Les élections générales espagnoles de 1979 se sont tenues le , afin d'élire les trois cent cinquante députés et les deux cent sept sénateurs de la première législature espagnole.

Contexte Aux élections générales du 15 juin 1977, l'Union du centre démocratique (UCD), nouveau parti fondé par le président du gouvernement, Adolfo Suárez, s'était imposé avec une majorité relative de , devant le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), de Felipe González.

De fait, les socialistes avaient pris l'ascendant, à gauche, sur le Parti communiste d'Espagne (PCE), tandis qu'à droite, l'Alliance populaire (AP), emmenée par l'ancien ministre franquiste Manuel Fraga, n'avait même pas franchi 10 % des suffrages exprimés. Au niveau régional, les nationalistes basques et catalans avait réalisé un bon score, recueillant de députés.

La législature qui s'est ouverte a été l'occasion de voter une nouvelle Constitution, qui instaure un régime de monarchie constitutionnelle parlementaire et un État fortement décentralisé au profit des communautés autonomes.

Outre ce texte, approuvé par référendum en 1978, les Cortes Generales ont engagé une réforme fiscale et administrative, et adopté une série de décrets-lois fixant les régimes de pré-autonomie des régions.

Mode de scrutin Congrès des députés Le Congrès des députés () se compose de . Il est élu pour un mandat de quatre ans, au scrutin proportionnel suivant la méthode d'Hondt.

Chaque province, ainsi que les villes de Ceuta et Melilla, constitue une circonscription électorale, comptant au minimum deux élus (un seul pour les deux enclaves marocaines). Les restant sont répartis en proportion de la population de chaque province. Ainsi, Madrid et Barcelone disposent chacune de à pourvoir.

Pour participer à la répartition, une liste de candidats doit franchir un seuil, fixé à 3 % des suffrages exprimés.

Sénat Le Sénat () se compose de désignés par le peuple. Il est élu pour un mandat de quatre ans, au Scrutin majoritaire plurinominal partiel. L'élection se joue au niveau de la province, chacune ayant quatre sièges à pourvoir ; dans les îles des Baléares et des Canaries, ce nombre est de trois ou deux ; à Ceuta et Melilla, il est de deux.

Chaque électeur dispose d'un nombre multiple de voix, inférieur d'un au total des sièges en jeu dans sa circonscription. Sont élus les candidats ayant remporté le plus grand nombre de suffrages, dans la limite des sièges à pourvoir dans leur circonscription.

Principaux partis Formation Idéologie Chef de file Résultats en 1977 Partis présents au niveau national Union du centre démocratique Centre Démocratie chrétienne, libéralisme Adolfo Suárez (Président du gouvernement) 34,44 % des voix Parti socialiste ouvrier espagnol Centre gauche Social-démocratie, progressisme Felipe González 29,32 % des voix Parti communiste espagnol Gauche Communisme, républicanisme Santiago Carrillo 9,33 % des voix aucun sénateur Coalition démocratique Centre droit Conservatisme, libéralisme, démocratie chrétienne Manuel Fraga 8,21 % des voix Partis présents au niveau régional Convergence et Union Centre droit Catalanisme, libéralisme, démocratie chrétienne Jordi Pujol Absent Parti nationaliste basque - Centre Nationalisme basque, démocratie chrétienne Xabier Arzalluz 1,62 % des voix

Résultats Congrès des députés + Fichier:SpainCongressDiagram1979.svg Parti Voix % +/- Sièges +/- Union du centre démocratique (UCD)31,67156UCD-Centristes de Catalogne (CC)3,1712 Total Union du centre démocratique 34,84 168Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE)25,54104Parti des socialistes de Catalogne (PSC)4,8717 Total Parti socialiste ouvrier espagnol 30,40 121 Parti communiste d'Espagne (PCE)7,9215Parti socialiste unifié de Catalogne (PSUC)2,858Total Parti communiste d'Espagne 10,77 23 Coalition démocratique (CD)5,379Union forale du Pays Basque (UFPV)0,190CD-Groupe indépendant de droite (AID)0,150 Total Coalition démocratique 6,08 9 Convergence démocratique de Catalogne (CDC) 2,69 7 Union démocratique de Catalogne (UDC)1 Total Convergence et Union 8Union nationale (UN)2,111 Partido Andalucista (PSA-PA) 1,81 5 Parti nationaliste basque (EAJ/PNV) 1,65 7Parti du travail d'Espagne (PTE)1,070 Herri Batasuna (HB) 0,96 3Organisation révolutionnaire des travailleurs (ORT)0,770PSOE historique (PSOEh)0,740Alliance ERC-0,691Gauche basque (EE)0,481Alliance -0,470 Bloc national-populaire galicien (BNPG)0,340Union du peuple canarien (UPC)0,331Bloc de gauche pour la libération nationale (BEAN)0,310Unité galicienne (--PSG)0,310Gauche républicaine (IR)0,310Parti carliste (PC)0,280Alliance OCEBR-UCE0,270Parti communiste des travailleurs (PCT)0,270 Parti aragonais régionaliste (PAR)0,211Ligue communiste révolutionnaire (LCR)0,200Phalange espagnole authentique (FE-JONS(A))0,170Union du peuple navarrais (UPN)0,161 Autres1,00 -0 - Vote blanc0,32Suffrages exprimés98,53Votes nuls1,47Total100 -350Abstention31,96Inscrits/Participation68,04

Sénat + Parti Sièges +/- Union du centre démocratique (UCD) 119 Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) 60Nouvelle Entente (PSC-ERC)10 Parti nationaliste basque (EAJ/PNV) 8 Coalition démocratique (CD) 3Groupe des électeurs indépendants (ADEI)3 Convergence et Union (CiU) 1 Unité populaire (HB) 1Pour l'Entente (PSUC-)1Candidature progressiste minorquine (-PSOE--)1 Indépendants 1Candidature aragonaise d'unité démocratique (CAUD)0Candidature démocratique galicienne (CDG)0Gauche basque (EE)0Parti aragonais régionaliste (PAR)0 (AM)0Groupe électoral Xiriniacs (AEX)0Total208

Analyse et conséquences Analyse Au niveau national, l'UCD et le PSOE maintiennent leurs positions en enregistrant une progression similaire, tandis que le PCE confirme son statut de troisième force politique, autant grâce à sa progression qu'au recul de la CD, dominée par l'Alliance populaire. Au niveau régional, le poids des formations nationalistes s'accroît, passant la barre des vingt députés, avec l'émergence du PSA-PA et de HB, bras politique de l'ETA. Dans les provinces, les socialistes progressent au détriment des centristes, s'imposant dans la Communauté de Madrid, dans toute la Communauté valencienne et dans trois des quatre provinces de Catalogne. L'UCD reste cependant largement majoritaire dans tout le pays, en l'emportant dans plus des deux tiers des provinces espagnoles.

Conséquences Du fait de la victoire de l'UCD, le roi Juan Carlos , après consultation des forces politiques, a proposé son président, Adolfo Suárez, comme candidat à la présidence du gouvernement. Celui-ci a remporté le vote d'investiture au Congrès des députés le , avec contre 149. Il a présenté son nouveau gouvernement cinq jours plus tard.

Voir aussi Articles connexes Gouvernement Suárez Transition démocratique espagnole Juan Carlos ; Adolfo Suárez Constitution espagnole de 1978

Liens externes Résultats électoraux depuis 1977 sur le site du ministère espagnol de l'Intérieur

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