : , destiné à loger les nouveaux immigrants arrivés des pays musulmans, de Roumanie et de Pologne.

Le camp de transit provisoire est devenu un lieu d'habitation pérenne, une ville de développement, nommée Ashkelon. Le style de construction était celui qui avait cours dans les villes de développement : des blocs longs et gris, beaucoup de béton, et un grand nombre d'appartements dans chaque immeuble"The style of construction was that of the public housing projects that became the accepted format for development towns: long, gray apartment blocks, with an abundance of concrete and with a large number of apartments in each building", "Periphery Without a Center ", Haaretz, 28 novembre 2003, lire en ligne. La ville devient célèbre pour son industrie textile.

En , Ashkelon compte mais elle accueille au cours des seules immigrants.

Depuis 1948 Depuis la création de l’État d’Israël en 1948, Ashkelon a connu une importante croissance démographique et urbaine. Fondée officiellement comme ville israélienne en 1951 sous le nom de Migdal Ashkelon, elle s'est progressivement développée à proximité du site historique de l’ancienne Ascalon avant d’adopter son nom actuel. Au cours des décennies suivantes, la ville accueillit plusieurs vagues d’immigration en provenance d’Afrique du Nord, du Moyen-Orient, d’Europe, de l’ex-Union soviétique et d’Éthiopie, contribuant à la diversité de sa population et à son expansion.

Parallèlement à sa croissance démographique, Ashkelon est devenue un important centre économique du sud d’Israël. Son développement repose notamment sur ses activités industrielles, commerciales, portuaires et énergétiques. La ville accueille l’une des principales centrales électriques du pays ainsi qu’un important terminal de réception d’hydrocarbures, jouant un rôle significatif dans l’approvisionnement énergétique national. Plusieurs zones industrielles et commerciales se sont également développées au fil des années, renforçant son rôle régional.

Située sur le littoral méditerranéen, Ashkelon est également une destination touristique appréciée. Son front de mer, ses plages, sa marina, ses parcs urbains et son parc national, qui abrite les vestiges de l’ancienne cité d’Ascalon, attirent chaque année de nombreux visiteurs. La ville a également investi dans ses infrastructures culturelles, éducatives et sportives afin d’accompagner sa croissance.

Aujourd’hui, Ashkelon figure parmi les principales villes du sud d’Israël. Son développement urbain, son importance économique, son patrimoine historique et sa situation sur la côte méditerranéenne en font un centre régional majeur, tout en poursuivant son expansion démographique et l’amélioration de ses infrastructures publiques.

Jumelages

Personnalités Antiochos d'Ascalon (130, 127 ou 124-68 ), un scholarque de l'Académie de Platon. Dorothée de Gaza, né à Ascalon vers 510. Étienne le Sabaïte, né à Ascalon en 725. Yaël Abecassis, (1967-), actrice, y est née Lior Shamriz (1978-), réalisateur, y est né. Michael Ben David (1996-) représentant d'Israël au concours Eurovision de la chanson 2022 Baudouin IV (1161-1185), roi de Jérusalem.

Bibliographie .

Notes et références

Annexes Articles connexes Siège d'Ascalon (1099) Siège d'Ascalon (1153) Ville de développement

Liens externes